Shazam ! : DCEU est-ce bien toi ?

Il y avait bien longtemps qu’un film DC ne nous avait pas autant hypé (à vrai dire… probablement jamais) et honnêtement ce n’est certainement pas après Aquaman que le DCEU avait réussi à nous rassurer… loin de là. On commençait quand même à désespérer surtout quand la machine Marvel juste en face écrase un peu tout sur son passage (malgré la qualité toute relative de ses films) et à la vue de sa bande-annonce, Shazam ! s’avérait plus que prometteur. Alors DCEU, promesse tenue ?

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Captain Marvel : le dernier né de Marvel Studio est une belle réussite

Ryan Fleck et Anna Boden ne sont pas des professionnels. Relativement inconnus au bataillon ils sont pourtant chargés de réaliser Captain Marvel, le premier opus du Marvel Cinematic Universe entièrement centré sur un personnage féminin. Carole Danvers est la nouvelle super-héroïne de l’écurie Marvel à rejoindre le MCU, prête à mettre la pâté à Thanos dans le prochain Avengers. Mais alors que vaut ce tour de chauffe ?

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Assassination Nation : Privé, vous avez dit privé ?

Est-ce que le concept de vie privé est encore valable en 2018 ? À l’heure où nous passons notre vie le nez collé à notre téléphone portable, où l’on connaît plus les hashtags en tendance que ce qui se passe dans le monde, où l’échange verbal s’est transformé en sms et où paraître est bien plus important qu’être, « Assassination Nation » tombe à pic et est loin de prendre des pincettes. Alors que se passe-t-il lorsque une petite bourgade se retrouve victime d’un hacker et que tous les mails, photos, vidéos et messages se retrouvent en ligne à la portée de tous ? Le véritable visage de notre société se dévoile et franchement c’est pas beau à voir.

Avec une carrière plutôt discrète commencée en 2011 avec le très sympathique (et déjà irrévérencieux) « Another Happy Day », Sam Levinson n’a été aperçu qu’en 2009 en tant qu’acteur dans « Stoic » et scénariste de « The Wizard of lies » l’année dernière avant de revenir en force en cette fin d’année avec son second long-métrage « Assassination Nation ». Rendez-vous dans la ville de Salem – le choix est loin d’être anodin et on le comprendra assez rapidement – où l’on suit les tribulations de Lily et ses meilleurs amies Bex, Em et Sarah alors qu’elles doivent échapper à toute une ville qui ne souhaite qu’une seule chose : leur mort alors qu’ils sont certains que Lily est la hackeuse qui a posté sur le net toutes les informations privées de la ville. Véritable chasse aux sorcières version 2018, « Assassination Nation » reprend les éléments qui avaient conduit à l’exécution d’une vingtaine d’habitants de Salem il y a 326 ans – dénonciation, calomnie, mensonges et violence exacerbées – pour les réintroduire dans un contexte beaucoup plus moderne où la technologie a pris le pas et que le concept de vie privée ne tient plus qu’à un fil. 

Les habitants découvrent que leur maire a de drôles de tendances sexuelles, que leur mari n’est peut-être pas celui pour qui il se fait passer et que la gentille fille qu’ils avaient élevé dans la traduction catholique n’est pas aussi prude que ça…

Mais au-delà de ce petit jeu morbide pour découvrir qui a fait ça et connaître les secrets les mieux gardés de ses voisins, Sam Levinson pose un regard intelligent et soulève de vraies questions dans une société où tout repose sur le paraître et où n’importe quelle photo, vidéo ou parole peut-être mal interprétée. Le proviseur du lycée est-il réellement pédophile parce qu’il a une photo de sa fille nue à six ans alors que certains parents affichent fièrement sur leur cheminée une photo de leur propre fille nue lorsqu’elle était petite ? 

En parallèle de ces réseaux sociaux qui dirige notre quotidien, le réalisateur fait surtout – et avant tout – un portrait de jeunes filles à l’aube d’être des femmes coincées dans un patriarcat encore malheureusement bien présent que ce soit du regard du père ou du petit-ami ou de n’importe quelle force masculine supérieure toujours prête à dicter aux femmes ce qu’elles doivent dire ou penser, encore plus dans une société sur-sexualisée par notamment ces dits réseaux sociaux. Inspiré par les « Subekan », Sam Levinson ne lésine pas sur la violence accrue et l’hémoglobine autant pour choquer que pour faire prendre conscience du monde dans lequel on vit, dans lequel les coups ont remplacé la parole. Véritables héroïnes badass, Lily, Em, Bex et Sarah sont des ambassadrices de choc pour les mouvements #MeToo… avec une furieuse envie de s’en sortir et de se dégager de la vision patriarcale imposée par la société. Elles sont ce qu’elles sont, elles le revendique haut et fort et nous on ne peut qu’applaudir. 

Visuellement, Sam Levinson nous offre un plaidoyer pop, coloré et absolument surexcité, miroir de notre monde actuel et même si le réalisateur veut nous proposer un constat de la société américaine, force est de constater que « Assassination Nation » se fait surtout le miroir d’un monde régit par la force du net, quitte à ce qu’on en perde notre propre capacité de réflexion.

Assassination Nation de Sam Levinson. Avec Odessa Young, Suki Waterhouse, Hari Nef… 1h48
Sortie le 5 décembre

The Predator : Même pas peur

Après une promo extrêmement compliquée – et encore le mot est faible – où la courageuse Olivia Munn était bien seule face aux journalistes après que le casting masculin ai déserté (ainsi que leur réalisateur Shane Black) les caméras suite aux révélations concernant Steven Wilder Siegel, ami de longue date du réalisateur, qui avait une petite scène avec l’actrice et qui avait été condamné en 2010 à six mois de prison pour atteinte sur mineure. Une révélation qui fait l’effet d’une bombe alors qu’Olivia Munn prend la parole et que ses collègues se terrent dans un silence alarmant (Shane Black a depuis fait un mea culpa sur Twitter histoire de calmer un peu le jeu). Ajoutez à cela des reshoots de dernière minute et honnêtement le Predator de Shane Black ne part pas gagnant d’emblée. 

Alors qu’un prédateur est pris en chasse par ses congénères, il atterrit en catastrophe sur notre bonne vieille planète Terre alors qu’à quelques mètres de là le tireur d’élite Quinn McKenna mène une mission de sauvetage avec son unité. Alors qu’ils se font tous décimés par la créature, McKenna réussit à s’en sortir et s’empare du Predator ainsi qu’une de ses manchettes qu’il envoie chez lui en pensant qu’ils seront en sécurité. Afin d’étouffer au mieux cette affaire, McKenna est déclaré instable mentalement et enfermé dans le Groupe 2 aka l’élite des ex-soldats qui n’ont plus toute leur tête. Pendant ce temps, le prédateur qui a été capturé est examiné par le Dr Casey Brackett et – sans surprise – la bête se réveille et massacre à peu près tout le monde sur son passage, bien décidée à retrouver son masque et la partie manquante de son armure sauf qu’entre temps le fils de McKenna a ouvert le colis et s’est mis à jouer avec le masque du Predator ce qui fait de lui désormais la cible n°1 du monstre. Accompagné de ces ex-soldats un peu loufoques et de la scientifique, ils vont devoir arrêter non pas un… mais deux prédateurs.

Beaucoup d’informations hein ? Trop même. Et pourtant on sent à quel point Shane Black – accompagné de Fred Dekker au scénario – a envie d’insuffler quelque chose de nouveau dans ce reboot/sequel/onsaitpastropenfait avec de nouveaux enjeux, de nouveaux méchants et surtout une jolie pléiade de personnages (qui sont finalement les seuls « atouts » du film). Et pourtant la première partie du film se tient plutôt correctement même si clairement la force première de Shane Black est l’écriture de ses personnages, moins le maniement de la caméra dans ce film où le prédateur perd toute sa dimension monstrueuse pour finalement être filmée comme une personne lambda, de la force en plus. Non c’est clairement cette galerie de personnages plus bizarres les uns que les autres qui permettent au spectateur de s’attacher au film et notamment la scène où le docteur Casey Brackett fait connaissance avec ces joyeux lurons qui ont chacun leurs tocs et leurs traumatismes mais qui ne manquent ni de répondant ni d’humour noir. Sauf qu’une fois cette première partie du film passée, cette jolie bande doit s’attaquer à un plus gros morceau, du genre super-Predator. D’ailleurs lorsque le très gros prédateur entre en scène nous retrouvons une nouvelle fois le problème de représentation de cette créature censée instaurer la peur et dont les rugissements nous font à peine frémir. De quoi par ailleurs esquisser (trop) légèrement les ambitions de ces aliens et ce dont ils sont capables pour bifurquer sur une seconde partie complètement ratée.

Outre un manque toujours flagrant de mise en scène et des scènes de combats humains VS gros Predator filmées dans la pénombre si bien qu’au bout d’un moment on ne sait même plus qui tire sur qui et qui meurt quand à cause de qui, le scénario de cette seconde partie patauge complètement pour qu’on finisse par oublier les tenants et les aboutissants de cette traque extraterrestre jusqu’à une dernière scène – possiblement – annonciatrice d’une suite (et franchement on est moyennement convaincu sur ce coup-là). Quant à ce qui faisait le charme du film – aka ses personnages – ils finissent sacrifier sans qu’ils aient eu le temps de développer leur background et se forger une véritable raison de se lancer dans cette mission kamikaze sans compter la soi-disante caution féminine incarnée par Olivia Munn qui brandit un panneau où il est inscrit en Arial Black taille 180 : « Regardez je suis une nana badass qui a besoin de personne pour zigouiller des extraterrestres ! ».

Shane Black avait les talents et les éléments en main pour donner un nouveau souffle à une saga qui en avait besoin mais force est de constater que le film, malgré une première partie plutôt solide, se casse royalement la gueule dans sa seconde moitié pour nous laisser plus que mitigés par le résultat. 

The Predator de Shane Black. Avec Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn… 1h47
Sortie le 17 octobre

First Man : Un nouveau pas pour Damien Chazelle

L’une de nos plus grosses attentes en cette fin d’année était forcément celle-là. Celui qui a fait une véritable razzia à la dernière cérémonie des Oscars avec sa brillante comédie musicale « La La Land » est de retour en cette fin d’année avec un tout nouveau projet aussi ambitieux qu’il est à mille lieux de son domaine de prédilection dans lequel on avait l’habitude de le voir oeuvrer – avec brio qui plus est – (« Whiplash », « La La Land »). « First Man » se veut le portrait d’un homme dont le nom est connu sur toutes les lèvres : Neil Armstrong; le premier homme a avoir posé le pied sur la Lune. Récit d’un véritable parcours du combattant pour réussir cet exploit autant sur le plan technique que psychologique. Et pour ce retour en fanfare, Damien Chazelle a décidé de refaire équipe – et quelle équipe – avec Ryan Gosling dans le rôle-titre. Bref, toutes les planètes étaient alignées pour faire de « First Man » la petite claque de cette fin d’année.

 

L’homme avant l’astronaute 

Pendant près de huit ans, Neil Armstrong suit un entraînement intensif pour finalement toucher la Lune du bout des doigts mais cette vie désormais dédier à cette seule et unique mission n’est pas sans répercussion sur sa vie de famille. Une vie d’ailleurs jonchée par des obstacles que le bonhomme n’a jamais totalement réussi à surmonter – et notamment la mort de sa fille -. Loin d’en faire un biopic sur l’astronaute, Damien Chazelle prend le parti de faire un portrait d’homme avant tout. Un mari, un père, un ami, que la vie n’a absolument pas épargné. « First Man » virevolte entre les entraînements et les apartés avec sa famille et ses coéquipiers devenus des amis au fil du temps. Malgré quelques passages plus faibles – autant rythmiquement que scénaristiquement – lors que Chazelle évoque sa vie personnelle, le film réussi à donner une vraie épaisseur au personnage de Neil Armstrong. Avec son visage mutique qui avait déjà fait son effet notamment dans « Only God Forgives », Ryan Gosling est taillé pour ce rôle, n’hésitant pas à montrer ses failles; en témoigne l’une des dernières scènes lorsqu’il se trouve sur la Lune. 

Laissant ainsi de côté la figure héroïque du bonhomme, « First Man » s’apparente avant tout à un vibrant portrait d’homme prêt à tout pour que cette mission réussisse. Mais à quel prix ? 

La question se pose d’ailleurs en filigrane durant la seconde partie du film alors que les échecs – et accessoirement les morts – s’accumulent et que la population commence à se demander -légitimement – où part tout cet argent et surtout, ne pourrait-il pas être plus utile ailleurs ?

Ryan Gosling est fabuleux – comme à son habitude – mais celle qui tient le reste du film c’est bel et bien Claire Foy. Femme dévouée et aimante, celle qui aspirait à une vie normale voit son mari petit à petit lui glisser entre les doigts alors qu’il est de plus en plus obnubilé par cette mission. La caméra de Chazelle sublime son visage tiré par la fatigue, les épreuves de la vie et cette peur constante de perdre son mari. Absolument splendide et tout en retenue. 

 

Le prodige de la caméra

À croire que Damien Chazelle a un véritable talent pour les scènes d’ouverture. Comment oublier cette fameuse – et bientôt mythique – scène d’ouverture de son « La La Land » tout en légèreté et plan séquence qui nous donnait envie de virevolter en robe jaune sous le soleil de Los Angeles ? Changement de registre pour « First Man » mais une scène d’ouverture tout aussi exceptionnelle. Cinq minutes d’une intensité à en faire frémir plus d’un. Caméra au plus près de Gosling, quasiment étouffée dans cet espace confiné quitte à ne voir quasiment jamais un bout d’espace, Damien Chazelle prend le pari – un poil couillu – de ne pas filmer le grandiose (ce à quoi le film tendait forcément aux premiers abords) pour se concentrer sur un cadre beaucoup plus intimiste. Un cadre qui vire aux scènes étouffantes et anxiogènes au possible lorsque Chazelle filme Gosling emprisonné dans son vaisseau que ce soit lors des différentes phases de test ou lors du voyage vers la Lune. Emprisonnant à la fois son personnage et le spectateur dans cette bulle fragile – la mort rôde à tout instant -, le film grimpe en tension jusqu’à atteindre des sommets, nous ôtant toute possibilité de respirer. La gravité a disparu a l’écran, elle n’est également plus présente dans la salle. À l’image de « Gravity », Chazelle sait imposer les silences quand il le faut mais il faut dire qu’il sait utiliser la musique quand il le faut aussi. Et il faut dire que quand on a au score un certain Justin Hurwitz qui avait déjà fait des merveilles dans « La La Land ». Décidément on tient là une équipe gagnante.

Pas forcément parfait dans toute sa longueur – quelques passages creux qui auraient pu être évités -, « force est de constater que Damien Chazelle réussi son nouveau pari haut la main en faisant de « First Man » un biopic aussi anxiogène qu’il est intimiste et profondément touchant dans son portrait d’un homme bien avant d’être un héros – si tenté qu’il en ai conscience -.

First Man de Damien Chazelle. Avec Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke… 2h22
Sortie le 17 octobre

Frères Ennemis : La mélodie des quartiers pauvres

Depuis quelques années, David Oelhoffen semble vouloir chambouler les productions hexagonales. Après avoir scénarisé « L’affaire SK1 » en 2013, et réalisé en 2014 « Loin des hommes » (adapté d’une nouvelle d’Albert Camus) , le réalisateur sort « Frères ennemis », son troisième long métrage. Loin des clichés, le film raconte l’histoire de dealers et de flics ordinaires, porté par un casting remarquable. 

Driss, incarné par Reda Kateb, est un agent de la brigade des Stups, plutôt solitaire. Pour faire tomber des trafiquants, il utilise Imrane, ami d’enfance lui même trafiquant. Lors d’un deal qui devait lui rapporter gros, Imrane se fait tuer. Manuel, le seul rescapé de l’attaque et associé du défunt se retrouve accusé d’avoir commandité l’assassinat et de cacher la drogue pour son profit personnel. Afin de se laver de tout soupçon, il va devoir faire confiance à Driss, et l’aider à mener l’enquête. Le flic rongé par la culpabilité, va tenter de s’acquitter de la dette morale qu’il a envers ses anciens amis. 

David Oelhoffen se défend d’avoir fait un film naturaliste. Pourtant il se dégage un sentiment de réalisme cru dans la plupart des scènes. La caméra portée filme les acteurs au plus près, évoluant dans des décors criant d’authenticité. Lors de la scène de retrouvailles devant la prison, on est au cœur de cette réunion de famille, avec les personnages, sous la grisaille. Ce ciel gris et bas qui recouvrira  la totalité du long métrage. Loin d’un romantisme flamboyant, le film dépeint la vie de petits dealers, entre peur et attente. On est surpris de voir Imrane et Manuel se comporter comme des pères aimants, doux, aux antipodes des voyous qu’on nous présente d’habitude. L’intrigue se passe essentiellement de l’autre côté du périphérique, ne montrant Paris qu’en de rares occasions. Flics et malfrats n’habitent pas des lofts stylisés ou des appartements haussemaniens, mais des logements modestes dans des HLM. Les personnages ont vécu dans la même cité, sont du même milieu social. Leur passé est commun, seule la morale les différencie. 

Dès le premier plan, le cadre est posé. Reda Kateb regarde par la fenêtre, l’air distant. Derrière lui, des hommes casqués, en gilet par balles montent les escaliers, arme au poing. Le décalage est frappant. Driss n’est pas à sa place. Et durant tout le film, le personnage n’aura de cesse d’essayer de la retrouver. Car le cœur du récit est là, « Frères Ennemis » raconte l’histoire de quelqu’un qui rentre chez lui. Mais contrairement à Ulysse, le voyage sera tout sauf beau et heureux. C’est rongé par la culpabilité que Driss se met en quête d’un foyer perdu. La filiation, l’entraide de deux personnages que tout semble opposer, David Oelhoffen creuse ici des thèmes qui lui sont chers. Mais cette étude de personnages s’avère un poil décevante, la faute à un manque d’éléments permettant d’appréhender la fracture entre Driss et Manuel. Leur amitié passée est évoquée sans jamais être approfondie. Mais on ne va pas bouder notre plaisir de voir Reda Kateb et Matthias Schoenaerts se donner la réplique. Notons aussi que c’est la première apparition au cinéma du rappeur Fianso, de son vrai nom Sofiane Zermani, et qu’on espère revoir bientôt tant son jeu est naturel. 

Avec ces personnages tout en nuances de gris, David Oelhoffen expose la fragilité de la famille qu’on se choisit, celle des amis, et montre qu’elle aussi, peut être dysfonctionnelle. Malgré la petite déception en sortant de la salle, et au regard de ses futurs projets, on ne peut qu’espérer une carrière brillante pour ce réalisateur qui se fait une place de choix dans un cinéma français de plus en plus prompt à offrir des choses nouvelles. 

Frères Ennemis de David Oelhoffen. Avec Matthias Schoenaerts, Reda Kateb, Sabrina Ouazani… 1h51
Sortie le 3 octobre

Venom : Trop aseptisé pour être efficace

Il était loin de faire l’unanimité chez nos confrères américains, force est de constater que « Venom » subira également le même sort de par chez nous. Car même si les droits du tisseur de toile appartiennent désormais à Marvel/Disney, Sony sort de sa besace l’un des ennemis de Spider-Man déjà aperçu dans le « Spider-Man 3 » de Sam Raimi aka Venom/Eddie Brock. Et parce que Sony est une jolie machine à business qui compte bien amasser du billets verts, bye bye le Rated R espéré par certains – il faut dire que le personnage avait le potentiel pour – et bonjour le PG-13 – tout public chez nous -. Loin d’être une grande surprise, le « Venom » de Ruben Fleischer (« Bienvenue à Zombieland », « Gangster Squad ») n’est pas un « désastre » (même s’il s’en rapproche dangereusement) mais est bien trop aseptisé pour être efficace.

Journaliste d’investigation prêt à titiller les plus grands dirigeants et responsables pour mettre à jour leurs magouilles, Eddie Brock se frotte d’un peu trop près à Carlton Drake à la tête de Life Foundation qui, derrière ses recherches scientifiques, entame une grande opération de nettoyage à l’aide d’entités extraterrestres surnommées « symbiotes » qui ont besoin d’un hôte humain pour survivre. Suite à un malencontreux accident, Eddy Brock fusionne avec une de ces entités pour devenir Venom. 

Dans sa première partie, le film tente vainement de créer une origin story qui n’est finalement que vaguement évoqué sans s’intéresser véritablement à Eddy Brock ni même à l’antagoniste de l’histoire aka le méchant docteur Carlton Drake qui – comme 90% des méchants aujourd’hui – veut sauver le monde en détruisant les ¾ de sa population pour éviter ainsi la surpopulation et la disparition des ressources que Mère Nature nous a si gentiment offert. Sa seconde partie, faisant désormais cohabiter Eddy et Venom, vire de temps à autre au buddy movie qui s’avère plutôt efficace. Tom Hardy prend du plaisir à jouer ce double-personnage et ça se voit. C’est pas toujours parfait mais la carrure du bonhomme colle parfaitement au personnage. Ce qui est du côté de Riz Ahmed c’est une autre histoire – enfin du côté de tous les seconds couteaux à vrai dire – qui semble chercher ses répliques et dont le personnage n’a absolument aucune substance à part le fait d’avoir l’étiquette « Méchant » collée sur le front.

Si le scénario a été coupé à la hache absolument pas affutée, il en est de même avec la réalisation et le montage qui sont au-delà du catastrophique notamment lorsque le film tape un peu dans l’action. On se retrouve alors avec une course-poursuite en voiture (qui rappelle étrangement celle de « Black Panther », la réalisation en moins) complètement illisible tout comme 99% des scènes d’action du film alors que le personnage de Venom et toute sa dimension « monstrueuse » tente d’exploser à l’écran sans grand succès malheureusement puisque, le jeune public étant visé, hors de question de mettre ne serait-ce qu’une goutte de sang (alors que Venom arrache sans vergogne à coups de canines acérées la tête de ses ennemis).

Lors d’une récente interview qui a largement fait les gros titres à quelques jours de la sortie du film, Tom Hardy affirmait que des scènes qu’il affectionnait tout particulièrement ont été coupé du film (pour rappel le film a été coupé de 40 minutes). Et lorsqu’on voit le résultat à l’écran, ces 40 minutes sont quasiment flagrantes et aurait – possiblement – permis au film d’être un brin mieux développé. Reste à espérer qu’une version longue du film sera disponible en DVD (et honnêtement on croise fortement les doigts).

Et comble du comble, la seconde scène post-générique (qui n’a pour le coup aucun rapport « direct » avec le film) qui dure approximativement cinq minutes se révèlent bien plus intéressante, bourrée d’action et drôle que tout le film. Outch.

Malgré deux trois moments sympathiques, un personnage aussi complexe que finalement attachant et une véritable envie de bien faire de Tom Hardy, « Venom » s’enfonce dans les bas-fonds des blockbusters réalisés à la truelle seulement venus pour engranger de l’argent – et vu son 1er jour d’exploitation à 32,8M de dollars Sony fait banco – quitte à y délaisser tout ce qui faisait le charme d’un des meilleurs ennemis de Spider-Man. 

Venom de Ruben Fleischer. Alec Tom Hardy, Riz Ahmed, Michelle Williams… 1H52
Sortie le 10 octobre

[CRITIQUE] « Mission Impossible : Fallout » : un blockbuster colossal et marquant.

Le film d’espionnage est popularisé par Alfred Hitchcock avec des films comme L’homme qui en savait trop (1934) ou bien Les Enchaînés (1964), mais c’est surtout à travers la saga James Bond qu’il est devenu un cinéma qu’on prend plaisir à suivre. On peut citer les Jason Bourne, récemment Kingsman, et même OSS 117. Mais celle qui nous intéresse ici s’appelle Mission Impossible, une saga que tout le monde connaît (au moins de nom) avec des films forts et marqués par des réalisateurs compétents comme Brian de Palma, Brad Bird, John Woo, J.J Abrams, et finalement celui qui a réalisé Mission Impossible : Rogue Nation et qui s’est également chargé du nouvel opus Fallout : Christopher McQuarrie.

Plus les épisodes passent, et plus la qualité des films s’améliorent. C’est encore le cas pour Mission Impossible : Fallout qui s’impose comme étant sans comparaison un des blockbusters les plus impressionnants de l’Histoire du cinéma. Maîtrisé de bout en bout malgré sa durée (2h27), il réussit à plaire par son action dans une narrativité complexe. Quant on parle d’un budget de 150 millions de dollars et d’un blockbuster, on dit souvent que les effets visuels sont satisfaisants mais que l’aspect narratif du film est bâclé. C’est justement l’assemblage parfait entre écriture et visuel qui fait du film LE divertissement à voir sans hésiter.

Christopher McQuarrie est surtout connu pour son talent de scénariste (Public Access, Usual Suspects, The Tourist…), et il nous prouve à nouveau qu’il sait s’en servir. Même si Ethan Hunt est encore une fois remis en question et que cela pourrait paraître répétitif, il parvient à allier des enjeux émotionnels (vis à vis de la relation qu’entretiennent les personnages, on pense surtout à Isla Faust et l’attention primordiale qu’Ethan porte à ses amis) et dramatiques (un monde menacé par de véritables dangers). C’est surtout un récit bien ficelé qui saute aux yeux avec des actes marqués par la France, Londres et l’Inde. Chacun d’entre eux possédant une trame narrative, des bouleversements et surtout de l’action qualitatif.

En effet, Tom Cruise est survolté et impressionne par sa condition physique hors norme à l’âge de 56 ans. On retient le saut d’un avion en parachute, la conduite d’un hélicoptère, d’une moto en plein Paris… Il fait ses propres cascades et c’est ce qui rend l’action à la fois intense, crédible et sincère, comme la fameuse scène où il se casse la cheville qui a été gardée au montage. La beauté de l’image est sublimée par la bande-son et le montage qui alterne parfaitement les différentes intrigues sans qu’une soit meilleure que l’autre. Par ailleurs, on prend plaisir à retrouver Sean Harris (Solomon Lane), Michelle Monaghan (Julia Hunt) et Rebecca Ferguson (Isla Faust). Henry Cavill, quant à lui s’improvise bad-guy et s’avère être un ennemi redoutable et à la hauteur d’Ethan Hunt.

Surprise attendue et confirmée de l’été, Mission Impossible : Fallout est un film sensationnel qui sait mettre en avant sa star Tom Cruise au cœur d’un récit complexe et dominé par de l’action brillante.

Mission Impossible : Fallout de Christopher McQuarrie. Avec Tom Cruise, Henry Cavill… 2h28
Sortie le 1er août 

[CANNES 2018] Mandy : Croix de bois, croix de fer, si tu croises Nicolas Cage t’iras en enfer

S’il y a bien un film qu’on attendait sur la Croisette cette année c’est le film de Panos Cosmatos avec en tête d’affiche celui qui se fait bien rare au cinéma – et dont le peu de prestations dernièrement laissent à désirer – Nicolas Cage. Duo improbable pour un film qui l’est tout autant et pourtant terriblement jouissif. Mandy est un revenge movie aussi poussif que survolté, bref on tient là la séance de ce Festival.  Lire la suite de « [CANNES 2018] Mandy : Croix de bois, croix de fer, si tu croises Nicolas Cage t’iras en enfer »

[CRITIQUE] Rampage – Hors de contrôle : La machine Johnson pas prête de s’enrayer

Enchaînant les péloches à n’en plus finir, le bonhomme Dwayne Johnson montre une nouvelle fois des muscles – depuis San Andreas en passant par Baywatch et Jumanji – dans un nouveau film catastrophe adapté d’un jeu d’arcade du même nom datant de 1986. Créant sa propre trame scénaristique, Brad Peyton – qui a déjà collaboré avec Johnson sur San Andreas – s’empare d’un jeu vidéo pour en faire un blockbuster bien américain comme le monde en raffole – le film a déjà cumulé plus de 280 millions de dollars dans le monde – et s’il fallait craindre le pire avec un énième blockbuster aussi subtil que la taille des muscles de The Rock, force est de constater que Rampage – Hors de contrôle s’en sort mieux que la moyenne. Lire la suite de « [CRITIQUE] Rampage – Hors de contrôle : La machine Johnson pas prête de s’enrayer »