Amare Amaro : Une affaire de famille

Un enfant court dans les rues d’un village Sicilien. Il crie, il répète à tue-tête une phrase qui sonne comme la cloche funeste d’une tragédie grecque. « Le prêtre est mort ». C’est avec cet enfant aux airs des grandes gueules des gamins du cinéma italien néo-réaliste que commence le film. Une ambiance crépusculaire saisit un décor presque figé. Amare Amaro est un merveilleux premier film, celui de Julien Paolini qui s’attaque à la réécriture d’Antigone de Sophocle.

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Le tango de Satan : De la fin de toute chose…

Prendre le temps de voir les choses. Voilà ce qui résume bien Le tango de Satan, et l’œuvre de Béla Tarr en général, mais cela évoque également le spectateur qui décide de se plonger dans une aventure assez folle, d’une durée de 7h30, de laquelle il ne peut sortir indemne. Cette plongée dans la campagne hongroise du début des années 90, d’une richesse immesurable, reste un des accomplissements cinématographiques des plus notables et, à l’occasion de sa première véritable sortie en France, il est nécessaire de revenir sur ce film unique.

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Autant en emporte le vent : retour sur un géant du cinéma hollywoodien

Autant en emporte le vent, voilà un nom qui suinte le cinéma. Auréolé avec huit oscars à sa sortie et considéré par beaucoup comme la plus grande histoire d’amour jamais projetée dans une salle obscure, il s’agit d’un film à l’aura unique qui symbolise parfaitement une certaine ère hollywoodienne. Épique, dantesque, démesuré et touchant mais aussi révisionniste et raciste, les adjectifs manquent pour évoquer ce monument du septième art, la production David O. Selznick par excellence qui, après 81 ans d’existence, demeure encore aujourd’hui une œuvre incontournable de la culture populaire.

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À tous les garçons : P.S. Je t'aime toujours : Romantisme à 3

Qui dit Saint-Valentin dit forcément films romantiques à n’en plus finir. Et il y a bien une chose dans laquelle s’est spécialisé Netflix (au plus grand dam de notre relecteur) : les films de Noël et les comédies romantiques. Il faut dire qu’on tient là le bon filon et après le succès du film À tous les garçons que j’ai aimés, il était normal de voir débarquer sa suite à quelques jours de la Saint-Valentin (avant le troisième volet qui viendra conclure cette saga l’année prochaine).

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American Woman : Récit de vie sans à-côtés.

Lorsqu’on a vu s’avancer pour recevoir son prix Sienna Miller, on s’est demandé pourquoi tant d’honneurs. Comédienne peu connue dans nos contrées, souvent relayée au rang d’intérêt amoureux (pour se défaire de cette idée, on recommande le très bon Interview, diffusé en cette édition 2019, qui montre une palette assez large de son talent), il lui aura fallu plus d’une décennie pour obtenir un rôle qui allait nous la faire voir comme une véritable évidence. Avec American Woman, Jake Scott lui a offert un véritable rôle de composition dont elle s’est emparée avec élégance et virtuosité.

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Entretien avec Léo Karmann et Sabrina B. Karine pour "La dernière vie de Simon"

Le cinéma français est ambitieux, encore faut-il lui laisser une place. En tout cas en ce début d’année c’est un énorme coup de coeur qu’on a eu pour La dernière vie de Simon. Un film fantastique aux inspirations Spielbergiennes indéniables qui, en plus d’être original, est maîtrisé de A à Z. Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec le réalisateur et scénariste Léo Karmann ainsi que sa co-scénariste Sabrina B. Karine. L’occasion de revenir sur cette longue collaboration et de l’état du cinéma de genre en France.

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