When you finish saving the world : Substitution(s)

Il n’est jamais évident pour les acteurs et actrices de passer derrière la caméra, par la conscience qu’ils sont attendus au tournant par ce changement de statut. Cette démarche, assez fréquente aux États-Unis ces dernières années (mais existant depuis toujours – rappelons-nous Paul Newman, Robert de Niro et surtout Clint Eastwood), permet l’arrivée de nombreuses œuvres rafraichissantes, nourries de la double casquette de leur auteur. C’est ainsi que déboule Jesse Eisenberg, comédien insaisissable, s’amusant dans des films d’auteur de Kelly Reichardt comme dans les œuvres de studios à la Zombieland ou les films de super-héros de la Warner. Avec When you finish saving the world – présenté d’ailleurs en ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes –, il s’inscrit dans la première idée, avec un côté indé prononcé, qui jamais ne prend le pas sur sa sincérité.

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Resistance : Barrez-vous, cons de mîmes

Les films sur la Seconde Guerre Mondiale, cette plaie moderne. Non pas que le sujet soit inintéressant, au contraire, mais il semble tellement éculé que ça en devient indécent. D’autant plus lorsqu’il se fait le théâtre d’un cinéma voyeuriste, prenant son/sa spectateur·ice pour un·e inculte en histoire, et qu’il peut balancer tout le misérabilisme possible sans ménager ses artifices ni cacher sa honte. Après tout, des enfants sont mort·e·s, le public est donc acquis et chiale quoi qu’il arrive.

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Vivarium : Indéniable chute

Le cinéma a tendance à caresser le spectateur dans le sens du poil : entendez ici un film qui, même lorsqu’il sombre dans un profond désespoir, renaît de ses cendres pour y délivrer un message optimiste pour réchauffer les cœurs des spectateurs. Après tout le cinéma est là pour nous faire rêver. Le réalisateur Lorcan Finnegan prend le contre-pied absolu avec son premier long-métrage Vivarium ou comment mettre en scène la standardisation d’une vie à l’issue indéniablement fatale – bien que logique -. Déprimant vous avez dit ? Ce n’est que le début.

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Retour à Zombieland : le titre parfait

Tout juste dix ans après le premier opus, Ruben Fleischer reprend la réalisation de Zombieland. Pour l’occasion il réunit le casting original composé de Woody Harrelson, Emma Stone, Jesse Eisenberg et Abigail Breslin.

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Insaisissables 2 : Et la magie opéra !

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Les 4 Cavaliers sont de retour sur nos écrans et une nouvelle fois, ils vont devoir ruser et faire preuve d’inventivité alors qu’ils sont pris au piège par Walter Marbry, un homme d’affaires aux manières peu scrupuleuses qui leur demande de braquer l’un des systèmes informatiques les plus sécurisés au monde. Pour se sortir de là, les 4 Cavaliers vont devoir élaborer le braquage le plus impressionnant jamais conçu.

Pour ceux qui en doutaient, ce second opus est à la hauteur du premier, voir beaucoup mieux. Bien évidemment on retrouve nos 4 Cavaliers à une exception près. Exit la belle Isla Fisher (enceinte à l’époque du tournage) et bienvenue à Lizzy Caplan qui fait très bien le job et nous ferait presque oublier la belle rousse. Bien sûr comment ne pas évoquer le petit nouveau Daniel Radcliffe en homme d’affaire machiavélique prêt à tout pour contrôler le monde. On découvre également une nouvelle facette de Mark Ruffalo alias Dylan Rhodes. Désormais démasqué, Dylan doit faire face à son passé et est également obligé de se cacher pour éviter de se faire repérer par le FBI.

Un délice visuel

Côté scénario, tout est calculé, tout est maîtrisé  pour que le spectateur en ai plein les yeux et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est réussi. Dans cet opus on en apprend plus sur le passé de Dylan Rhodes, sur L’OEIL (l’organisation secrète de magiciens) mais également sur Thaddeus Bradley. Personnage énigmatique depuis le premier opus et qui s’avère bien plus mystérieux qu’on pourrait le croire. Attention cependant, il vaut mieux avoir vu le premier pour comprendre et apprécier pleinement le second.

Visuellement, Insaisissables 2 est un délice. Que ce soit les plans saccadés, les scènes d’actions ainsi que les tours de magie, le film nous prend au tripes et ne nous lâche pas. Un petit coup de coeur pour le tour de magie de Jesse Eisenberg avec la pluie, sublime ! Un poil déçue par le final, bien moins impressionnant que le final du premier opus.

Insaisissables 2 est incontestablement l’un des films de cet été. Bien réalisé, avec un casting cinq étoiles et peut-être une possibilité d’un troisième opus qui sait ? En tout cas, les magiciens ne nous auront jamais autant fait rêver.

Ma note : ★★★★

Cafe Society : Un 69e Festival qui démarre plutôt bien

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Woody Allen l’éternel ? Woody Allen l’indétrônable ? C’est fort possible. Pour la quatorzième fois de sa carrière, le réalisateur américain de 80 ans foule les marches du Festival de Cannes. Présenté Hors Compétition, cette comédie dramatique a fait l’ouverture de ce 69e festival. Alors, à quoi devons-nous nous attendre ? Verdict.

Tout le monde connait Woody Allen, tout le monde connait forcément un de ses films et dès les premières notes de musique ça y est, on sait que c’est notre cher Woody derrière la caméra. Fidèle à lui-même, le réalisateur nous dévoile son univers bucolique et charmant à souhait. Un univers des années 30 où l’on suit les aventures de Bobby Dorfman qui décide de quitter New-York pour Hollywood où il tombe éperdument amoureux de Vonnie, la secrétaire de son oncle. Cette dernière étant déjà avec quelqu’un, Bobby va se contenter de son amitié jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit-ami l’a quitté. L’avenir semble enfin beau et prometteur pour Bobby… Enfin presque.

Après Magic in the Moonlight ou encore L’Homme Irrationnel, Woody Allen revient avec un excellent film surpassant ses deux précédents. Visuellement, il nous offre à chaque fois un régal pour les yeux ainsi qu’un régal pour les oreilles concernant la bande-son. Le duo d’acteur Kristen Stewart/Jesse Eisenberg fonctionne à merveille –certainement du fait qu’ils ont déjà travaillé ensembles auparavant. Une Kristen Stewart surprenante, aux antipodes des rôles qu’elle a pu jouer. C’est clair, la Bella de Twilight a bien disparu. Quant à la ravissante Blake Lively, même si elle ne possède pas un très grand rôle, s’en sort très bien avec grâce et volupté.

Ce qui marque également dans le film sont les répliques cinglantes notamment sur les juifs et des dialogues à mourir de rire (« D’abord c’est un meurtrier, et maintenant un chrétien ! Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?« ). Les rôles secondaires sont tous étudiés pour y apporter leur petite touche, notamment la famille de Bobby entre son frère gangster, sa mère pleine d’espoir et sa soeur mariée à un homme qui déteste la violence et qui se laisse marcher dessus par son voisin. N’oublions pas Steve Carell qui excelle comme à chaque fois dans le rôle de l’oncle millionnaire, éperdument amoureux et jaloux de son neveu.

Woody Allen fait son petit bout de chemin et à 80 ans, il n’a plus rien à prouver. Avec un film par an, le réalisateur se fait plaisir avec des castings 5 étoiles à chaque fois et ça marche. Woody Allen fonctionnera toujours mais cette fois un peu plus que les autres.

Ma note : ★★★★☆