Good Boys : l’adolescence, entre idioties et volupté

Quand on entend les noms Seth Rogen et Evan Goldberg, les sentiments d’excitation mais aussi d’appréhension se mêlent. Excitation car c’est généralement la promesse d’une comédie à toute épreuve, généralement décérébrée, qui peut nous mener au fou rire si tant est que l’on accepte le type d’humour. On oscille entre les personnages débiles (The Interview, This Is The End) avec l’humour d’adolescents défoncés à la weed obsédés par le cul. Le ton volontairement outrancier est évidemment de rigueur. Appréhension car ce même humour est, à défaut d’être toujours d’une lourdeur caractéristique, sur la sellette, à deux doigts de tomber dans le pathos sans nom, voire le toxique au vu des thèmes abordés. Sauf qu’ici, les deux drôles ne sont ni à la réalisation, ni à la scénarisation. Ils y produisent en effet deux potes, Gene Stupnitsky et Lee Eisenberg, qui opèrent ici leur premier méfait après avoir scénarisé de nombreux épisodes de The Office. Si, faisant partie de la bande, ils peuvent avoir les mêmes travers, c’est vierge de tout a priori qu’il fait s’intéresser à ce Good Boys.

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Ma vie avec Xavier Dolan

Aucun trailer, aucune image, aucun dialogue, aucune interview de Xavier Dolan pour ce film… C’est ainsi que je suis allée découvrir le dernier long-métrage de Xavier Dolan : Ma vie avec John F. Donovan. Xavier Dolan et moi c’est une longue histoire d’amour. Une très belle histoire d’amour.  J’hésitais véritablement à écrire cet article et à l’heure où je tape tout en buvant ma canette d’Ice Tea, je ne sais pas encore la tournure que prendra ce texte mais j’avais ce besoin de parler de son dernier film, mais aussi son écho au reste de sa filmographie bref… vous aurez de la lecture.

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The Predator : Même pas peur

Après une promo extrêmement compliquée – et encore le mot est faible – où la courageuse Olivia Munn était bien seule face aux journalistes après que le casting masculin ai déserté (ainsi que leur réalisateur Shane Black) les caméras suite aux révélations concernant Steven Wilder Siegel, ami de longue date du réalisateur, qui avait une petite scène avec l’actrice et qui avait été condamné en 2010 à six mois de prison pour atteinte sur mineure. Une révélation qui fait l’effet d’une bombe alors qu’Olivia Munn prend la parole et que ses collègues se terrent dans un silence alarmant (Shane Black a depuis fait un mea culpa sur Twitter histoire de calmer un peu le jeu). Ajoutez à cela des reshoots de dernière minute et honnêtement le Predator de Shane Black ne part pas gagnant d’emblée. 

Alors qu’un prédateur est pris en chasse par ses congénères, il atterrit en catastrophe sur notre bonne vieille planète Terre alors qu’à quelques mètres de là le tireur d’élite Quinn McKenna mène une mission de sauvetage avec son unité. Alors qu’ils se font tous décimés par la créature, McKenna réussit à s’en sortir et s’empare du Predator ainsi qu’une de ses manchettes qu’il envoie chez lui en pensant qu’ils seront en sécurité. Afin d’étouffer au mieux cette affaire, McKenna est déclaré instable mentalement et enfermé dans le Groupe 2 aka l’élite des ex-soldats qui n’ont plus toute leur tête. Pendant ce temps, le prédateur qui a été capturé est examiné par le Dr Casey Brackett et – sans surprise – la bête se réveille et massacre à peu près tout le monde sur son passage, bien décidée à retrouver son masque et la partie manquante de son armure sauf qu’entre temps le fils de McKenna a ouvert le colis et s’est mis à jouer avec le masque du Predator ce qui fait de lui désormais la cible n°1 du monstre. Accompagné de ces ex-soldats un peu loufoques et de la scientifique, ils vont devoir arrêter non pas un… mais deux prédateurs.

Beaucoup d’informations hein ? Trop même. Et pourtant on sent à quel point Shane Black – accompagné de Fred Dekker au scénario – a envie d’insuffler quelque chose de nouveau dans ce reboot/sequel/onsaitpastropenfait avec de nouveaux enjeux, de nouveaux méchants et surtout une jolie pléiade de personnages (qui sont finalement les seuls « atouts » du film). Et pourtant la première partie du film se tient plutôt correctement même si clairement la force première de Shane Black est l’écriture de ses personnages, moins le maniement de la caméra dans ce film où le prédateur perd toute sa dimension monstrueuse pour finalement être filmée comme une personne lambda, de la force en plus. Non c’est clairement cette galerie de personnages plus bizarres les uns que les autres qui permettent au spectateur de s’attacher au film et notamment la scène où le docteur Casey Brackett fait connaissance avec ces joyeux lurons qui ont chacun leurs tocs et leurs traumatismes mais qui ne manquent ni de répondant ni d’humour noir. Sauf qu’une fois cette première partie du film passée, cette jolie bande doit s’attaquer à un plus gros morceau, du genre super-Predator. D’ailleurs lorsque le très gros prédateur entre en scène nous retrouvons une nouvelle fois le problème de représentation de cette créature censée instaurer la peur et dont les rugissements nous font à peine frémir. De quoi par ailleurs esquisser (trop) légèrement les ambitions de ces aliens et ce dont ils sont capables pour bifurquer sur une seconde partie complètement ratée.

Outre un manque toujours flagrant de mise en scène et des scènes de combats humains VS gros Predator filmées dans la pénombre si bien qu’au bout d’un moment on ne sait même plus qui tire sur qui et qui meurt quand à cause de qui, le scénario de cette seconde partie patauge complètement pour qu’on finisse par oublier les tenants et les aboutissants de cette traque extraterrestre jusqu’à une dernière scène – possiblement – annonciatrice d’une suite (et franchement on est moyennement convaincu sur ce coup-là). Quant à ce qui faisait le charme du film – aka ses personnages – ils finissent sacrifier sans qu’ils aient eu le temps de développer leur background et se forger une véritable raison de se lancer dans cette mission kamikaze sans compter la soi-disante caution féminine incarnée par Olivia Munn qui brandit un panneau où il est inscrit en Arial Black taille 180 : « Regardez je suis une nana badass qui a besoin de personne pour zigouiller des extraterrestres ! ».

Shane Black avait les talents et les éléments en main pour donner un nouveau souffle à une saga qui en avait besoin mais force est de constater que le film, malgré une première partie plutôt solide, se casse royalement la gueule dans sa seconde moitié pour nous laisser plus que mitigés par le résultat. 

The Predator de Shane Black. Avec Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn… 1h47
Sortie le 17 octobre

Room : Retenez le nom de Jacob Tremblay, ce n’est que le début d’une grande carrière

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Primée aux Oscars 2016 pour la meilleure actrice, Brie Larson est aux côtés de Jacob Tremblay dans Room, un film adapté du livre du même nom et réalié par Lenny Abrahmson. Lorsque Jack a 5 ans, sa mère va tout tenter pour s’échapper de cette chambre -seul endroit que le petit garçon ai jamais connu, où elle est retenue depuis près de 7 ans. S’engage alors une aventure inédite et incroyable pour ce petit garçon dans un monde qui lui est totalement inconnu.

Lors de la cérémonie des Oscars, j’avais milité pour que ce soit Cate Blanchett qui ai ce prix mais après avoir vu ce film, je comprends mieux pourquoi c’est Brie Larson qui a raflé la mise. Cette mère totalement désespérée et enfermée entre ces quatre murs depuis si longtemps tiens grâce -et pour, son fils. L’interprétation de Brie Larson est saisissante de justesse. Comment ne pas verser une larme face à une telle situation ? (Oui je vous préviens sortez les mouchoirs du début à la fin).
Arrêtons nous aussi cinq minutes (voir plus) sur Jacob Tremblay. Devenu une véritable coqueluche aux Etats-Unis, il va également vite le devenir en France. Rares sont les prestations des enfants qui nous marquent autant et ce petit Jacob en fait largement partie. Parce qu’il arrive à nous transmettre son émotion, sa bienveillance et son innocence – celle d’un enfant de 9 ans tout simplement. Ce petit bout a tout d’un grand acteur déjà alors qu’il doit avoir le rôle le plus complexe de ce film. Eh oh l’Académie des Oscars, vous foutiez quoi là ?

De prime abord, le film peut paraître étrange car le contexte se met en place petit à petit mais une fois le tout expliqué et imbriqué comme il faut, l’action commence et là, préparez-vous à faire quelques petites crises cardiaques au cours du film tellement il est juste prenant. On aime et on s’accroche nous aussi à cet espoir, celui de découvrir l’extérieur et de sortir de cet enfer. Cette histoire fait forcément écho à des affaires médiatisées comme la très célèbre affaire Natascha Kampusch.
Le film est clairement divisé en deux parties, le fait et les conséquences. J’avais peur que la première partie prenne le pas et que le réalisateur ne s’attarde pas réellement sur l’après et ses conséquences mais ce serait presque la meilleure partie à mon avis. Comment s’en sortir après 7 ans enfermé entre quatre murs ? Comment un enfant qui a passé sa vie dans une minuscule pièce va faire pour s’adapter à un monde inconnu ? Des gens qu’il ne connaît pas ?

Room est un film surprenant, touchant mais dur à la fois qui mérite d’être vu par tous, porté par un duo d’acteurs incroyablement justes. Avec une Brie Larson parfaite et un Jacob Tremblay dont on entendra encore parler dans quelques années je peux vous l’assurer. C’est ce genre de film qui vous tient aux tripes de la première à la dernière seconde.

Ma note : ♥♥♥♥♥