Triple Frontière : Quand Netflix et JC Chandor s’associent

J.C. Chandor, après trois premiers films très réussis, est de retour, mais cette fois ci sur Netflix. Avec Triple Frontière il réunit un casting imposant notamment composé de Oscar Isaac, Ben Affleck et Charlie Hunnam. Il raconte comment un groupe d’anciens soldats de l’armée américaine se lance dans le hold-up d’un riche trafiquant de drogue sud-américain.

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[CRITIQUE] Papillon : duo d’acteurs complémentaires et talentueux

Les films en milieu carcéral sont nombreux (Les Évadés, Bronson, Un Prophète, Midnight Express…) et sont devenus un excellent moyen de montrer à la fois la vie en prison, mais également ceux qui la peuplent. En 1973, Franklin J. Schaffner réalise Papillon en s’inspirant du bagneux Henri Charrière. Ce sont deux acteurs talentueux qui passent en 2018 après deux interprètes exceptionnels qu’étaient Dustin Hoffman et Steve McQueen. Ainsi, on retrouve le danois Michael Noer à la réalisation, aux côtés de ses stars Charlie Hunnam et Rami Malek.

(N’ayant pas vu le film de 1973, cette critique sera basée uniquement sur le nouveau.)

Il faut savoir avant tout que Papillon n’est pas à proprement parler un film inspiré d’une histoire vraie. On sait qu’il est adapté de son autobiographie, mais elle est en vérité une biographie romancée. Cela n’empêche pas le film d’être satisfaisant et de raconter une histoire qui nous prend aux tripes, dans un décor carcéral qu’on ne voit pas dans les films habituels puisque nous nous situons en Guyane, on retrouve alors quelques panoramiques sur les lieux (on retient notamment l’arrivée sur l’île du Diable).

Si le film tisse un lien fort avec l’injustice à l’emprisonnement, Papillon ne demeure pas dans un pathos facile. Il montre la réalité (la violence, la corruption…) mais se permet surtout de mettre en avant une amitié qui humanise avant tout les hommes dominés par la monstruosité. Comment parler du film sans évoquer Charlie Hunnam et Rami Malek ? En passant de Sons of Anarchy à la confirmation cinématographique du dernier film de James Gray (The Lost City of Z), Charlie Hunnam joue de son charisme et des gestuelles où il évolue aux côtés d’un Rami Malek flamboyant. C’est ce duo complémentaire qui rend le film, déjà intense, passionnant à découvrir.

Adaptation pas forcément nécessaire mais réussie grâce au duo d’acteurs plongés dans un décor carcéral méconnu dû aux colonies françaises.

Papillon de Michael Noer. Avec Charline Hunnam, Rami Malek… 1h57
Sortie le 15 août

[CRITIQUE] Le Roi Arthur : Du grand spectacle à la sauce Ritchie

Aficionados du genre Guy Ritchie ? Si vous avez aimé les Sherlock ainsi que Agents très spéciaux, vous allez probablement apprécier cette revisite du conte légendaire du Roi Arthur. Si vous souhaitez voir la légende du Roi Arthur narrée telle quelle passez votre chemin, par contre si l’exercice de style ne vous fait pas peur alors foncez tête baissée. Avec un casting taillé pour un blockbuster, Le Roi Arthur a tout du divertissement pop-corn à dévorer littéralement sans se poser de questions.

L’eau du Royaume de Vortigern s’est asséchée, révélant la pierre détenant l’épée d’Excalibur que seul l’héritier d’Uther Pendragon peut avoir. Seule solution pour Vortigern, retrouver le retrouver et le tuer avant qu’il ne s’empare de son royaume. De son côté Arthur est un petit brigand, né dans la rue et élevé dans un bordel. Indépendant et cynique, il va devoir du jour au lendemain faire face à de grandes responsabilités et apprendre à contrôler l’épée ce qui signifie aussi contrôle ses démons qui le rongent depuis sa naissance.

Le Roi Arthur de Guy Ritchie n’a rien à envier à ses prédécesseurs. Certes nous nous éloignons de la trame narrative originale mais toute la force du film réside dans son esthétique visuelle qui est littéralement à tomber. Que ce soit les panoramas, le Royaume de Vortigern ou encore Londonium, tout est fait pour que le spectateur se plonge à 100% dans cet univers médiéval avec ce petit côté résolument moderne de par ses personnages et notamment le-dit Arthur, élevé dans un bordel et passant ses journées à voler une pièce d’or par ci par là depuis sa tendre enfance. Avec son imposante carrure, Charlie Hunnam reprend à merveille ce rôle d’envergure. A ses côtés sa bande de joyeux lurons toujours prêts à le suivre et face à lui le terrible Vortigern incarné par Jude Law, froid, calculateur et sans pitié.

S’il n’y avait qu’un reproche à faire à Guy Ritchie est peut-être son utilisation un brin abusive des ralentis lors des scènes de combats. L’ampleur des batailles se suffisaient à elles-mêmes sans qu’on est besoin de rajouter ces effets de ralentis qui viennent plus casser le rythme qu’autre chose.

Sur une BO qui nous enchante les oreilles, Le Roi Arthur est un digne successeur sans pour autant copier/coller les autres films mais ça c’est la force de Guy Ritchie, prendre une histoire… et en faire du Guy Ritchie. Et petite information qui pourrait peut-être vous faire plaisir, Armie Hammer a confirmé qu’une suite de Agents Très Spéciaux était en préparation !

[CRITIQUE] The Lost City of Z : Un grand film d’aventure comme il n’en s’est jamais fait

Il y a de ces cinéastes qui sont juste là pour vous filer une claque et tout ce que vous avez à faire c’est e vous installer dans un fauteuil de cinéma, d’admirer, de sortir des « waouh » à tout bout de champ et de vous dire que ce gars est un génie. James Gray en fait définitivement partir. En adaptant le roman La Cité perdue de Z de David Grann sur grand écran, il vient tout simplement  de nous donner une belle leçon de cinéma et de mise en scène éblouissante et file au film d’aventure, un sacré coup de pied aux fesses.

L’exploration de toute une vie

The Lost City of Z c’est l’exploration de toute une vie, celle de colonel Percy Fawcett qui, pendant des décennies au XXe siècle qui, au détour d’une mission cartographique entre le Brésil et la Bolivie, mettra toute sa vie et son énergie pour trouver des races d’une civilisation plus ancienne jusque là moquée par les Britanniques. Mais cette exploration dans la jungle amazonienne n’est pas une simple quête scientifique, c’est celle aussi d’un homme, de ses valeurs et des sacrifices que tout ceci représente.

Visuellement, les scènes les plus intéressantes ne se passent pas au Royaume-Uni bien que les reconstitutions soient minutieuses et parfaites, mais bel et bien celles tournées dans la jungle. Dans une atmosphère toujours très brumeuse, James Gray film comme jamais ces paysages inexplorés, où la jungle et la nature restent les seuls maîtres à bord et où c’est à l’homme de s’adapter et non pas l’inverse. L’exploration se fait pour Percy Fawcett mais également pour le spectateur émerveillé devant de tels paysages où beauté et danger ne font qu’un. Des silences assourdissants transpercés occasionnellement par le sifflement des flèches tirées par ces civilisations reculées prêtes à tout pour défendre leur territoire. La mise en scène de James Gray surpasse tout ce que l’on a déjà pu voir, c’est somptueux et le cinéaste rend hommage à cette belle nature qui recèle bien des mystères.

Une scène finale surpuissante de beauté et de sens

Cependant The Lost City of Z c’est aussi un homme et surtout une histoire vraie. Celle d’un homme dont la soif de connaissance et de conquête est la seule chose qui le maintient en vie que ce soit en pleine jungle hostile ou sur un champ de bataille. C’est l’histoire d’un homme tiraillé entre une famille aimante et compréhensive malgré ses années d’absences et cette irrémédiable envie de retourner en Amazonie, comme une maitresse qui l’appelle et qui arrive à l’envoûter quitte à remettre en cause ses valeurs.

D’ailleurs là aussi le contraste est intéressant entre ses valeurs concernant des peuples indigènes inconnus et celles qu’il éprouve envers sa famille et notamment sa femme. Une femme doit rester à sa place de femme et obéir aux règles dictées par l’homme alors que les civilisations inconnues méritent plus de respect et de reconnaissance.

Après de nombreux échecs, Percy Fawcett se lance dans une dernière exploration en compagnie de son fils pour finalement trouver cette cité perdue qui l’obstine tant. Une obstination qui s’avéra payante des années plus tard au prix de sa vie. Et c’est là que tout le génie de James Gray intervient avec cette dernière scène en compagnie de la femme du colonel qui, sans spoiler quoique ce soit, la remet à sa place là où elle a toujours été dès le début.

Avec un casting irréprochable et le grand retour de Robert Pattinson sur les écrans, James Gray offre une aventure unique où le spectateur explore autant la nature que l’homme et sa soif de gloire, d’ambition et de reconnaissance. Un film d’aventure unique qu’il est bien rare d’admirer au cinéma et qui nous confirme que le vrai cinéma d’aventure où on a pas besoin de faire des cascades toutes les cinq minutes existe bien. Prends ça dans ta face Indiana Jones.