Us : Under the convenience store

Attention Spoilers

Une réflexion que l’on peut se faire lorsque l’on pense au cinéma de Jordan Peele, adoré outre-atlantique, c’est à quel point les Américains n’ont besoin de personne, et certainement pas des étrangers, pour montrer du doigt les problèmes de leur société et en déceler les moindres tâches. Au-delà de ce phénomène masochiste, on se rend compte que ce sont les américains qui ont toujours su filmer, mieux que tous, l’Amérique. En Europe, les cinéastes ont du mal à filmer  »l’essence » de leur pays : Dumont se contente du nord de la France, Moretti est l’un des seuls qui a réussi l’exercice, lui et Fellini. Ce n’est donc pas étonnant que Peele ait eu tant de succès avec Get Out, film pointant du doigt tous les travers d’une Amérique raciste se cachant derrière  »l’exploit » d’avoir élu un président d’origine Kenyane ; diluant son propos dans une histoire cauchemardesque, genre dans lequel Jordan Peele s’épanouit, à en juger l’excellence du film. 

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[CRITIQUE] Get Out : Extraordinairement flippant

Voilà des mois que le premier long-métrage de Jordan Peele croulait sous les éloges chez nos amis Américains et ça y est, Get Out est enfin chez nous. Thriller horrifique sur fond d’humour, Get Out est avant tout le premier film de l’ère Trump pointant du doigt les préjugés bien installés dans nos petites boîtes crâniennes. Chris rencontre pour la première fois les parents de sa petite-amie Rose. Des parents visiblement très ouverts d’esprit puisque Chris est afro-américain mais au fur et à mesure du week-end, le jeune homme se rendra vite compte que quelque chose ne va pas dans ce domaine bien tranquille à première vue.

Mini budget pour maxi effet

Tourné pour la modique somme de 4,5 millions de dollars, Get Out fait désormais partie de ces films à petit budget qui ont tout raflé au box-office puisqu’il est directement arrivé en première place lors de sa sortie. Pourquoi ? Comment ? Jordan Peele arrive à nous faire basculer dans l’horreur progressivement. Vous aussi vous trouviez bizarre l’adjectif « drôle » souvent utilisé pour qualifier ce film ? Et pourtant oui l’humour est bel et bien là que ce soit par les clichés ou par le meilleur ami de Chris à l’imagination débordante. En alternant humour et horreur, Jordan Peele rend son film encore plus imprévisible et par conséquent, renforce l’effet de surprise et d’horreur. Pas besoin de budget astronomique pour créer une ambiance oppressante. Les jeux de lumière, les gros plans sur ces visages presque insipides et cette bande-son prenante fait tout le travail.

Mais Get Out c’est aussi une satire de la société raciste d’aujourd’hui. Que ce soit le regard porté sur les domestiques, cette grande réunion de personnes « blanches » où Chris se retrouve vite perdu et cette envie constante de rappeler que les afro-américains savent courir vite, sont forts aussi bien physiquement qu’au lit… Toutes ces petites piques bien vues dévoilent l’horreur de la pensée d’aujourd’hui vis-à-vis de cette communauté. Et au final on se retrouve à la place de Chris lorsqu’on comprend qu’il est trop tard et que nous aussi nous sommes pris au piège dans un engrenage aussi machiavélique qu’inhumain. Chaque élément de ce film est pensé pour pouvoir mettre l’intrigue en place petit à petit.

Une distribution quasiment inconnue pour ce film mais il est certain qu’ils referont leur apparition notamment Daniel Kaluuya exceptionnel dans le rôle du petit-ami noir propulsé dans un autre monde. Il en est de même pour la famille Armittage qui font froid dans le dos par leur attitude stoïque et peut-être un peu trop bienveillante.

Get Out fait office d’exception dans le paysage des films d’horreur au même titre que Don’t Breathe qui se distinguait par sa réalisation. Ici encore, peu de moyens mais un résultat au-delà de nos espérances. Ca fait peur aussi bien visuellement que psychologiquement, bref chapeau bas à Monsieur Jordan Peele.