Armageddon Time : Le temps des désillusions

Avec Armageddon Time, James Gray ne renouvelle pas son style et préfère revenir à une épure lui convenant davantage. Sa filmographie aussi courte que dense a déjà parcouru les milieux mafieux (Little Odessa, The Yards, We Own the Night), le film romantique (Two Lovers), les films historiques (The Immigrant, The Lost City of Z) et la science-fiction (Ad Astra). En diversifiant les genres cinématographiques, Gray n’a jamais changé de trajectoire de fond par une approche intime et éminemment personnelle du récit. Qu’il filme l’espace, la jungle ou les banlieues new-yorkaises, ce sont les sentiments profonds de ses personnages qu’il capte sur pellicule.

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Saint-Omer : Tou·tes coupables

Alice Diop est une réalisatrice confirmée pour ses documentaires (dont Nous en 2021, primé à Berlin). Avec Saint-Omer, elle s’essaie pour la première fois à la « fiction », son arc narratif est inspiré de faits réels mais baigné d’une approche documentaire et documenté. Pendant deux heures, son récit et sa mise en scène, Lion d’Argent à la Mostra de Venise 2022, nous emmène dans une analyse profonde de l’Homme et des devoirs imputés aux femmes. Poignant.

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Le Goût du riz au thé vert : Mariage à ranger

Aparté : Dans un soucis de fluidité dans cette retrospective dédiée au cinéaste Yasujirō Ozu, nous avons décidé de ne pas composer d’article sur le film Eté précoce (1951). En effet, ce dernier – bien que majeur dans l’oeuvre du monsieur – a une histoire, un cheminement narratif ainsi qu’un contexte de production très similaire au précèdent long-métrage abordé : Printemps tardif. Pour autant, nous vous recommandons fortement son visionnage. Déjà car c’est une nouvelle occasion d’admirer Setsuko Hara au sommet de son art dans le rôle d’une autre « Noriko », mais surtout car Eté précoce permet d’élargir le portrait du Japon déjà détaillé dans le film précèdent notamment par une plus grande galerie de personnages délicieux, toujours composés avec l’aide de Kōgo Noda à l’écriture.

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Montana Story : This is the end

Tout porte à croire par son titre que Montana Story lorgnerait autour du Western, malheureusement on en est très loin. Présenté en compétition à Deauville, le film parle des conflits familiaux dans un immense décor montagneux. Cal et Erin sont frère et sœur, ils se réunissent après l’attaque cérébrale du patriarche qui les amène à devoir gérer le ranch et le père alité.

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War Pony – Il était une fois dans la réserve

Il est toujours nécessaire de voir des films qui prennent à bras le corps le sujet des réserves amérindiennes. On se souvient que tout un pan de la société américaine est la plupart du temps mis à l’écart. Dans ces rares films, toujours indépendants, il est intéressant de penser à Wind River de Taylor Sheridan, qui aborde avec une sincère âpreté la vie en réserve. War Pony est quant à lui un film nécessaire et sans ambages qui dévoile l’abandon des amérindiens à travers le chemin de vie de deux personnages.

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Lucky – Le dernier chant du merle moqueur

Au beau milieu d’une longue carrière d’acteur, John Carroll Lynch s’offre une petite escapade de réalisateur dans l’Ouest américain avec Lucky, digne représentant du cinéma indépendant qui regarde s’éteindre l’Ouest vieillissant en même temps que ses légendes. Dernier film de l’acteur Harry Dean Stanton – décédé six mois après sa sortie en salles – le long-métrage sonne comme un chant du cygne se refusant la longue agonie de l’apitoiement.

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Leïla et ses frères : le cinéma iranien, à pas de géants

Révélé en 2021 dans l’hexagone par la Loi de Téhéran (sorti en 2019 en Iran), Saeed Roustaee s’est vite vu associer la carte de jeune prodige du cinéma iranien. Alliant virtuosité formelle des grands Friedkin et polars américains, avec la richesse et la rage d’un état des lieux social d’un pays qui bouillonne. Un an plus tard, Leïla et ses frères présenté en compétition officielle du Festival de Cannes 2022, passe la vitesse supérieure et s’élève comme une chronique familiale qui ne laisse aucun doute. La tragédie crée les plus belles œuvres.

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Les Cinq Diables : Allô Maman, ici ta fille

Après l’hypnotisant (et envoûtant) Ava en 2017, Léa Mysius revient (enfin) à la réalisation. Présenté à la Quinzaine des cinéastes du dernier festival de Cannes, les Cinq diables ne présente plus un mais plusieurs récits initiatiques, ceux qui permettent à nos sens de s’éveiller, avec un peu de mysticisme. Une réussite dans le fond et la forme.

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Tétralogie de la mort de Gus Van Sant – Une mort peut en cacher une autre

Au début des années 2000, Gus Van Sant sort du succès hollywoodien de Good Will Hunting et peine à se retrouver dans une mécanique cinématographique en panne d’originalité. Il entreprend de se dissocier d’Hollywood en se recentrant sur des projets plus simples, moins onéreux, mais avant tout plus libres. De cette volonté de renouveau naît une tétralogie dans laquelle il expérimente la renaissance de ses envies de cinéaste tout en axant ce barnum sur un thème commun : La mort. Ce qui est tout d’abord une trilogie composée de Gerry, Elephant et Last Days, est complétée en 2007 par Paranoid Park donnant officiellement à cette période de sa filmographie le titre de Tétralogie de la Mort ou Trilogie de la Mort plus un.

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Introduction : Foi et cinéma

Sous la banalité que l’on pourrait reprocher à l’intrigue d’Introduction, s’y love une profonde douleur dans un écrin noir et blanc étonnement doux. Chacune des trois parties constituant ce métrage agrémente une émotion particulière au quotidien qu’Hong Sang-Soo filme comme des souvenirs. Aussi présent dans l’esprit qu’ils paraissent survenir d’un lointain passé.

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Revoir Paris : Live and let die

Alice Winocour nous a impressionné dans Proxima, son précédent film, par la justesse de sa mise en scène sur les difficultés relationnelles entre une mère et sa fille. Eva Green cède le rôle-titre à Virginie Efira pour une autre histoire mais avec un fil commun : la représentation universelle des émotions humaines.

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Les Passagers de la Nuit : Vivre d’amour

Mikhaël Hers (Ce sentiment de l’été, Amanda…) revient nous plonger dans les années 80 pour y suivre une famille monoparentale qui fait face à de nombreux bouleversements. Un récit existentialiste qui questionne ce qui est acquis, ou pas, dans notre expression des sentiments.  

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Interview de Louda Ben Salah-Cazanas « Que ce film soit un témoignage des difficultés rencontrées par les jeunes »

Le Monde après nous raconte l’histoire de Labidi, un jeune homme sur Paris, qui n’arrive pas à accomplir son rêve : devenir écrivain. Pour faire face à ses dépenses, il enchaîne les petits boulots et quelques arnaques mais sa rencontre avec Elisa, d’un milieu plus aisé, lui fait réfléchir sur celui qu’il est et celui qu’il veut devenir.

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Douceurs du hasard et fantaisies douces

Quelques mois seulement après Drive My Car, multiplement récompensé, Hamaguchi Ryusuke revient avec Contes du hasard et autres fantaisies, traduction de Gūzen to sōzō, « hasard et imagination », dont le film sera l’exploration conceptuelle. Après une adaptation de trois heures d’une nouvelle de Murakami, place à trois petites histoires juxtaposées.

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Spencer : Songe d’une vie passée

L’horizon, c’est sur cela que débute Spencer. Un horizon obstrué par une route. Après quelque temps, un cortège de voitures et de camions passe, recouvrant les gazouillements des oiseaux et de la nature environnante. Par ce plan fixe s’installe une ambiance mélancolique et contemplative, sublimée par la photographie de Claire Mathon (Portrait de la jeune fille en feu, Rester Vertical, …). Cette fixité se poursuit sur le plan suivant, dans la pénombre d’un garde à manger ou la lampe d’un militaire en train d’inspecter l’endroit éclaire le lieu métallique. Larraín dispose discrètement une atmosphère latente de malaise mécanique d’un lieu au pouvoir dramatique sur le récit. : La cuisine, endroit souterrain où les traumatismes les plus profonds de la protagoniste surgissent. Reflet des véritables troubles alimentaires en lien à la dépression qu’a vécue Diana Spencer dûe aux contraintes de la royauté.

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