Tanguy, le retour : Bah on s’en fout en fait (et c’est raciste)

Le premier opus Tanguy n’était déjà pas nécessaire au cinéma français mais il est clair que le deuxième opus l’est encore moins. Seize ans après avoir quitté le foyer familial, Tanguy revient plus déprimé que jamais après que sa femme l’ai quitté. Retour au bercail pour le bonhomme qui est accompagné de sa fille adolescente. Ce que les parents de Tanguy ne savent pas encore c’est que leur fils n’est clairement pas décidé à quitter le cocon familial si plaisant. La hache de guerre est déterrée… pour notre plus grand malheur.

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Mauvaises Herbes : Le cinéma français est entre de bonnes mains

Un brin éclipsé par des grosses sorties auparavant – et accessoirement la fin des vacances – (le film français « Mon Roi » qui avait dépassé les 600 000 entrées et le blockbuster « Seul sur Mars » aux deux millions d’entrées), « Nous trois ou rien » le premier film de l’humoriste Kheiron sorti en 2015 avait injustement cumulé seulement 396 000 entrées alors que sa première réalisation méritait bien quelques entrées en plus (en plus d’être méchamment snobé aux Césars par la suite). Cette année, le bonhomme est repassé devant et derrière la caméra pour son second long-métrage « Mauvaises Herbes » et on espère qu’il aura le succès escompté.

Waël, un ancien enfant des rues vit en banlieue de petites arnaques – sans grande gravité – qu’il réalise avec Monique, une femme à la retraite avec qui il a énormément d’affinités. Suite à un drôle de concours de circonstances suite à une énième arnaque, Monique retrouve Victor une ancienne connaissance qui propose à Waël de s’occuper d’un groupe de jeunes expulsés de leur établissement pour cause d’absentéisme, insolence ou même port d’arme. Une rencontre explosive entre « mauvaises herbes » qui va surtout donner naissance à une petite pépite du cinéma français.

L’exercice du premier long-métrage n’est pas facile mais Kheiron avait relevé le défi haut la main. Par contre l’exercice du second long-métrage – surtout lorsque le premier est aussi excellent – est encore plus casse-gueule donnant ainsi l’occasion de réitérer son exploit et inscrire son nom dans le futur du cinéma français ou au contraire se planter totalement. Avec Kheiron on retiendra donc la première option qui confirme donc bien ce qu’on pensait déjà il y a trois ans : le bonhomme en a sous le pied et le cinéma français peut compter sur lui pour relever le niveau de comédies actuel  (qui frôle le néant même s’il est de temps en temps sauvé par des petites merveilles comme « En Liberté ! » pour ne citer que celui-là sorti récemment). Car en seulement deux films, Kheiron nous prouve toute l’étendue de son talent déjà en tant que réalisateur, acteur mais surtout scénariste (triple casquette qu’il occupe sur ses deux films) avec un véritable sens de l’écriture emplit d’intelligence et d’humour – les dialogues de « Mauvaises Herbes » sont à tomber -. Un début de filmographie qui se veut surtout très personnel là où dans « Nous trois ou rien » Kheiron portait à l’écran l’histoire de ses parents, « Mauvaises Herbes » s’inspire de ses quelques années en tant qu’éducateur. 

Dramédie sociale qui se veut optimiste (dixit Victor Hugo en début de film : Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs.), Kheiron y incarne avec justesse et émotion un petit arnaqueur un peu en perdition alors qu’il est obligé de s’improviser éducateur pour une bande de jeunes probablement tout aussi paumés que lui. Comme dans son précédent film, « Mauvaises Herbes » rend un vibrant hommage à ces personnes du social capables du meilleur pour aider son prochain tout en mettant au premier plan cette idée d’apprentissage et de transmission d’autant plus nécessaire auprès de ces jeunes que le système rejette en bloc au lieu de les aider. Stage obligatoire pour les six jeunes, il se transformera rapidement en stage initiatique où l’on découvrira par parcimonie les problèmes et démons qu’ils rencontrent au quotidien pour mieux les déjouer et en ressortir plus grand. En parallèle le film explore habilement le passé de Waël à travers quelques flashbacks (qui nous rappelle à certains moments « Lion » avec Dev Patel) afin de mieux cerner le personnage et les épreuves qu’il a subit tout au long de sa jeunesse. 

En plus d’être entouré d’incroyables acteurs pour qui « Mauvaises Herbes » est leur première expérience au cinéma – de quoi apporter un véritable vent de fraicheur moderne -, Kheiron est accompagné de deux monstres du cinéma français : Catherine Deneuve et André Dussollier, sans oublier Alban Lenoir toujours aussi charismatique. Véritable moment d’échange, « Mauvaises Herbes » s’équilibre par des échanges que ce soit entre Waël et les jeunes, Waël et Monique ou encore Monique et Victor d’où se dessinent les prémices d’une histoire d’amour. « Mauvaises Herbes » c’est finalement un film sur le seconde chance, une seconde chance pour l’amour, une seconde chance pour la vie.

Kheiron impressione et brille par l’intelligence de ses films. Populaire sans être grossier et touchant sans être pathos, « Mauvaises Herbes » est la belle surprise de cette fin d’année et confirme le statut de réalisateur de qualité à Kheiron, de quoi nous donner envie de le revoir rapidement derrière la caméra et en espérant que cette fois les Césars ne le snobera pas (une fois mais pas deux s’il-vous-plaît.`

Mauvaises Herbes de Kheiron. Avec Kheiron, Catherine Deneuve, André Dussollier… 1h40
Sortie le 21 novembre

[CRITIQUE] A Fond : Une comédie à 100km/h

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Nicolas Benamou abandonne la bande à Fifi pour se lancer dans une nouvelle comédie déjantée en compagnie d’humoristes comme José Garcia, Caroline Vigneaux, Jérôme Commandeur ou encore Florence Foresti. Tiré d’une histoire vraie, celle de Tom, sa femme enceinte, ses deux enfants et son père qui embarque pour la route des vacances dans leur monospace tout neuf et 100% moderne. Un trajet qui n’est pas de tout repos surtout quand le régulateur de vitesse décide de faire des siennes et que la voiture soit bloquée sur l’autoroute à… 160km/h !

Habile mélange de comédie et d’action

Même si le noeud de l’action se met un peu lentement en place, une fois embarqués dans cette course folle autant dire qu’on a pas le temps de s’ennuyer. Nicolas Benamou arrive à allier comédie et action dans un espace assez restreint et sur une durée plutôt courte (les 1h30 défilent à une allure folle). Chaque acteur apporte sa touche personnelle et quel plaisir d’avoir André Dussollier, sa fraicheur et son humour font mouche dans le film avec son rôle de grand-père éternel adolescent. On oubliera pas Vincent Desagnat qui semble donc un habitué de Nicolas Benamou et qui le lui rend bien (Vincent Desagnat je t’aime) sans compter la petite apparition de Florence Foresti et Jérôme Commandeur en concessionnaire automobile sans scrupule.

Tout ce petit beau monde cohabite plutôt bien dans ce film et nous offre de belles scènes de rigolade avec notamment l’autre conducteur fou qui se met en tête de poursuivre Tom après qu’il ai littéralement arraché sa portière.

L’autre point fort de ce film est sans aucun doute sa mise en scène. Impossible de s’ennuyer tant cette situation aussi rocambolesque que dangereuse nous tient en haleine jusqu’à son dénouement. On aurait pu s’attendre à un certain ennui sachant que trois quarts du film se déroule dans la voiture mais au contraire, Nicolas Benamou arrive à nous surprendre, à nous faire rire et à parfois même nous émouvoir !

Dans A Fond, on retrouve la folie de Nicolas Benamou associé à un casting haut en couleur pour notre plus grand plaisir ! Comédie réussie !

Ma note : ★★★★