Velvet Buzzsaw : ceci n’est pas un film

On attendait le nouveau coup de massue post Nightcall de Dan Gilroy – on évitera d’évoquer « L’Affaire Roman J. qui est un désastre – et c’est sur Netflix qu’il est – plus ou moins – arrivé ce 1er février avec Velvet Buzzsaw. Critique amère du monde de l’art, des gens qui la font vivre et petit jeu de massacre certes prévisible mais terriblement jouissif. 

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Wildlife, Une Saison Ardente : Ma saison préférée

On connaissait Paul Dano comme acteur, un brillant acteur, mais voilà qu’avec son premier long métrage, « Wildlife : Une Saison Ardente », Dano se révèle être aussi un excellent réalisateur.

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LES FRÈRES SISTERS : Des frères en or qui cherchent de l’or

On ne présente plus le génie du cinéma français Jacques Audiard qui a obtenu la Palme d’Or pour son film « Dheepan » en 2015. Trois ans plus tard, le metteur en scène fait son grand retour et obtient logiquement le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise.

En 1850, les Frères Sisters partent à la poursuite d’un chimiste du nom de Warm, traqué par le détective John Morris.

C’est la première fois qu’il met en avant des acteurs américains, et il le fait avec brio, sans oublier que le casting est luxueux. On peut compter Joaquin Phoenix, John Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed, tous excellents. A vrai dire, les louanges sur le film sont mérités et elles pleuvent depuis ses premières projections, mais c’est extrêmement compliqué d’écrire sur un tel film, c’est de toute façon un film qui doit être vu. Jacques Audiard est au top de sa forme et livre un récit fascinant comme à son habitude, où la complexité de l’être humain dans un contexte de violence et de souffrance livre une part d’humanité.

En effet, les relations humaines sont privilégiées au décor (que l’on voit de toute manière dans tout les westerns), et c’est une initiative intéressante puisque l’on est plongé dans un premier temps au cœur de leur vie, et non pas dans un western classique où il suffit simplement de changer de décors jusqu’à arriver à un dénouement (même si bien évidemment c’est un genre codifié qui est respecté). La fraternité, dans tout les sens du terme, est le fil conducteur du récit. Les personnages sont tous différents les uns des autres, les frères ne se ressemblent en aucun cas mais on s’attache à eux malgré leur métier. Tout comme la question de la modernité qui joue un rôle majeur et novateur dans le genre, comme le concept de la brosse à dents qui est présenté, ou bien alors l’idéologie d’une société de paix développée par les deux autres personnages.

Le prix du réalisateur n’a pas été volé. Si l’écriture reste l’atout principal de Jacques Audiard, la réalisation n’en reste pas délicieuse où chaque instant pourrait être l’affiche du film. C’est surtout le travail sur la lumière qui domine le récit, avec un éclairement croissant lors de son ouverture afin de présenter les personnages petit à petit, en temps et en heure. Sa mise en scène reste créative et possède une poésie authentique, les scènes à cheval sont nombreuses et sont pourtant toujours saisissantes, notamment grâce à la bande-originale d’Alexandre Desplat qui livre une interprétation inhabituelle, loin d’un style Morricone, nous portant tout en intriguant.

« Les Frères Sisters » est un film viscéral, offrant à des hommes une parole, une pensée, et un attachement fraternel émouvant.

Les Frères Sisters de Jacques Audiard. Avec Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, John Reilly, Riz Ahmed… 2h01
Sortie le 19 septembre

[CRITIQUE] Stronger : L’esprit du « Boston Strong »

Quasiment un an après Traque à Boston qui narrait la traque des frères Tsarnaev après l’attentat du marathon de Boston en 2013, c’est toujours le même évènement qui est au coeur de Stronger mais cette fois en se plaçant du côté des victimes et d’une plus particulièrement : Jeff Bauman, une figure de ce tragique 15 avril 2013 lorsqu’un photographe immortalise le jeune homme, les deux jambes arrachées à cause de la bombe poussé par un homme au chapeau de cow-boy venu l’aider. Une photo qui a fait le tour du monde pour celui qu’on a appelé Wolverine et qui, à lui seul, représente l’esprit « Boston Strong » que la ville s’est forgée peu après l’attaque. Un homme extraordinaire auquel l’acteur Jake Gyllenhaal a prêté ses traits.

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[CRITIQUE] Life : Ne réveillez jamais un alien

Les aliens ont la côte en ce moment que ce soit Premier Contact ou le très prochain Alien : Covenant. D’ailleurs le réalisateur de Life ne s’en est jamais caché, son film s’inspire bel et bien de la saga Alien. Le schéma narratif classique du film de genre : une Station Spatiale à des milliards de kilomètres de la terre, des scientifiques et une bête mystérieuse qui se réveille et qui, pour survivre, se met à dévorer tout ce qui se trouve sur son passage. Dans l’ensemble le film fonctionne même s’il ne révolutionne pas le genre.

Un casting qui inspire la sympathie

Jake Gyllenhaal & Ryan Reynolds sont déjà à eux deux une bonne raison d’aller voir ce film au cinéma. Ici Ryan Reynolds reste fidèle à lui-même dans le rôle du joyeux luron, toujours de bonne humeur et prêt à faire rire ses petits camarades. La meilleure prestation est celle de Jake Gyllenhaal ainsi que Rebecca Ferguson qui obtient enfin une tête d’affiche après avoir joué notamment dans La Fille du train ou encore Florence Foster Jenkins.

Cependant le casting ici a un rôle très secondaire puisque il s’agit avant tout de l’alien, sujet de terreur au sein de la Station Spatiale. D’abord cellule recueillie dans le sol de Mars, elle devient petit à petit ce monstre assoiffé de sang, pouvant se faufiler partout à une allure folle et qui pour survivre n’hésite pas à tuer tout comme pourrait faire l’homme. Parce que malgré son origine inconnue, cette bête a des caractéristiques humaines et notamment celle de la survie. Donner sa vie pour laisser les autres une chance de vivre ? Tuer pour survivre ? Se faire tuer ? Autant de questions sur la condition humaines qu’aborde le film de manière cependant légère puisque là il s’agit bien d’une traque. L’homme qui traque la bête ou bien même l’inverse allez savoir. Esthétiquement on est très loin des aliens rebutants qu’on connait ce qui contraste assez avec sa nature sauvage. Ce monstre est assez esthétique, d’ailleurs le film joue plus sur l’esthétisme que sur le fond réellement.

Un film très prévoyant

Cependant ce qui pêche fortement dans Life c’est sa prévisibilité de A à Z. Certes on est loin du film aux rebondissements et aux cliffhangers à foison il n’empêche qu’on peut écrire le film soi-même tant toutes les actions sont prévisibles. Cependant il n’empêche que ça reste efficace bien que simpliste. Tout se joue alors sur le confinement, la sensation d’étouffement que dégage le film. Totalement filmé en apesanteur (ce qui est rare pour ce genre de film), le film donne rapidement le tourni si bien qu’on ne sait jamais d’où peut arriver la menace. Les très rares sorties dans l’espace renforcent encore plus ce sentiment d’enfermement qui atteint son paroxysme à la fin dans les capsules de secours.

Sans atteindre les esthétiques d’un Gravity ou d’un Alien, Life réussit le pari d’un bon divertissement sans prise de tête un brin anxiogène qui nous conforte surtout dans une chose : les aliens comme les humains détestent être réveillés de force.

[CRITIQUE] Nocturnal Animals : Un thriller hypnotisant

Tom Ford a tout d’un grand réalisateur, d’un très grand réalisateur même. Parce que Nocturnal Animals est loin d’être un simple drame, c’est une oeuvre d’art au sens propre comme au sens figuré si bien que les heures défilent comme des secondes et que cette fin a de quoi nous laisser… sur notre faim mais c’est tout ce qui fait son charme.

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Trois histoires se chevauchent dans ce drame passionnel. D’abord le présent avec Susan, une femme à la beauté renversante tenant une galerie d’art qui semble fonctionner à merveille malheureusement son couple bat de l’aile, son mari la trompe et Susan se sent désespérément seule quand un jour elle reçoit le manuscrit d’Edward, son ex-mari et son premier amour qui lui dédie son livre « Nocturnal Animals ». En commençant à le lire, la seconde histoire débute, une histoire fictive où Edward est le héros et où il se venge après la mort de sa femme et sa fille. Tout au long de sa lecture, Susan va alors se remémorer son histoire d’amour avec Edward et ce qui a mené sa perte, la troisième histoire.

Un enchevêtrement malin

Trois histoires distinctes pour finalement une seule et même personne. Susan qui se retrouve au coeur de son histoire d’amour passée, son malheureux présent et cette fiction qui semble la bouleverser au plus haut point. D’ailleurs la ressemblance entre Susan et Laura, la femme dans la fiction, est loin d’être anodine. Tom Ford aurait pu se perdre dans ce dédale d’histoires et de sauts d’un récit à un autre mais l’enchevêtrement malin et la psychanalyse qui en résulte s’avère efficace, si bien que quelques minutes après le final il vous faudra probablement une petite réflexion sur le pourquoi du comment. Difficile d’en dévoiler plus sans spoiler le film mais une chose est sûre, vous cogiterez encore dessus.

Jake Gyllenhaal comme jamais

En parlant de Nocturnal Animals, on ne peut s’empêcher de parler de la sublime interprétation et il y a de quoi. Tout en retenue et en sobriété, torturée par un présent et une vie qu’elle n’a pas voulu en ressemblant trait pour trait à sa mère, Amy Adams n’a jamais été aussi vulnérable que dans ce film. Cependant il serait injuste de ne jeter qu’à elle des lauriers alors que son partenaire Jake Gyllenhaal explose et irradie dans ce film et plus précisément dans le récit fictif. Wow est le seul onomatopée qui me vient à l’esprit. Ses émotions, son visage, Jake se transcende totalement pour ce film et est brillant. Enfin on saluera également la très belle performance de Aaron Taylor-Johnson qui vient d’avoir le Golden Globes du meilleur second rôle et à juste titre, horripilant à souhait et sans scrupules, on lui filerait trois ou quatre claques.

De l’art sur grand écran

Un thriller romantique sur fond de désillusions amoureuses et de vengeances qui s’ancre avant tout dans un décor digne d’une oeuvre d’art. Outre l’art mis en avant dans le film, Tom Ford a tout fait pour que son image soit épuré. Que ce soit les tenues de Susan, sa maison, sa galerie ou encore les plans. Tout est maitrisé au millimètre près ce qui contraste avec la nature sauvage du Texas et qui représente deux états d’esprits. D’un côté Susan et son perfectionnisme et de l’autre Edward et son côté sensible.

Nocturnal Animals s’inscrit sans aucun doute dans ces films inoubliables au final percutant. Ajoutez à cela le glamour et le talent d’Amy Adams et de Jake Gyllenhall et on obtient un très très beau et bon film.

Ma note : ★★★★

Prisoners (2013)

Poster-PrisonersRéalisé par : Denis Villeneuve (Incendies)
Avec : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis…
Genre : Thriller

Le Spitch : Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

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