L’année du requin : Plouf et flop

Lorsque nous découvrons Teddy, nous avons, en plus de la confirmation du talent des frères Boukherma après Willy 1er, l’envie de faire connaître un film de genre qui peut tant convenir aux amateur·ices de niche, qu’à un grand public friand de sensations fortes sans que l’on n’en fasse trop. Graphique mais conservant une tonalité humoristique, le film de loup-garou et sa chronique sociale laisse présager du meilleur pour la suite de la carrière des frangins. La suite, on en entend rapidement parler avec L’année du requin, qui veut pour l’occasion autant flirtouiller avec le film de gros monstre assoiffé de jambes de touristes qu’à la comédie franchouillarde, évidemment détournée par un humour loin d’être évident. Si les éléments sont bien présents et que l’on reconnait dès les premiers instants le style des Boukherma, la recette a bien plus de mal à prendre.

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As Bestas : Acculturation paysanne

À tout juste 40 ans, Rodrigo Sorogoyen est un auteur-réalisateur important en Espagne. Après l’énorme succès critique d’El Reino en 2018 (7 Goya dont meilleur réalisateur) et le semi-échec de Madre en 2020 (malgré une séquence d’ouverture poignante), il vient présenter son premier film au Festival de Cannes 2022. Cette fois-ci, il questionne notre rapport à la ruralité, à l’intégration et au collectif avec l’arrivée de ces deux français dans une commune reculée et sinistrée en Espagne. Un résultat anxiogène souhaité par son réalisateur mais avec certains manques.

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La Fracture : Chaos contemporain

Après le touchant Un amour impossible en 2019, Catherine Corsini revient pour questionner nos divisions sociales avec La Fracture. Un regard engagé sur des blessures passées et actuelles mais de manière trop didactique.

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Barbaque : Comédie saignante

Terme populaire utilisé pour parler de viande de mauvaise qualité, la barbaque est un mot violent de par sa prononciation. Certes peu subtil, Barbaque essaie de nous faire comprendre à travers son titre qu’il ne sera pas aimable avec le spectateur. Fabrice Éboué lui-même n’est pas connu pour être un humoriste au ton doux et bienveillant. L’acidité de ses sketches donne en général au personnage un public assez divisé. Il n’en est pas à son premier film, et entre Case Départ et Co-Exister, il a eu le temps et l’expérience pour installer sa désinvolture à travers ses dernières comédies. On devrait par conséquent y retrouver un film plus abouti. Est-ce vraiment le cas?

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Ils sont vivants : D’amour et d’eau salée

Lorsque Marina Foïs lit le livre de Béatrice Huret Calais mon amour, l’envie de le voir adapté la transcende, volonté dont elle fait part à Jérémie Elkaïm, à la recherche du sujet de son premier long. Quelques remaniements pour que le réalisateur s’approprie l’histoire plus tard, Ils sont vivants voit le jour, avec l’actrice dans le rôle. À l’instar de l’ouvrage, le film occulte, peut-être un peu trop, son sujet de fond, la crise migratoire, pour se concentrer sur une histoire d’amour qui tente, avec réussite par moments, de s’inscrire avec un grand A. Un entre-deux qui parvient à toucher, malgré de trop nombreuses maladresses.

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Énorme : il a fait un bébé tout seul

Sophie Letourneur revient en fanfare six ans après la sortie de Gaby Baby Doll avec un film à l’affiche et à la bande annonce proches de la comédie populaire peu enlevée. À la lecture du pitch, cela devient même perturbant…

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