Armageddon Time : Le temps des désillusions

Avec Armageddon Time, James Gray ne renouvelle pas son style et préfère revenir à une épure lui convenant davantage. Sa filmographie aussi courte que dense a déjà parcouru les milieux mafieux (Little Odessa, The Yards, We Own the Night), le film romantique (Two Lovers), les films historiques (The Immigrant, The Lost City of Z) et la science-fiction (Ad Astra). En diversifiant les genres cinématographiques, Gray n’a jamais changé de trajectoire de fond par une approche intime et éminemment personnelle du récit. Qu’il filme l’espace, la jungle ou les banlieues new-yorkaises, ce sont les sentiments profonds de ses personnages qu’il capte sur pellicule.

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Déjà Vu : Par-delà la mort

Fort d’une carrière redécouverte post-mortem, Tony Scott a depuis toujours divisé la critique par un style unique au sein de l’industrie hollywoodienne. Pour certains, un yes man créant de l’action décérébrée, pour d’autres un formaliste aux questionnements modernes.

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Introduction : Foi et cinéma

Sous la banalité que l’on pourrait reprocher à l’intrigue d’Introduction, s’y love une profonde douleur dans un écrin noir et blanc étonnement doux. Chacune des trois parties constituant ce métrage agrémente une émotion particulière au quotidien qu’Hong Sang-Soo filme comme des souvenirs. Aussi présent dans l’esprit qu’ils paraissent survenir d’un lointain passé.

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Spencer : Songe d’une vie passée

L’horizon, c’est sur cela que débute Spencer. Un horizon obstrué par une route. Après quelque temps, un cortège de voitures et de camions passe, recouvrant les gazouillements des oiseaux et de la nature environnante. Par ce plan fixe s’installe une ambiance mélancolique et contemplative, sublimée par la photographie de Claire Mathon (Portrait de la jeune fille en feu, Rester Vertical, …). Cette fixité se poursuit sur le plan suivant, dans la pénombre d’un garde à manger ou la lampe d’un militaire en train d’inspecter l’endroit éclaire le lieu métallique. Larraín dispose discrètement une atmosphère latente de malaise mécanique d’un lieu au pouvoir dramatique sur le récit. : La cuisine, endroit souterrain où les traumatismes les plus profonds de la protagoniste surgissent. Reflet des véritables troubles alimentaires en lien à la dépression qu’a vécue Diana Spencer dûe aux contraintes de la royauté.

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P’tit Quinquin : Pas le temps de philosopher

En 2014, Bruno Dumont réalise déjà depuis plus de 10 ans des films empreints de philosophie dans une démarche radicale autant dans son fond que sa forme. Personne ne s’attendait donc à une mini-série de sa part sur Arte et encore moins une comédie, loin des drames sérieux et psychologiquement violents auxquels il nous a habitués. Pourtant, les connaisseurs du monsieur ne seront pas si perdus puisque ce n’est ni sa méthode de travail ni sa mise en scène qui est modifiée mais seulement le genre dans lequel il travaille. Comme un peintre, il ajoute une nouvelle couleur à sa palette en l’adaptant à son cadre, celui du milieu rural de la Côte d’Opale, et à ses sujets, l’inhérente violence de l’Homme autant que sa douceur et sa sensibilité. 

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Cure : Qui es-tu ?

Loin des sentiers battus du film policier américain, les contrées japonaises ont toujours révélé une part différente aux films de genre dans des contes moraux. Kurosawa Kiyoshi en est un des grands représentants, que cela soit dans le mélodrame, le film d’horreur ou le thriller, il excelle dans sa représentation des questions philosophiques de notre quête humaine. C’est en 1997 qu’il est révélé au monde entier par ce qu’on pourrait nommer un polar métaphysique, Cure.

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Black Christmas : Sombres festivités

Avant l’Amérique de John Carpenter et sa période d’Halloween, le Canada de Bob Clark réservait un sort tout aussi funeste à une autre célébration. Abordé comme un thriller psychologique, Clark forme une ambiance asphyxiante dès les première secondes. Filmant le lieu de ce quasi huis-clos (une maison pendant la période de noël) depuis l’extérieur, cette introduction malsaine nous place étrangement dans les chaussures du meurtrier.

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El Reino : Vertige politique

Un homme, une plage et l’immensité de la mer à l’horizon. Le dos tourné, Manuel Lopez-Vidal (interprété par l’immense Antonio de la Torre) semble penser à un avenir radieux qu’il n’atteindra jamais. Cachant son visage, son bouillonnement intérieur est transmis par la mise en scène, relais sensitif de ses émotions. Musique électronique cadencée et caméra immersive suivant les déplacements du politicien à travers le décor en un plan-séquence, Sorogoyen livre son point de vue. Suivre l’homme derrière le scandale pour se focaliser sur sa quête irraisonnée, le menant inévitablement à sa chute.

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