[CANNES 2018] Fahrenheit 451 : Pas si chaud que ça

Troisième film présenté en Séance de minuit, Fahrenheit 451 de Ramin Bahrani (99 Homes) est l’adaptation télévisée – coucou HBO – du célèbre roman du même nom écrit par Ray Bradbury et publié en 1953. Dans une société dystopique où les livres et la lecture sont prohibés, les pompiers h’hésitent pas à les bruler et à condamner ceux qui se mettraient en travers du système. Sauf quand un de ces fameux pompiers commence à remettre en question le système mis en place, il devient rapidement la cible de son capitaine. Lire la suite de « [CANNES 2018] Fahrenheit 451 : Pas si chaud que ça »

[CRITIQUE] La Forme de l’eau : L’amour sous toutes ses formes

Cette année la course à la statuette dorée au mois de mars prochain est effrénée. Alors que Call me by your name et Lady Bird sont les deux derniers prétendants à sortir dans nos salles obscures la semaine prochaine, cette semaine voit débarquer le tant attendu et acclamé La Forme de l’eau  – The Shape of water en V.O -, dernier bébé de Guillermo Del Toro déjà couronné dans la plupart des cérémonies, lui assurant – quasiment – l’Oscar du Meilleur film. Une fable autant poétique que politique. Lire la suite de « [CRITIQUE] La Forme de l’eau : L’amour sous toutes ses formes »

[CRITIQUE] Horse Soldiers : Chris Hemsworth le guerrier

Chris Hemsworth terminait 2017 en exterminant l’ennemi d’un simple coup de foudre (au sens littéral du terme) et commence 2018 à dos de cheval, arme à la main, prêt à abattre un groupe de Talibans suite aux attentats du 11 septembre. Une histoire vraie passée longtemps sous silence et qui trouve désormais un peu de reconnaissance dans le premier film de Nicolai Fuglsig et qui nous offre un sacré film de guerre. Lire la suite de « [CRITIQUE] Horse Soldiers : Chris Hemsworth le guerrier »

[CRITIQUE] Loving : Subtil et pudique

Présent pour la troisième fois au Festival de Cannes avec ce film, Jeff Nichols n’a plus rien à prouver. Après son très bon Midnight Special, le réalisateur a de nouveau fait appel à Joel Edgerton et Michael Shannon pour cette fois-ci s’attaquer à une histoire d’amour, peut-être la plus belle qui soit : celle des Loving. Dans l’Amérique ségrégationniste de 1958, Richard et Mildred Loving s’aiment et se marient sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire. Ils ont obligés de quitter la Virginie s’ils veulent vivre leur union. Une affaire qui ira jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, abolira cette loi et promulguera l’arrête « Loving v. Virginia » qui donne le droit de s’aimer à tous le monde, sans distinction.

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Une mise en scène délicate

Au coeur d’une époque remplie de haine, Jeff Nichols prend le contrepied en proposant une histoire d’amour, un cri d’amour même pour ce couple qui s’est battu pendant près de dix ans pour pouvoir vivre leur amour. Tout en évitant l’écueil du romantisme un peu cul-cul la praline, il dépeint avant tout le portrait d’un homme mais surtout d’une femme. Mildred Loving qui, malgré ses frêles épaules, s’est battu contre vents et marées pour faire reconnaitre son couple. Avec sa mise en scène délicate, le couple contraste avec cette justice cruelle et parfois violente. Aucune joute verbale, tout est toujours fait en délicatesse, jusqu’à l’image qui vient se glisser avec ses coloris chauds et joyeux tout comme ce couple qui y aura toujours cru jusqu’au bout.

Ruth Negga et Joel Edgerton, le duo idéal

Il y a de ces couples de cinéma qui arrivent à nous marquer et celui de Loving en fait très clairement partie. Déjà la ressemblance physique est assez frappante et presque troublante. Un choix judicieux qui s’est avéré évident pour le réalisateur. Ruth Negga incarne si bien Mildred Loving de part son physique et ses émotions qu’elle arrive à nous faire parvenir avec une facilité déconcertante. Et d’un autre côté Joel Edgerton (déjà formidable dans Midnight Special) qui, a contrario, offre une prestation plus réservée, plus intimiste et c’est là que réside tout son talent car c’est par sa posture, son regard, que toute l’émotion passe.

A deux semaines des Oscars, rien ne semble vraiment encore jouer car, soyons honnêtes, tous les films mériteraient une récompense et celui particulièrement parce que Loving c’est un message d’amour universel qui résonne encore dans notre société actuelle.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Nocturnal Animals : Un thriller hypnotisant

Tom Ford a tout d’un grand réalisateur, d’un très grand réalisateur même. Parce que Nocturnal Animals est loin d’être un simple drame, c’est une oeuvre d’art au sens propre comme au sens figuré si bien que les heures défilent comme des secondes et que cette fin a de quoi nous laisser… sur notre faim mais c’est tout ce qui fait son charme.

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Trois histoires se chevauchent dans ce drame passionnel. D’abord le présent avec Susan, une femme à la beauté renversante tenant une galerie d’art qui semble fonctionner à merveille malheureusement son couple bat de l’aile, son mari la trompe et Susan se sent désespérément seule quand un jour elle reçoit le manuscrit d’Edward, son ex-mari et son premier amour qui lui dédie son livre « Nocturnal Animals ». En commençant à le lire, la seconde histoire débute, une histoire fictive où Edward est le héros et où il se venge après la mort de sa femme et sa fille. Tout au long de sa lecture, Susan va alors se remémorer son histoire d’amour avec Edward et ce qui a mené sa perte, la troisième histoire.

Un enchevêtrement malin

Trois histoires distinctes pour finalement une seule et même personne. Susan qui se retrouve au coeur de son histoire d’amour passée, son malheureux présent et cette fiction qui semble la bouleverser au plus haut point. D’ailleurs la ressemblance entre Susan et Laura, la femme dans la fiction, est loin d’être anodine. Tom Ford aurait pu se perdre dans ce dédale d’histoires et de sauts d’un récit à un autre mais l’enchevêtrement malin et la psychanalyse qui en résulte s’avère efficace, si bien que quelques minutes après le final il vous faudra probablement une petite réflexion sur le pourquoi du comment. Difficile d’en dévoiler plus sans spoiler le film mais une chose est sûre, vous cogiterez encore dessus.

Jake Gyllenhaal comme jamais

En parlant de Nocturnal Animals, on ne peut s’empêcher de parler de la sublime interprétation et il y a de quoi. Tout en retenue et en sobriété, torturée par un présent et une vie qu’elle n’a pas voulu en ressemblant trait pour trait à sa mère, Amy Adams n’a jamais été aussi vulnérable que dans ce film. Cependant il serait injuste de ne jeter qu’à elle des lauriers alors que son partenaire Jake Gyllenhaal explose et irradie dans ce film et plus précisément dans le récit fictif. Wow est le seul onomatopée qui me vient à l’esprit. Ses émotions, son visage, Jake se transcende totalement pour ce film et est brillant. Enfin on saluera également la très belle performance de Aaron Taylor-Johnson qui vient d’avoir le Golden Globes du meilleur second rôle et à juste titre, horripilant à souhait et sans scrupules, on lui filerait trois ou quatre claques.

De l’art sur grand écran

Un thriller romantique sur fond de désillusions amoureuses et de vengeances qui s’ancre avant tout dans un décor digne d’une oeuvre d’art. Outre l’art mis en avant dans le film, Tom Ford a tout fait pour que son image soit épuré. Que ce soit les tenues de Susan, sa maison, sa galerie ou encore les plans. Tout est maitrisé au millimètre près ce qui contraste avec la nature sauvage du Texas et qui représente deux états d’esprits. D’un côté Susan et son perfectionnisme et de l’autre Edward et son côté sensible.

Nocturnal Animals s’inscrit sans aucun doute dans ces films inoubliables au final percutant. Ajoutez à cela le glamour et le talent d’Amy Adams et de Jake Gyllenhall et on obtient un très très beau et bon film.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Festival de Deauville, Acte IV : « Complete Unknown »

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Deauville nous a réservé de jolies surprises cette année (ou bien c’est moi qui ai bien choisi mes films allez savoir) et Complete Unknow mérite largement sa place. Plus souvent abonné aux épisodes de séries télés qu’aux films, Joshua Marston signe ici un très bon film sur l’identité et le mensonge. Quand Tom fête son anniversaire entouré de ses amis, la soirée prend une toute autre tournure quand débarque la mystérieuse Alice qu’il semble avoir déjà côtoyé dans le passé.

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