Incroyable mais vrai : Alain au pays des merveilles

Présenté à la Berlinale 2022, le dernier film de Quentin Dupieux reste dans la lignée de ces précédentes productions avec une esthétique épurée pour agrémenter une histoire folle. Après Mandibules, il revient questionner la limite entre le réel et l’absurde de nos actions, nos pensées et nos rêves d’enfant.

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Moon, 66 questions : la redécouverte de l’autre.

Peut-on réellement parvenir à connaître un parent ? C’est une question qui a dû traverser l’esprit de plusieurs personnes, justement par ce rapport qui s’établit dans ces liens familiaux bien plus compliqués qu’on ne le dit. Il y a des moments où nos parents montrent une autre image et parviennent, involontairement, à nous tendre la main pour se révéler de façon différente qu’à l’habitude. C’est ce que parvient à montrer ce  Moon, 66 questions  de façon assez émouvante.

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La femme qui s’est enfuie : sublime émancipation

La pureté cinématographique est d’une grande rareté, comme une chimère vers laquelle certains auteurs tendent désespérément sans l’atteindre. Hong Sang-Soo semble pourtant s’en être fait une habitude. Un mois après son déjà magnifique Hotel By The River – datant de 2018 mais seulement apparu sur nos écrans cet été -, et huit après son passage remarqué à la Berlinale, où il a glané l’Ours d’argent du meilleur réalisateur, il nous offre La Femme Qui S’est Enfuie, son vingt-quatrième long-métrage. Un road-movie de salon en salon, où la parole règne et l’âme se questionne.

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Ondine : conte aquatique à la fantaisie déceptive

Il est des fois où la grâce est proche, mais tout de même inatteignable, où le sublime est à portée de main sans que l’on puisse le saisir. Avec Ondine, Christian Petzold reste malheureusement dans cette catégorie d’œuvres auxquelles il ne manque pas grand-chose pour nous faire flancher. Après son passage à la Berlinale, et une récompense pour Paula Beer, son actrice principale, cette relecture de l’un des mythes germaniques les plus connus vient inonder les salles pour un résultat satisfaisant, mais pas plus.

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Effacer L’historique : Pas de pitié pour les selfies

Toujours dans leur idée de défendre les petites gens face aux enfers capitalistes, Benoît Delépine et Gustave Kervern s’attaquent à un sujet qui cette fois concerne tout le monde, sans distinction de classe sociale : le méandre du tout-technologique. Ours d’Argent à la dernière Berlinale, autant dire que le film des deux trublions du Groland est attendu comme un Messie social. Effacer L’historique se pose en constat, non sans cynisme, de l’absurdité qui nous entoure.

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À l’abordage : conte d’été

Quatre ans après Contes de juillet, film venu de nulle part, résultant d’un atelier mené par le cinéaste avec les étudiants du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, Guillaume Brac réitère l’expérience sur un vrai projet de long-métrage. À l’abordage, passé à la Berlinale, débarque donc, et apporte avec lui un vent de fraîcheur et d’été.

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Pinocchio : charmante déception

Walt Disney, Luigi Comencini, Roberto Benigni, peut-être même bientôt Guillermo Del Toro, et tant d’autres, il va sans dire que le personnage de Pinocchio crée par Carlo Collodi en 1881 est apprécié du 7ème art. Cette année c’est pourtant Matteo Garrone qui se saisit de la marionnette et essaie d’en offrir sa vision. Déjà sorti en Italie à Noël et passé par la Berlinale, il est chez nous l’une des victimes du confinement de sorte que sa porte de sortie n’est nulle autre que Prime Video, l’ayant accueilli le 4 mai dernier. L’occasion pour nous de vérifier si son réalisateur a touché du bois avant de se mettre derrière la caméra.

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Aga : La dernière famille du monde

Nanouk et Sedna sont les derniers édifices d’une tribu désormais disparus. C’est dans les contrées reculées de la Iakoutie au nord de la Sibérie que le bulgare Milko Lazarov pose sa caméra face à Nanouk et Sedna, un couple de cinquantenaire vivant à l’écart de la civilisation moderne dans leur yourte avec leur chien. D’abord film contemplatif effleurant les contours du documentaire, « Aga » crée la surprise en prenant le virage du drame dans son dernier tiers.

Caméra fixe, on observe longuement Nanouk partir chaque matin creuser la glace pour pêcher du poisson, récupérer de l’eau potable et relever les différents pièges à gibiers qu’il a installé alors que sa femme Sedna s’occupe à tisser des filets de pêche, tanne les peaux des renards des neiges que son mari a attrapé et fabrique des vêtements. Sauf que derrière cette paisible routine, Nanouk perd peu à peu la mémoire tandis que Sedna soigne comme elle peut sa plaie béante noircie sur son flanc. Dans un écrin d’une pureté quasiment irréelle où ciel et terre se confondent dans un blanc immaculé, Milko Lazarov esquisse doucement un drame portant autant sur le réchauffement climatique (la pêche n’est plus si fructueuse qu’avant, le printemps arrive plus tôt que prévu), le déchirement de la sphère familiale et des traditions familiales (Nanouk et Sedna sont en froid avec leur fille Aga qui a décidé de travailler dans l’immense mine de diamants de Mirny) que la disparition d’une civilisation (Nanouk et Sedna sont seuls au monde dans cette étendue glaciale). 

Leur seul lien avec le ‘’monde moderne’’ est lors des visites de Chena qui vient leur apporter du bois et du fuel et en profite pour donner des nouvelles de leur fille. On comprend alors que leurs liens ont été rompu lorsque cette dernière a décidé de quitter sa famille et leur mode de vie séculaire pour un travail stable. Filmé comme la dernière famille du monde, « Aga » ne fait jamais volte-face à ses problématiques sous-jacentes mais les aborde à travers une chronique familiale sensible – mais jamais pathos -, contemplative – mais jamais statique – et symbolique – mais jamais exagérée – où deux mondes s’entrechoquent – l’ancien et le nouveau – et où la bataille est malheureusement déjà perdue d’avance. 

Aga de Milko Lazarov. Avec Mikhail Aprosimov, Feodosia Ivanova… 1h32
Sortie le 21 novembre