[CRITIQUE] BlacKkKlansman : Spike Lee enragé

Disparu des radars cannois depuis 2002 dans la section Un Certain Regard avec Ten Minutes Older, Spike Lee a fait un retour en grandes pompes sur la Croisette en amenant son dernier film BlacKkKlansman directement en Compétition officielle et grand bien lui fasse puisque le réalisateur est reparti avec entre ses mains le Grand Prix. Une distinction éminemment politique faisant autant écho au passé qu’à l’Amérique « so white » de Donald Trump. Lire la suite de « [CRITIQUE] BlacKkKlansman : Spike Lee enragé »

[CRITIQUE] « Star Wars : Les Derniers Jedi » : Résolument tourné vers l’avenir

Aussi attendu que Noël (voire même plus), le huitième épisode de la mythique saga aux sabres lasers, vaisseaux spatiaux et méchants à la voix grave débarque a envahit nos écrans depuis hier. Une attente d’autant plus palpable sachant que Les Derniers Jedi signait le grand retour de Mark Hamill aka the Luke Skywalker, des batailles qui nous promettaient d’être épiques au vu du trailer et surtout, est-ce que Les Derniers Jedi est digne héritier de la saga Star Wars sous la houlette de Rian Johnson ? Lire la suite de « [CRITIQUE] « Star Wars : Les Derniers Jedi » : Résolument tourné vers l’avenir »

[CRITIQUE] Silence : Martin Scorsese de retour avec un chef d’œuvre 

Il aura fallu attendre 20 ans pour que Martin Scorsese puisse enfin mettre en image ce projet qui lui tenait tant à coeur. Injustement oublié aux Oscars (une seule nomination dans la catégorie Meilleure photographie), Silence signe le retour en fanfare d’un des plus grands réalisateurs que le cinéma ai connu et une éblouissante prestation d’Andrew Garfield.

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A Lisbonne au 17e siècle, deux jésuites Rodrigues et Garupe se rendent au Japon pour retrouver leur mentor qui, selon les dernières nouvelles, aurait été contraint d’apostasier (renier Dieu). Déterminés, les deux jeunes hommes partent à sa recherche dans un pays qui éradique sans pitié toute trace de catholicisme. Un périple qui mettra leur vie et surtout leur foi à rude épreuve.

Silence n’est pas un film sur la religion

C’est bien plus que ça. Scorcese évite de poser un constat donc nul besoin d’être catholique ou autre pour apprécier ce film car il pousse la réflexion bien plus loin que la simple religion. Quelles sont les répercussions lorsqu’on tente d’imposer une religion dans un pays ? Pourquoi et surtout pour qui prions-nous réellement ? Vaut-il mieux refuser de renier sa foi et sauver son âme que sauver celle de centaines d’autres personnes ?

La première partie du film est axée sur le Japon et ses quelques habitants reclus et terrorisés par l’Inquisiteur et qui accueillent les deux prêtres comme le Messie. Cette première partie fait un état des lieux de ce pays où toute trace de christianisme est bannie. Elle soulève également une question cruciale, peut-on vraiment imposer une religion à un pays comme l’a fait le Portugal avec le Japon ?

La seconde partie est beaucoup plus psychologique et tourne principalement autour de Père Rodrigues qui s’est fait capturé par l’Inquisiteur et qui assiste impuissant aux massacres des chrétiens. Un massacre que lui seul peut arrêter seulement s’il accepte de renier son Dieu.

Andrew Garfield brille (une nouvelle fois)

Après une brillante prestation dans Tu ne tueras point, Andrew Garfield confirme une nouvelle fois son talent. Alors que dans le film de Mel Gibson il refusait d’abandonner sa foi envers et contre tous, ici il se retrouve à un dilemme de taille car tant qu’il n’aura pas renoncé à sa foi, des chrétiens continueront à être torturé jusqu’à la mort. S’installe donc petit à petit le doute et la peur chez Rodrigues alors qu’au début de ce périple il se croyait capable de leur inculquer le christianisme, il va devoir se résoudre au fait qu’il est impossible de planter les prémices d’une religion. Le doute s’empare de lui d’où le titre, que faire quand notre dieu est silencieux à nos prières ?

Andrew Garfield est totalement imprégné par son rôle et ses regards sont d’une telle intensité à chaque fois qu’il occupe tout l’espace. Adam Driver et Liam Neeson ne sont pas non plus en reste et donnent à eux trois une dimension spirituelle et émotionnelle assez intense alors qu’au contraire le film se veut très épuré dans sa forme, ses dialogues et sa photographie.

Avec Silence, Martin Scorsese signe un retour magistral dans une oeuvre qui n’est jamais moralisatrice mais qui nous ouvre à d’autres perspectives et des interrogations  qui résonnent en chacun d’entre nous d’autant plus avec le climat actuel. Servi intelligemment par un trio d’acteurs investis corps et âme (c’est le cas de le dire), Silence est certainement l’oeuvre la plus intime et peut-être la plus importante de Scorsese.

Ma note : ★★★★

[FOCUS] Adam Driver : Des rangs de marines aux bancs du théâtre

Acteur popularisé par la saga Star Wars, le jeune homme de 33 ans possède déjà un CV assez impressionnant et a eu un parcours pour le moins atypique. Adam Driver ne fait pas comme tout le monde et est rapidement devenu un acteur incontournable de la nouvelle génération. Portrait d’un acteur aux multiples facettes.

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Un heureux accident

Ce qu’on retient d’Adam Driver aux premiers abords c’est son 1,91m, sa centaine de kilos de muscles, et ses oreilles légèrement décollés. Et pourtant c’est avec un charisme atypique que l’acteur a su s’imposer, très loin des stéréotypes hollywoodiens. Enfant de l’Indiana, rien ne prédestinait ce gamin à devenir l’une des figures marquantes du cinéma actuel. En effet après les terribles attentats du 11 septembre 2001, Adam s’engage dans l’armée américaine et suit pendant deux ans une formation chez les Marines à San Diego avant qu’un accident vienne compromettre ses plans. Une mauvaise chute à vélo et Adam est démobilisé pour raisons médicales juste avant son départ en Irak.

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Un an plus tard, le jeune homme s’envole pour New York et la prestigieuse Juilliard School d’où il en ressort diplômé en 2009. A partir de ce moment-là, plus rien n’arrête cet acteur en devenir si bien que les plus grands réalisateurs se l’arrachent déjà, ayant rapidement repéré un potentiel chez lui.

Après quelques petits rôles dans des séries, Adam joue pour des pointures du cinéma comme Clint Eastwood dans J.Edgar, Steven Spielberg dans Lincoln en 2012 et Les Frères Coen dans Inside Llewyn Davis en 2013. Un début de CV impressionnant et qui promet de belles choses pour la suite. Parallèlement, il intègre le casting de la série Girls pour laquelle il recevra trois nominations aux Emmy Awards.

2014, l’année de la consécration

Après des seconds rôles dans quelques films, Hungry Hearts marque la consécration pour l’acteur qui obtient la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine à la Mostra de Venise, rien que ça. Et un an plus tard, c’est sous les traits du nouveau méchant de la trilogie Star Wars qu’il devient mondialement connu : Kylo Ren. Désormais tout le monde se l’arrache et le garçon est loin de passer inaperçu désormais.

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Une reconnaissance à la hauteur de son talent et qui risque d’être souvent sur nos grands écrans. La preuve avec Paterson en ce moment dans les salles obscures et dès le mois prochain dans Silence aux côtés d’Andrew Garfield et réalisé par monsieur Martin Scorcese.

Côté privé, Adam Driver est quelqu’un d’investi auprès de l’armée américaine puisqu’il est à la tête d’une ONG Arts in the Armed Forces » qui organise des représentations théâtrales pour les militaires. Un acteur sur tous les fronts qui a su s’imposer avec classe et élégance parmi les acteurs incontournables.

Adam Driver est un homme multiple. Fascinant, imposant et pourtant derrière cette envergure se cache un homme délicat, subtil. Une subtilité qu’on retrouve subliment dans Hungry Hearts ou Paterson mais surtout une volonté de réussir et une discipline reçue par l’armée qu’il utilise au quotidien dans ses rôles pour se donner à 200%. Adam Driver fait partie de ces acteurs qui ont « une gueule » qu’on n’oublie pas et le cinéma ne risque pas de le laisser filer avant bien longtemps.

À regarder absolument >>> https://youtu.be/nCwwVjPNloY

[CRITIQUE] Paterson : La non-action dans toute sa splendeur

Jim Jarmusch et le Festival de Cannes c’est une grande histoire d’amour. L’année dernière, le réalisateur est revenu sur le Croisette avec non pas un mais deux films. Paterson ainsi qu’un documentaire : Gimme Danger, sur le premier groupe de la star internationale Iggy Pop. Avec le premier film, il est d’ailleurs reparti avec un Palm Dog (oui oui Cannes récompense les meilleurs chiens dans les films !). Paterson c’est l’histoire d’un conducteur de bus qui se rêve poète aux côtés de sa femme excentrique et son bouledogue. L’occasion de plonger dans son quotidien pendant sept jours.

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Adam Driver crève l’écran

Comment passer à côté du phénomène Adam Driver ? Devenu mondialement connu pour incarner le méchant Kylo Ren dans la nouvelle trilogie Star Wars, très bientôt aux côtés d’Andrew Garfield dans Silence, l’ancien Marine se diversifie et n’hésite pas à foncer tête baissée dans des films plus intimistes et moins « grandioses ». Dans Paterson, Adam Driver est Paterson, conducteur de bus qui passe ses journées derrière son volant ou derrière son stylo pour écrire des poèmes sur tout et rien. Et Adam Driver fait partie de ces acteurs qui n’ont même pas besoin de parler pour transpercer l’écran d’un regard, d’un geste. Il manie aussi bien le sabre laser que le stylo et il y a de quoi se laisser doucement porter par sa voix nous contant ses poèmes. A ses côtés  la très belle Golshifteh Farahani toujours heureuse et excentrique avec ses créations tout en noir et blanc et en cercles. Avec eux, leur chien Marvin qui les accompagne quotidiennement. Un trio qui a ses petites habitudes quotidiennes, du lundi au dimanche.

La non-action, ça passe ou ça casse

Jim Jarmusch ne s’en est jamais caché, Paterson « se veut un antidote à la noirceur et à la lourdeur des films dramatiques et du cinéma d’action ». Oubliez donc les mélodrames, l’action et tout le reste parce que ce film se contemple sans réfléchir. Alors soit on trouve ça brillant, soit on s’emmerde on ne fait pas dans la demie-mesure. On prendra plaisir (ou non) à regarder la vie de ce jeune couple, leur quotidien, leurs petites galères et tout ce qui s’en suit. Un couple banal dans une ville tout aussi banale.

A double tranchant, Paterson peut autant plaire qu’ennuyer au plus haut point. Personnellement les films contemplatifs j’ai beaucoup même si contempler Adam Driver pendant deux heures peut être un petit plaisir coupable.

Ma note : ★★★★★

[FOCUS] Pourquoi Andrew Garfield est en passe de devenir un acteur indispensable ?

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Avec sa bouille d’ange adolescent on lui donnerait une vingtaine d’année et pourtant à 33 ans, Andrew Garfield est en passe de devenir une valeur sûre du cinéma -et ce n’est pas trop tôt. Actuellement à l’affiche de Tu ne tueras point de Mel Gibson et bientôt accompagné de Liam Neeson et Adam Driver dans Silence, Andrew Garfield peut enfin dire adieu à son costume de Spider-Man qui lui collait à la peau.

« J’ai dû beaucoup me battre pour ma liberté dans cette histoire. Et j’ai souvent eu des ennuis parce que je disais des choses que je n’aurais pas dû« admettait-il il y a quelques temps au site Mr Porter au sujet de sa période The Amazing Spider-Man entre 2012 et 2014, succédant ainsi à Tobey Maguire. Un costume pas forcément facile à endosser et sans compter les critiques plus que mitigées, la sauce n’a pas pris et le reboot s’est arrêté après le deuxième opus. Un mal pour un bien finalement.

Acteur de théâtre avant tout

C’est en 1983 à Los Angeles qu’Andrew naît d’une mère britannique et d’un père américain avant de grandir au Royaume-Uni. Rapidement, le jeune homme s’inscrit à la City of London Freemen’s School d’Ashtead où il étudie la musique et le théâtre. En 2004 c’est la consécration quand il est diplômé de la Central School of Speech and Drama et dans la foulée, il remporte un MEN Theatre Award pour son rôle dans la pièce Kes. Deux ans plus tard, il obtient le Prix de la révé­la­tion de l’an­née des Evening Stan­dard Theatre Awards.

En 2007, sa carrière d’acteur au cinéma démarre sur les chapeaux de roues quand le très célèbre magazine Variety le nomme numéro un des « 10 acteurs à voir » et le mois d’après il est au casting de Lions et Agneaux puis Boy A pour lequel il remporte le British Academy Television Award du meilleur acteur en 2008.

Il fait une apparition dans L’Imaginarium du docteur Parnassus en 2009 avant qu’on le retrouve dans The Social Network et Never Let Me Go l’année suivante qui lui permettent de remporter quatre récompenses en tout.

Super-héros malheureux

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Puis en 2012, Andrew Garfield touche son rêve du bout des doigts quand on lui propose d’endosser le costume du super-héros qu’il admire depuis son plus jeune âge, Spider-Man. The Amazing Spider-Man produit par Sony sort mais une pluie de critiques vient s’abattre sur le film. Pourtant un deuxième opus est programmé et rebelote en 2014, le film n’est pas mieux accueilli qu’il y a deux ans.

Une expérience qui laisse à l’acteur un goût amer comme il a pu l’expliquer dans un entretien vidéo avec l’actrice Amy Adams : « Ce fut vraiment, vraiment compliqué. J’avais signé pour servir l’histoire et servir cet incroyable personnage en qui je me suis déguisé dès mes trois ans. Au final, on doit faire avec des compromis et ça vous brise le coeur. J’ai eu le coeur brisé à un certain degré« .

En lice pour un Oscar ?

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En tout cas l’année 2017 risque fortement d’être celle d’Andrew Garfield. Dernièrement, c’est dans Tu ne tueras point de Mel Gibson qu’on a pu découvrir une nouvelle facette de l’acteur. Un film acclamé autant par la critique que par les spectateurs si bien que le film a déjà remporté pas moins de neuf récompenses aux Australian Academy of Cinema and Television Arts Awards soit l’équivalent des Oscars en Australie. Entre le meilleur film, le meilleur réalisateur, le meilleur acteur ou encore le meilleur scénario, Tu ne tueras point commence à s’imposer comme un sérieux concurrent pour les Oscars.

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Et comme si ça ne suffisait pas, un autre film risque de faire pas mal de bruit. Sous la houlette du grand Martin Scorsese, Andrew Garfield est accompagné d’Adam Driver et Liam Neeson pour Silence prévu dans les cinémas américains le 23 décembre prochain et qui pourrait également prendre part à la course aux Oscars alors que le film est déjà annoncé comme un évènement. La bande-annonce dévoilée il y a peu de temps ne laisse d’ailleurs aucun doute sur les répercussions que le film va avoir. Un film qui a nécessité huit mois de tournage pour un budget de 47 millions de dollars et 750 personnes. Des restrictions budgétaires étaient donc à prévoir si bien que le réalisateur a refusé de se verser un salaire et les trois acteurs principaux se sont contenter du salaire minimum. Un film en engagé, prouvant une nouvelle fois que Silence va s’imposer comme le film artistique de l’année. Pour nous, rendez-vous le 8 février dans les salles pour le découvrir !

Une chose est certaine, Andrew Garfield a réussi à s’entourer des meilleurs après la petite baisse de régime Spider-Man et prouve qu’il en a sous le pied et qu’indéniablement, c’est un acteur sur lequel on va pouvoir compter. D’ailleurs le jeune homme ne compte pas s’arrêter en si bon chemin car il est déjà de retour sur les plateaux de tournage pour Under The Silver Lake.

Mise à jour du 12/12 : Ajoutez un Critic Choice Awards du meilleur acteur ainsi qu’une nomination pour les Golden Globes et le tour est joué ! 

Vu au cinéma : Hungry hearts

hungry-hearts-affiche-54c1123ead189Jude est Américain, Mina Italienne. Ils se rencontrent à New York, tombent fous amoureux et se marient. Lorsque Mina tombe enceinte, une nouvelle vie s’offre à eux. Mais l’arrivée du bébé bouleverse leur relation. Mina, persuadée que son enfant est unique, le protège de façon obsessionnelle du monde extérieur. Jude, par amour, respecte sa position jusqu’à ce qu’il comprenne que Mina commence à perdre contact avec la réalité. Lire la suite de « Vu au cinéma : Hungry hearts »