Songs for a fox : If I can dream of a better land

Une voiture s’enfonçant dans des allées marécageuses, un jeune homme s’isolant dans un dôme en toile et des cendres déposées dans le terrier d’un renard, le tout sans le moindre dialogue. C’est sur cette longue première séquence, occupant à elle seule un quart du film, que s’ouvre Songs for a fox (Dainos Lapei en VO), le cinquième long-métrage du réalisateur lituanien Kristijonas Vildziunas. À la croisée des genres entre film musical, film de science-fiction, film expérimental et drame intimiste, Songs for a fox se veut être un film éclectique nous contant l’histoire de Dainius, un jeune chanteur de rock qui part vivre seul dans une maison de campagne après le décès de l’amour de sa vie. Il y travaille à un moyen de retrouver sa bien-aimée par le biais du contrôle de ses propres rêves. 

Lire la suite de « Songs for a fox : If I can dream of a better land »

Tous en scène : de l’amour de la comédie musicale

On cite souvent Chantons sous la pluie de Stanley Donen ou Un américain à Paris de Vincente Minnelli quand on pense aux grandes comédies musicales hollywoodiennes des années 50. Pourtant, ce second cinéaste ne s’est pas contenté de faire danser Gene Kelly. Il a aussi pu profiter de l’un des plus grands noms de ce genre avec nul autre que Fred Astaire, « tap-dancer » devant l’Éternel, dans Tous en scène sorti en 1953, l’un des meilleurs « musical » de la période, trop souvent oublié malheureusement.

Lire la suite de « Tous en scène : de l’amour de la comédie musicale »

Cats : ou le souci de l’adaptation

Les Oscars est une remise de prix capable de mettre en lumière des réalisateurs dont le mérite est inexistant. Le Discours D’un Roi est par exemple le film calibré pour la compétition qui a permis à Tom Hooper de s’établir en faux faiseur de comédies musicales. Cats a surpris le monde par ses premières images proposant un anthropomorphisme douteux. Sans grande surprise, les réactions mêlaient un étonnement à un manque d’intérêt flagrant au projet initié par Amblin et Universal. Néanmoins, plus la date butoir se rapprochait plus une curiosité malsaine grandissait, celle de voir cette immondice annoncée. Mais qu’en est-il réellement ? Le réalisateur de Danish Girl accumule-t-il les projets sans envergures?

Lire la suite de « Cats : ou le souci de l’adaptation »

Le retour de Mary Poppins : Luminomagifantastiquement formidable

Rob Marshall n’était pas revenu sur le devant de la scène cinématographique depuis 2014 après son très moyen « Into the woods » sorte de comédie musicale fourre-tout où tous les contes se mélangent pour donner naissance à un film sans grand intérêt et kitsch au possible malgré un casting de qualité. Quatre ans plus tard, le réalisateur s’entour de nouveau notamment d’Emily Blunt pour « Le retour de Mary Poppins ». Au même titre que « Jean-Christophe et Winnie » sorti fin octobre, « Le retour de Mary Poppins » est une suite du « Mary Poppins » de 1964 et s’inscrit définitivement dans une logique nostalgique tout en essayant de toucher petits et grands. Mais alors est-ce que la magie a opéré ?

À l’instar d’un « Jean-Christophe & Winnie » qui se destinait bien plus aux adultes ayant grandit avec ces personnages de par ses tons maussades et son message, « Le retour de Mary Poppins » rend un vibrant hommage à son aîné avec une histoire originale se rattachant quand même à l’original : ici les enfants Michael et Jane Banks ont bien grandit et traversent des épreuves compliquées entre une maison sur le point d’être saisi et la disparition tragique de la femme de Michael le laissant gérer seul leurs trois enfants Annabel, Georgie et John. C’est à ce moment-là que Mary Poppins décide de ré-apparaître dans leur vie pour redonner joie et optimisme à leur existence avec notamment l’aide de Jack l’allumeur de réverbères ou encore sa cousine Topsy.

S’attaquer à un monument tel que Mary Poppins est risqué autant sur le fond que sur la forme. Force est de constater que Rob Marshall accompagné de David Magee au scénario (« L’Odyssée de Pi ») s’en sort à merveille dans cette suite reprenant le même esprit que l’original. Les adultes se reconnaitront dans les personnages de Michael et Jane tandis que les plus jeunes dans ceux d’Annabel, Georgie et John. Véritable conte multi-générationnel, « Le retour de Mary Poppins » nous offre amour et gaieté à profusion dans une période qui – soyons honnêtes – en a bien besoin. Sans pour autant occulter les problèmes que peuvent rencontrer les adultes (le deuil, la crise économique…) le film n’en est pas pour autant handicapé (comme aurait pu l’être « Jean-Christophe et Winnie » pour refaire un parallèle) et laisse place à une féerie bienveillante et salvatrice. Choix intelligent de la part de Rob Marshall de ne pas avoir modernisé les effets spéciaux pour garder l’empreinte nostalgique de son prédécesseur avec un aspect aussi classique de traditionnel – mais tout aussi efficace -.

Côté casting, la rafraichissante Emily Blunt succède à Julie Andrews (qui avait d’ailleurs une apparition prévue par le réalisateur, l’actrice ayant finalement décliné jugeant que le personnage appartenait désormais à Emily Blunt) dans les chaussures de la plus célèbre des nounous du 7e art. Au visionnage du film, il est flagrant de voir qu’il n’y avait qu’Emily Blunt pour incarner cette figure maternelle aussi réconfortante que marrante. Avec classe et humour, Emily Blunt offre un nouveau souffle au personnage de Mary Poppins à laquelle elle prête également la voix (et quelle voix) lors des passages chantés. À ses côtés, le premier grand rôle au cinéma pour Lin-Manuel Miranda habitué jusque là aux planches de théâtre et au papier et crayon lorsque ce dernier participe à l’écriture des chansons de « Vaiana; de quoi offrir un rôle de choix au comparse de Mary Poppins tout en allégresse et humour. On notera également la prestation de Meryl Streep dans le rôle de la cousine Topsy, l’une des séquences les plus décalées avec une Meryl Streep en roue libre absolue et c’est probablement ce qu’on préfère chez elle.

Cette fin d’année se décidément placée sous le signe de la chanson, de l’amour, de la bienveillance et de la tendresse avec « Le retour de Mary Poppins », un film aussi tendre qu’il nous donne du baume au coeur. Luminomagifantastique !

Le retour de Mary Poppins de Rob Marshall. Avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda… 2h11
Sortie le 19 décembre

[CRITIQUE] The Greatest Showman : Hugh Jackman mène la danse

L’année 2017 commençait tout en chansons et claquettes avec La La Land et il faut croire que 2018 suit le même chemin et autant en profiter vu que la hype autour de la comédie musicale est loin d’être retombée. Dans la foulée de la course aux Oscars c’est donc Michael Garcey qui s’attaque au monument qu’était P.T Barnum, dans The Greatest Showman, qui n’est autre que le créateur des spectacles américains (dont le cirque Barnum) avec aux commandes un Hugh Jackman plus à sa place que jamais.  Lire la suite de « [CRITIQUE] The Greatest Showman : Hugh Jackman mène la danse »

[CRITIQUE] La La Land : Damien Chazelle, un tel talent

On l’attendait et il est enfin là. Mercredi sort en salles le film de ce début d’année qui nous confirme une nouvelle fois le talent de Damien Chazelle. Après des prouesses avec Whiplash, le réalisateur est de retour avec une comédie musicale si ce n’est la comédie musicale de l’année. De quoi nous faire danser pendant un petit bout de temps.

569615-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

La renaissance de la comédie musicale

Genre oublié du cinéma, la comédie musicale fait un retour en force et pour cause, ce n’est pas pour rien que le film a récolté sept Golden Globes et semble bien parti pour les Oscars. La musique est un thème qui tient Damien Chazelle à coeur et ça se ressent dans chaque minute du film. De cette scène d’ouverture grandiose et digne des plus grandes pièces de Broadway, aux duos sur fond de piano-jazz, tout est là pour nous emmener dans cet univers quasiment magique. Un film pour les fous qui rêvent et il y a de quoi. Mia et Sebastian sont de grands rêveurs. L’une rêve de comédie tandis que l’autre rêve de club de jazz. Ils se détestent et finissent par s’aimer. C’est beau, c’est romantique, ça fait mal aussi. Parce que Los Angeles fait rêver mais peut vite vous faire retomber plus bas que terre dans un univers impitoyable.

Les décors jouent une belle part dans ce film, tout est calculé au millimètre près et pourtant tout semble en même temps tellement léger et instinctif. Ces panoramiques sur les couchers de soleil sont sublimes, les jeux de couleurs, de lumières… Un véritable plaisir des yeux. Là où Whiplash avait une construction plus sèche et saccadée, La La Land est une véritable douceur qu’on déguste avec les yeux et avec le coeur.

Emma Stone & Ryan Gosling, un duo éblouissant

Pour leur troisième collaboration, Emma Stone et Ryan Gosling font très très fort. Des rôles faits pour eux où l’on ressent tout le travail, l’énergie et la passion qu’ils ont mis dans chacun de leur pas ou de leurs notes. Les Oscars pointent le bout de leur nez aussi ! Emma Stone est sublime dans ce rôle de serveuse rêveuse qui essuie échecs sur échecs avant de retrouver un semblant d’espoir dans les bras de Sebastian, autre éternel rêveur dont le jazz est sa religion mais qui se voit obligé d’abandonner son rêve. Tout est parfait dans ce duo notamment leurs danses et leur chanson City of Stars qui restera gravé dans les mémoires.

Et là où Damien Chazelle est malin et ne tombe pas dans les clichés, c’est son final alternatif aussi joyeux que triste et qui est un véritable crève-coeur pour nous. Saupoudrez le tout d’une bande originale digne des plus grands avec des titres qui vont vite devenir incontournables et l’on obtient là, oui, certainement le meilleur film de l’année.

La La Land réussi sont pari sur tous les fronts et après avoir conquis le coeur des professionnels outre-Manche, il est l’heure pour la comédie musicale de débarquer sur vos écrans mercredi et je n’aurais qu’un conseil à vous donner : courrez le voir parce que vous ressortirez de là le coeur léger, des sentiments indescriptibles, un sourire gravé sur le visage et des notes de musiques gravées dans le coeur.

Ma note : ★★★★★