Decision to leave : le PCW nouveau reste à quai

Un mois et quelques jours d’écarts séparent la sortie de deux films qui sur le papier sont en opposition totale, mais reflètent au fond d’eux la somme des obsessions de leur auteur. Decision to leave de Park Chan-Wook, prix de la mise en scène à Cannes 2022 d’un côté et Crimes of the future de David Cronenberg de l’autre. L’idée même d’un retour à la source de ce qui caractérise leur art, ce qui a fait leur succès et porte la marque d’un questionnement sur la pérennité d’un cinéma ambitieux et enclin à encore raconter des choses.

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Rétrospective Park Chan-Wook #4 : Espionnages en tous genres

Alors que le prochain film de Park-Chan Wook est en présentation cannoise, et s’apprête à sortir dans nos salles, nous terminons cette rétrospective avec ce qui est probablement son film le plus abouti : Mademoiselle. Récit-fleuve mettant en scène de nombreuses thématiques déjà abordées par le cinéaste, le métrage constitue un point d’orgue difficile à dépasser. Six années le séparent de la prochaine proposition, durant lesquelles Park s’est laissé tenter par le format sériel.

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Rétrospective Park Chan-Wook #3 : Vampires robotiques

Changement radical de ton ! Après les affres vengeurs mêlés d’une violence brute, et avant un retour vers une œuvre aux contours tout aussi radicaux, une pause avec Je suis un cyborg, et sa proposition plus qu’étrange, qui s’inscrit dans le cadre d’une comédie visuelle excessivement loufoque, sans oublier une discours sur fond de désespoir social.

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Rétrospective Park Chan-Wook #2 : La trilogie de la vengeance

Après Joint Security Area, on s’attaque à la fameuse trilogie de la vengeance. Parcelle la plus connue de l’auteur, qui brasse avec minutie ses thématiques : la vengeance (évidemment), la manipulation – tant pour les personnages que pour le spectateur –, mais aussi l’amour, dans son aspect le plus beau comme le plus malsain.

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Retrospective Park Chan-Wook #1 : Politique, mensonge et corps armés

Avec Park Chan-Wook, on est face à un auteur coréen connu dans nos contrées, ne serait-ce que par la renommée que l’excellent Old Boy lui a apportée à sa sortie. Violence, décadence, genres oscillant entre le conte morbide et le polar noir, sa filmographie est dense, et très intense. Son goût pour les récits alambiqués, où les pistes se brouillent et où chaque rebondissement est imprévisible fait partie de sa signature. À l’annonce de son nouveau film dans la sélection cannoise cru 2022, nous avons voulu nous plonger plus en détails sur son travail, en partant du début des années 2000 à aujourd’hui.

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[CRITIQUE] Mademoiselle : Terriblement ensorcelant

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Avec trois nominations au Festival de Cannes 2016, Mademoiselle est l’une (si ce n’est LA) sensation de cette fin d’année. La Corée dans les années 30, un manoir éloigné de toute vie où réside une riche japonaise sous la coupelle d’un oncle tyrannique. Sookee, simple servante arrive pour s’occuper d’elle mais ce qu’Hideko la jeune riche japonaise c’est que Sookee est loin d’être stupide et si elle est là ce n’est pas par hasard. En s’alliant avec un escroc, elle rêve secrètement de dérober son argent et partir loin d’ici.

Un scénario d’un magnétisme absolu

Si on devait s’arrêter à tous les détails qui font de ce film une perfection on se retrouverait avec un article aussi long que la Muraille de Chine donc on essaiera de faire bref promis. 2h25 de film. La durée pourrait en rebuter plus d’un mais après avoir vu The Strangers & Dernier Train pour Busan, je me dis que finalement avec ces Coréens, la longueur d’un film en fait peut-être une qualité. Parce que le temps passe à une vitesse phénoménale une fois que toutes les pièces du puzzle se mettent en place.

Ingénieuse idée d’avoir découpé le film en trois parties distinctes qui permettent de comprendre successivement les méandres de cette manigance finement menée par nos protagonistes. Park Chan-Wook joue habilement avec ces 2H25 pour nous offrir un scénario de qualité qui nous emporte et nous laisse aussi perplexe que confus qu’hypnotisé créant une certaine angoisse quant au vrai du faux dans cette histoire. Qui est manipulé ? Qui est le manipulateur ? Autant de rebondissements qui permettent au film de définitivement sortir du lot. C’est passionnant, c’est hypnotique, bref c’est parfait. Même l’humour a le droit à sa petite part !

Subtile et érotique

Les trois protagonistes principaux font ressortir ce qu’il y a de mieux dans ce film. Notamment cette subtile et déchirante relation entre la servante (Sookee) et Mademoiselle (Hideko) qui nous offre à deux de sublimes scènes séduisantes et érotiques à souhait sans jamais tomber dans le vulgaire. La photographie, les décors, la lumière… Rien n’est laissé au hasard si bien qu’on se retrouve immergé, embué dans cette espèce de romance subtile et déstabilisante.

Une mention spéciale à ces deux actrices Kim Min-Hee et Kim Tae-Ri qui se jettent littéralement à corps perdu dans ces rôles de composition qu’elles arrivent à sublimer. A leurs côtés, des personnages masculins présents mais plus effacés. Soit voyeurs, soit violeurs et qui, en voulant tout gagner, perdent tout au final.

Un film qui vogue entre les genres avec une aisance fascinante

Est-ce un thriller ? Est-ce un drame ? Est-ce une romance ? Mademoiselle s’inscrit dans les trois genres et arrive à les sublimer d’une manière assez remarquable si bien qu’après 2h25 de film, on en redemanderait encore et encore. Le film n’en fait jamais trop, les acteurs non plus par contre on demanderait bien à Park Chan-Wook d’en faire encore plus des chefs-d’oeuvres dans ce genre.

Le cru 2016 vient de s’enrichir encore un petit peu plus avec ce qui peut s’apparenter à l’une des claques de l’année, un chef-d’oeuvre, une pure merveille. Bref vous m’aurez compris, allez le voir !

Ma note : ★★★★★