La Prophétie de l’horloge : À la traîne

Plus connu pour sa place de choix dans le torture porn grâce à qui est né les dérangeants « Cabin Fever », « Hostel » et « Hostel 2 », Eli Roth fait une entrée en grandes pompes dans le cinéma mainstream avec sa première réalisation tournée vers un public beaucoup plus jeune avec « La Prophétie de l’horloge ». Avec ses fausses allures de « Harry Potter » – pour la magie – et « Chair de Poule » – pour le côté horrifique gentillet -, le film au casting cinq étoiles avait de quoi ravir les grands comme les petits, encore fallait-il aller au-delà du film gentillet.

Lorsque ses parents décèdent tragiquement dans un accident de voiture, Lewis part vivre chez son oncle dans une ancienne demeure bien mystérieuse. Là-bas il y fait la connaissance de sa drôle de voisine toute de violet vêtue Mme Zimmermman et une maison bien plus vivante qu’il n’y paraît et pour cause, son oncle tout comme Mme Zimmermman sont magiciens. Alors qu’un terrible danger rôde autour, le trio de choc va devoir s’armer de courage pour sauver l’humanité d’une disparition imminente.

« La Prophétie de l’horloge » est un film mignon, c’est indéniable. Les plus jeunes y trouveront leur compte mais en ce qui concerne les plus grands c’est une toute autre histoire. Eli Roth reste gentiment dans les clous de la mignonnerie avec quelques blagues par ci, par là qui ont plus le don d’énerver qu’autre chose à force, un côté horrifique qui laisse à désirer – à part quelques poupées un brin flippantes et un Kyle MacLachan latexé au possible – et une intrigue bâclée. Le scénario n’est ni fait, ni à faire. Le film sous-entend que n’importe qui peut devenir magicien avec un peu de pratique régulière sans que cette histoire soit réellement développée, sans compter celle de Mme Zimmermman au passé trouble et cette fin expédiée en deux temps trois mouvements. Et même le petit Lewis – campé par Owen Vaccaro – réussi à nous irriter l’épiderme avec son air de Caliméro. Jack Black et Cate Blanchett tiennent le film comme ils peuvent et même si leur charisme leur rend bien des services, leurs rôles sont plutôt limités. Saupoudrez le tout d’une CGI douteuse et – « à peine » – perceptible et on obtient « La Prophétie de l’horloge ». C’est mignon, c’est gentillet, ça fera sursauter le chat tout au plus et au pire les enfants s’amuseront devant avec un bon paquet de pop-corn.

Incursion dans le cinéma grand public ratée pour Eli Roth à qui il manque définitivement la sensibilité nécessaire pour toucher en plein coeur petits et grands. Reste un film sympathique dans son ensemble bien que très anecdotique.

La Prophétie de l’horloge de Eli Roth. Avec Owen Vaccaro, Jack Black, Cate Blanchett… 1h46
Sortie le 26 septembre

Carol : Une histoire passionnelle pour un duo passionnant

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Avec 3 nominations aux Golden Globes, 9 nominations aux BAFTA Awards et 6 nominations aux Oscars (dont celui de la meilleure actrice pour Cate Blanchett), Carol est le film à voir en ce moment. Porté par Cate Blanchett et Rooney Mara (vue dans Favelas et Her entre autres), Carol est l’adaptation du roman de Patricia Highsmith qui prend place dans le New-York des années 50 où Carol tombe amoureuse d’une jeune vendeuse, Thérèse alors qu’elle est coincée dans un mariage malheureux. Va s’en suivre une attirance inévitable alors qu’elles vivent dans une société qui réprimande cette histoire naissante.

Todd Haynes s’attaque au sujet de l’homosexualité alors que c’était tabou voir interdit dans les années 50. Dans une société à la mentalité étriquée, Carol et Thérèse vont tout faire pour vivre leur amour naissant. Une histoire passionnelle pour un duo passionnant. Cate Blanchett et Rooney Mara crèvent l’écran de par leur talent et de par cette énergie qui se dégage. Une réelle symbiose se crée entre elles tout au long du film. Loin des personnages caricaturaux, Carol est une mère de famille à qui tout semble réussir en surface sauf qu’on découvre petit à petit à quel point elle est malheureuse. En la personne de Thérèse, elle va retrouver une raison de vivre, une raison d’aimer alors que tout le monde l’interdit.
Le réalisateur aborde l’homosexualité avec délicatesse et justesse. L’interprétation de Cate Blanchett est au-delà de la perfection. D’une élégance sans nom et d’une simplicité incroyable. Pas étonnant qu’elle soit nommée aux Oscars tiens. Quant à Rooney Mara, c’est certainement la révélation de ce film. En jeune femme fragile qui cherche encore de nombreuses réponses, elle y trouve en Carol un point de repère alors qu’elle est opprimée par son petit-ami qui veut absolument se marier avec. Carol la poussera à donner le meilleure d’elle-même et à s’affirmer. Sans parler du final, pas un mot, juste une musique et un regard qui en dit long sur la relation fusionnel qui lie ces deux femmes.

Un film exceptionnel, délicat et touchant. Il y a une véritable sincérité qui se dégage de ce film. Pas impossible qu’il décroche quelques prix et vous le voyez arriver l’Oscars de la meilleure actrice pour Cate Blanchett ? Il arrive à grand pas.

Ma note : ♥♥♥♥♥