The Happy Prince : Wilde un jour…

La carrière de Rupert Everett n’est plus à faire. Grande figure des années 80 et 90, le bonhomme a perdu peu à peu sa place à Hollywood par la suite (à cause de son homosexualité ?) pour s’illustrer du côté du théâtre et du petit écran. En cette fin d’année, l’acteur endosse un nouveau rôle en tant que réalisateur pour « The Happy Prince » qui raconte les dernières années de la vie du célèbre écrivain Oscar Wilde.

Au sommet de son talent et de sa popularité, Oscar Wilde se retrouve du jour au lendemain au plus bas de l’échelle sociale alors qu’il a été condamné à la prison pour son homosexualité. Sans un sou et renié par la société londonienne, Oscar Wilde vit ses dernières années dans l’indifférence la plus totale. Lui reste une poignée d’amis fidèles et une bande de gamins des rues qui le suit partout mais malgré un morale et une santé au plus bas, Oscar Wilde n’a rien perdu de sa splendeur et de son esprit imaginatif.

Personnage important pour Rupert Everett – qu’il a déjà interprété plusieurs fois au théâtre et sur grand écran -, c’est presque naturellement que l’acteur est entré dans ses bottes avec, il va sans dire, une aisance et un naturel incroyable. Absolument habité par la miséricorde de son personnage, Rupert Everett prête à merveille son visage à cet écrivain déchu. Tendre dans sa narration sans jamais cacher les folles moeurs de son personnage, Rupert Everett conte avec brio ces dernières années de sa vie – pour la première fois amenées à l’écran il faut le noter -. Entouré de seconds couteaux de taille dont le formidable Colin Firth, « The Happy Prince » transpire l’admiration qu’a son réalisateur pour ce personnage pour qui la vie fût loin d’être facile et juste avec. 

Véritable portrait sans concession (Wilde et les plaisirs charnels, la drogue ou encore l’absinthe), Everett propose un portrait incroyablement touchant tandis que l’écrivain vit ses derniers instants sans pour autant occulter la folie et la joie de vivre qui le caractérisait ainsi que cette exubérance si caractéristique sur fond de recherche éternelle de l’amour – qu’il ne trouvera finalement jamais -. Bouleversant.

The Happy Prince de Rupert Everett. Avec Rupert Everett, Colin Firth… 1h45
Sortie le 19 décembre

[CRITIQUE] Le Procès du siècle : Un film trop scolaire

Comment combattre un négationniste sans lui offrir de la publicité ? Est-ce qu’un homme  peut-être traité de menteur s’il est viscéralement convaincu par ce qu’il avance ? C’est le débat insensé mais vrai qui a eu lieu en Angleterre. Un procès opposant l’historienne américaine Deborah Lipstadt à l’universitaire anglais David Irving qui depuis des années clame haut et fort que la Shoah n’a jamais existé. Assignée en justice, Deborah Lipstadt va devoir prouver que les chambres à gaz ont bel et bien existé. 

Un film intéressant mais qui manque d’affect

Difficile à croire qu’un tel procès ai eu lieu et pourtant. Au début des années 2000, Deborah Lipstadt est assignée en justice par David Irving après des propos tenus à son égard sauf que le procès se déroule en Angleterre et comme le demande la justice là-bas, c’est à elle de prouver l’existence de l’Holocauste. Commence alors une bataille judiciaire historique sur laquelle repose toute la mémoire des déportés et des survivants de la Shoah. En arrivant à éviter le simple film procès, le film de Mick Jackson reste cependant très scolaire. Impossible évidemment de prendre parti puisque tout le film se base sur le point de vue de Deborah Lipstadt. Le film reste très propre, trop propre peut-être. Pas de réalisation personnelle sans compter des plans déjà vus et revus quasiment inutiles.

Résultant on manque d’affect même si le sujet est très intéressant à écouter. Timothy Spall est détestable dans ce film, hautain, méprisant… Il nous rappellerait bien certains politiques tiens. J’ai eu un peu plus de mal à apprécier complètement le personnage incarné par Rachel Weisz que j’ai trouvé assez irritante par son comportement tout au long du procès même si cela n’enlève en rien le noble combat que cette femme a mené pour garder intacte la mémoire des rescapés. Pour les aficionados de la série Sherlock, vous serez ravis de retrouver Andrew Scott dans un rôle aux antipodes de ce qu’il incarne dans la série ainsi que Mark Gatiss.

Mettre sur grand écran un procès d’une telle envergure dont l’enjeu est capital était un risque sachant qu’il fallait respecter scrupuleusement ce qui s’est réellement passé. Le contrat est rempli même si on aurait voulu que le réalisateur y mette un peu de sa patte histoire de. Le film arrive à être captivant sans forcément amener l’affect qu’il aurait du avoir.