Down with the King : Le couronnement d’un Roi ?

La 47ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville s’acheva sur la remise du Grand Prix au film Down with the King du réalisateur français Diego Ongaro. Ayant obtenu sa première diffusion française à l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) durant le Festival de Cannes en juillet dernier, le film acquière, avec ce Grand Prix, sa première récompense majeure.

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Les Affluents ou la jeunesse cambodgienne face au mouvement

Plonger dans une culture étrangère est une expérience fascinante. On y découvre un autre de mode de vie, de pensée, et l’on doit apprendre à prendre du recul quant à nos a priori et connaissances personnelles. Jessé Miceli, dont il s’agit du premier film, vit au Cambodge depuis plusieurs années maintenant, et retranscrit avec Les Affluents – sélectionné à l’ACID 2020 –, la réalité contemporaine d’un pays qu’il connaît bien à travers les yeux de la jeunesse.

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Eva en août : le rayon rouge

Si partir l’été est une évidence pour grand nombre de personnes, certains décident de rester sur place, et en profitent pour faire le point. C’est là tout l’objet du cinquième long-métrage de Jonas Truebas, jeune auteur espagnol passé faire coucou au Festival de La Rochelle. Ici, il capture donc une errance estivale, le temps d’une quinzaine de jours marquée par les fêtes populaires madrilènes et les rencontres qui les accompagnent.

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[DEAUVILLE 2018] Thunder Road : Sur la route du succès

Déjà adepte du court-métrage – ils sont tous disponibles sur Vimeo (on ne peut que vivement vous conseiller de les regarder) -, Jim Cummings cumule les casquettes pour son premier long-métrage et puis comme on dit, on est jamais mieux servi que par soi-même. Réalisateur, scénariste, compositeur, monteur et également acteur principal – on est plus à un rôle près -, Jim Cummings débarque à Deauville – après avoir fait sensation à l’ACID à Cannes – avec « Thunder Road », portrait tragi-comique d’un policier texan en deuil après la mort de sa mère. Un premier essai absolument formidable qui nous a touché en plein coeur et qui n’est pas passé inaperçu auprès du jury puisqu’il a été récompensé du Grand Prix donc forcément on est contents.

Jim Cummings pose et s’impose dès le début du film avec ce formidable plan-séquence d’une dizaine de minutes où Jimmy Arnaud rend un dernier hommage à sa mère lors de la cérémonie précédant l’enterrement. Bataillant avec un lecteur de cassettes rose, Jimmy improvisera finalement sa danse sans musique. Scène absolument surréaliste, aussi pathétique que touchante. Le ton est donné. Pendant une heure et demie, le film joue sur les tableaux du drame et de la comédie avec un sens du rythme inné, ne tombant jamais dans l’excès de l’un ou de l’autre. Un tour de main assez brillant lorsqu’on apprend que Jim Cummings réalise là son premier long-métrage et qu’il en est devenu l’acteur principal un peu par hasard. De quoi rendre le bonhomme d’autant plus intéressant que ses talents d’acteurs rappellent la sensibilité d’un Jake Gyllenhaal ou la clownerie d’un Jim Carrey alors qu’il n’a jamais pris aucun cours de théâtre – certains sont mieux servis que d’autres c’est définitif -. Usant de manière intelligente des plans-séquences, « Thunder Road » est une phase de deuil pour un personnage hypersensible qui voit toutes ses relations se détériorer au fur et à mesure que ce soit avec sa fille, son ex-femme ou ses collègues policiers. 

Plus totalement enfant et pas encore totalement adulte non plus, Jimmy Arnaud montre de vrais problèmes pour communiquer avec les autres et pour exprimer ce qu’il ressent jusqu’à ce que ce trop plein d’émotions explosent pour nous offrir une scène sur le parking du poste de police absolument mémorable. À travers le film, Jim Cummings montre également une autre face de l’homme, une face plus fragile, celle bien loin des stéréotypes des grands gaillards policiers qui n’ont peur de rien. Jimmy a peur de tout, surtout de perdre la garde de sa fille. Cette sensibilité à fleur de peau traverse le film de bout en bout. On pleure, on rit, parfois même les deux en même temps jusqu’à ne plus savoir si on veut rire ou pleurer. Mélange des émotions, mélange des styles, « Thunder Road » est une véritable réussite et incroyablement surprenante dans le paysage du cinéma indépendant américain. 

« Thunder Road » est à la hauteur de son chef d’orchestre Jim Cummings, bourré d’humour, d’amour et de sensibilité qui nous frappe en plein coeur avec intelligence, force et une bonne part de culot. En tout cas, on attend la suite avec impatience. 

Thunder Road de Jim Cummings. Avec Jim Cummings, Kendal Farr, Nican Robinson… 1h31
Sortie le 12 septembre