Le Tombeau Des Lucioles : Abandon crépusculaire

Notre rétrospective Ghibli a commencé à s’éloigner des sentiers arborés par Hayao Miyazaki, pour s’intéresser aux autres auteurs de la firme, et surtout son alter-ego tout aussi représentatif des travaux du studio, Isao Takahata. Alors que nous sommes déjà revenus sur Souvenirs Goutte À Goutte, nous nous penchons aujourd’hui sur le premier film que le japonais y a réalisé, Le Tombeau Des Lucioles. Quiconque s’apprêtant à le découvrir se verra souvent entendre la même remarque par les amateurs : « Si tu ne pleures pas devant, c’est que tu n’as pas de cœur ». On aurait voulu leur donner tort, mais une heure trente d’émoi plus tard, le constat est unanime : les larmes sont bien là.

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The Intruder : I Hate Your Guts !

Recenser les métrages anti-racistes aujourd’hui est un jeu d’enfant. Que ce soient des œuvres qui parlent des situations actuelles ou celles qui nous font des rapports historiques quant à des moments déterminants, le sujet est éculé, dans le bon sens du terme, et souvent nous ont rappelés ces grands pas qui ont été faits, à l’instar de ceux qu’il y a – malheureusement – toujours à faire. Mais ce que l’on a du mal à s’imaginer, c’est combien il a été difficile, dans une période plus troublée, d’émettre une œuvre artistique qui traite du sujet. Les obstacles qu’a du encourir Roger Corman pour The Intruder, alors qu’il entreprend un tournage dans un état du Sud seulement huit ans après les dernières lois abolitionnistes, on les entrevoit à peine. Heureusement, l’homme qui a toujours travaillé avec des bouts de ficelles – le cas de le dire quand, pour 500 000 dollars demandés, ce qui n’est déjà pas bien gourmand, il a du tourner et monter le film avec moins de 100 000 dollars, finalement avancés de sa poche – a plus d’un tour dans son sac, et on aurait clairement regretté de ne pas voir un film qui retourne autant, et dont la sincérité suinte par les bords de l’écran.

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Aguirre, la colère de Dieu : Aux confins de la folie

La jungle est l’un des territoires par excellence pour explorer l’âme humaine et ses vices. On pense évidemment à Apocalypse Now (1979), très récemment Monos (2020) et entre les deux Fitzcarraldo (1982) de Werner Herzog. C’est d’ailleurs ce dernier qui, en 1972, réalise un jalon du genre avec Aguirre, la colère de Dieu, film déjà vertigineux tant par son tournage que son résultat.

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Une Journée De Fous : Dream Team dans la ville

Sorti en 1989 et réalisé par Howard Zieff, Une Journée De Fous est l’archétype du feel-good movie américain des années 80, malheureusement bien oublié depuis. Ressorti par Rimini Éditions ce 21 janvier, on vous conseille vivement ce petit moment de bonne humeur, servi par des acteurs qui s’éclatent. En ce moment de tristesse et confinement, rien de tel qu’une aventure urbaine légère et sans prétention.

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La Bonne Épouse : bobonne s’en va t’en guerre

Le cinéma, c’est bien connu, c’est aussi fait pour éduquer. Nous rappeler les bonnes vieilles manières, ces automatismes perdus, et la place des genres dans la société. Qu’il est bon de se rappeler le manuel de La Bonne Épouse qui apprenait aux femmes, incapables de penser par elles-mêmes, à être de bonnes épouses dépendantes de leur mari, à faire de bons petits plats et surtout à maintenir la maison, noyau dur du foyer familial, en ordre. Surtout, qu’il est bon de se rappeler le jour où elles ont décidé de tout envoyer chier.

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Un fils: Une urgence familiale

Un fils est le premier film de Mehdi M. Barsaoui, une nouvelle surprise d’un cinéma maghrébin s’imposant à la face du monde, et dont de nombreux films ont commencé à titiller les festivals du monde entier. Papicha de Mounia Meddour en Algérie, Much Loved de Nabil Ayouch au Maroc ou Plus Jamais Peur de Mourad ben Cheikh en Tunisie. Une démonstration toute belle d’un cinéma grandissant lors de cette dernière décennie. Aujourd’hui Un Fils est la preuve qu’une nouvelle génération est bouillonnante et prête à s’exprimer. Mehdi M. Barsaoui réunit Sami Bouajila (Indigènes, Braqueurs) et Najla Ben Abdallah, connue pour avoir jouer dans des séries locales.

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Ben is back : il aurait mieux fait de ne pas revenir

À trois semaines d’intervalle sortent deux films qui sont – drôle de coïncidence – assez ressemblants. « My beautiful boy » qui sort le 6 février traite d’une histoire vraie, celle d’un père qui va se battre pendant des années pour sauver son fils de l’addiction. D’un autre côté nous avons une mère qui, pendant une nuit entière, va tout tenter pour retrouver son fils qui retombe à son tour dans l’addiction. Deux histoires similaires sauf que l’une fonctionne et pas forcément l’autre.

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Galveston : Dead man walking

Nouvelle-Orléans, 1987. Roy est un petit truand dont les dettes s’accumulent. Un soir, son boss lui tend un guet-apens, dans une maison isolée, mais réussit à s’échapper. Dans sa fuite, Roy emmène avec lui une jeune fille, Rookie, retrouvée attachée sur le lieux de l’attaque. Cette cavale les mènera au Texas, à Galveston, où les fuyards passeront quelques jours de paix, face à la mer, … Continuer de lire Galveston : Dead man walking

[CRITIQUE] Unsane : l’originalité ne fait pas la qualité.

Si Steven Soderbergh est réputé pour avoir une filmographie éclectique (Ocean’s Eleven, Girlfriend Experience, Side Effects…), il a épaté le monde du cinéma avec Sex, Lies and Videotape, film pour lequel il obtient la Palme d’or et le titre du réalisateur le plus jeune à obtenir ce prix (après Louis Malle). En 2018, il est de retour avec un film horrifique portant le nom d’Unsane (Paranoïa en français), avec pour spécificité d’avoir été tourné entièrement en Iphone. Continuer de lire « [CRITIQUE] Unsane : l’originalité ne fait pas la qualité. »

[INTERVIEW] Matan Yair (Les Destinées d’Asher) : « Les jeunes des classes ouvrières sont avides de connaissance. »

Après un premier documentaire il y a dix ans et un roman publié en 2009, le réalisateur israélien Matan Yair se lance dans un premier long-métrage déjà salué par la critique au dernier Festival de Cannes. Un parcours atypique pour cet homme de 41 ans qui était encore il y a quelques temps professeur de littérature en Israël. Son film Les Destinées d’Asher raconte le parcours d’Asher, un jeune homme tiraillé entre ses études et la pression mise par son père pour qu’il reprenne l’affaire familiale. Onsefaituncine a rencontré Matan Yair lors de son passage à Paris pour le Festival du Cinéma Israélien. Continuer de lire « [INTERVIEW] Matan Yair (Les Destinées d’Asher) : « Les jeunes des classes ouvrières sont avides de connaissance. » »