[CRITIQUE] American Honey : Un road-trip enivrant mais un poil répétitif

Récompensée par le Prix du jury lors du dernier Festival de Cannes, Andrea Arnold frappe fort avec son nouveau film American Honey aux allures de road-trip à travers le midwest américain tout en suivant cette jeunesse décalée, décomplexée et avare de liberté. L’occasion de mettre en lumière une actrice en devenir et nous laisser un arrière-goût de fin d’été.

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Sasha Lane envoutante

American Honey c’est surtout l’occasion de découvrir la jeune Sasha Lane. Un visage d’ange, un regard perçant et une innocence vivifiante qui donne un vrai coup de fouet au film. Star a 17 ans et comme toutes les jeunes filles de son âge, elle veut être libre. En coupant les ponts avec sa famille et en rejoignant l’extravagant mais néanmoins charismatique Jake, Star va enfin goûter aux joies de la liberté, les fêtes, les amis jusqu’au moment où elle va tomber amoureuse de Jake.

Une épopée à travers un road-trip où de multiples personnalités se rencontrent et apprennent à s’apprivoiser entre un qui adore montrer ses bijoux de famille, une qui se passionne pour Dark Vador ou encore leur charismatique leader Krystal, impeccablement interprétée par Riley Keough.

Un road-movie qui finit par se répéter

Sur fond de musique country, électro et rap, cette bande de jeunes traverse l’Amérique pour faire du porte-à-porte et gratter quelques dollars. Une chose est certaine, Andrea Arnold arrive à sublimer ces paysages tantôt riches, tantôt pauvres. Le format 1:33 offre une certaine intimité avec ces personnages, comme si l’on faisait partie de cette joyeuse bande malheureusement au bout d’une heure le film se répète inlassablement. De motel en motel, de porte en porte, toujours les mêmes rituels qui deviennent lassant. Sans compter un final moins explosif que le reste film, American Honey nous laisse un peu sur notre faim.

Malgré tout, le film arrive à nous transporter comme dans un autre monde, plus poétique, peut-êter plus amusant à vivre aussi. Avec une totale réussite au niveau du casting et une photo éblouissante, American Honey se démarque du genre.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Moonlight : Barry Jenkins frappe fort

Avec pas moins de 105 prix, Moonlight est le plus sérieux concurrent au superbe La La Land pour la course à l’Oscar du meilleur film. Moonlight c’est l’histoire de Chiron à travers les âges de sa jeunesse tumultueuse à sa vie d’adulte dans un monde où il ne trouve pas forcément sa place. Avec déjà un Golden Globes du meilleur film en sa possession, Moonlight a de fortes chances de rafler aussi l’Oscar avec cette fresque de vie intimiste et magnifiquement interprété. 

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Des interprétations magistrales

La force et la beauté du film réside dans ce casting qui dégage une telle intensité. Notamment les trois acteurs incarnant chacun une tranche de vie de Chiron. Chacun à leur manière, ils apportent une sensibilité à ce personnage que ce soit Chiron surnommé « Little » dans sa jeunesse avec ce visage et ces silences qui en disent long sur son mal-être ou le Chiron adolescent tourmenté par son orientation sexuelle et finalement le Chiron adulte qui s’est peut-être un peu perdu en chemin. Une mention spéciale à Mahershala Ali qui brille dans le film par son interprétation de ce père de substitution mais qui s’avère être aussi dealer de drogue et qui essaie de garder Chiron dans le droit chemin.

Les rôles féminins ne sont pas en reste que ce soit Teresa, cette mère de substitution chez qui le Chiron adolescent se réfugie régulièrement pour échapper à sa mère constamment droguée et qui, quand elle ne l’est pas, se contente de voler l’argent de son fils. Une très grande interprétation de la part de Naomie Harris. Barry Jenkins arrive dans le film à mettre tous ses personnages sur le même piédestal.

Une esthétique à couper le souffle

Mais Moonlight c’est avant tout un film sur la famille, l’amour et comment trouver l’amour, les repères qu’il nous manque pour avancer. Parce que tout le film tourne autour de Chiron qui, dès le plus jeune âge, n’a pas eu l’attention et l’amour qu’il aurait du avoir. Pour seule figure paternelle un dealer de drogue, Chiron a du composer avec une homosexualité qu’il a eu du mal à accepter, des problèmes à l’école et une mère qui n’a pas su l’aimer comme il fallait.

Ajoutez à cela une esthétique sans pareille; délicate, aux couleurs subtiles et sublimes et de magnifiques plans comme celle où Chiron se trouve dans l’eau avec Juan ainsi que les gros plans sur ces visages à la fois inexpressifs et brisés. Et comme pour parfaire le tout, une BO incroyable qui réveille en nous quelque chose qu’on ne saurait décrire.

Une seule chose est sûre, Barry Jenkins frappe très fort à quelques semaines des Oscars avec une oeuvre bouleversante loin du pathos et du blockbuster habituel. Intimiste, discret mais terriblement efficace.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Jackie : Natalie Portman, héroïne tragique

Nommée aux Oscars dans la catégorie Meilleure actrice, Natalie Portman porte à bout de bras un biopic aux allures graves et sombres et pourtant si léger dans sa réalisation. Première réalisation américaine pour Pablo Larrain et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’a pas choisi la facilité en s’attaquant à une femme, une icône qu’était Jackie Kennedy, veuve du président John F. Kennedy et du deuil qui suivi ce drame. Avec un style épuré, le réalisateur chilien met en lumière Natalie Portman et sa sensibilité bouleversante.

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Le spectacle encore et toujours

Loin du biopic larmoyant auquel on aurait pu s’attendre, Jackie cache une jolie pudeur et dévoile de nouveaux aspects de cette femme face au drame de sa vie. Quand l’amour, la politique et le spectacle s’entremêle à son chagrin car oui malheureusement, la politique est et restera toujours un spectacle à offrir au peuple. Une mise en scène orchestrée par Jackie elle-même qui veut à tout prix célébrer son mari, sa grandeur et ne pas l’oublier.

Et pour incarner la femme du Président, l’élégance et le talent de Natalie Portman qui émanent à chaque seconde de ce film. Les gros plans sur elle sont exceptionnels et amènent une dimension tragique encore plus importante. Natalie Portman arrive à sublimer cette légende et à lui donner son côté dramatique d’autant plus touchant et en effet, ce rôle fait partie de ses plus beaux rôles. La bataille pour l’Oscar de la meilleure actrice risque d’être rude.

Là où certains réalisateurs auraient été comme des bourrins pour nous faire pleurer sur son sort à tout bout de champ, Pablo Larrain opte pour une mise en scène sobre, avec quelques longueurs qui se laissent apprécier. Quelque chose de très épuré dans sa réalisation qui laisse toute la place à Natalie Portman et sa palette d’émotions pour nous dépeindre le portrait d’une femme derrière la première dame et comment elle se fait balayer du revers de la main parce que malgré le deuil, la politique n’attend pas.

Avec en prime ces vingt dernières minutes d’une puissance folle, Pablo Larrain nous offre un biopic fort, bouleversant et qui permet à Natalie Portman de revenir sur le devant de la scène.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Tous en scène : Une comédie musicale pleine de pep’s !

Cette semaine est placée sous le signe de la danse et du chant. Après le sublime La La Land de Damien Chazelle, c’est au tour des équipes d’Illumination à l’origine des Minions notamment de nous offrir une autre comédie musicale tout aussi enjouée. Quand son théâtre est au bord de la faillite, Buster Moon un koala un brin rêveur décide d’roganiser un concours de chant. Une occasion en or pour cinq candidats retenus qui ne cherchent tous qu’une seule chose : pouvoir voler de leur propres ailes.

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Une BO entraînante

Parmi les innombrables chansons qui composent ce film, on retiendra des morceaux entraînants comme I’m still standing superbement interprété par Taron Egerton (Johnny) et surtout la magnifique voix de Tori Kelly qui double Meena l’éléphant. De vraies bonnes reprises qui donnent une vraie joie de vivre au film. Un film qui pourrait d’ailleurs presque être la suite de Zootopie. En effet la caméra déambule dans une grande ville habitée par toutes sortes d’animaux avec chacun leurs caractéristiques et qui, décident de tenter leur chance dans cet énorme concours de chant. Parmi les heureux élus, on retrouve Johnny le gorille fils d’un bandit et qui aspire à une autre vie, Rosita une truie maman de 25 enfants et qui voit enfin un moyen de s’évader de cette vie faite de ménage à longueur de journée, Mike la souris qui ne jure que par l’argent, Meena un éléphant pétrifié par le fait de chanter en public et Ash, une porc épic qui rêve d’une carrière solo loin de son petit-ami à l’égo surdimensionné.

De quoi se retrouver parmi un ou plusieurs personnages. Chacun ayant tous le même but, celui de briller, enfin. On rigole beaucoup des situations cocasses notamment avec l’assistante caméléon de Buster Moon, on danse, on fait la fête et parfois même on pleure un peu mais au final, tout va toujours bien et c’est ce qui compte. Les petits seront ravis de l’univers coloré et animé que propose le film, les plus grands apprécieront la réflexion derrière et l’idée de ne jamais abandonner même si plus rien ne semble possible.

Tous en scène prouve une nouvelle fois le talent des studios Illumination qui ont d’ailleurs déjà annoncé que le film aurait une suite. Malheureusement pour nous il faudra patienter jusqu’en 2020. En attendant, on peut toujours se trémousser sur fond de I’m still standing parce qu’après le film une chose est sûre, cette chanson reste dans la tête.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] La La Land : Damien Chazelle, un tel talent

On l’attendait et il est enfin là. Mercredi sort en salles le film de ce début d’année qui nous confirme une nouvelle fois le talent de Damien Chazelle. Après des prouesses avec Whiplash, le réalisateur est de retour avec une comédie musicale si ce n’est la comédie musicale de l’année. De quoi nous faire danser pendant un petit bout de temps.

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La renaissance de la comédie musicale

Genre oublié du cinéma, la comédie musicale fait un retour en force et pour cause, ce n’est pas pour rien que le film a récolté sept Golden Globes et semble bien parti pour les Oscars. La musique est un thème qui tient Damien Chazelle à coeur et ça se ressent dans chaque minute du film. De cette scène d’ouverture grandiose et digne des plus grandes pièces de Broadway, aux duos sur fond de piano-jazz, tout est là pour nous emmener dans cet univers quasiment magique. Un film pour les fous qui rêvent et il y a de quoi. Mia et Sebastian sont de grands rêveurs. L’une rêve de comédie tandis que l’autre rêve de club de jazz. Ils se détestent et finissent par s’aimer. C’est beau, c’est romantique, ça fait mal aussi. Parce que Los Angeles fait rêver mais peut vite vous faire retomber plus bas que terre dans un univers impitoyable.

Les décors jouent une belle part dans ce film, tout est calculé au millimètre près et pourtant tout semble en même temps tellement léger et instinctif. Ces panoramiques sur les couchers de soleil sont sublimes, les jeux de couleurs, de lumières… Un véritable plaisir des yeux. Là où Whiplash avait une construction plus sèche et saccadée, La La Land est une véritable douceur qu’on déguste avec les yeux et avec le coeur.

Emma Stone & Ryan Gosling, un duo éblouissant

Pour leur troisième collaboration, Emma Stone et Ryan Gosling font très très fort. Des rôles faits pour eux où l’on ressent tout le travail, l’énergie et la passion qu’ils ont mis dans chacun de leur pas ou de leurs notes. Les Oscars pointent le bout de leur nez aussi ! Emma Stone est sublime dans ce rôle de serveuse rêveuse qui essuie échecs sur échecs avant de retrouver un semblant d’espoir dans les bras de Sebastian, autre éternel rêveur dont le jazz est sa religion mais qui se voit obligé d’abandonner son rêve. Tout est parfait dans ce duo notamment leurs danses et leur chanson City of Stars qui restera gravé dans les mémoires.

Et là où Damien Chazelle est malin et ne tombe pas dans les clichés, c’est son final alternatif aussi joyeux que triste et qui est un véritable crève-coeur pour nous. Saupoudrez le tout d’une bande originale digne des plus grands avec des titres qui vont vite devenir incontournables et l’on obtient là, oui, certainement le meilleur film de l’année.

La La Land réussi sont pari sur tous les fronts et après avoir conquis le coeur des professionnels outre-Manche, il est l’heure pour la comédie musicale de débarquer sur vos écrans mercredi et je n’aurais qu’un conseil à vous donner : courrez le voir parce que vous ressortirez de là le coeur léger, des sentiments indescriptibles, un sourire gravé sur le visage et des notes de musiques gravées dans le coeur.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] xXx Reactivated : Vin Diesel indestructible

Vin Diesel fait du ski dans la jungle, Vin Diesel fait du skateboard à toute vitesse, Vin Diesel saute d’un avion qui explose bref Vin Diesel est le Chuck Norris des temps modernes et qui s’y frotte s’y pique notamment dans son dernier blockbuster xXx Reactivated où pleuvent des scènes d’actions plus improbables les unes que les autres sur fond de magouilles gouvernementales.

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Plus c’est con, plus c’est bon

xXx Reactivated fait partie de ces quelques films qui sont loin d’être bons et loin d’être réalistes mais qui sont cool à regarder et celui-là en fait définitivement partie. Parce qu’un avion en feu pourrait s’écraser sur Vin Diesel et qu’il s’en sortirait intact le sourire aux lèvres (d’ailleurs c’est presque le cas). C’est improbable, c’est loufoque mais c’est drôle à regarder. Dix ans plus tard, Xander Cage est de retour pour sauver le monde et récupérer ce que les gouvernements appellent « La boîte de Pandore », un appareil permettant de contrôler tous les satellites en orbites. Et pour mener à bien sa mission, il décide de faire appel aux plus bizarres et aux plus improbables coéquipiers entre une tireuse hors-pair, un cascadeur un brin fou et un DJ qui met le feu partout où il passe.

Et même si le scénario est loin d’être dingue, ce qu’on aime et ce qu’on préfère dans ce film ce sont les bagarres, les scènes de tirs et les courses poursuites. Sur terre, sur mer ou dans les airs, Xander Cage fracasse tout sur son passage. Une jolie bande de fous furieux avec notamment une Ruby Rose aussi drôle que sexy. Ajoutez à cela une petite apparition du joueur de foot Neymar (totalement wtf je vous l’accorde) et l’excellent Samuel L Jackson et on obtient un film très con… mais très bon !

De la bagarre, de la testostérone, les muscles de Vin Diesel, des filles sexy et un complot international… C’est cliché mais ça fonctionne, c’est pas le film de l’année mais c’est un bon divertissement.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] La Grande Muraille : Plus américaine que chinoise

Grand film d’action de ce début d’année, le nouveau film de Zhang Yimou connaissait déjà quelques déconvenues bien avant sa sortie notamment cette fameuse polémique sur le fait d’attribuer les premiers et seconds rôles à des acteurs américains et hispaniques alors que le film se déroule en Chine. Une polémique bien futile quand on connait le scénario du film. William et Tovar n’ont qu’un seul but, la poudre noire qui les rendrait enfin riches et adulés de tous en Europe sauf que rien ne se passe vraiment comme prévu lorsqu’ils se retrouvent emprisonnés dans la Grande Muraille de Chine. Ils découvriront alors qu’une armée chinoise défend cette forteresse contre les créatures monstrueuses intelligentes et prêtes à tout pour exterminer l’humanité. William s’engagera auprès d’eux pour une bataille sans merci.

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Superproduction américano-chinoise, La Grande Muraille est le film tourné en Chine avec le plus gros budget jamais donné (près de 135 millions de dollars) et le moins qu’on puisse dire c’est que ça se voit à l’écran.

Visuellement impeccable

La Grande Muraille de Chine comme si vous y étiez, perdu au beau milieu des montagnes, c’est tout simplement magnifique à voir. Les plans d’ensembles des déserts arides sont splendides et que dire de ces scènes de combats rondement menées et filmées par Zhang Yimou. C’est propre, c’est dynamique et impossible de s’ennuyer une seule seconde. La rigueur chinoise est de mise notamment dans cette armée destinée à protéger la Grande Muraille. Une mise en place assez hypnotique tant est calculé au millimètre près.

Matt Damon indispensable ?

Le constat qui se pose après avoir le film est le suivant : est-ce que Matt Damon et son compatriote sont vraiment utiles dans ce film ? En effet il aurait très bien pu être possible que La Grande Muraille ne se concentre que sur cette armée chinoise contre ces créatures mystérieuses. Matt Damon n’apporte aucune réelle plus-value au film ne serait-ce qu’une tête d’affiche évidemment et peut-être aussi la caution humour de ce film (il faut dire que le duo Matt Damon/Pedro Pascal nous régalent avec leurs joutes verbales).

Dans ce film on sent grandement l’influence américaine pour en faire plus un blockbuster qu’autre chose. Dommage parce que le scénario et les acteurs chinois se suffisaient à eux-mêmes pour offre un beau film d’action chinois. Il n’empêche que La Grande Muraille reste malgré tout un très bon divertissement.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Quelques minutes après minuit : Une jolie fable empreinte d’émotions

Quelques minutes après minuit est le troisième film du réalisateur espagnol Juan Antonio Bayona après The Impossible et L’Orphelinat. Et comme à chaque fois, le talent de la personne n’est plus à prouver. Adapté du roman éponyme écrit par Patrick Ness, Quelques minutes après minuit est aussi réussi sur le fond que sur la forme.

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Un enfant solitaire à qui la vie n’a jamais été tendre, un énorme et énigmatique monstre qui lui vient en aide… Vous aussi ça vous rappelle bizarrement Le Bon Gros Géant ? L’idée s’en approche énormément même si le traitement est complètement différent dans les deux cas.

Une ambiance plus angoissante

Juan Antonio Bayona est connu pour rarement faire dans la dentelle. Que ce soit les films catastrophe ou les thrillers, les ambiances colorées et joyeuses, très peu pour lui. Dans ce nouveau film, il mélange habilement les deux. Connor est un jeune garçon persécuté par ses camarades de classe alors que sa mère se bat quotidiennement contre un cancer qui la ronge à petit feu et que sa relation entre lui et sa grand-mère n’est pas au beau fixe. Et alors qu’il s’évade à travers ses dessins, en pleine nuit à 00h07 très exactement, l’if qui trône au loin sur la colline se réveille et devient un monstre qui part à sa rencontre afin de l’aider.

Les effets spéciaux utilisés pour créer le monstre sont époustouflants et parfaitement maîtrisés. Aussi hypnotisant que dérangeant, cet imposant monstre fait le lien entre cet enfant et le monde adulte qui l’attend. Un monde sans sa mère qui l’effraie à tel point que cette vérité lui semble impossible à dire. Les scènes de nuit qui se mélangent aux contes raconter par l’if sont sublimes et l’idée d’utiliser l’aquarelle pour dépeindre ces histoires donne un aspect encore plus fantastique, ingénieux.

Trois histoires, trois étapes

Quelques minutes après minuit est loin d’être un conte traditionnel qu’on peut connaître. Durant trois soirs, l’if vient à la rencontre de Connor pour lui raconter une histoire. Trois histoires au total avant que Connor raconte la quatrième histoire, sa vérité. Trois histoires pour symboliser trois étapes du deuil, accepter la perte d’un être cher pour pouvoir justement la laisser partir et se construire.

Les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit alors que ce petit garçon ne comprend pas pourquoi l’if est là pour le sauver lui et non sa mère. Un propos dur et douloureux qui contraste avec la beauté de ce film et notamment ce final sublime.

Juan Antonio Bayona ose et propose un film audacieux, loin des clichés habituels tant sur la forme que sur le fond. Et une nouvelle fois, le pari est réussi. Mention spéciale à Lewis MacDougall tout simplement parfait dans ce rôle !

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Manchester by the sea : Parce qu’il fallait bien trouver quelqu’un qui n’aime pas le film

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Toute la presse n’en a dit que du bien ainsi que les spectateurs qui semblent ravis. Manchester by the sea avait tout pour être le film de l’année et pourtant. Soit les gens ont mauvais goût, soit on a pas vu le même film. Bref dans tous les cas c’est un semi-raté. La vie de Lee bascule le jour où son frère Joe fait un arrêt cardiaque et laisse derrière lui son fils Patrick dont Lee est désormais le tuteur. Il va donc devoir revenir dans le Massachusetts pour s’en occuper et faire face à son ancienne vie brisée.

Casey Affleck, impeccable

Par contre s’il y a une chose sur laquelle on sera d’accord c’est la performance de Casey Affleck est grandiose. Un vrai plaisir de le rédecouvrir dans un rôle complexe. Ce concierge abîmé par la vie, au passé compliqué et qui n’attend plus grand chose de la vie se retrouve propulser aux côtés du neveu qu’il a vu grandir. Comment rester insensible à sa cause ? Ce rôle initialement proposé à Matt Damon va finalement plutôt bien à Casey et aux vu des nominations et des récompenses qui commencent à pleuvoir, ce ne serait pas étonantn de le voir aux prochains Oscars (même Andrew Garfield est mieux heum).

Par contre ce ne sera pas la même sauce pour Michelle Williams qui certes livre ici une très belle prestation tout en émotion sauf qu’en fait, on ne la voit pas plus que dans la bande-annonce. Dommage, parce que son personnage était tout aussi intéressant que celui de Lee. On appréciera par ailleurs la performance de Patrick, un adolescent aussi drôle qu’adorable.

Un peu trop de longueurs

Le problème du film sont ses longueurs présentes du début à la presque fin. La première partie est fastidieuse, lente et monotone. Résultat aucun moyen d’accrocher alors quand on se dit que ça va durer deux heures… Le film devient intéressant à partir du moment où on découvre le passé de Lee et pourquoi il est devenu aussi aigri et monotone. Quelques scènes attirent cependant l’attention notamment la fameuse discussion entre Lee et son ex-femme Randi et où sa carapace se fend enfin.

Bref, Kenneth Lonergan aurait mieux fait de recentrer son film sur l’essentiel et nous éviter certaines scènes totalement inutiles parce que ramasser la neige une fois d’accord mais quinze fois non merci.

Manchester by the sea est certainement ma plus grande déception de cette année. Même si Casey Affleck est fabuleux dedans, le scénario un poil faible ne l’aide pas du tout et malheureusement ça ne suffit pas pour en faire un bon film.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] « Rogue One : A Star Wars Story » : Un spin-off au delà des espérances !

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Vous l’attendiez et ça y est, il est enfin là ! Rogue One est le spin-off de la saga Star Wars qui se situe entre l’épisode III et IV. Alors oui il était légitime de se poser des questions quant à l’utilité d’un spin-off et bien désormais un seul conseil : foncez. Rogue One c’est le destin de ces héros ordinaires engagés dans la Rébellion et prêts à tout pour récupérer les plans de l’Etoile Noire, cette machine de guerre capable de tout détruire.

Enfin un digne héritier de George Lucas

Mission périlleuse pour Gareth Edwards qui hérite d’un sacré barnum surtout en s’attaquant à l’histoire située entre l’épisode III et IV. Et même si aux premiers abords on pourrait penser que ce film n’est qu’un coup commercial de la part de Disney, il faut bien avouer que Rogue One envoie la sauce et bien comme il faut.

Pour cet opus, on s’éloigne largement du dernier Star Wars et de son gentil scénario et de ses quelques scènes d’actions. Ici on se retrousse les manches et on fonce dans le tas si bien que la deuxième partie est totalement haletante. Rogue One, en plus d’être un film de science-fiction, est avant tout un vrai film d’action comme on les attendait. Une ambiance beaucoup plus sombre, plus grave (tout comme la gravité de la situation) et des scènes de combats épiques. C’est également l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la Rébellion et d’avoir un final qui va vous filer des frissons garanties.

Un casting en or

L’autre force de Rogue One est indubitablement son casting cinq étoiles et son personnage principal incarné par Felicity Jones. Et oui les femmes prennent le pouvoir ces derniers temps et tant mieux ! Ici ne vous attendez pas à des héros comme on a l’habitude de voir. On assiste à un véritable chemin psychologique des personnages qui ont d’ailleurs plutôt des airs d’anti-héros qu’autre chose. Entre Jyn Erso qui ne veut servir que ses propres intérêts et qui semble bien peu préoccupée par la domination impériale ou encore le capitaine Cassion Andor, personnage antipathique qui a donné sa vie pour la Rébellion.

D’un autre côté on a le duo attachant Imwe et Malbus qui apportent cette once d’espoir dans ce chaos complet. Aussi complices, que complémentaires, qu’attachants, bref impossible de rester de marbre face à eux. Pour les accompagner dans ce périlleux voyage, on a K-2SO qui est indubitablement la caution humour de ce film (c’est bien la seule d’ailleurs). Ajoutez à cela un Mads Mikkelsen charismatique au possible et évidemment quelques personnages qu’on ne connait trop bien et le tour est joué (je ne spoile pas promis) !

Pour une fois 2h14 de film me paraît bien trop court pour un chef d’oeuvre pareil. Et aux vue des critiques, autant Star Wars VII avait du mal à convaincre, autant ce spin-off est une réussite sur tous les points qui vous tiendra en haleine jusqu’à cette scène finale parfaite. Difficile de mieux terminer l’année ! Mission réussie pour Rogue One qui aura réussi à nous filer des étoiles pleins les yeux !

Ma note : ★★★★★