[CRITIQUE] Coco : Pixar de retour plus en forme que jamais

Les studios Pixar nous régalent en cette fin d’année avec Coco. Et provenant du créateur (entre autres) de Toy Story 3 et Monstres & Cie, cette nouvelle création ne pouvait laisser présager que du bon. En abordant El día de los muertos (Le jour des morts au Mexique) avec tendresse et bonne humeur, Pixar peut se vanter d’avoir réalisé l’un des films d’animations de l’année, rattrapant ainsi au passage les moyens Cars 3 et Le Monde de Dory Lire la suite de « [CRITIQUE] Coco : Pixar de retour plus en forme que jamais »

Desierto : Une apnée d’1h28 terriblement efficace

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Un père de famille mexicain accompagné par d’autres personnes s’en vont pour traverser la frontière et arriver aux Etats-Unis, terre promise où tous les rêves sont réalisables. Sous une chaleur accablante et un désert vide de vie, le groupe de clandestins va se retrouver à la merci d’un homme qui ne souhaite qu’une chose, éliminer ceux qui empiètent sur « ses » terres. Une terrible chasse à l’homme débute alors.

Le duo père/fils Cuarón a déjà fait ses preuves avec le film Gravity et nous prouve une nouvelle fois leur talent. De part le casting avec Gael García Bernal, un père de famille expulsé des Etats-Unis et prêt à tout pour retourner auprès de sa femme et de son fils, quitte à faire des choix discutables. Sans oublier les autres clandestins qui l’accompagnent que ce soit homme, femme ou jeunes adolescents, qui vont devoir courir pour leur vie, pour leur survie.
A leurs trousses, un homme. Un chasseur d’une cruauté sans nom porté par l’excellent Jeffrey Dean Morgan qui a tout de l’américain facho et raciste, replié sur lui-même et pour seul compagnon son berger allemand tout aussi cruel et bien sûr sa bouteille de whisky qu’il enfile telle une bouteille d’eau. Les raisons qui le poussent à tuer sans aucun sentiment ne sont pas évoqués et à la limite ce n’est pas plus mal. Le film préférant se concentrer sur cette traque sous un soleil de plomb.

Jonás Cuarón nous offre ici un film quasiment inclassable. Surfant sur plusieurs frontières entre le thriller, le film social et le documentaire parce que derrière cette fiction se cache une réalité, celle de milliers de mexicains essayant de traverser la frontière chaque jour et dont la plupart finissent par mourir en plein milieu de ce désert aride.
Un film social sur le fond car qui sommes nous pour décider du droit de vie ou de mort de quelqu’un ? Avons-nous le droit d’exercer notre propre justice selon nos propres convictions ? Ce film soulève autant de questions qu’il impressionne.

Car oui, visuellement on retrouve cette touche de Gravity qu’on aime tant. De vastes paysages vides, terriblement silencieux entrecoupés par des tirs de balles et des cris. S’en est presque suffoquant et angoissant.

Ici pas de bons sentiments ou de repos, courir, se cacher, courir. Voilà ce qui rythme le film et voilà ce qui nous retient jusqu’à la dernière minute. Préparez vos masques à oxygène parce qu’en sortant de là, vous en aurez le souffle coupé.

Ma note : ★★★★☆