Les Deux Alfred : French Tech

Les nouvelles technologies et la start-up nation sont-elles des thématiques qui ont fortement marqué Denis Podalydès ? Aucune idée, mais la coïncidence est folle lorsqu’après avoir été dirigé par le duo Delépine & Kervern et leur excellent Effacer L’historique, c’est sous la caméra de son frère Bruno qu’il développe le sujet. Sous un ton bien plus jovial et lunaire, propre au fraternel, Les Deux Alfred regarde le monde qui nous entoure avec une certaine ironie.

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Des Hommes : À la recherche du trauma

La sélection cannoise 2020 est définitivement étrange. Après un Peninsula qui a déçu plus que de raison, on découvre Des Hommes, probablement là pour la renommée de son auteur Lucas Belvaux, mais qui sera enclin aux mêmes railleries, à se demander quelles ont été les substances consommées par Frémaux et Lescure lors de leurs sempiternels visionnages sélectifs. Un casting pourtant de choix – même si l’on connait les capacités diminuées du Depardieu semi-national – mais qui se noie dans un récit bafoué, et se plante en beauté.

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Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary : Tête brûlée au Far West

Même si l’édition 2020 d’Annecy n’a pas pu avoir lieu physiquement, elle a quand même récompensé du Cristal du meilleur film Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary. Le Festival de Deauville lui a ouvert ses portes et c’est ainsi que nous avons pu découvrir un des meilleurs longs-métrages d’animation de cette année.

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Resistance : Barrez-vous, cons de mîmes

Les films sur la Seconde Guerre Mondiale, cette plaie moderne. Non pas que le sujet soit inintéressant, au contraire, mais il semble tellement éculé que ça en devient indécent. D’autant plus lorsqu’il se fait le théâtre d’un cinéma voyeuriste, prenant son/sa spectateur·ice pour un·e inculte en histoire, et qu’il peut balancer tout le misérabilisme possible sans ménager ses artifices ni cacher sa honte. Après tout, des enfants sont mort·e·s, le public est donc acquis et chiale quoi qu’il arrive.

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The Nest : (false) gothic romance

Le capitalisme… cet univers impitoyable. Dans The Nest, Jude Law incarne un ambitieux entrepreneur qui fait tout quitter à sa famille pour tenter sa chance ailleurs.

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Kajillionaire : Family business

Le Japon a Kore-Eda et son Affaire De Famille, la Corée a Bong et son Parasite, les États-Unis ont Miranda July et son étrange Kajillionaire. Le point commun de ces films aux abords différents ? Ces familles de galériens vivant de petits larcins et autres arnaques. À l’instar des œuvres précédemment citées, Kajillionaire joue de son ton léger, de sa maîtrise des codes de la comédie pour cacher derrière ses couches d’hilarité un véritable drame humain.

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Shiva Baby : Journée mortifère

Danielle est une jeune fille en terminale qui entretient des relations sexuelles tarifées avec Max. Un après-midi, la voilà à une Shiva (un rituel juif effectué après le décès de quelqu’un) avec ses parents un peu névrosés mais surtout avec le reste de la famille et des amis de la famille qui ne voient pas d’un très bon œil la direction que prend la vie de Danielle. Alors qu’elle pense que ça ne pourrait pas aller plus mal, voilà que débarque Max et surprise… il a une femme et un bébé ! Une journée qui risque d’être bien longue et non sans risque pour Danielle.

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Lorelei : Tirer la sirène d’alarme

Dans les portraits humains marquants, les récits de rédemption font foison. Avec Lorelei, présenté en compétition à Deauville, Sabrina Doyle se fait la conteuse de l’aventure croisée de deux âmes torturées, dont la rencontre permet l’explosion, et l’avancée.

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Love Is Love Is Love : Caméra-tricot

Eleanor Coppola, moins connue pour son unique métrage de fiction que pour ses épousailles avec ce cher Francis, s’essaie de nouveau à la caméra avec Love Is Love Is Love, présenté au festival de Deauville. À 84 ans, celle qui avait immortalisé l’enfer Apocalypse Now avec son excellent documentaire Au Coeur Des Ténèbres entend nous offrir une anthologie composée de trois courts-métrages, garante de trois visions de l’amour. Une heure trente plus tard, on se demande encore ce qu’elle avait envie de raconter.

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Sophie Jones : Aime-moi

À seulement 16 ans, Sophie Jones doit faire face à la mort prématurée de sa mère. Un deuil qu’elle n’arrive pas à faire, si bien que pour ressentir ne serait-ce qu’une chose, elle se lance à corps perdu dans des relations sans lendemain. Un comportement qui va doucement l’éloigner des seules personnes qui l’aiment réellement, avant qu’elle ne se rende compte que ces moments charnels sont vains et ne combleront jamais ce que le véritable amour peut offrir.

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[DEAUVILLE 2020] Holler : Avenir rouillé

Nous sommes en plein hiver et le temps semble suspendu pour Ruth et son frère qui tentent de survivre jour après jour sans que rien ne change. Alors que les perspectives d’avenir pour la jeune fille sont limitées, c’est finalement un courrier lui annonçant son admission à la fac qui va peut-être lui offrir une porte de sortie, contrebalancée par des frais de scolarité impossibles à avancer pour ceux qui peinent déjà à payer loyer et eau. Avec un père absent et une mère en prison qui refuse d’aller en désintoxication, le quotidien de ces enfants obligés d’être adultes est compliqué. Ruth se retrouve à travailler avec son frère pour une bande de ferrailleurs illégaux et se frotte dangereusement à la mort pour essayer de s’en sortir.

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Giants Being Lonely : Derrière le film, le trauma

Nous suivons Adam, Bobby et Caroline qui côtoient tous les trois le même lycée. Comme tous adolescents, ils ont leurs petits tracas du quotidien : les amis, les amours, les rivalités et la famille avec laquelle on a parfois du mal à s’entendre. D’autant plus qu’Adam et Bobby jouent dans l’équipe de baseball, et que le coach n’est personne d’autre que le père du premier. Chacun d’entre eux a des rapports compliqués avec ses parents. Adam qui doit toujours satisfaire son père sous peine d’être puni (aussi physiquement que psychologiquement) alors que la mère ne daigne dire un mot par peur de contredire son mari. Bobby dont la mère est partie et qui doit s’occuper de son père seulement bon à dormir dans le canapé, et Caroline qui a du mal à s’entendre avec sa maman. Lorsque les tensions se font de plus en plus fortes, l’ombre d’un drame n’est jamais bien loin.

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Uncle Frank : Fruit de la passion

Il est toujours évident qu’un coming-out est une épreuve pour celleux devant affronter une famille à l’éducation et aux mœurs différentes. Dans la campagne américaine de 1973, on imagine les difficultés pour un homme gay d’affirmer sa personnalité, et de faire accepter sa « différence« . Avec la douceur et la justesse qu’il avait déjà dévoilé dans ses scénarios – Six Feet Under et American Beauty, pour ne citer qu’eux -, Alan Ball nous offre avec Uncle Frank un récit initiatique profond et touchant, qui ne peut laisser personne indifférent·e.

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First Cow : Lait-hargique (mais vachement bien)

Le film s’ouvre de nos jours sur une jeune femme qui se balade dans les bois et découvre deux squelettes. Qui sont-ils ? Que s’est-il passé ? Quelle est leur histoire ? Nous voilà replongés au début du 19e siècle au cœur de l’Oregon. Cookie Figowitz est un cuisinier expérimenté qui rejoint un groupe de trappeurs avant de partir vaquer à ses propres occupations. C’est sur la route qu’il rencontre King-Lu, un immigrant chinois qui rêve de faire fortune et lui propose de s‘associer pour monter un petit business. Le but ? Fabriquer de délicieux mets à partir du lait de vache volé chez un Anglais qui vient d’arriver avec la première vache du pays. Ni une, ni deux, les deux compères font fortune mais comme toute entreprise florissante, ils en veulent plus quitte à se brûler les ailes.

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Teddy : Simple villageois ?

Dans un petit village de Pyrénées, Teddy vit simplement avec son oncle adoptif. À 19 ans, le garçon est chômeur et apprécie peu les gens qui habitent dans le même patelin que lui. Il partage son temps entre son petit boulot d’intérim dans un salon de massage et sa petite-amie Rebecca sur le point de passer son bac. Une rumeur court dans les champs comme quoi une bête s’attaquerait aux hommes et aux animaux, en témoignent les nombreux cadavres qui jonchent le village jour après jour. Alors quand Teddy se fait mystérieusement mordre dans la forêt, on réalise que voir la bête initiale ne va pas être l’intérêt du récit. Simple histoire de loup-garou ? Pas que.

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