Unfriended Dark Web : Petits jeux entre amis

Sortie en 2014, « Unfriended » avait fait son petit effet en plaçant son film d’horreur sous le prisme d’un seul point de vue : celui d’un écran d’ordinateur qu’on observe de la première à la dernière seconde. Cette année, « Searching : portée disparue » avait utilisé la même technique – avec habilité et intelligence ce qui lui vaut de se placer dans le haut du panier des thrillers 2018 – et désormais « Unfriended : Dark Web » également. Alors que le premier opus était bancal sur son scénario (film d’horreur sur fond de fantôme et vengeance), « Unfriended : Dark Web » emprunte le chemin dru thriller psychologique, nouveaux personnages, nouvelles thématiques et force est de constater que le tout fonctionne assez bien.

Lorsque Matias ramène chez lui un nouvel ordinateur et y trouve une cache de fichiers, il est loin de se douter qu’il est sur le point d’entrer dans l’un des endroits les plus mystérieux mais également dangereux qui puisse exister sur internet : le Dark Web. Alors qu’il fait une traditionnelle soirée jeux avec ses amis, tout se complique lorsque Matias apprend qu’ils sont épiés par quelqu’un prêt à tout pour protéger le Dark Web et les secrets que contiennent cet ordinateur…

Exit le côté horrifique lié aux esprits du premier et place à une véritable menace, celle des tréfonds du Dark Web. En plaçant son action et son propos dans une problématique bien réelle et pourtant si invisible aux yeux de tous – le Dark Web existe mais savons-nous vraiment ce qu’il se trame dessus ? -, Stephen Susco donne une autre dimension au film rendant le tout beaucoup plus intéressant tout comme les différents plot twists insérés tout au long du film pour arriver à un final rappelant notamment « Nerve » sorti en 2016. Il n’empêche que ce « Unfriended : Dark Web » souffre des mêmes tares que son aîné avec une mise en place des personnages assez longue et laborieuse qui peut vite vous faire décrocher au début. Par moment on relèvera aussi une mauvaise gestion de l’écran justement à trop vouloir juxtaposer les fenêtres, les informations données à l’écran et y ajouter les discussions des protagonistes certaines scènes sont tout simplement illisibles.

Malgré tout, « Unfriended : Dark Web » réussi à accrocher son spectateur au fur et à mesure du récit et des enjeux qui en découlent pour Matias le protagoniste principal une fois que le véritable propriétaire de l’ordinateur entre en jeu pour lancer son film à toute allure jusqu’à la dernière minute. Par différents effets visuels et sonores propres à l’ordinateur, le réalisateur réussit à distiller une angoisse constante tout en réussissant à développer suffisamment chacun de ses personnages (qui sont quand même beaucoup) pour laisser le temps au spectateur de s’attacher. 

Petit film d’horreur tirant plus vers le thriller qu’autre chose, « Unfriended : Dark Web » est un film plus qu’honnête qui fait le boulot de A à Z et qui se laisse regarder avec plaisir. Prenant, plutôt efficace et au scénario rondement mené.

Unfriended : Dark Web de Stephen Susco. Avec Colin Woodell, Betty Gabriel, Rebecca Rittenhouse… 1h33
Sortie le 26 décembre

[CRITIQUE] La Momie : Ne la ressortez plus de son tombeau s’il-vous-plaît

1932, Karl Freund sort la Momie. 1999, Stephen Sommers en fait un remake. 2017, Alex Kurtzman ressort la momie de son tombeau pour en faire un reboot et introduire le Dark Universe qui comprendra notamment Dracula, Frankenstein, l’homme invisible… Alors que le film était annoncé comme le grand film qui lancerait enfin le Dark Universe, La Momie (en plus de s’être fait atomisée par la critique) n’attire pas tellement les foules. Une chose est certaine, Alex Kurtzman aurait mieux fait de laisser la momie là où elle était et de ne surtout pas y toucher.

Rien de neuf sous le soleil égyptien

En se lançant dans une énième super-production hollywoodienne qui a mis plus de moyens dans les effets spéciaux que dans le scénario, Universal nous offre sur un plateau d’argent un film totalement indigeste et d’un ennui où même les momies bailleraient. D’ailleurs le seul atout du film, c’est-à-dire Sofia Boutella, n’est pas utilisé à sa juste valeur. Le réalisateur justifie son choix en expliquant qu’il voulait rendre l’ennemi plus humain et que le spectateur ai de l’empathie pour elle. Soyons honnêtes, on s’en fout totalement d’avoir de la compassion pour elle. Nous ce qu’on veut c’est qu’elle se venge, qu’elle tue, bref qu’elle fasse son boulot quoi. Au lieu de ça cette actrice formidable hérite d’un rôle creux qui n’a d’intérêt que son interprétation. Quand à l’utilité de Tom Cruise on ne s’attardera pas sur ce sujet, à part que sur l’affiche du film La Momie la seule chose qu’on voit… c’est Tom Cruise. Ca vous donne déjà un petit aperçu.

Le film quant à lui contient beaucoup d’incohérences notamment sur sa fin qui relève plus du happy end de film romantique que de film d’aventure. Niveau effets spéciaux c’est du vu et revu et c’est tout sauf impressionnant. Le film qui se classe aussi dans la catégorie « Epouvante » nous prouve qu’il ne suffit pas de quelques jump scares prévisibles pour en faire un film d’horreur convenable.

En voyant ce que vient de donner La Momie il y a de quoi avoir peur pour la suite. Universal cède à la facilité avec un blockbuster américain convenu et ennuyeux. Comme quoi il vaut mieux laisser certains cadavres au placard.

[CRITIQUE] Grave : Un drame sanglant à consommer sans modération

S’il y a bien un film qui a fait grand bruit ces derniers temps c’est bel et bien le premier long-métrage de Julia Ducournau. Remarqué à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes l’année dernière, encensé par la critique, glorifié par M. Night Shyamalan qui y est allé de son joli petit commentaire sur Twitter, récompensé dans de nombreux festivals, Grave a déjà eu une vie bien remplie bien avant sa sortie dans les salles obscures. Mais qu’est-ce qui fait que ce film fasse autant d’effet ? Film d’horreur, film gore, tragédie, drame, film d’auteur, ce film est tout bonnement inclassable et pour cause, c’est un ovni et c’est surtout une merveille cinématographique.

Une réflexion sur l’être humain

Grave n’est pas qu’un simple film d’horreur comme on a l’habitude de voir ces dernières années. Julia Ducournau offre là de la matière (fraîche à l’occurence) pour une réflexion beaucoup plus poussée sur la condition humaine. Justine est encore vierge de tout lorsqu’elle débarque dans son école de vétérinaire : de sexe, de garçon, d’alcool, de drogue et surtout de viande puisque dans sa famille tout le monde est végétarien. Sauf que pendant sa période de bizutage, Justine est obligée de manger de la viande. Ce geste pourtant anodin va entraîner chez elle une soif de chair humaine et qui révélera sa vraie nature.

Comme disait Shakespeare dans Hamlet, être ou ne pas être telle est la question. Parce qu’il ne s’agit pas juste de montrer le cannibalisme comme simple monstruosité, c’est le montrer comme un passage de l’adolescence vers le monde adulte et tous les risques et les dérives qu’il peut comprendre. C’est avant tout de savoir qui on est en tant qu’être humain et qui on veut devenir. Est-on obligé de suivre la lignée familiale parce qu’il en est ainsi ? Sommes-nous condamnés à être comme les autres ? Ou alors est-il possible de se détacher de cette voie tout tracée mais à quel prix alors ?

Parce que dans le film Justine est tout l’opposé de sa soeur Alexia, elle aussi cannibale mais qui contrairement à Justine, ne fait plus le distinguo entre le bien et le mal. Grave repose sur toute cette lutte psychologique avec soi-même pour repousser qui l’on est, si tenté qu’on y arrive évidemment. La mise en scène est brillante notamment la séquence où Justine se met à saigner du nez lorsqu’elle observe longuement son colocataire Adrien. Toute cette bataille intérieure se reflète en un fragment de secondes lorsque le saignement commence comme si, pour éviter de manger son colocataire, elle se mangeait intérieurement car elle sait pertinemment que ce qu’elle a n’est pas normal. Justine représente encore cette dimension humaine et est prête à se faire du mal plutôt que de faire mal aux autres.

Sans compter cette scène finale (que je ne dévoilerai pas évidemment) qui donne encore plus de sens, de pertinence et surtout d’impact au film. Comme un dernier électrochoc, une dernière morsure avant l’écran noir. C’est extrêmement malin, c’est extrêmement bien amené et filmé par Julia Ducournau qui dépeint ce passage du monde de l’adolescence au monde adulte de manière brutale, frontale, sanglante mais qui dépeint également une tragédie où personne n’en ressort indemne.

Des performances affûtées comme des lames de couteaux

Pour son premier grand rôle, Garance Marillier ne fait pas dans la demie-mesure. Elle incarne à la perfection cet équilibre fragile entre une jeune adolescente paumée et une future adulte redoutable. D’un simple regard elle transcende l’écran pour vous piquer à vif dans la moelle épinière et vous obliger à observer cet écran sans pouvoir bouger. C’est dingue l’effet hypnotique que cette jeune fille arrive à avoir. On saluera la performance digne des plus grands qu’elle a réalisé pour cette séquence sous les draps où Justine se métamorphose aussi psychologiquement que physiquement. Cette espèce de transe est assez impressionnante à voir il faut l’avouer.

L’autre personnage très intéressant du film et qui complète assez bien avec Justine c’est justement son colocataire homosexuel Adrien, brillamment joué par Rabah Nait Ouefalla. Jamais dans le jugement, il est là pour aider comme il peut Justine parce que comme elle, il fait partie de ce monde impitoyable des études supérieures et du bizutage. Il la comprend, il la soutient sans jamais la juger. Une belle complicité à l’écran qui amène enfin un peu de douceur dans ce film de bruts.

Niveau mise en scène, ce film à est revoir au moins une fois dans sa vie juste pour saisir toutes les subtilités des plans et se rendre compte au final que chaque seconde de chaque plan est calculée et sert la cause de ce film. Rien n’est laissé au hasard et c’est assez impressionnant pour une premier film d’avoir une telle maîtrise de sa caméra.

Malgré tout, âmes sensibles s’abstenir, ce n’est pas pour rien que le film est interdit aux moins de 16 ans. Certains scènes sont extrêmement violentes bien qu’au final elles ne représentent qu’une petite partie du film. Grave n’est pas simplement un film d’horreur, déjà dans sa catégorie c’est clairement le meilleur. C’est intelligent, c’est paradoxalement très propre et il est clair qu’il ne laisse personne indifférent. S’attaquer au cannibalisme il faut oser, maîtriser son sujet de cette manière ça relève du grand art et c’est ce que Grave est, du grand art. A consommer sans modération.

[CRITIQUE] Resident Evil The Final Chapter : La saga finit comme elle a commencé… moyennement

Décidément les adaptations de jeux vidéos ce n’est vraiment pas ça. Après le très moyen Assassin’s Creed, c’est désormais au tour de la célèbre saga Resident Evil de tirer sa révérence dans ce sixième et dernier opus où on retrouve notre héroïne Alice, obligée de retourner là où tout a commencé, dans le Hive à Racoon City où se trouve l’antidote qui pourrait guérir le monde de ce virus. Mais c’est sans compter sur Umbrella Corporation qui va tout tenter pour l’éliminer une bonne fois pour toute.

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Un scénario trop faible

Pour son ultime bataille, Alice va encore devoir affronter de puissants ennemis sans compter les zombies et créatures volantes qui ponctueront son aventure. On déplora dans ce sixième opus un manque cruel de profondeur dans ce scénario dont certaines incohérences sont assez évidentes, notamment le début du film qui ne correspond pas à la fin du cinquième opus ou le final et son twist raté et totalement incompréhensible et illogique. Sans compter un surplus de casting assez inutile sachant qu’on sait pertinemment qu’il n’en restera aucun. 

Heureusement que le film se rattrape au niveau visuel. Les paysages d’apocalypse sont à la fois superbes et effrayants. Les zombies sont assez bien réussis même si les créatures volantes semblent faire un petit peu tâche dans ce paysage, sachant qu’en plus on ne les aperçois qu’en début et fin de film. On déplora également une caméra qui se veut aussi vive que l’action du film et qui n’arrive qu’à nous filer une migraine. 

Il était temps que Resident Evil tire sa révérence et laisse place aux jeux vidéos qui sont de bien meilleures qualités. L’idée était là mais la réalisation a du mal à suivre si bien qu’on sent que la saga était en bout de souffle. Seule constante de l’histoire, elle se terminera de la même manière qu’elle a commencé, c’est-à-dire moyennement.

Ma note : ★★★★★

Vu au cinéma: The baby

503901Réalisé parMatt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett
Avec : Allison Miller, Zach Gilford, Sam Anderson…
Genre : Epouvante, Horreur

Le Spitch : Suite à une soirée bien arrosée lors de leur lune de miel, deux jeunes mariés doivent gérer une grossesse survenue plus tôt que prévu. Alors que le futur père choisit d’immortaliser les neuf mois à venir en filmant sa femme, il découvre que celle-ci adopte un comportement de plus en plus inquiétant, témoignant de changements profonds aux origines à la fois mystérieuses et sinistres…

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Vu à la télé : Trouble Jeu

ImageRéalisé par : John Polson (Fringe, Mentalist, Body of Proof…)
Avec : Robert de Niro, Dakota Fanning, Famke Janssen…
Genre : Thriller, Epouvante-Horreur

Le Spitch : Le docteur David Callaway, récemment veuf, essaie désespérément de renouer le contact avec sa fille de neuf ans, Emily, après la mort tragique de sa femme.
Après plusieurs mois de traitement psychiatrique avec le docteur Katherine Carson, une des anciennes étudiantes de David, Emily semble réussir à vivre avec le traumatisme, et semble prête à redémarrer une nouvelle vie.
David, son père, décide de quitter New York pour une petite ville pour solidifier leur rapport père fille. Mais les choses tournent au sinistre quand Emily se crée un ami imaginaire effrayant et maniaque, Charlie, qui adore jouer à des jeux macabres. Les amis imaginaires peuvent parfois paraître si réels…

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Carrie, La Vengeance (2013)

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Réalisé par : Kimberley Peirce (Stop Loss, The L World, Boys Don’t Cry)
Avec : Chloë Grace Moretz (Kick-Ass 1 & 2, Laisse-Moi Entrer, Dark Shadows), Julianne Moore (Crazy, Stupid, Love; Le Monde Perdu : Jurassic Park)…
Genre : Epouvante, Horreur

Le Spitch : Timide et surprotégée par sa mère très pieuse, Carrie est une lycéenne rejetée par ses camarades. Le soir du bal de fin d’année, elle subit une sale blague de trop. Carrie déchaîne alors de terrifiants pouvoirs surnaturels auxquels personne n’échappera…

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Scary Movie 5

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Je suis peu friande des films d’horreur (oui je suis peureuse et alors ?) mais les parodies je suis fan. Je suis vraiment fan des Scary Movie que je connais par coeur et le fait que dans ce 5e opus les personnages principaux (Cindy Campbell et Brenda Meeks, interprétées respectivement par Anna Faris et Regina Hall )et récurrents aux quatre volets ne me réjouissait peu. Malgré cela il y a un casting plutôt bon (je suis assez contente de revoir Lindsay Lohan) et il y aura quand même fallu 7 ans entre l’opus précédent et celui-là donc il n’y a pas de raisons que ce film ne soit pas bon.

J’ai vraiment pas accroché au début que je trouve inutile et un peu poussé surtout que Charlie Sheen ne fait pas partie de mes acteurs préférés. On a une scène à la Paranormal Activity et où on se moque des déboires de Lindsay Lohan notamment en lui mettant un bracelet de sobriété. Après une voix off explique que Charlie est mort, que Lindsay est arrêtée comme d’habitude et que les 3 enfants de Charlie ont disparu ainsi commence le film. Un début long et pas tellement amusant.

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