[CANNES 2017] Day 05 : « On tente un selfie avec Ségolène Royal ? »

Nouvelle semaine pour le Festival de Cannes et hier grosse journée puisqu’on retrouve au programme ma dignité qui n’est toujours pas ré-apparue, Ségolène Royal et Al Gore. Allez on y va !

Avant d’écrire cet article (je viens de l’écrire ce matin) je tiens à présenter mes condoléances aux familles des victimes à Manchester. Ce qui arrive est horrible, profondément choquant et j’espère qu’on s’unira tous pour lutter contre ces horreurs. On referme la parenthèse et on va essayer de vous divertir malgré tout parce qu’on est là pour ça !

Alors le matin comme d’habitude petit tout du côté Cannes Cinéphile pour voir s’il y a des invitations intéressantes. Notez que les gens se lèvent de moins en moins tôt pour y aller (trop de motivation en début de Festival c’est toujours comme ça). Beaucoup d’invitations pour Cannes Classics mais surtout une très intéressante, une séance spéciale de « An Inconvenient Sequel : The Truth of Power » avec Al Gore, un documentaire pour prévenir des dangers du réchauffement climatique. Hop on récupère une place avant de se poster devant le Palais des Festivals avec sa petite pancarte vous enlevant toute dignité mais ça a payé puisqu’en dix minutes j’ai récupéré des invitations pour Happy End & Mise à mort du cerf sacré !

J’aurais pu enchainer avec un troisième film mais choisit l’option numéro deux c’est-à-dire me nourrir et oui il faut parfois penser à manger pour éviter de tomber dans le coma dans la file (le soleil tape fort ici). On ressort de l’appartement pour voir donc cette séance spéciale mais évidemment on est obligé de faire un détour de quinze minutes, tapis rouge obligé. Ah les stars qui sont déposés au pied du tapis alors que toi tu dois te taper 30 minutes de marche c’est pas injuste ça ?

Rendez-vous à la salle du Soixantième en attendant Al Gore, Ségolène Royal, Maud Fontenoy et Yann Arthus-Bertrand notamment. Et qui dit arrivés tôt dit forcément bien placés résultat, j’avais Al Gore et Ségolène Royal deux rangs derrière moi c’est pas magnifique ça ? Avec un peu de chance j’aurais même pu avoir un selfie avec Ségolène Royal mais elle est sortie par une autre porte, ah les stars…

Allez encore une grosse journée de passée qui nous rapproche un peu plus de la fin, snif.

[CANNES 2017] Come Swim : Kristen Stewart, une future grande réalisatrice ?

Habituée du Festival de Cannes, Kristen Stewart est cette année présente non pas en tant qu’actrice mais en tant que réalisatrice. La jeune femme a décidé de commencer modestement avec un court-métrage de 17 minutes prénommé Come Swim avec Josh Kaye et qui dépeint la vie d’un homme entre rêves et désillusions le tout dans une atmosphère oppressante et onirique. Alors est-ce que Kristen Stewart a réussi son pari ? Il semblerait que oui.

Une première oeuvre très personnelle

Ce n’est pas une nouvelle pour personne, Kristen Stewart a une personnalité et un univers bien à elle ce qui fait d’ailleurs d’elle l’une des meilleures actrices de sa génération. Come Swim se démarque par son univers très marqué par les influences de sa réalisatrice. On est dans quelque chose qui oscille entre rêve et réalité sans jamais vraiment nous dire le mot de la fin mais nul besoin pour comprendre et apprécier l’oeuvre. Un peu comme une expérimentation, le personnage principal vacille, se perd, se noie dans les paroles de Kristen Sewart en fond sonore. Que veut-elle ? Qui est-elle ? Que représente-t-elle ? A vous de vous faire votre propre opinion. C’est expérimental certes mais loin d’être inaccessible puisque libre à chacun d’y lire ce qu’il veut.

L’univers et les couleurs rappellent parfois dans une certaine mesure A Cure For Life, la musique est assourdissante, les images sont puissantes, bref ce sont 17 minutes courtes mais 17 minutes intenses.

Présenté lors d’une séance spéciale au Palais des Festivals, ce court-métrage a reçu une salve d’applaudissements mérités en tout cas à OSFUC on a adoré. Désormais nous n’attendons plus qu’une chose, que Kristen Stewart nous offre son premier long-métrage car s’il est de la même qualité que Come Swim, elle pourrait devenir une très grande réalisatrice.

[CANNES 2017] They : Et pourtant ça commençait tellement bien…

They avait tout pour être un sacré concurrent à la Caméra d’Or 2017. Sa réalisatrice avait été repérée quelques années plutôt par Jane Campion, la voilà aujourd’hui en Séance Spéciale à Cannes pour un premier long-métrage, un drame plus précisément. J a 14 ans et prend des médicaments pour retarder sa puberté car « They » sont en plein questionnement quant à cette identité sexuelle. Fille ou garçon ? Son coeur balance sans jamais lui donner la réponse jusqu’au jour où ses parents sont contraints de partir. C’est alors que sa soeur Lauren et son petit-ami débarquent à la maison et c’est lors d’un dîner dans la famille de ce dernier que tout va changer.

Un bon début, une bonne fin… mais où est le milieu ?

Un synopsis au point et un casting plutôt alléchant notamment ce personnage de J, tout commençait bien pour ce film délicat et poétique. Le questionnement de J sur son identité sexuelle, cette liste qu’ils font pour savoir s’il est fille ou garçon ou parfois même rien, ses tenues qui varient du pantalon à la robe… Tout était fait pour que nous plongions dans la réflexion complexe de cette personne et puis c’est le drame puisqu’il n’y a strictement plus rien.

J est engloutie dans cette réunion familiale sans intérêt où l’on voit plus souvent le petit-ami de Lauren qu’autre chose à tel point qu’on oublie que J est dans la maison. Le film souffre de grosses longueurs et d’un scénario qui part en lambeau au fur et à mesure qu’il avance et nous on contemple ce naufrage qui nous fait quand même bien de la peine parce que le film avait de quoi faire la surprise. Le scénario était là, la poésie, le sujet abordé était intéressant et son acteur principal Rhys Fehrenbacher aurait pu être mille fois plus impressionnant encore.

They est un premier long-métrage un peu raté malheureusement même si l’intention était là, la réalisatrice se perd dans son film en le sous-exploitant totalement et malheureusement la force de jeu du personnage principal n’arrive à combler ce trop plein de lacunes.

[CANNES 2017] Day 02 : « Il faut soutenir les premiers longs-métrages c’est important »

Une journée plus calme pour ce vendredi 19 mai, date d’anniversaire de ma soeur au passage mais vous n’en avez strictement rien à foutre j’en suis certaine. Au programme deux films, Rihanna qui m’est passée devant le nez et le retour d’insultes qui n’étaient plus utilisées depuis le Roi Arthur. Allez, suivez le guide.

La météo n’était pas de notre côté ce matin alors j’ai dû malheureusement dire adieu à mon petit footing matinal et le remplacer par une heure en plus de sommeil, ce qui n’était peut-être pas plus mal au final. Evidemment retour à l’espace Cannes Cinéphile pour récupérer quelques petites invitations. Malheureusement pas de Okja ni de Jupiter’s Moon en vue alors à place j’ai opté pour la version restaurée et entière de Yol, primé à Cannes en 1982 ainsi qu’une séance spéciale de They, premier long-métrage d’Anahita Ghazvinizadeh.

Tandis que mes compatriotes sont partis sont partis voir d’autres films, j’en ai profité pour boire un café avec une certaine personne chevelue dénommée Christophe Carrière qui n’a pas hésité à me traiter de crétine et d’abruti. Et oui maintenant vous le savez, en 2017 il y a encore de vieilles personnes qui utilisent ces insultes. Soyez donc outrés avec moi. Au passage je me rends compte que moi et les visages ça fait deux puisque j’ai cru voir Rihanna passer devant moi. Etait-ce elle ou pas ? En tout cas j’ai peut-être raté une occasion de prendre un selfie avec elle, dommage.

On referme la parenthèse café pour en revenir à l’essentiel : le cinéma (bah oui c’est le Festival de Cannes quand même). Rendez-vous Salle Buñel au cinquième étage du Palais des Festivals pour Cannes Classic. Une sélection de très haute qualité des meilleurs films qui ont défilé au Festival depuis 70 ans. L’occasion de découvrir ou re-découvrir des chefs-d’oeuvres comme ce fût le cas avec Yol.

Et comme évidemment le cinéma bah ça fatigue un peu, c’est avec un grand plaisir qu’on s’octroie une petite pause bien méritée au bord de la mer, parmi les rochers, se lorgnant par la même occasion des yachts de luxe qui nous nargue mais nous on s’en fout, on s’est pris une glace italienne vanille-nutella et ça c’est la classe. On récupère au passage un sac « Cannes 70 » et un joli petit carnet qui ne sera pas de trop sur mon énorme pile de cahiers vierges puis direction la Salle du Soixantième pour They, un premier long-métrage qui a fait salle comble et ça fait plaisir parce que oui il est important de soutenir un premier long-métrage et qu’à choisir entre voir un film en compétition officielle au Grand Théâtre Lumière et un premier long-métrage je choisis la seconde option sans hésiter, enfin peut-être que cette fois j’aurais dû mais vous le comprendrez bien assez tôt en ayant lu ma critique.

En somme une journée plutôt assez calme mais préparez-vous parce que demain soir sur le Cinéma de la plage, La Fièvre du samedi soir est projeté alors autant vous dire que ça va danser sévère sur la plage ! Allez on se dit à demain !

[CANNES 2017] Sea Sorrow : Un documentaire coup de poing

Pour le premier jour de festival, Vanessa Redgrave vient probablement de laisser une belle empreinte dans les esprits et au cinéma. Après plus de 90 films en tant qu’actrice, c’est aujourd’hui à 80 ans que l’actrice britannique se lance dans la réalisation avec son premier long-métrage. Le documentaire Sea Sorrow revient sur cette crise qui touche l’Europe et les réfugiés à travers des témoignages, des images d’archives, plusieurs générations qui se confrontent mais aussi le théâtre et l’histoire pour comprendre, dénoncer et peut-être enfin faire bouger les choses. Qui sait, après tout le cinéma peut parfois faire des miracles.

Une vie consacrée aux plus démunis

La beauté, le talent et la générosité de Vanessa Redgrave n’est plus à démontrer depuis de nombreuses années et pourtant avec ce premier documentaire, c’est une toute nouvelle partie de l’actrice qu’on découvre, plus intimiste, plus profonde mais qui explique surtout pourquoi elle a dédié sa vie et a usé de sa popularité pour pouvoir mettre en lumière un problème qui prend de plus en plus d’ampleur en Europe : celui des réfugiés. Un passé qu’ils cherchent à fuir à tout prix, un présent fait d’embûches et un futur plus qu’incertain, voilà ce que subissent des milliers de réfugiés que ce soit à Calais, en Italie ou encore en Grèce. Une situation presque devenue normale qui est loin de l’être pourtant.

Vanessa Redgrave et les intervenants du film pointent surtout du doigt la Grande-Bretagne et son Gouvernement totalement inactif face à la situation alors qu’ils avaient fait de nombreuses promesses. Ah la politique… alors que derrière se trouve des milliers d’être humains qui se retrouvent du jour au lendemain sans rien. Sans forcément nous prend absolument par les émotions, la réalisatrice nous alarme sur une situation qui ne fait que se détériorer à travers toute l’Europe et ne cesse de nous rappeler l’histoire et surtout les droits des hommes parce que oui dans la société actuelle on a tendant à les oublier ces droits. Loin d’être non plus pessimiste, Sea Sorrow est plein d’espoir entre ces jeunes enfants prêts à accueillir et aider des réfugiés, les différentes associations qui oeuvrent dans l’ombre et ces enfants qui ont pu se réfugier en Angleterre. Vanessa Redgrave nous prouve que c’est possible et que nous tous pouvons -et devons- faire bouger les choses.

Et comme évidemment Vanessa Redgrave est une femme cultivée et de théâtre avant tout, c’est non sans grand plaisir que des acteurs se prêtent à l’exercice du théâtre sur des pièces de Shakespeare, simple mais terriblement efficace.

C’est indéniable, Vanessa Redgrave est une femme de talent, sincère et authentique dans son propos et son approche du problème. Concourant pour la Caméra d’Or (Prix remis pour le meilleur premier long-métrage), Sea Sorrow est déjà un sacré adversaire et c’est avec élégance qu’à 80 ans, Vanessa Redgrave vient marquer le coeur et l’esprit du Festival de Cannes. En tout cas nous on vous souhaite bonne chance Vanessa !