[CRITIQUE] Festival de Deauville, Acte VI : « Kubo et l’armure magique »

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Le studio Laika signe très fort avec le dernier film d’animation. On avait déjà pu admirer leur travail avec Coraline en 2009 et L’Etrange pouvoir de Norman en 2012 et cette fois-ci le studio semble bel et bien s’imposer sur le marché des films d’animations en stop-motion. Kubo est un petit garçon qui gagne simplement sa vie en contant des histoires aux habitants de son village mais tout bascule le jour où il désobéit à sa mère et réveille une vengeance ancestrale. Obligé de s’enfuir et accompagné d’un singe et d’un scarabée, Kubo va se lancer dans une aventure extraordinaire pour sauver sa famille, découvrir son passé et ce qui est arrivé à son père.

Pour ceux qui ont apprécié Coraline, celui-là risque bien de vous régaler encore plus. Le studio Laika maîtrise d’une main de maître la stop-motion, faisant ainsi de cette technique leur marque de fabrique. Lors de sa présentation à Deauville, son réalisateur Travis Knight nous avait dit que c’était leur projet le plus ambitieux et quand on voit le résultat on ne peut qu’être admiratif. Pari tenu !

Le cinéma, ce conteur d’histoires

Le cinéma c’est quoi ? C’est une façon comme une autre de raconter une histoire, de la faire vivre et de toucher le public. Kubo et l’armure magique est de ces films qui vous prennent naturellement par la main pour vous emmenez dans leur monde, leur magie et leur histoire. Alors qu’il est poursuivi par ses tantes et son grand-père maléfiques, la mère de Kubo use de ses derniers pouvoirs pour l’éloigner d’eux afin qu’il retrouve la fameuse armure magique de son père qui fut jadis un grand samouraï.

Sur fond de récit épique, Kubo se lance avec un drôle de singe extrêmement prudent et un scarabée extravagant dans ce qui est la plus périlleuse mais aussi la plus belle aventure de sa vie. Visuellement, le film nous emporte tellement loin qu’il est compliqué de revenir à la réalité une fois la projection terminée. Le studio Laika associe à merveille images de synthèses et stop-motion, poussant ainsi cette technique encore plus loin et à des niveaux jamais égalés (notamment cette scène de bataille contre un squelette géant).

Une bande-son envoutante

Tout ce qui se trouve dans le film prêt à la féerie et au voyage que ce soit les paysages, les costumes et sans compter la guitare qui accompagne toujours le petit Kubo. La musique signée Dario Marianelli est magistrale, nous plongeant corps et âme dans ce film. Les notes de musique donnant vie à ces petits bouts de papiers. Ce film est un tout qui vous englobe et vous emporte dans ces contrées lointaines asiatiques.

Bien loin des morales bien pensantes un poil cucul et des fins à l’eau de rose, le studio Laika s’est fait la spécialité des scénarios parfois plus noirs, plus gothiques mais aussi plus spirituelle et dieu merci ça fait du bien. Kubo et l’armure magique est également un hymne à la famille, à la mémoire et aux souvenirs de ceux qui ont disparus. Ceux qu’on aiment n’ont pas besoin d’être là physiquement avec nous, cette présence étant beaucoup plus puissante spirituellement parlant d’où le titre original Kubo and the two strings (Kubo et les deux ficelles oui forcément ça sonne moins classe en français) qui s’inspire d’une des scènes du film mais autant ne pas spoiler vous verrez par vous même.

Kubo et l’armure magique a tout pour devenir un grand film d’animation qui ravira les grands comme les petits et inscrit un peu plus le studio Laika parmi les grands studios en devenir.

Ma note : ★★★★★