[CRITIQUE] Dans la brume : Paris embrumé, pari osé

Après Paris zombifié dans La nuit a dévoré le monde, nous voilà désormais dans un Paris embrumé avec Dans la brume de Daniel Roby qui réalise là son quatrième long-métrage. Film catastrophe sur fond d’étrange brume mortelle qui a envahit la capitale, obligeant les habitants à se réfugier en hauteur pour éviter une mort certaine. Au coeur de ce Paris apocalyptique, Matthieu et Anna vont tout faire pour sauver leur fille Sarah coincée dans cette brume – mais protégée par une bulle à cause d’une maladie rare -. Lire la suite de « [CRITIQUE] Dans la brume : Paris embrumé, pari osé »

[CRITIQUE] Cessez-Le-Feu : Un premier film brillant

Pour son premier long-métrage, Emmanuel Courcol a puisé dans ses souvenirs personnels et notamment son grand-père qui a fait la guerre de 14. Ici exit les reconstitutions des scènes de bataille sanguinolentes, on préfère s’attarder sur ces rescapés de guerre, ces traumatisés qui sont obligés, un peu malgré eux, à se réintégrer dans une société qui a avancé. En plein coeur des Années Folles, Georges et son frère Marcel sont deux traumatisés de la guerre de 14. L’un est devenu muet tandis que l’autre s’est exilé pendant quatre ans en Afrique mais reste marqué à jamais. A son retour, il fait la connaissance de la professeur de langue des signes de son frère, Hélène avec qui il va se lancer dans une relation compliquée.

Un trio diablement efficace

Romain Duris, Céline Sallette et Grégory Gadebois portent à eux trois à bout de bras ce film et y apportent la juste émotion qu’il faut. A chacun sa façon de gérer ce traumatisme entre Georges qui a perdu un de ses frères sur le Front et un ami en Afrique, Hélène dont le mari n’est jamais revenu indemne de la guerre et Marcel, devenu muet et qui retrouve petit à petit goût à la vie grâce à la jeune et pétillante Madeleine. Grégory Gadebois éblouit littéralement dans ce rôle où toutes ses émotions passent par le regard et le sourire. Son imposante corpulence balance totalement avec son mutisme et cette pudeur qui dégage de son personnage. Un très très beau personnage et un très très beau rôle pour Grégory.

Doublement à l’affiche en ce moment avec aussi Corporate, Céline Sallette joue également l’émotion, la beauté et la douceur. C’est aussi un autre point de vue de la guerre et de ses conséquences. Femme de soldat, elle fait partie de ces dommages collatéraux et même si elle l’a côtoyé de près, elle ne peut comprendre le traumatisme vécu par ces soldats même si elle en subit aujourd’hui les conséquences. Et enfin Romain Duris qui comme souvent excelle. Au revoir la douceur qu’on lui a trouvé dans La Confession et bonjour l’homme à la carapace de fer, traumatisé par la mort de son frère et de son ami, se barricadant derrière cette froideur de peur d’avancer dans ce monde. L’acteur rend fièrement hommage à ces traumatisés de guerre, purement et simplement, sans artifices.

Cessez-Le-Feu rentre dans les lignes et y restent jusqu’à la fin sans jamais déborder, sans jamais oser mais dessert noblement le sujet. C’est propre et ça fait plaisir à voir. La mise en scène est efficace notamment le très joli plan-séquence dans les tranchées où ressortent la tension, la peur et l’horreur de la guerre sans tomber dans la pure reconstruction historique.

Emmanuel Courcol offre un premier film très réussi, engagé, rendant fièrement hommage à ces rescapés de la guerre, à ces abimés de la vie qui doivent réapprendre à vivre et à cohabiter avec leurs démons. Un film sensible et beau au casting tout simplement époustouflant.

[CRITIQUE] La Confession : Une histoire d’amour intemporelle

Vu en avant-première la semaine dernière, La Confession a de quoi vous séduire entre un casting idéal, un Romain Duris aussi charmeur qu’espiègle et surtout une belle histoire d’amour aussi impossible qu’intemporelle. En pleine Occupation dans une petite ville française, Barny, militante communiste dont le mari est retenu prisonnier en Allemagne vient défier le nouveau prêtre de l’Eglise qui l’agace au plus haut point tant par sa beauté que par son intelligence et sa répartie. Commence alors entre eux un bras de fer qui deviendra vite dangereux.

De puissantes joutes verbales

Rarement des dialogues auront autant raisonné si fortement. Le film ne se veut pas donneur de leçon envers telle ou telle religion mais pose au contraire de vraies questions qui peuvent tous nous pousser à une certaine réflexion quant à cette notion de « Dieu ». Toute la première partie du film s’articule autour de ce duo Romain Duris/Marine Vacth avec des dialogues aux piques acerbes, parfois justes, parfois drôles mais toujours efficaces. D’ailleurs La Confession n’est pas totalement un film dramatique, certains aspects de cette relation ambigüe apporte rires et légèreté dans une période de l’histoire rude. Le plus bel exemple est lorsque Barny se confronte pour la première fois au prêtre Léon Morin. Loin d’être déstabilisée, Barny représente également la femme libre de ses choix et de ses convictions.

Une vraie belle image se dégage également de ce film, une image presque « religieuse ». Quelque chose de calme s’offre à nous, des décors épurés, des silences… comme pour contredire l’environnement bruyant et dangereux qui entoure nos protagonistes. De magnifiques jeux de lumière viennent sublimer un peu plus leurs visages.

Un duo explosif

Quel duo que forment Romain Duris et Marine Vacth ! Drôle et irrésistible, ils nous entraînent petit à petit dans leur relation aussi dangereuse qu’ambigüe. Romain Duris énerve, nous fait rire, nous fait parfois pleurer et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on aurait tous voulu l’avoir comme professeur de catéchisme. Cependant celle qui brille vraiment dans ce film c’est Marine Vacth, avec ce visage de poupée parfait on y lit ses doutes, ses craintes mais aussi son soulagement quand le prêtre Morin la guide sur le chemin de la foi. Un très très beau duo qui fonctionne à merveille à l’écran et qu’on est loin d’oublier tant ils nous auront parfois bien fait rire.

Nicolas Boukhrief réalise certainement là l’un de ses meilleurs et de ses plus beaux films. Evoquant l’amour à travers la foi (ou l’inverse allez savoir), La Confession est un film beau et sincère.