Zabriskie Point : la révolte par l'Amour

La révolte, sentiment ô combien difficile à faire vivre à travers un écran de cinéma, a été mise en avant à de multiples reprises pendant le Nouvel Hollywood. On pense évidemment à Dennis Hopper et son Easy Rider, jalon indiscutable de cette période et première capture véritable de cette ère du temps. S’en sont suivies des déclinaisons variées comme le très bon Macadam à deux voies de Monte Hellman et La balade sauvage de Terrence Malick. Pourtant, bien qu’il soit indéniable que ces films empruntent au vent de fraîcheur apporté par Hopper, il ne faut pas négliger l’impact de Michelangelo Antonioni qui, en 1970, a réussi à mêler les thématiques fortes de la société à son style unique dans Zabriskie Point.

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L’éclipse : de la difficulté d’être heureux…

L’expression des turpitudes d’une âme égarée au cœur du monde moderne, tel semble être le défi que s’est lancé Michelangelo Antonioni pour faire suite à La Notte, dans lequel il mettait en scène Jeanne Moreau et Marcello Mastrioanni. Ici, à nouveau un couple italo-français à l’écran. Monica Vitti passe d’amante passagère à personnage principal et Alain Delon vient lui faire la cour inlassablement, en jouant de son charme quasi-irrésistible. Pourtant, ce n’est plus vraiment ça qui intéresse le cinéaste. Cette fois-ci, il compte se tourner davantage vers une observation de la solitude à travers Vittoria, femme forte et complexe, victime de l’incommunicabilité qui englobe la société dans laquelle elle évolue. Incapable de donner ses raisons à l’homme dont elle se sépare, ni de raconter cet événement à sa mère, elle erre dans une Rome déserte, cherchant au coin de chaque architecture, une libération, un moment de folie.

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