[CANNES 2017] Come Swim : Kristen Stewart, une future grande réalisatrice ?

Habituée du Festival de Cannes, Kristen Stewart est cette année présente non pas en tant qu’actrice mais en tant que réalisatrice. La jeune femme a décidé de commencer modestement avec un court-métrage de 17 minutes prénommé Come Swim avec Josh Kaye et qui dépeint la vie d’un homme entre rêves et désillusions le tout dans une atmosphère oppressante et onirique. Alors est-ce que Kristen Stewart a réussi son pari ? Il semblerait que oui.

Une première oeuvre très personnelle

Ce n’est pas une nouvelle pour personne, Kristen Stewart a une personnalité et un univers bien à elle ce qui fait d’ailleurs d’elle l’une des meilleures actrices de sa génération. Come Swim se démarque par son univers très marqué par les influences de sa réalisatrice. On est dans quelque chose qui oscille entre rêve et réalité sans jamais vraiment nous dire le mot de la fin mais nul besoin pour comprendre et apprécier l’oeuvre. Un peu comme une expérimentation, le personnage principal vacille, se perd, se noie dans les paroles de Kristen Sewart en fond sonore. Que veut-elle ? Qui est-elle ? Que représente-t-elle ? A vous de vous faire votre propre opinion. C’est expérimental certes mais loin d’être inaccessible puisque libre à chacun d’y lire ce qu’il veut.

L’univers et les couleurs rappellent parfois dans une certaine mesure A Cure For Life, la musique est assourdissante, les images sont puissantes, bref ce sont 17 minutes courtes mais 17 minutes intenses.

Présenté lors d’une séance spéciale au Palais des Festivals, ce court-métrage a reçu une salve d’applaudissements mérités en tout cas à OSFUC on a adoré. Désormais nous n’attendons plus qu’une chose, que Kristen Stewart nous offre son premier long-métrage car s’il est de la même qualité que Come Swim, elle pourrait devenir une très grande réalisatrice.

[CANNES 2017] Day 03 : « Clint Eastwood ou Kristen Stewart ? »

Malgré la fatigue (il est actuellement 2h du matin lorsque je vous écris cet article) et les problèmes d’Internet me revoilà bel et bien avec l’épisode 3 de mon séjour cannois. Au programme aujourd’hui : ma dignité mise de côté, une probable Palme d’Or et John Travolta qui fait danser Cannes allez c’est parti !

Dois-je encore vous rappeler le rituel du matin ? Et non rendez-vous pour les invitations d’ailleurs la file se fait de moins en moins longue, les gens ont du mal à se réveiller visiblement. 8h45, l’heure de découvrir les invitations qui nous sont proposés et là que votons-nous ? Une invitation pour le premier long-métrage de Kristen Stewart en séance spéciale ce qui veut dire qu’elle sera là mais, oh malheur ! Un peu avant c’est une autre séance spéciale avec Clint Eastwood en personne pour présenter une version restaurée d’Impitoyable. Clint Eastwood ou Kristen Stewart mon cœur balance mais je me tiens à la directive que j’ai cette année : soutenir les films français et les premiers long-métrages. Bon certes c’est un court-métrage mais cela reste le premier de la jeune actrice alors on fonce et on soutient Kristen Stewart. Au passage on récupère des invitations pour le concert de M qui aura lieu dimanche soir c’est-à-dire ce soir à l’heure où vous lisez l’article.

Matinée plutôt tranquille jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’est projeté aujourd’hui au Grand Théâtre Lumière un film français en compétition : 120 Battements par minute. D’après les premiers retours de la presse il vaut le coup mais evidemment je n’ai pas d’invitation alors je prends mon courage à deux mains, je mets ma dignité de côté et je me poste devant le Palais avec une petite pancarte pour peut-être essayer d’obtenir ce fameux ticket. Heureusement qu’on était encore le matin sinon j’aurais fini en steak haché sur la place c’est certain. Mais malgré tout ça fonctionne puisque que quelqu’un m’a gentillement donné son invitation. Mission accomplie il ne reste plus qu’à rentrer à l’appartement pour manger et courir voir ce film juste après. Et vous savez quoi ? Heureusement que j’ai eu cette place parce que la Palme d’Or est là les gars et oui !

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Une fois sorti, on court pour retrouver Kristen Stewart au cinquième étage du Palais des festivals puisqu’elle vient cette année non pas en tant qu’actrice mais en tant que réalisatrice avec un premier court-métrage dont j’ai hâte de vous parler : Come Swim. Simple, efficace bref c’est réussi. Et comment finir cette journée en beauté ? Et bien avec une petite séance de cinéma à la plage avec Saturday Night Fever et 40 ans plus tard, la magie et le déhanché sont toujours là.

Rendez-vous dès demain pour de nouvelles aventures !

[CRITIQUE] Personal Shopper : Kristen Stewart hypnotisante

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Maureen est une acheteuse de mode pour une célébrité très prisée. Elle déteste son boulot à Paris mais ça paye son loyer en attendant que Lewis, son frère jumeau décédé, lui envoie un signe de l’au-delà. Jusqu’au jour où elle commence à recevoir d’étranges messages sur son téléphone. Après l’excellent Sils Maria, Olivier Assayas refait équipe avec Kristen Stewart et quelle équipe ! En tout cas le pari est réussi et Kristen Stewart n’aura jamais été aussi captivante que dans ce film.

Esprit, esprit es-tu là ?

Quel sujet épineux le spiritisme et les fantômes mais une chose est sûre, les fantômes réussissent beaucoup mieux à Kristen que les vampires ! Alors qu’Olivier Assayas aurait pu nous servir un film fantastique à base de fantômes à tout va et de guéridon qui bougent tout seul, Personal Shopper se démarque avec quelque chose de maîtrisé et de subtil là où il aurait pu vite tomber dans les clichés.

Ajoutez à cela une pointe de thriller quand Maureen commence à recevoir d’étranges messages d’un inconnu qui semble s’amuser d’elle. Cette partie prend d’ailleurs assez de place dans l’intrigue même si en fond on a toujours cet esprit qui ne se manifeste toujours pas. Dès les premières secondes du film, on est directement plongé dans cette ambiance oppressante et bonjour les petits sursauts par ci, par là. Personal Shopper arrive à garder cette petite tension tout au long du film jusqu’à son final qui laisse libre court à l’interprétation. Un très très bon climax final qui nous permet de ressortir de là ravie.

Une belle histoire d’amour entre Kristen Stewart et la caméra

Depuis Twilight, Kristen Stewart a fait pas mal de chemin et quel chemin ! Elle fait partie de ces actrices qui captent le regard dès la première seconde. La caméra d’Olivier Assayas la sublime tout au long du film entre peur, complaisance et incertitudes. La caméra aime Kristen et elle le lui rend bien. Son interprétation dans ce film est parfaite de par cette retenue qui la caractérise tant. D’ailleurs dans le film on ne voit quasiment qu’elle et on ne va certainement pas s’en plaindre tiens !

Personal Shopper réussi son pari en alliant esprits et thriller sur fond de paillettes et de superficiel qui au final se transforme en très beau drame intime dont les dernières minutes du film sont intelligentes et surprenantes.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Festival de Deauville Acte I : « Certain Women »

 

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Dubitatif est l’adjectif qui résume le mieux le ressenti des personnes présentes dans la salle ce jour-là. Au Centre International de Deauville, Kelly Reichardt nous a présenté son dernier film intitulé Certain Women. Plutôt bien accueilli aux Etats-Unis, ici le film intimiste a plus de mal à passer et pourtant, il est loin d’être mauvais. Certain Women suit le destin de trois femmes ordinaires : une avocate prise en otage par un de ses clients, une femme qui s’installe avec son mari et sa fille mais qui ne semblent plus être sur la même longueur d’onde et une ouvrière agricole qui se lie d’amitié avec une jeune avocate obligée de faire quatre heures de route pour donner des cours du soir pour adultes.

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Cafe Society : Un 69e Festival qui démarre plutôt bien

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Woody Allen l’éternel ? Woody Allen l’indétrônable ? C’est fort possible. Pour la quatorzième fois de sa carrière, le réalisateur américain de 80 ans foule les marches du Festival de Cannes. Présenté Hors Compétition, cette comédie dramatique a fait l’ouverture de ce 69e festival. Alors, à quoi devons-nous nous attendre ? Verdict.

Tout le monde connait Woody Allen, tout le monde connait forcément un de ses films et dès les premières notes de musique ça y est, on sait que c’est notre cher Woody derrière la caméra. Fidèle à lui-même, le réalisateur nous dévoile son univers bucolique et charmant à souhait. Un univers des années 30 où l’on suit les aventures de Bobby Dorfman qui décide de quitter New-York pour Hollywood où il tombe éperdument amoureux de Vonnie, la secrétaire de son oncle. Cette dernière étant déjà avec quelqu’un, Bobby va se contenter de son amitié jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit-ami l’a quitté. L’avenir semble enfin beau et prometteur pour Bobby… Enfin presque.

Après Magic in the Moonlight ou encore L’Homme Irrationnel, Woody Allen revient avec un excellent film surpassant ses deux précédents. Visuellement, il nous offre à chaque fois un régal pour les yeux ainsi qu’un régal pour les oreilles concernant la bande-son. Le duo d’acteur Kristen Stewart/Jesse Eisenberg fonctionne à merveille –certainement du fait qu’ils ont déjà travaillé ensembles auparavant. Une Kristen Stewart surprenante, aux antipodes des rôles qu’elle a pu jouer. C’est clair, la Bella de Twilight a bien disparu. Quant à la ravissante Blake Lively, même si elle ne possède pas un très grand rôle, s’en sort très bien avec grâce et volupté.

Ce qui marque également dans le film sont les répliques cinglantes notamment sur les juifs et des dialogues à mourir de rire (« D’abord c’est un meurtrier, et maintenant un chrétien ! Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?« ). Les rôles secondaires sont tous étudiés pour y apporter leur petite touche, notamment la famille de Bobby entre son frère gangster, sa mère pleine d’espoir et sa soeur mariée à un homme qui déteste la violence et qui se laisse marcher dessus par son voisin. N’oublions pas Steve Carell qui excelle comme à chaque fois dans le rôle de l’oncle millionnaire, éperdument amoureux et jaloux de son neveu.

Woody Allen fait son petit bout de chemin et à 80 ans, il n’a plus rien à prouver. Avec un film par an, le réalisateur se fait plaisir avec des castings 5 étoiles à chaque fois et ça marche. Woody Allen fonctionnera toujours mais cette fois un peu plus que les autres.

Ma note : ★★★★☆