Jeanne la pucelle : Sans biais

Qu’il est difficile de retranscrire la réalité des figures historiques… Cette litanie, qui semblerait presque l’introduction monologuée d’un long psaume mêlé de plaintes, s’avère bien réelle tant nous pouvons la prouver par l’exemple. Dans les œuvres dédiées à des figures historiques, qu’elles soient iconiques ou pas, et quelque soit le médium qui les présente, il est toujours question de choix, tant nous ne pouvons révéler avec exactitude la vérité d’un autre temps.

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Close : rires dans la nuit

Lauréat du Grand Prix au dernier festival de Cannes, Close est le second film du réalisateur Lukas Dhont et raconte l’histoire de l’amitié fusionnelle entre deux garçons de 13 ans. Dhont reprend la thématique des identités et questionnements de genre et du regard d’autrui qui foisonnaient déjà dans son premier film, Girl, et y rajoute une dimension plus dramatique, sans tomber dans l’excès émotionnel. À peine en salles et déjà sélectionné pour représenter la Belgique aux Oscars, le film se classe comme l’un des petits bijoux de cette fin d’année.

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Amsterdam : polar-miroir

David O.Russell, c’est un peu ce voisin sympathique, dont on aime écouter les histoires, mais qui ne nous évoque pas grand chose. Si l’on se souvient de ses films comme d’un bon moment, à l’écriture légère et agréable, on n’en retient rien, et regarder sur nos étagères les copies d’Happiness Therapy, Fighter ou encore Les rois du désert prendre la poussière nous fait remonter un sentiment d’esbroufe, la persuasion d’avoir observé un joli écrin empli de vide. Garant d’un artisanat « bien fait », O’Russell s’accompagne toujours d’un casting étoilé, bien vendu aux côtés de son image de réalisateur rare, dont chaque retour fait l’événement (Joy, le dernier en date, étant passé plus inaperçu). Avec sa promotion axée sur les mêmes artifices, Amsterdam nous promet du glamour, une enquête ambitieuse dans l’Amérique des années 30, qui nous remémore des frissons de Chinatown. Au final, on s’approche plus de Gangster squad.

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Lifeline : Spectacle total, spectacle humain

Deux ans après Loving You, Johnnie To réalise une nouvelle commande pour la Shaw Brothers avec Lifeline, qui réunit la même équipe technique mais aussi le couple Lau Ching-Wan et Carman Lee avec pour objectif d’en réitérer le succès. L’histoire suit le quotidien de la caserne de pompiers de Tsz Wan Shan, dont l’équipe d’intervention est dirigée par Yau Sui (Lau Ching-Wan). Réputée comme étant la plus poisseuse de la soixantaine de casernes qui peuple la ville de Hong Kong, elle se voit attribuer un nouveau chef, l’officier Cheung, qui traîne une réputation de tyran insensible.

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Loving You : Love and bullets

On l’oublie souvent, mais avant d’être un auteur célébré dans le monde à partir du début des années 2000, Johnnie To a une carrière de réalisateur de studios depuis 20 ans et son premier film, The Enigmatic Case en 1980. Un réalisateur qui œuvre notamment pour la Cinema City, véritable touche-à-tout capable de passer du drame à la comédie, pour enchaîner avec un polar et un film de kung-fu, et dont le parcours est marqué par des réussites comme The Big Heat, All About Ah-Long, The Bare-Footed Kid, et The Heroic Trio.

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Rétrospective Tsui Hark #8 – Pour le pire… mais surtout le meilleur

Retour dévastateur à Hong Kong, synthèse du polar ayant fait la gloire de la péninsule à partir des années 80 et baroud d’honneur pour un cinéaste ayant porté une partie de l’industrie pendant deux décennies, Time and Tide est aussi le début d’une remise en cause pour Tsui Hark. Remise en cause de son avenir alors que Hong Kong est officiellement redevenue chinoise, mais également remise en cause de son style expérimental qui façonne ses œuvres depuis The Blade, et enfin de ses ambitions de cinéaste à l’heure où le numérique permet des prouesses jusqu’à l’heure impossibles. Il en résulte une période instable pour le cinéaste, mais heureusement courte.

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Les Miens : Le bossu de notre famille

Il y a des années où certain·es acteur·ices se démarquent par leurs choix cinématographiques. En 2022, c’est Roschdy Zem qui nous offre jusque là un sans faute. Aperçu plus tôt dans l’année dans Enquête sur un scandale d’état, puis donnant la réplique à Virginie Efira dans Les enfants des autres avant de rejoindre Louis Garrel dans L’Innocent, l’acteur est finalement revenu derrière la caméra pour son sixième long-métrage.

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Saint-Omer : Tou·tes coupables

Alice Diop est une réalisatrice confirmée pour ses documentaires (dont Nous en 2021, primé à Berlin). Avec Saint-Omer, elle s’essaie pour la première fois à la « fiction », son arc narratif est inspiré de faits réels mais baigné d’une approche documentaire et documenté. Pendant deux heures, son récit et sa mise en scène, Lion d’Argent à la Mostra de Venise 2022, nous emmène dans une analyse profonde de l’Homme et des devoirs imputés aux femmes. Poignant.

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Clean with me (After dark) : Madame Propre

Youtube est une plateforme qui a de quoi fasciner. Créée en février 2005, elle devient virale en très peu de temps, permettant à chacun·e de poster et de visionner des vidéos en tout genre. Depuis quelques années, elle connait un tournant majeur avec l’émergence de nouveaux métiers. Ces nouveaux·velles « créateur·ices de contenus » offrent une nouvelle façon de vivre son quotidien. Gabrielle Stemmer s’est emparée d’un phénomène très américain : filmer ses journées de nettoyage/ménage.

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El : Relation toxique, mode d’emploi

El, ou plutôt « Lui » dans la langue française, bien que la traduction du titre dans notre pays est Tourments. Autant conserver le titre original, bien plus représentatif du film. El, ainsi donc s’agit-il d’un film centré sur la figure de l’homme ? Oui, mais pas n’importe laquelle ! Celle de l’homme puissant, possessif, paranoïaque, oppresseur, menteur et lâche. Réalisé par le cinéaste Luis Buñuel – connu grâce à son court métrage Un chien andalou – il s’agit de l’un des films préférés et les plus personnels de son auteur.

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Werewolf By Night : Chair de Poule (mouillée)

Profitant de l’arrivée de l’automne et de son cortège de goules, vampires et tueurs psychotiques, Marvel sort de son tiroir à malices Werewolf By Night, une adaptation du comics éponyme de 1972 suivant la vie tumultueuse de Jack Russel, un loup-garou aux prises avec l’univers Marvel. Aux manettes de cette plongée dans l’horreur siglée 16+, c’est le compositeur émérite Michael Giacchino, pourtant très occupé parmi les multiples bandes originales qu’il signe régulièrement, qui tronque sa baguette pour la caméra.

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Halloween Ends : Leave Michael Alone !

Dernier tour de piste pour l’un des tueurs en série les plus emblématiques du cinéma. Après un premier opus calqué sur l’original et un second diamétralement opposé, ce troisième volet avait pour pari de concilier les deux tout en proposant une conclusion digne de ce nom. Mais que peut-on encore dire sur une saga qui a été essorée maintes fois ? À David Gordon Green de nous donner la réponse. Visiblement, le réalisateur a plus d’une surprise cachée sous sa casquette.

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Les frères Dardenne : « Le temps de l’enregistrement est le temps du spectateur »

Fers de lance du cinéma belge, Jean-Pierre et Luc Dardenne se sont imposés comme des réalisateurs indispensables dans le cinéma social, notamment par leur style reconnaissable. Habitués du Festival de Cannes (où ils ont remporté deux Palmes d’or, un prix de la mise en scène, un du scénario et ici le prix du 75ème festival de Cannes), ils ont sorti il y a peu « Tori et Lokita », l’histoire d’amitié entre deux enfants dans un univers particulièrement sordide et habituel aux metteurs en scène.

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Le Goût du riz au thé vert : Mariage à ranger

Aparté : Dans un soucis de fluidité dans cette retrospective dédiée au cinéaste Yasujirō Ozu, nous avons décidé de ne pas composer d’article sur le film Eté précoce (1951). En effet, ce dernier – bien que majeur dans l’oeuvre du monsieur – a une histoire, un cheminement narratif ainsi qu’un contexte de production très similaire au précèdent long-métrage abordé : Printemps tardif. Pour autant, nous vous recommandons fortement son visionnage. Déjà car c’est une nouvelle occasion d’admirer Setsuko Hara au sommet de son art dans le rôle d’une autre « Noriko », mais surtout car Eté précoce permet d’élargir le portrait du Japon déjà détaillé dans le film précèdent notamment par une plus grande galerie de personnages délicieux, toujours composés avec l’aide de Kōgo Noda à l’écriture.

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Dominik Moll : « Pour nous, c’était important que cette jeune femme continue de planer sur le film »

C’est la claque du cinéma français de cet été : La nuit du 12 a été régulièrement célébré depuis sa sortie pour son approche d’une affaire judiciaire avec une justesse et un humanisme qui n’annulent jamais la violence en son sein. On a rencontré Dominik Moll à l’occasion de la sortie en Belgique du film, l’opportunité de voir comment le réalisateur a conservé un cap émotionnellement fort au cœur d’un des meilleurs films de l’année.

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