L’Ombre d’Emily : Aussi sombre qu’un couloir mal éclairé

Réalisateur d’une partie des épisodes de la série « The office », à la tête de comédies du style « Mes meilleures amies », « Spy » ou encore « S.O.S Fantômes », Paul Feig explore cette année son côté sombre avec l’adaptation du roman « Disparue » de Darcey Bell. Et jusqu’à présent tout laissait présager un thriller corsé aussi sexy que tendu. Imaginez la déception lorsque le tout se révèle un simple plouf dans la mare des pseudos thrillers/comiques – alors que sur Allociné le film n’est même pas catégorisé dans le genre comédie alors qu’il aurait largement pu -. 

Vlogueuse et maman à plein temps, Stéphanie – adorable Anna Kendrick – passe ses journées entre aider dans les activités extra-scolaires de son fils et se filmer en train de réaliser différentes recettes et à prodiguer astuces et conseils aux autres mamans. Tout son quotidien se retrouve cependant bouleversé quand elle fait la rencontre d’Emily – plantureuse et née pour porter des costumes -, une autre mère de famille aussi intriguante qu’elle est charismatique. Entre elles, une amitié se noue petit à petit jusqu’au jour où Emily disparaît mystérieusement. Bien décidée à savoir ce qui est arrivé à sa meilleure amie, Stéphanie commence son enquête pour finalement découvrir qu’il y a de bien grosses anguilles sous roche. 

Qu’est-ce qui ne va pas dans le film ? À part à peu près tout ? Que ce soit la soi-disante frigidité d’Emily dont on se doute bien que quelque chose ne tourne pas rond en passant par l’obsession de Stéphanie envers Emily et son mode de vie à qui profite largement la disparition d’Emily puisqu’elle tient au courant ses abonnés de l’avancée de l’enquête au début de chacun de ses vlogs (WTF ?). « Emily est ma meilleure amie… On s’est rencontrées y a quelques semaines » Bah non en fait. Niveau crédibilité on part sur du 20/Mort de Marion Cotillard. Paul Feig a bien du mal à tenir un semblant de tension tant toutes les ficelles sont si grosses qu’elles sont visibles depuis l’extérieur du cinéma. On pense évidemment au « Gone Girl » de David Fincher qui, lui au moins, savait manier la tension et l’humour. Oui parce qu’évidemment chassez le naturel et il revient au triple galop pour mieux foncer dans le mur. « L’Ombre d’Emily » s’essaie de temps en temps à l’humour tout au long du film – avec succès grâce à la caution Anna Kendrick – avant de se perdre dans un foutraque pas possible dans son dernier quart d’heure poussant le film à un ridicule aberrant. Le film explore des pistes sans jamais aller au bout des choses et tente tant bien que mal d’emmener un peu de piquant en créant une pseudo relation ambiguë bisexuelle – SPOILER : Emily et Stéphanie s’embrassent et…. bah c’est tout en fait -. 

Dire qu’on y a cru lorsqu’on a vu cette bande-annonce. On y croyait, on le voulait ce fichu thriller un brin sexy, à défaut on se retrouve avec une Blake Lively nue sous son costard blanc – au moins on aura pas tout perdu -. Bref, Paul Feig ferait mieux de retourner à ses comédies – et rapidement – et laisser son côté sombre dormir tranquillement dans son coin.

L’Ombre d’Emily de Paul Feig. Avec Blake Lively, Anna Kendrick, Henry Golding… 1h58
Sortie le 26 septembre

Cafe Society : Un 69e Festival qui démarre plutôt bien

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Woody Allen l’éternel ? Woody Allen l’indétrônable ? C’est fort possible. Pour la quatorzième fois de sa carrière, le réalisateur américain de 80 ans foule les marches du Festival de Cannes. Présenté Hors Compétition, cette comédie dramatique a fait l’ouverture de ce 69e festival. Alors, à quoi devons-nous nous attendre ? Verdict.

Tout le monde connait Woody Allen, tout le monde connait forcément un de ses films et dès les premières notes de musique ça y est, on sait que c’est notre cher Woody derrière la caméra. Fidèle à lui-même, le réalisateur nous dévoile son univers bucolique et charmant à souhait. Un univers des années 30 où l’on suit les aventures de Bobby Dorfman qui décide de quitter New-York pour Hollywood où il tombe éperdument amoureux de Vonnie, la secrétaire de son oncle. Cette dernière étant déjà avec quelqu’un, Bobby va se contenter de son amitié jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit-ami l’a quitté. L’avenir semble enfin beau et prometteur pour Bobby… Enfin presque.

Après Magic in the Moonlight ou encore L’Homme Irrationnel, Woody Allen revient avec un excellent film surpassant ses deux précédents. Visuellement, il nous offre à chaque fois un régal pour les yeux ainsi qu’un régal pour les oreilles concernant la bande-son. Le duo d’acteur Kristen Stewart/Jesse Eisenberg fonctionne à merveille –certainement du fait qu’ils ont déjà travaillé ensembles auparavant. Une Kristen Stewart surprenante, aux antipodes des rôles qu’elle a pu jouer. C’est clair, la Bella de Twilight a bien disparu. Quant à la ravissante Blake Lively, même si elle ne possède pas un très grand rôle, s’en sort très bien avec grâce et volupté.

Ce qui marque également dans le film sont les répliques cinglantes notamment sur les juifs et des dialogues à mourir de rire (« D’abord c’est un meurtrier, et maintenant un chrétien ! Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?« ). Les rôles secondaires sont tous étudiés pour y apporter leur petite touche, notamment la famille de Bobby entre son frère gangster, sa mère pleine d’espoir et sa soeur mariée à un homme qui déteste la violence et qui se laisse marcher dessus par son voisin. N’oublions pas Steve Carell qui excelle comme à chaque fois dans le rôle de l’oncle millionnaire, éperdument amoureux et jaloux de son neveu.

Woody Allen fait son petit bout de chemin et à 80 ans, il n’a plus rien à prouver. Avec un film par an, le réalisateur se fait plaisir avec des castings 5 étoiles à chaque fois et ça marche. Woody Allen fonctionnera toujours mais cette fois un peu plus que les autres.

Ma note : ★★★★☆