Tétralogie de la mort de Gus Van Sant – Une mort peut en cacher une autre

Au début des années 2000, Gus Van Sant sort du succès hollywoodien de Good Will Hunting et peine à se retrouver dans une mécanique cinématographique en panne d’originalité. Il entreprend de se dissocier d’Hollywood en se recentrant sur des projets plus simples, moins onéreux, mais avant tout plus libres. De cette volonté de renouveau naît une tétralogie dans laquelle il expérimente la renaissance de ses envies de cinéaste tout en axant ce barnum sur un thème commun : La mort. Ce qui est tout d’abord une trilogie composée de Gerry, Elephant et Last Days, est complétée en 2007 par Paranoid Park donnant officiellement à cette période de sa filmographie le titre de Tétralogie de la Mort ou Trilogie de la Mort plus un.

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Rétrospective Terry Gilliam #5 : Les dernières envolées imaginaires

Après une trilogie de films qui confère autant admiration, dégoût, et entre-deux révoltant, Gilliam cherche tant à se renouveler, renouant avec de nouveaux liens passés, qu’à clore des boucles entamées depuis bien trop longtemps. En témoigne son ultime diptyque, qui fait autant référence à Brazil qu’à Münchhausen, accompagné d’un affront direct à ce système qui l’a éreinté de tous bords.

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Rétrospective Terry Gilliam #4 : Le besoin de problèmes pour créer

Dans sa volonté de retours à ses premièrs amours, Gilliam se laisse une nouvelle fois séduire par une promesse de studio. Mais contrairement à l’Armée des 12 singes, le tournage de Frères Grimm ne lui permet pas autant de libertés, et fait renaître en lui cet aspect revanchard, qui lui offre un nouveau tour de rage.

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The Last Duel : « I will not be silent »

En cette fin d’année 2021, Ridley Scott offre à 83 ans deux nouveaux films aux salles obscures : House of Gucci attendu pour fin novembre et Le dernier duel, sorti ce 13 octobre. Ce dernier met en scène le trio Adam Driver, Jodie Comer et Matt Damon dans une fresque moyenâgeuse centrée autour du dernier duel judiciaire en France mais pourtant, comme souvent avec Ridley Scott, le tout s’ancre de manière terriblement pertinente dans notre époque avec tous les thèmes abordés. On parle ici de viol, de libération de la parole et de ce que cela signifie d’être une femme dans une société masculine, des sujets qui font très fort écho dans le Hollywood post-me too.

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Stillwater : Vague américaine sur la cité Phocéenne

Présenté en Hors-Compétition lors du dernier Festival de Cannes, Stillwater a ouvert la 47ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Matt Damon y campe le rôle de Bill Baker, un américain faisant le voyage de l’Oklahoma jusqu’à Marseille dans le but de voir sa fille, Allison (Abigail Breslin), incarcérée pour meurtre. La jeune femme se dit innocente et a récemment pris connaissance d’un nouvel élément qui pourrait conforter ses dires. Bill, mis à l’écart par la barrière de la langue et l’hostilité de la ville, rencontre Virginie (Camille Cottin), une actrice de théâtre qui l’aide dans la quête de l’innocence de sa fille. 

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[CRITIQUE] Bienvenue à Suburbicon : Petit jeu de massacre en famille

Cinquième collaboration entre George Clooney et les Frères Coen. Après avoir tourné avec eux, c’est désormais en tant que réalisateur que Monsieur Nespresso travaille avec le duo puisque ces derniers lui ont confié un de leur scénario. Satire politico-sociale de la société américaine des années 50, Bienvenue à Suburbicon réunit un casting prestigieux : Matt Damon, Julianne Moore et Oscar Isaac. Ce film est surtout l’occasion de faire oublier un Monuments Men très moyen malheureusement n’est pas les Frères Coen qui veut.  Lire la suite de « [CRITIQUE] Bienvenue à Suburbicon : Petit jeu de massacre en famille »

[CRITIQUE] La Grande Muraille : Plus américaine que chinoise

Grand film d’action de ce début d’année, le nouveau film de Zhang Yimou connaissait déjà quelques déconvenues bien avant sa sortie notamment cette fameuse polémique sur le fait d’attribuer les premiers et seconds rôles à des acteurs américains et hispaniques alors que le film se déroule en Chine. Une polémique bien futile quand on connait le scénario du film. William et Tovar n’ont qu’un seul but, la poudre noire qui les rendrait enfin riches et adulés de tous en Europe sauf que rien ne se passe vraiment comme prévu lorsqu’ils se retrouvent emprisonnés dans la Grande Muraille de Chine. Ils découvriront alors qu’une armée chinoise défend cette forteresse contre les créatures monstrueuses intelligentes et prêtes à tout pour exterminer l’humanité. William s’engagera auprès d’eux pour une bataille sans merci.

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Superproduction américano-chinoise, La Grande Muraille est le film tourné en Chine avec le plus gros budget jamais donné (près de 135 millions de dollars) et le moins qu’on puisse dire c’est que ça se voit à l’écran.

Visuellement impeccable

La Grande Muraille de Chine comme si vous y étiez, perdu au beau milieu des montagnes, c’est tout simplement magnifique à voir. Les plans d’ensembles des déserts arides sont splendides et que dire de ces scènes de combats rondement menées et filmées par Zhang Yimou. C’est propre, c’est dynamique et impossible de s’ennuyer une seule seconde. La rigueur chinoise est de mise notamment dans cette armée destinée à protéger la Grande Muraille. Une mise en place assez hypnotique tant est calculé au millimètre près.

Matt Damon indispensable ?

Le constat qui se pose après avoir le film est le suivant : est-ce que Matt Damon et son compatriote sont vraiment utiles dans ce film ? En effet il aurait très bien pu être possible que La Grande Muraille ne se concentre que sur cette armée chinoise contre ces créatures mystérieuses. Matt Damon n’apporte aucune réelle plus-value au film ne serait-ce qu’une tête d’affiche évidemment et peut-être aussi la caution humour de ce film (il faut dire que le duo Matt Damon/Pedro Pascal nous régalent avec leurs joutes verbales).

Dans ce film on sent grandement l’influence américaine pour en faire plus un blockbuster qu’autre chose. Dommage parce que le scénario et les acteurs chinois se suffisaient à eux-mêmes pour offre un beau film d’action chinois. Il n’empêche que La Grande Muraille reste malgré tout un très bon divertissement.

Ma note : ★★★★★

Jason Bourne : Quand la forme l’emporte sur le fond (comment ça je me répète ?)

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Jason Bourne est de retour et il est pas content (comme beaucoup souvent) et en plus il est en galère (comme beaucoup souvent) quand les membres de la CIA partent à ses trousses pour l’éliminer après que Nicky Parsons ai donné à Jason Bourne une clé USB comprenant des dossiers classés sur son passé, le projet Treadstone mais également l’implication de son père dans toute cette histoire. Ajoutez à cela un tueur redoutable prénommé L’Atout et vous obtenez un Jason Bourne bien consistant mais dont le scénario manque un peu de tenue.

Une dizaine d’années est passée depuis les derniers événements et Jason Bourne n’a aps tellement changé. Toujours aussi froid, toujours aussi fermé, le bonhomme ne va pas mieux et passe ses journées dans des combats de boxe clandestins jusqu’au jour où apparaît Nicky Parsons et sa clé USB remplie de dossiers top secrets qui renferment le passé de l’ancien soldat. « Il se souvient de tout mais il ne sait pas tout » résume parfaitement ce film. Parce que si l’on savait qui était Jason Bourne dans les trois premiers opus (nous éviterons de parler du 4e opus avec Jeremy Renner parce que je n’ai pas envie de m’énerver), nous ne savions pas comment il en est arrivé là (lui non plus d’ailleurs) et la surprise est de taille.

Un scénario mal exploité

Compliqué d’aborder le scénario sans spoiler donc on va essayer de s’en tenir au strict minimum. Alors qu’il laissait penser qu’on en apprendrait plus sur le passé de Jason Bourne, au final cette intrigue n’est qu’une infime partie du film alors qu’elle aurait pu avoir une place bien plus importante. Juste grattée en surface, cette intrigue aurait donné encore plus de profondeur au personnage alors qu’elle n’a le droit quelques petits flashbacks. Le scénario préférant se tourner vers les bagarres à foison, les courses poursuite et surtout cette traque sans fin entre Jason Bourne et la CIA. Sans compter le nouveau projet de Robert Dewey appelé Iron Hand. Le tout sur un fond de vengeance de la part de L’Atout envers Jason Bourne qui le pousse à le pourchasser jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit mort. Autre petite (grosse même) incohérence du film est quand même au moment où il met les pieds aux Etats-Unis, Jason Bourne passe totalement incognito même à l’aéroport. Certes il obtient de l’aide de l’agent Heather Lee qui travaille à la CIA mais quand même, sa tête était placardée partout dans les médias, je trouve ça assez inconcevable qu’on l’ai oublié en un claquement de doigt.

Matt Damon n’a cessé de répéter qu’il voulait faire un nouvel opus de Jason Bourne quand le monde aura changé et le film le retranscrit à la perfection entre l’affaire Snowden ou les émeutes en Grèce. D’ailleurs cette scène d’intro est peut-être la plus réussie du film. Pas une minute de répit pour les protagonistes et pour le spectateur tenu en haleine jusqu’au bout.

Matt Damon égal à lui-même, Alicia Vikander une révélation et Vincent Cassel en bon gros méchant de service

Matt Damon excelle toujours autant dans le rôle de Jason Bourne et en fait un personne à la fois terriblement froid mais attachant. Bon certes il parle très peu (une trentaine de répliques sur un film de 2h c’est peu mais ça compense son blabla incessant dans Seul sur Mars) mais avec Jason Bourne tout passe dans le regard et dans les poings aussi. A côté de ça on a la toute nouvelle agent de la CIA Heather Lee qui va se rendre compte au fur et à mesure de la dangerosité de Robert Dewey et va finalement se ranger du côté de Bourne. Mais attention, il faut toujours se méfier de l’eau qui dort… La révélation de ce film (quoi qu’elle est une révélation depuis Code U.N.C.L.E : Agents très spéciaux)

Et puis il y a Vincent Cassel, le plus français des méchants américains. Il a la carrure pour, il a le regard pour. L’Atout est là pour tuer Jason Bourne coûte que coûte et ce n’est pas qu’une question de boulot non, c’est aussi une affaire personnelle pour lui. Il est rapide, il est efficace, il est fourbe et c’est ce qu’on aime. Sans compter son petit accent français quand il parle anglais, ce qui nous rend encore plus fier qu’il soit dans le film.

 

Ce quatrième (oui j’ai di qu’on ne comptait pas cette sous-version avec Jeremy Renner) opus est mené d’une main de maître par Matt Damon. Ce n’est certainement pas le meilleur de la série mais il mérite d’être vu, ne serait-ce que pour en apprendre plus sur le mystérieux passé de Jason Bourne. Comme pour Suicide Squad (le scénario est quand même un chouïa mieux ne vous inquiétez pas), la forme l’emporte une nouvelle fois sur le fond. Parce que les courses poursuites (celle à Athènes et à Las Vegas) sont tout simplement impressionnantes et que les bagarres sont dignes d’un Jason Bourne.

Ma note : ★★★★ (on penchera plus pour le 3,5 étoiles quand même)