[CRITIQUE] Seuls : Une adaptation ambitieuse et réussie

S’attaquer à l’adaptation d’une BD est toujours un pari risqué surtout quand c’est l’une des plus connues. Avec pas moins de dix tomes sur les vingt prévus, Seuls regroupe les cinq premiers tomes quand Leïla se réveille dans une ville devenue subitement fantôme. En croisant quatre autres jeunes sur sa route, elle va devoir faire équipe avec eux alors qu’un étrange brouillard les entoure et un mystérieux homme masqué les poursuit sans relâche. Avec Seuls, David Moreau s’en sort plutôt bien avec une adaptation ambitieuse et visuellement très réussie.

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Dans le genre fantastique/science-fiction franco-français, Arès m’avait déjà fait de l’oeil avec un scénario béton même si le côté visuel pêchait un peu. Cette fois-ci c’est David Moreau, à qui ont doit l’excellent 20 ans d’écart, qui s’attaque au genre du film d’ado fantastique.

Un casting qui respire la fraicheur

Exceptée Sofia Lesaffre et Jean-Stan du Pac, Stéphane Bak, Kim Lockhart et Paul Scarfoglio se retrouvent propulsés en tête d’affiche pour la première fois. L’occasion de révéler certains comme Paul Scarfoglio, le petit peureux de la bande mais néanmoins attachant mais également Stéphane Bak qui dévoile une nouvelle facette de sa personnalité avec ce personnage de Dodji, bien loin d’être sympathique aux premiers abords mais qui se révèle au groupe petit à petit. Une petite troupe menée par la charismatique Leila obligée de s’armer de courage pour affronter un danger encore inconnu. A eux cinq ils forment un casting jeune, talentueux et prometteur même si leur jeu n’est pas parfait, il offre d’autant plus une authenticité nécessaire dans le film.

Un film sombre et anxiogène

Et oui les films d’ado aussi peuvent s’avérer effrayant. Un climat anxiogène qui s’installe d’ailleurs dès les premières minutes et qui dure. En jouant sur cette ville fantôme et des couleurs sombres toujours oscillant entre le bleu et le violet, David Moreau nous offrirait presque une ambiance à la Stephen King. Avec les jeux d’ombres, il pousse le spectateur à rester sur le qui-vive, sans compter ce mystérieux homme aux couteaux sorti tout droit d’une BD qui en cesse de les traquer. D’ailleurs le point fort du film est sans aucun doute son visuel innovant et très réussi !

Seuls arrivent à nous laisser constamment dans le doute, sans réellement savoir ce qui se passe jusqu’à son dénouement qui est aussi osé que surprenant, que déroutant et tous les adverbes finissant par -ant. Là encore une sacrée preuve d’audace qui laisse le champ ouvert à toutes les possibilités et peut-être, qui sait, une suite.

Au final qu’on connaisse ou pas la BD, Seuls arrive à nous transporter dans cet univers fantastique et à nous faire oublier que tout ceci est une production française. De quoi filer un sacré coup de fouet  au genre et à nous offrir une vraie belle adaptation de BD.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Compte tes blessures : Un premier long-métrage intense et touchant

Réaliser son premier long-métrage est déjà pas mal, le réussir est encore mieux. Morgan Simon est encore tout jeune et pourtant en voyant son premier film on croirait qu’il a déjà quelques années derrière lui. Compte tes blessures c’est avant tout un jeune chanteur de hard rock qui, à 24 ans, voit sa vie basculer quand il rencontre la nouvelle compagne de son père. Un père dont il recherche perpétuellement l’amour et l’attention.

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Une relation père/fils sur le point d’exploser

Compte tes blessures nous pousse à nous réfléchir et à nous poser des questions quant aux liens familiaux. Ici, plus rien ne lie Vincent à son père d’ailleurs la seule personne dont il était proche n’était que sa mère, décédée d’un cancer. Alors forcément quand son père a une nouvelle petite-amie, Vincent voit cette nouvelle arrivante d’un mauvais oeil jusqu’au moment où il apprend à la connaitre et c’est à ce moment-là que le duo père/fils explose pour laisser place à un triangle amoureux.

La caméra de Morgan Simon capte parfaitement ces moments de flottement, de rage et notamment cette scène poignante entre Vincent et son père où les non-dits n’arrivent toujours pas à sortir. D’ailleurs ce film est en partie sur les non-dits dans une famille et comment ils arrivent à faire imploser une famille.

Kevin Azaïs percutant

De par son charisme naturel, Kevin Azaïs attire tous les regards. Sa gueule d’ange, ses tatouages imposants et pourtant une certaine fragilité se cache derrière ce jeune homme en manque d’amour. César du meilleur espoir masculin en 2015 pour Les Combattants, ce jeune homme confirme une nouvelle fois son talent à travers ses regards, ses quelques dialogues et surtout cette rage qu’il expulse sur scène. Avec Nathan Willcocks qui tient le rôle du père, ils forment à eux deux un duo parfait, qui oscille entre amour et haine. Ajoutez à cela la performance délicate de Monia Chokri et on obtient un trio qui crève l’écran.

Les interludes « musicales » hard rock s’entremêle avec la douceur de la salsa notamment quand Vincent et Julia se retrouvent seuls. D’ailleurs le hard rock a une place à part dans le film quitte à en faire parfois un peu beaucoup mais les amateurs de hard rock apprécieront c’est certain.

Morgan Simon peut se targuer d’avoir réalisé un premier long-métrage plus que réussi, intense malgré sa courte durée (1h24) et d’avoir réuni la crème de la crème des acteurs. Si tous ses films sont comme ça, alors on hâte de voir le prochain !

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Sahara : Un joli film d’animation qui manque un peu d’audace

Omar Sy, Louane Emera, Franck Gastambide, Vincent Lacoste, Jean Dujardin, ne sont que quelques noms prestigieux qui prêtent leur voix au nouveau film d’animation Sahara. Une réalisation franco-canadienne de Pierre Coré qui aborde l’exclusion et la discrimination à travers des héros peu conventionnels et souvent oubliés. Considérés comme les bons à rien de leur communauté, Ajar le serpent et son ami Pitt le scorpion décident de partir dans l’oasis voisine où vivent les plus riches. Là-bas Ajar y rencontrera la belle Eva qu’il va devoir sauvé après avoir été capturée.

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Un film d’animation original

Pierre Coré a eu l’intelligente idée de s’intéresser cette fois non pas aux animaux qu’on a l’habitude de voir et d’apprécier même aux marginaux, ceux qu’on oublie, les plus petits et ceux qu’on aime pas tellement. Tout est fait pour rendre ces petits animaux attendrissants que ce soit Pitt ce petit scorpion un brin peureux ou encore Ajar qui tente tant bien que mal de prouver qu’il n’est pas un looser. Avare de liberté tout comme Eva, ce voyage à travers le Sahara sera avant tout l’occasion d’en apprendre bien plus sur eux qu’ils ne l’imaginaient. Une jolie pléiade de personnages entoure nos trois héros notamment le frère d’Eva, Gary amateur de pollen et totalement amorphe toute la journée qui, par son comportement exaspérant, est à hurler de rire.

Pas toujours convaincant visuellement

Malgré des rires très communicatifs, le film pêche sur ses visuels qui peuvent paraître un peu simpliste quand on voit les films d’animations aujourd’hui. Notamment les paysages de désert d’une monotonie assez déprimante. Il aurait mieux valu se concentrer un peu plus sur les personnages et moins sur les décors qui sont beaucoup trop fades. Heureusement que la BO vient donner un petit coup de fouet de temps en temps au film notamment pendant la battle de danse entre deux serpents. Le scénario quant à lui reste plutôt simpliste aussi et aurait pu être un peu plus poussé pour avoir quelque chose de plus abouti sachant que l’idée de base était originale.

Malgré ses défauts, on peut reconnaitre au film un vrai capital sympathie de par ses personnages et de vrais beaux fous rires communicatifs autant aux petits qu’aux grands. Un petit coup de coeur en plus pour Vincent Lacoste, parfait dans le rôle de Garry, à croire qu’il a été écrit pour lui !

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Raid Dingue : Pas si dingue que ça…

Après avoir tourné pour Fred Cavayé dans Radin !, Dany Boon est de retour en tant que réalisateur et acteur dans sa dernière comédie Raid Dingue en compagnie d’Alice Pol, Michel Blanc ou encore Florent Peyre. En intégrant le RAID de manière quelque peu suspicieuse, Johanna Pasquali, fille du ministre et piètre flic, se retrouve sous la direction d’Eugène Froissard un agent misogyne qui ne supporte pas qu’une femme puisse intégrer les rangs du RAID. A eux deux, ils vont devoir arrêter le célèbre Gang des Léopards et essayer tant bien que mal de travailler en binôme. 

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Dany Boon a cette chance, en plus d’avoir un capital sympathie auprès des français, c’est qu’il attire encore et toujours les foules, quitte à délaisser le scénario. Avec des têtes d’affiche comme Dany Boon, Florent Peyre, Michel Blanc ou encore Yvan Attal, pas étonnant que le film ai fait le meilleur démarrage mercredi. Mais est-ce forcément un gage de qualité ? C’est là que le bas blesse.

Un scénario prévisible

Mêlez un peu d’action et du romantisme et on sait tous comment ce film va se finir dès le début. Totalement réfractaire aux femmes,Eugène Froissard voit d’un très mauvais oeil l’arrivée de Pasquali qui, comme par hasard, se trouve être la fille du Premier Ministre. Un duo qui va devoir apprendre à s’apprivoiser et qui va vivre des aventures plus rocambolesques les unes que les autres. C’est du vu et déjà revu et malheureusement Dany Boon n’amène pas grand chose au film, ni même Alice Pol qui a bien du mal à s’imposer dans ce film 100% homme et où, pour se démarquer, en fait parfois trop frôlant même le ridicule.

Des seconds rôles plus surprenants

La bonne surprise de ce film vient des seconds rôles dont le duo Michel Blanc et François Levantal à mourir de rire dès qu’ils se retrouvent ensembles entre jeu de force et discours de sourd. Autre agréable et non moins surprenante apparition, celle d’Yvan Attal qui a de quoi en décontenancer plus d’un.

Le film se ponctue de quelques rires malgré tout (et heureusement) mais ça ne suffit pas pour en faire une bonne comédie. C’est une comédie, pas dingue mais qui fait à peu près le boulot même si on s’attendait à mieux venant de Dany Boon. Mais bon comme on dit, le public est roi et visiblement il aime toujours autant Dany Boon.

Ma note : ★★★★★

 

[CRITIQUE] Et les mistrals gagnants : Il faut aimer la vie et l’aimer même si…

Filmer le quotidien d’enfants malades n’est pas chose aisée, le faire avec élégance et brio est encore plus dur et pourtant c’est un pari réussi haut la main pour sa réalisatrice Anne-Dauphine Julliand qui dévoile là son premier long-métrage rempli de joie de vivre, de larmes, de rires et surtout d’une innocence qui émane à chaque seconde du film.

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Un hymne à la vie

La réalisatrice le clame elle-même, Et les mistrals gagnants est un hymne à la vie. A travers le parcours de cinq enfants âgés de 6 à 9 ans, tous atteint d’une maladie et dont le quotidien se résume principalement à des séjours à l’hôpital. Là où le film est intelligent et évite de se casser la gueule, c’est qu’il est très très loin du pathos. Passant en un claquement de doigt du rire au larme, Anne-Dauphine Julliand propose un documentaire joyeux, heureux, qui file le sourire.

Une bonne humeur communicative grâce à ces enfants, plus adorables les uns que les autres. On pourrait s’apitoyer sur leur sort mais ces petits bonhommes déjà adultes nous montrent une toute autre facette de la maladie, celle des amitiés qui se créent au fur et à mesure avec les autres patients ou le personnel hospitalier, leur quotidien en dehors de l’hôpital que ce soit les leçons de piano, de théâtre… Et ce qui nous marque profondément, ce sont ces sourires, ces rires et cette joie qui émane d’eux.

Une maturité rare qui fait du bien

Du haut de leur petit mètre, chacun à leur façon, ils nous donnent une belle leçon de vie. Parce que malgré la maladie, ils sont heureux. Ils prennent ce qu’ils ont et sont heureux avec ça. Comme le dit si bien Imad : « pour moi c’est facile, mais pour vous je sais c’est difficile« . Nous qui passons notre temps à nous plaindre pour quelques broutilles, tout ceci parait bien futile comparé à eux. Une belle maturité, rare et précieuse qui fait du bien, vraiment du bien.

Et les mistrals gagnants est un hymne à la vie, au bonheur en évitant l’écueil du documentaire pathos avec brio et élégance et toujours avec le sourire. On ressort de là le coeur gonflé d’amour et d’espoir.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] La Mécanique de l’ombre : Un thriller sombre et réussi

Thomas Kruithof fait ses premiers pas de réalisateur avec un thriller sombre, au casting alléchant, au sujet intemporel et malgré quelques petites failles dans le scénario, on se laisse rapidement porté par ce film anxiogène. Après deux ans de chômage, Duval se voit proposer un poste de scribe pour une entreprise et un homme d’affaire assez mystérieux. Se trouvant dans le besoin de travailler, Duval accepte sans hésiter ce travail au risque de se retrouver malgré lui au coeur d’un complot politique.

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En pleine campagne présidentielle, ce film tombe plutôt à point nommé et nous pousse forcément à nous poser des questions quant à ces systèmes politiques dont on connait que trop peu de choses. En tout cas son réalisateur peut se targuer d’avoir de belles pointures à l’affiche dont François Cluzet dont le talent n’est plus à prouver surtout dans ce film qui a de quoi mettre nos nerfs à rude épreuve. Duval, ancien alcoolique qui s’est retrouvé au chômage après un burn-out accepte sans hésiter un travail qui, en surface, a l’air tout à fait correct puisqu’il est censé retranscrire des écoutes téléphoniques. Jusqu’au moment où il assiste à un complot qui dépasse largement ce qu’il aurait pu penser.

Un scénario qui aurait mérité d’être approfondi

Face à un mystérieux patron Monsieur Clément campé par un Denis Podalydès froid et manipulateur, Duval se retrouve au coeur d’un complot mêlant politique et services secrets. De quoi créer au fur et à mesure une atmosphère anxiogène au possible jusqu’à ce final fort et intelligent. Malheureusement le film n’est traité que sur 1h30, de quoi restreindre le film et ses possibilités alors qu’il aurait été intéressant de développer toute la stratégie politique qui se cachait derrière Monsieur Clément et ces enregistrements. De plus le réalisateur développe dans ce film une dynamique intéressante, très peu de dialogues de la part de Duval qui se contente d’acquiescer constamment ainsi que finalement peu de moyens, un appartement vide et une machine à écrire pour arriver à développer un film intéressant et plutôt réussi.

La Mécanique de l’ombre s’inscrit dans ces films d’espionnages qui mêlent habillement complots et politiques même si le scénario n’est pas exploité à 100%, Thomas Kruithof offre là un premier film qui fonctionne.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Un sac de billes : Une belle adaptation tout en émotions

Après une première adaptation en 1975 du roman éponyme Un sac de billes de Joseph Joffo, c’est aujourd’hui au tour Christian Duguay de s’attaquer à cette oeuvre poignante et vraie, la vie de Joseph et son frère Maurice, deux frères juifs obligés de tout quitter pour échapper à l’invasion ennemie. Un voyage entre rencontres, difficultés et de nombreux obstacles qu’ils tenteront de franchir coûte que coûte afin de réunir leur famille comme avant. Une nouvelle adaptation qui remet au goût du jour une histoire peut-êter oubliée et qui se doit d’être perpétuée. 

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Une adaptation tout en sobriété

Tout le film repose sur le duo Joseph et Maurice incarné par Dorian le Clech et Batyste Fleurial et quel duo d’acteurs ! Totalement habités par leur personnage, ils vont faire preuve d’ingéniosité et d’énormément de courage pour arriver à s’en sortir. Le jeune Dorian pour qui c’est le premier film fait une entrée remarquable dans le monde du cinéma avec une interprétation belle et juste de ce petit Joseph, livré à lui-même à un si jeune âge. Une véritable force de caractère se dégage de lui et sa relation avec son grand frère en fera certainement pleurer plus d’un. Un autre personnage exceptionnel dans ce film c’est le père des deux garçons interprété par Patrick Bruel. Encore une fois le chanteur et acteur démontre ses talents et nous aura tous marqué avec cette scène des claques. Enfin une mention spéciale à Kev Adams qui, malgré un second rôle plutôt furtif, dévoile une nouvelle facette de sa personnalité et montre une certaine maturité dans ses choix cinématographiques, chapeau. Une apparition plutôt courte mais une des scènes les plus intenses du film.

Une tension palpable

Le film joue habillement entre cette tension qui caractérisait l’époque et une certaine légèreté, celle des enfants tout simplement que ce soit durant ces longues heures de marche dans le sud de la France ou quand ils sont tous réunis pour l’anniversaire de leur mère. Sans jamais tomber dans l’excès, le réalisateur arrive à dépeindre avec justesse une période sombre de notre histoire avec une pléiade d’acteurs plus excellents les uns que les autres. Un film sobre jusque dans son final tout en émotion.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] L’Ascension : Ahmed Sylla au sommet de son talent

A la veille de sa sortie, L’Ascension s’avère être déjà un succès auprès des professionnels et avec le Grand Prix et le Prix du Public au dernier Festival de l’Alpe d’Huez, cela ne fait que se confirmer. Pour son premier grand rôle au cinéma, Ahmed Sylla ne fait pas dans la dentelle et s’attaque à une histoire totalement folle mais bien vrai. Celle d’un homme qui, du jour au lendemain, décide de gravir l’Everest et ses 8 848 mètres alors qu’il n’a aucune expérience en la matière. Un rôle d’une sacré envergure pour un humoriste qui n’a peur de rien.

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Ahmed Sylla, la révélation

Depuis l’émission On ne demande qu’à en rire, Ahmed Sylla apparaît comme la relève des humoristes avec une bonne humeur sans faille, des vannes qui font mouche et un capital sympathie qui ne cesse d’augmenter jour après jour. Et alors que le passage de la scène aux plateaux de tournages peut s’avérer risqué, Ahmed Sylla s’en sort avec une aisance assez remarquable. Un rôle aussi physique que psychologique dans lequel l’humoriste s’est donné à 200% et ça se ressent dans chaque minute du film. On rit avec Samy, on pleure, on tremble pour lui et on se demande surtout ce qu’il lui est passé par la tête. Ahmed Sylla excelle dans ce rôle qui permet de nous faire découvrir de nouvelles facettes de sa personnalité tout en gardant cet humour qui le caractérise tant.

Autour de lui tout une pléiade de personnages dont Waly Dia et Kevin Razy qui sont très très drôles et évidemment les sherpas drôles et naturelles dont Johnny le sherpa de Samy tout le long du film. Comment ne pas tomber sous le charme de tous ces personnages qui arrivent à nous filer le sourire en un claquement de doigt.

Un feel-good movie qui fait du bien

L’Ascension c’est également l’occasion de découvrir une culture différente et des paysages à couper le souffle. C’est magistral, c’est grandiose et on se sent comme emporté par ces hauteurs sans fin. On rit beaucoup des mésaventures de Samy qui malgré son inexpérience va tout donner pour aller jusqu’au bout. On pleure un peu quand Samy pleure et on espère énormément quand il doute. Et le plus important dans tout cela, c’est qu’au final on ressort de là le sourire aux lèvres et avec la conviction certaine qu’Ahmed Sylla va faire partie des très grands comédiens des prochaines années.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Il a déjà tes yeux : La comédie sociale qui fait du bien

Paul et Sali sont heureux. Ils viennent d’ouvrir leur magasin de fleurs, ils finissent leur maison et surtout, Sali reçoit le fameux coup de fil qu’ils attendent depuis si longtemps. Un petit garçon va leur être confié en vue d’une adoption, tout va bien dans le meilleur des mondes à un petit détail près, Benjamin est blanc… et eux sont noirs. Comédie originale avec un retournement de situation inattendu et jamais vu au cinéma, Lucien Jean-Baptiste offre là une nouvelle comédie entre humour et émotions.

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Un film pour faire bouger les mentalités

Des enfants noirs dans des familles blanches on a souvent vu, par contre un enfant blanc dans une famille noire ça c’est moins commun… Et puis pourquoi d’ailleurs ? Parce que oui le film fait réfléchir. Après tout pourquoi une famille noire qui adopte un enfant blanc ça peut paraître bizarre ? Lucien Jean-Baptiste fait là une comédie à la fois drôle et intelligente notamment dans le fait d’avoir ajouté le personnage de Madame Mallet, la personne en charge du suivi de ce dossier et qui s’oppose totalement à cette adoption. Prête à tout pour les faire échouer, elle va rapidement se rendre compte qu’il serait peut-être temps de faire évoluer les mentalités.

De sacrés fous rires notamment avec la famille de Sali quelque peut récalcitrante à l’idée d’avoir un petit-fils blanc et l’ami de la famille Manu, brillamment incarné par Vincent Elbaz. Il a déjà tes yeux arrive à jouer sur tous les registres sans jamais tomber dans l’excès. On rigole de ces grands-parents un peu dépassés, on s’indigne de cette assistante sociale bornée et on s’émeut devant la détresse d’un couple qui lui ne voit qu’une chose, Benjamin est leur enfant peu importe la couleur de peau.

Faire une comédie pour dénoncer des mentalités régressantes c’est bien, faire une excellente comédie pour dénoncer des mentalités régressantes c’est mieux et ça fait du bien.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Jamais Contente : 1h29 de pur bonheur !

Des films sur les pré-ados et les adolescents on en a vu passé mais ça faisait bien longtemps qu’un film ne m’avait pas autant surprise autant sur le fond que sur le casting. Aurore a 13 ans, elle redouble, elle déteste les garçons, elle déteste sa petite soeur parfaite, elle déteste ses parents et elle déteste l’école bref elle n’est jamais contente. Et Jamais Contente raconte simplement mais avec justesse ce qu’est être une enfant de 13 ans. C’est-à-dire plus tellement une enfant mais certainement pas une adulte. 

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Un casting solaire

Ce qui émane et fait du bien dans ce film c’est cette galerie de personnages aussi originale qu’attachante. Léna Magnien est attachiante c’est-à-dire une fille qu’on adore déteste et qu’on ne peut s’empêcher d’aimer malgré ses défauts et sa mauvaise humeur ambiante parce qu’Aurore est comme toutes les filles de son âge : elle recherche le grand amour. Un amour qu’elle a bien du mal à trouver. Entre ses parents qui ont une irrépressible envie de l’abandonner en forêt, ses soeurs qu’elle ne supporte pas et sa grand-mère qui semble être son dernier réconfort, le quotidien d’Aurore est rock’n roll à l’image de cette actrice tantôt timide, tantôt déjantée. Une mention spéciale pour Alex Lutz, surprenant dans ce rôle de prof de français attachant et attentionné envers Aurore. Qu’on se le dise, on rêverait tous d’un prof comme lui. Enfin la petite bande de garçons qui accompagnent Aurore David, Tom et Areski apportent une vraie fraîcheur et un charisme à ce film.

Un film authentique

Des films sur les adolescents en crise on en a le droit chaque année mais celui-là risque bien de marquer l’esprit. Parce que c’est léger, c’est frais et surtout c’est authentique. Une bouffée d’air frais émane de ce film dès les premières secondes et que ce soit dans des dialogues sérieux ou dans d’autres totalement hilarants. Emilie Deleuze réalise ici un vrai beau film sur les adolescents et leurs petits tracas du quotidien. On rit, on sourit et on ressort de là heureux, que demander de plus ? Ah si, on en voudrait encore et encore !

Ma note : ★★★★★