The northman : Actes désincarnés

En deux longs métrages, Robert Eggers a su s’imposer comme un talent à suivre. Le naturalisme flamboyant de ses deux premières épreuves, The witch et The lighthouse en a emporté plus d’un·e, et il n’est que logique que l’Américain attise tant de curiosité pour sa prochaine proposition. Alors qu’il atteint enfin la route des salles, The northman fait déjà couler beaucoup d’encre. Les appréhensions sont nombreuses, mais surtout la hâte de découvrir dans quel embarras Eggers va plonger ses protagonistes. Oubliez l’affiche ignoble, le spectacle promis est au rendez-vous, même s’il faut y aller préparé·e.

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Being the Ricardos – I love maccarthysme

Aaron Sorkin ne perd pas une minute de son précieux temps pour revenir avec un nouveau film. Les Sept de Chicago pour Netflix a d’une certaine manière concrétisé quelque chose que l’on commençait à comprendre dans son cinéma. Sorkin sait écrire, mais il ne faut pas lui demander de la mise en scène. À la manière d’une émancipation peu nécessaire, le scénariste de The Social Network continue à tourner sans se poser de questions sur la possible médiocrité du rendu final. Being the Ricardos rassemble un casting merveilleux, Javier Bardem et Nicole Kidman qui interprètent le couple star de la sitcom ‘I Love Lucy’. On a compris que le casting devait être au poil, que Sorkin faisait des films d’acteurs plutôt qu’un film avec des acteurs. Il n’y a qu’à constater le casting du précédent qui accueillait Sacha Baron Cohen, Mark Rylance, Yahya Abdul-Mateen II et bien d’autres.

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The Prom : Glitter Club

Ryan Murphy est à Netflix ce qu’est Cyril Hanouna à C8, partout tout le temps. Il faut dire qu’entre Hollywood, Ratched, The Boys In The Band ou encore American Horror Story, Ryan Murphy remplit la moitié du catalogue (avec des projets de qualité toujours diverses) et c’est avec une comédie musicale qu’il clôture cette année 2020.

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[CRITIQUE] How to talk to girls at parties : Never mind the Buzzcocks

L’imaginaire de Neil Gaiman semble infuser de plus en plus les écrans. Après Coraline et American Gods, le public peut enfin découvrir How to talk to girls at parties, une adaptation d’une nouvelle de l’auteur britannique réalisée par John Cameron Mitchell.

Difficile de bien représenter la fougue et l’énergie punk via un écran de cinéma. Difficile d’égaler les uppercuts distordus assénés par Shinya Tsukamoto (Tetsuo, Bullet Ballet) ou les violentes fulgurances de Tueurs nés. Mais soyons clair, ce n’est pas ce qui intéresse le réalisateur, John Cameron Mitchell. Selon ses propres dires, il voulait plutôt « faire un film pop sur l’amour ».  Et c’est bien une œuvre haute en couleur que nous offre le cinéaste anglais.

A Croydon, en 1977, Enn et ses deux amis sont des losers parmi les marginaux. Personne ne s’intéresse réellement à eux, et encore moins à leur fanzine. Après un concert, les trois garçons se retrouvent à frapper à la porte d’un étrange manoir habité par des aliens. Les locataires habillés en latex multicolore pratiquent une danse collégiale chorégraphiée. Parmi ces extra-terrestres au look de sci-fi vintage se trouve Zan (Elle Fanning) qui compte bien suivre les trois amis pour découvrir le monde des terriens, ses mœurs et ses rébellions.

Le film commence en transpirant l’esthétique punk par tous les pores, et nous présente l’environnement dans lequel évoluent les personnages : Croydon, ses briques rouges et ses concerts underground. Tout sent la bière et le parquet qui colle. Puis en entrant dans le manoir des extra-terrestres, le métrage opère un changement stylistique et nous plonge dans une atmosphère de galerie d’art contemporain sous fond de krautrock. Le film continuera ces ruptures visuelles tout le long, allant même jusqu’à invoquer une version baroque des visions hallucinées d’Altered States (de Ken Russell) dans une scène de concert endiablée. C’est d’ailleurs pendant cette scène que Enn contaminera Zan avec le virus de la révolte et que l’on comprendra les réelles intentions des aliens.

La métaphore sous-jacente qui irrigue le récit apparaît assez rapidement. On décèle tout de suite que les mœurs des extra-terrestres représentent le conservatisme de l’Angleterre dans laquelle vivent Enn et ses amis, les figures d’autorité aliens portant des imperméables aux couleurs de l’Union Jack. Le parallèle allant même jusqu’à représenter la Reine dans une figure démiurgique androgyne tout de blanc vêtue. Zan, dans sa volonté de briser les règles établies par ses aînés, arrivera à trouver une nouvelle voie, celle du cœur, et ainsi entraînera la chute d’un système millénaire en le détruisant de l’intérieur.

« LE PUNK, C’EST DU BLUES QUI SE BARRE EN COUILLES »

Si le point d’orgue reste la séquence du concert, le film regorge de trouvailles visuelles, la plus amusante étant l’extra-terrestre avec un double majeur, sorte de double doigt d’honneur à l’establishment. La mise en scène de la romance entre Enn et Zan offre des moments de douceurs captivants et les conflits internes qui animent les personnages sont retranscris avec justesse. On jubile devant les excentricités des extra-terrestres et la flamboyance du personnage de Nicole Kidman, sorte de guerrière moderne aux répliques qui font mouche. Mais même si le film propose un récit distrayant et un sous texte intéressant quoique facile, le tout reste un peu vain. On aurait aimé plus de fureur dans cette quête initiatique gentiment subversive. Car en délaissant la fantaisie rock’n’roll de la mise en scène pour l’injecter dans sa narration plutôt bordélique, John Cameron Mitchell laisse son spectateur sur sa fin. Mais finalement, est-ce que ce n’est pas ça, l’esprit punk ? S’affranchir des codes sans s’occuper du reste ?

How to talk to girls at parties de John Cameron Mitchell. Avec Elle Fanning, Alex Sharp… 1h42
Sortie 20 juin

[CANNES 2017] Mise à mort du cerf sacré : Un film qui vous glace le sang

Le réalisateur décalé et à l’univers bien particulier de The Lobster est de retour. Si vous n’aviez pas aimé son précédent film passez votre chemin parce que Mise à mort du cerf sacré est tout aussi dérangeant que le précédent. Steven, brillant chirurgien est marié à Anna, ophtalmologue renommée. Ils vivent heureux dans une jolie demeure avec leurs deux enfants Kim et Bob. Cependant cette tranquillité risque vite d’être ébranlée par Martin, un jeune garçon que Steven a pris sous son aile et qui s’immisce petit à petit dans cette famille jusqu’à leur faire commettre l’irréparable.

Un film à la précision chirurgicale

Depuis le début le réalisateur grec divise et encore une fois avec son nouveau film présenté en compétition officielle il est loin de faire l’unanimité pourtant ce film s’avère efficace. Un côté très glacial que ce soit à l’image, les dialogues dénués d’émotions ou simplement l’environnement totalement aseptisé. Evidemment on retrouve cet humour noir très présent qui dissèque cette famille qui est en train de partir en lambeau. Le film reprend des codes de la tragédie grecque en les transposant dans une atmosphère beaucoup plus anxiogène. On comprend rapidement les enjeux de ce père de famille qui, pour sauver le reste de sa famille, doit sacrifier l’un d’entre eux après que Martin ai lancé un sort ou quelque chose dans le genre, entraînant lentement leur mort.

Colin Farell est de retour et semble toujours aussi efficace tout comme Nicole Kidman. La meilleure interprétation revenant à Barry Keoghan au regard glacial et au visage inexpressif qui a de quoi vous filer les jetons pendant toute la durée du film.

Entourés de le tout d’une mise en scène angoissante et une musique qui pourrait bien vous donner un AVC et on obtient du Yorgos Lanthimos comme on aime (ou pas) : décalé, incisif et noir.

[CRITIQUE] Lion : Un film qui manque cruellement d’émotion

Lion était annoncé depuis des mois comme l’un des films les plus bouleversants de l’année, étant même surnommé « Le nouveau Slumdog Millionnaire » et pourtant… Parfois mieux vaut éviter de ce fier à ce trop plein de ferveur envers un film car malgré une bande-annonce aux premiers abords alléchante, Lion n’arrive pas à sortir du lot et dont le taux lacrymale risque de vous énerver plus qu’autre chose.

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Sunny Pawar, une petite révélation

BAFTA du meilleur acteur pour Dev Patel, on oublie bien trop le jeune Sunny Pawar qui joue Saroo jeune. Une petite bouille d’ange qui vous fait craquer dès les premières minutes et une histoire qui émeut. Ce petit garçon orphelin perdu dans Calcutta comprend bien vite qu’il ne retrouvera pas sa mère, son frère et sa soeur. Sunny Pawar nous touche par sa fougue, son sourire et son histoire. Une histoire que Saroo n’oublie pas une vingtaine d’années plus tard. Incarné par Dev Patel, l’acteur anglais tient pour la première fois la tête d’affiche ce qui lui vaut une jolie nomination aux Oscars et un pourcentage de réussite assez élevé. Dev Patel fait sans aucun doute partie de ces acteurs charismatiques dont les émotions arrivent à passer seulement par le regard. C’est puissant, c’est assez bouleversant mais à trop vouloir faire du pathos, on en fait une overdose.

Un taux lacrymal qui frise l’indécence

On l’a compris, ce film est fait pour pleurer pourtant ce n’était pas nécessaire d’en faire des caisses. L’histoire parle d’elle même et dégage assez d’émotions comme ça alors quand on y ajoute une Nicole Kidman dont la seule tâche dans ce film est de pleurer, ce n’est juste pas supportable. Parce que Nicole Kidman pleure quand elle est heureuse, quand elle est triste, quand elle est debout, quand elle est assise et nous on veut juste qu’elle arrête.

L’impact émotionnel du film est également amoindri à cause d’un problème de chronologie dans le scénario. Il aurait été plus judicieux d’ouvrir le film sur Saroo adulte qui justement replonge dans ses souvenirs au fur et à mesure, permettant ainsi au spectateur de découvrir son histoire petit à petit jusqu’à son magnifique dénouement. Au contraire, on sait tout depuis le début et résultat, on s’ennuie un peu.

On notera malgré tout la participation de Sia pour la chanson du générique de fin, sublime, tellement parlante, tellement parfaite, bref tellement Sia quoi.

Dev Patel a le potentiel pour espérer gagner son Oscar demain soir cependant il est certain que Lion ne gagnera pas celui de Meilleur Film, la faute à un trop plein de sentiments qui finissent par étouffer le film malgré la superbe histoire derrière.

Ma note : ★★★★★

[ACTU] Ce qu’il faut retenir de l’actualité ciné cette semaine

Au menu cette semaine, Georges Clooney honoré, Asghar Farhadi n’ira pas aux Oscars, Cannes a « élu » son président, la suite d’Avatar en développement, Ben Affleck jette l’éponge et Intouchables version USA enfin en marche !

 

Georges Clooney à l’honneur

In The Air George Clooney

Après la défection de Roman Polanski en tant que Président de la cérémonie des Césars le 24 Février prochain et son non remplacement, Georges Clooney sera lui récompensé avec un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.  Pour  l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma « George Clooney,  [est] un nom à tout jamais inscrit au Panthéon des acteurs de légende« .

Découvrez l’affiche de la cérémonie 

Marion Cotillard star de l’affiche des César 2017

 

Asghar Farhadi contraint au boycott

Suite au décret (interdisant l’accès au territoire américain à des ressortissants de certains pays musulmans) du nouveau Président des USA Donald Trump, la présence du réalisateur iranien nommé aux Oscars pour le meilleur film étranger Le Client semblait menacé. Face à cette incertitude il a décidé de boycotter cette prestigieuse cérémonie juste après son actrice Taraneh Alidoostiqui qui a pris une décision similaire. Asghar Farhadi avait déjà obtenu cette récompense avec le long métrage Une Séparation en 2011.

Le festival de Cannes a choisi son Président

Pedro Almodovar président du festival de Cannes 2017

Pour le festival de Cannes prévu du 17 au 28 Mai prochain Pedro Almodovar a été choisi pour présider la cérémonie. Ce choix n’est pas vraiment surprenant pour un réalisateur ayant monter les marches à plusieurs reprises notamment pour les films Tout sur ma mère ou encore Volver. Le cinéaste espagnol s’est dit « heureux de fêter le 70e anniversaire du Festival du Film de Cannes dans cette fonction si privilégiée ».

 

La suite d’Avatar en tournage dès le mois d’Août

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La suite d’Avatar devrait entrée en production au mois d’Août si l’on en croit les propos du célèbre réalisateur James Cameron. En effet ce dernier travaille sur Avatar 2, 3, 4 et 5 depuis de nombreux mois et il vient d’ailleurs de terminer l’écriture du cinquième volet. Il se consacre à présent sur les préparatifs de tournage prévu pour cet été avec d’abord la performance capture dès le mois d’Août. Si cela se confirme le premier film pourrait sortir sur nos écran dès la fin 2018 et l’ensemble des 5 films devraient s’étendre jusqu’en  2023. James Cameron devrait continuer à explorer Pandora et les acteurs principaux seraient de retour également.

 

Ben Affleck ne réalisera pas The Batman

Ben Affleck dans Batman V Superman de Zack Snyder

Alors qu’il devait réaliser le prochain film The Batman, Ben Affleck n’occupera pas cette fonction finalement. En effet en plus d’être réalisateur et producteur le cinéaste devait également endosser le costume du super-héros. Face à cette charge de travail et afin d’éviter que cela ne se ressente sur la qualité du film, Warner Bros et Ben Affleck ont pris cette décision conjointement. Il gardera néanmoins sa casquette de producteur et d’acteur dans ce film à venir. Un remplaçant devra donc être désigné prochainement. Affaire à suivre.

 

 

Le tournage d’Intouchables a commencé

Kevin Hart reprend le rôle d'Omar Sy

Le film maintenant culte et au 20 millions d’entrées Intouchables va bel et bien avoir un remake sauce USA. Le tournage vient de débuter et c’est l’acteur  Kevin Hart (ex Breaking Bad) reprenant le rôle d’Omar Sy qui nous l’apprend via le réseau social Instagram. Au niveau du casting on retrouve Nicole Kidman dans le premier rôle féminin et Bryan Cranston  quant à lui reprendra le rôle de François Cluzet.

D’autres news Dimanche prochain ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Figure de la scène littéraire et médiatique française, Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors que Fougerole fait la promotion dans un débat télévisé de son nouveau roman « A bras ouverts », invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d’appliquer ce qu’il préconise dans son ouvrage. Coincé et piqué au vif, Fougerole prend au mot son adversaire et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Mais dès le soir-même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison de Marnes-la-coquette… Les convictions des Fougerole vont être mises à rude épreuve !