[CRITIQUE] « Kingsman : Le Cercle d’or » : Gentlemen et whisky sont de sortie

Après deux ans d’attentes et le succès sans précédent de Kingsman : Services Secrets, Matthew Vaughn est de retour sur les écrans avec les agents secrets les plus hype de ces dernières années j’ai nommé les Kingsman. Enfin ce qui en reste parce qu’ils sont en bien mauvaise posture cette fois-ci. Le défi du réalisateur de Kick-Ass ? Réaliser une suite à la hauteur de son prédécesseur, alors pari tenu ? Oui et non. Impossible de faire mieux que le premier mais Matthew Vaugh arrive sans problème à insuffler de nouveau l’esprit Kingsman dans ce deuxième volet même si l’effet de surprise s’est dissipé.

Rien ne va plus pour les Kingsman. Après que plusieurs bombes aient détruites toutes leurs bases secrètes, Eggsy et Merlin doivent s’allier avec leurs homologues américains : les Statesman. A la tête d’une raffinerie depuis des siècles, c’est dans une toute autre ambiance bien loin de la classe britannique qu’ils vont devoir faire face tous ensembles à une nouvelle menace prénommée Poppy Adams, aussi séduisante qu’impitoyable, prête à tout pour arriver à ses fins et être enfin reconnue à sa juste valeur. Pour cela nos célèbres Kingsman feront équipe évidemment avec Harry (Colin Firth) qui signe son grand retour. Comment ? On vous laissera le découvrir. Ainsi qu’avec trois agents aux noms évocateurs : Whisky, Tequila et Champagne ou Champ comme il aime être appelé. Et pour ce nouvel opus, Matthew Vaughn a repris les éléments qui a fait le succès du premier. Bonne et mauvaise idée à la fois.

On prend les mêmes et on recommence

Ce qui avait fait le succès de Kingsman : Services Secrets vient malheureusement desservir ce deuxième volet puisque l’effet de surprise a totalement disparu. Là où le premier opus venait cueillir le spectateur avec des répliques tirées au cordeau, une esthétique plaisante et des scènes d’actions chorégraphiées frôlant parfois l’insolite, le second opus ne fait que reprendre ces éléments, certes de façon toute aussi réussie que son prédécesseur mais cette fois-ci le spectateur sait à quoi s’attendre. Sans compter le schéma narratif qui reste le même : Un ou plusieurs agents décèdent, il faut trouver de nouveaux alliés, on découvre qu’un méchant veut anéantir toute la population, un agent se sacrifie pour sauver les autres et les Kingsman font tomber les méchants. Schéma classique mais répétitif surtout dans ce cas-là avec notamment le méchant.

Samuel L Jackson aura laissé une trace indélébile dans le monde des méchants avec son personnage de Richmond Valentine. Excentrique milliardaire avec son fameux cheveux sur la langue, sa phobie du sang et son plan machiavélique qui avait réussi à enrôler même celui qui était à la tête de l’agence Kingsman, il est bien difficile de passer après un tel personnage. Et malgré toute la bonne volonté du monde, Julianne Moore n’a pas la carrure d’un Samuel L Jackson. Même si Poppy Adams est tout aussi cruelle que Richmond Valentine (si ce ne serait même pas plus), il lui manque le charisme et souffre aussi de la (trop ?) grande ressemblance avec ce dernier.

Quelques (très) bonnes surprises

Même si l’effet de surprise a totalement disparu de ce second volet, il n’en reste pas moins jouissif et terriblement drôle. La recette a fonctionné une première fois, il n’y a aucune raison qu’elle ne fonctionne pas une seconde fois. L’avantage du deuxième film étant que nous n’avons plus cette première partie « apprentissage » et qu’on passe donc directement au vif du sujet et ce dès le début du film avec d’ailleurs un retour inattendu et assez bien venu pour le coup. On retrouve un Eggsy beaucoup plus sûr de lui, toujours aussi drôle et dont la situation amoureuse a sacrément évoluée rendant ainsi le personnage encore plus attendrissant. Côté action la patte Kingsman est toujours là. Une réalisation nerveuse, vive et efficace aux scènes impressionnantes et magnifiquement chorégraphiées notamment celle à la fin du film lorsque Harry et Eggsy se confrontent aux différents sbires de Poppy Adams. Quelques effets de style sans jamais en faire trop et Matthew Vaughn nous rappelle à quel point il a donné un sacré coup de fouet aux films du genre. Kingsman : Le Cercle d’or est aussi beaucoup plus riche visuellement que le précédent, passant ainsi des rues chics londoniennes, aux rustres raffineries d’Amérique jusqu’à la jungle d’Amérique du sud où se cachent un mini village à l’aspect rétro terriblement adorable.

La rencontre avec leurs homologues américains fait sourire et nous offrent de sacrés moments avec des protagonistes haut en couleur, à l’opposé du style british, plus bruts, plus directs et du coup un peu moins classe mais c’est ce qu’on aime. Merlin retrouve son homologue au féminin interprété par Hale Berry, une personnage qui aurait d’ailleurs eu le mérite d’être un peu plus exploité mais attendons le troisième opus qui devrait nous réserver aussi quelques surprises (enfin espérons). C’est aussi l’occasion de retrouver le duo Taron Egerton/Colin Firth qui fonctionnait si bien dans le premier opus. Cette fois leur relation est un peu plus différente, plus compliquée à appréhender surtout pour Eggsy et où les rapports de force sont inversés. Merlin prend également beaucoup plus d’importance dans ce film nous permettant ainsi d’apprécier Mark Strong en tant que leader mais aussi dans un registre beaucoup plus comique que dans le précédent.

Malgré un film attendu et prévisible, Matthew Vaughn nous régale une nouvelle fois avec un film d’espionnage mêlant action et comédie, au casting impressionnant et efficace (Elton John enfin mesdames et messieurs !). La réalisation est maitrisée comme à chaque fois, toujours plus excentrique et irréaliste mais c’est ce qui fait le charme de ces espions. Préparez votre lasso, votre verre de Whisky et votre parapluie, Kingsman 2 débarque en salles dès mercredi !

Kingsman : Le Cercle d’or de Matthew Vaughn, Etats-Unis, 2017,
Sortie le 11 octobre

[CRITIQUE] Tous en scène : Une comédie musicale pleine de pep’s !

Cette semaine est placée sous le signe de la danse et du chant. Après le sublime La La Land de Damien Chazelle, c’est au tour des équipes d’Illumination à l’origine des Minions notamment de nous offrir une autre comédie musicale tout aussi enjouée. Quand son théâtre est au bord de la faillite, Buster Moon un koala un brin rêveur décide d’roganiser un concours de chant. Une occasion en or pour cinq candidats retenus qui ne cherchent tous qu’une seule chose : pouvoir voler de leur propres ailes.

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Une BO entraînante

Parmi les innombrables chansons qui composent ce film, on retiendra des morceaux entraînants comme I’m still standing superbement interprété par Taron Egerton (Johnny) et surtout la magnifique voix de Tori Kelly qui double Meena l’éléphant. De vraies bonnes reprises qui donnent une vraie joie de vivre au film. Un film qui pourrait d’ailleurs presque être la suite de Zootopie. En effet la caméra déambule dans une grande ville habitée par toutes sortes d’animaux avec chacun leurs caractéristiques et qui, décident de tenter leur chance dans cet énorme concours de chant. Parmi les heureux élus, on retrouve Johnny le gorille fils d’un bandit et qui aspire à une autre vie, Rosita une truie maman de 25 enfants et qui voit enfin un moyen de s’évader de cette vie faite de ménage à longueur de journée, Mike la souris qui ne jure que par l’argent, Meena un éléphant pétrifié par le fait de chanter en public et Ash, une porc épic qui rêve d’une carrière solo loin de son petit-ami à l’égo surdimensionné.

De quoi se retrouver parmi un ou plusieurs personnages. Chacun ayant tous le même but, celui de briller, enfin. On rigole beaucoup des situations cocasses notamment avec l’assistante caméléon de Buster Moon, on danse, on fait la fête et parfois même on pleure un peu mais au final, tout va toujours bien et c’est ce qui compte. Les petits seront ravis de l’univers coloré et animé que propose le film, les plus grands apprécieront la réflexion derrière et l’idée de ne jamais abandonner même si plus rien ne semble possible.

Tous en scène prouve une nouvelle fois le talent des studios Illumination qui ont d’ailleurs déjà annoncé que le film aurait une suite. Malheureusement pour nous il faudra patienter jusqu’en 2020. En attendant, on peut toujours se trémousser sur fond de I’m still standing parce qu’après le film une chose est sûre, cette chanson reste dans la tête.

Ma note : ★★★★