Lifeline : Spectacle total, spectacle humain

Deux ans après Loving You, Johnnie To réalise une nouvelle commande pour la Shaw Brothers avec Lifeline, qui réunit la même équipe technique mais aussi le couple Lau Ching-Wan et Carman Lee avec pour objectif d’en réitérer le succès. L’histoire suit le quotidien de la caserne de pompiers de Tsz Wan Shan, dont l’équipe d’intervention est dirigée par Yau Sui (Lau Ching-Wan). Réputée comme étant la plus poisseuse de la soixantaine de casernes qui peuple la ville de Hong Kong, elle se voit attribuer un nouveau chef, l’officier Cheung, qui traîne une réputation de tyran insensible.

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Loving You : Love and bullets

On l’oublie souvent, mais avant d’être un auteur célébré dans le monde à partir du début des années 2000, Johnnie To a une carrière de réalisateur de studios depuis 20 ans et son premier film, The Enigmatic Case en 1980. Un réalisateur qui œuvre notamment pour la Cinema City, véritable touche-à-tout capable de passer du drame à la comédie, pour enchaîner avec un polar et un film de kung-fu, et dont le parcours est marqué par des réussites comme The Big Heat, All About Ah-Long, The Bare-Footed Kid, et The Heroic Trio.

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Rétrospective Tsui Hark #8 – Pour le pire… mais surtout le meilleur

Retour dévastateur à Hong Kong, synthèse du polar ayant fait la gloire de la péninsule à partir des années 80 et baroud d’honneur pour un cinéaste ayant porté une partie de l’industrie pendant deux décennies, Time and Tide est aussi le début d’une remise en cause pour Tsui Hark. Remise en cause de son avenir alors que Hong Kong est officiellement redevenue chinoise, mais également remise en cause de son style expérimental qui façonne ses œuvres depuis The Blade, et enfin de ses ambitions de cinéaste à l’heure où le numérique permet des prouesses jusqu’à l’heure impossibles. Il en résulte une période instable pour le cinéaste, mais heureusement courte.

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El : Relation toxique, mode d’emploi

El, ou plutôt « Lui » dans la langue française, bien que la traduction du titre dans notre pays est Tourments. Autant conserver le titre original, bien plus représentatif du film. El, ainsi donc s’agit-il d’un film centré sur la figure de l’homme ? Oui, mais pas n’importe laquelle ! Celle de l’homme puissant, possessif, paranoïaque, oppresseur, menteur et lâche. Réalisé par le cinéaste Luis Buñuel – connu grâce à son court métrage Un chien andalou – il s’agit de l’un des films préférés et les plus personnels de son auteur.

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Zulu : Cicatrices non refermées

Explorer, à travers le genre du polar noir, les plaies béantes de l’Afrique du Sud post-Apartheid, c’est l’ambition du roman Zulu de l’auteur français Caryl Ferey. Explorateur, adepte d’histoires faisant le lien entre le présent et le passé douloureux de pays fracturés (La Nouvelle-Zélande avec Haka et Utu, l’Argentine avec Mapuche, le Chili avec Condor), l’écrivain est également un adepte des thrillers noirs dont il maîtrise les codes pour livrer des œuvres amples, intenses, violentes et radicales.

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Razorback : il court, il court, le sanglier !

Dans les années 70, un courant cinématographique émerge d’Australie. Nommé « Ozploitation », il regroupe toute une vague de films d’exploitation australiens, œuvrant comme une renaissance pour un cinéma local qui ne produit plus de films à la fin des années 60. Telle une nouvelle vague encouragée par le gouvernement du pays, une génération de cinéastes débordants de créativité fait renaître le cinéma australien. Des réalisateurs qui œuvrent principalement dans le genre et se caractérisent par une approche radicale de leur sujet. Le film le plus connu de cette période est bien entendu Mad Max, mais il serait injuste de réduire cette période au seul chef d’œuvre de George Miller. Citons par exemple Réveil dans la terreur de Ted Kotcheff (futur réalisateur de Rambo), Long Weekend de Colin Eggleston, Next of Kin de Tony Williams, Déviation mortelle de Richard Franklin, ou Fair Game de Mario Andreacchio.

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Bastard Swordsman : le ver est plein

À partir de la fin des années 70, le mythique studio Shaw Brothers, qui règne sur le cinéma de Hong Kong depuis les années 60, vit une crise qui perdure au début des années 80. Le studio ne parvient pas à saisir les nouvelles attentes du public qui se détourne progressivement du classicisme des films d’arts martiaux et Wu-Xia Pian qui ont fait sa réputation. Surtout, il se voit concurrencé depuis le début des années 70 par la Golden Harvest grâce aux succès des films de Bruce Lee, puis de Jackie Chan et Sammo Hung.

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Passeport pour l’enfer : Plongée au cœur du Vietnam

Troisième volet de sa trilogie centrée sur les réfugiés de la Guerre du Vietnam, Passeport pour l’enfer est à la fois le film de la reconnaissance pour Ann Hui en même temps que l’un des sommets de sa filmographie. Membre de la Nouvelle vague du cinéma de Hong Kong, la réalisatrice développe et s’affirme à travers un cinéma à l’opposé des standards de celui de la péninsule. Ann Hui tranche en effet avec le style ultra spectaculaire, loufoque et stimulant de Hong Kong par une approche dramatique, lente, centrée sur les personnages et beaucoup plus proche du documentaire.

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Extrême Préjudice : Duel au soleil

Son nom est rarement cité, pourtant Walter Hill fait partie de ceux qui ont façonné le cinéma d’action américain des années 70 et 80. D’abord comme scénariste de Guet-apens de Sam Peckinpah, et aussi en collaborant au scénario d’Alien. Puis en tant que réalisateur, mettant en scène bon nombre de films marquants de ces deux décennies : Le bagarreur, Driver, Les guerriers de la nuit, 48 heures, Les rues de feu, ou encore Sans retour, souvent considéré comme son plus grand film. Si sa carrière est beaucoup moins heureuse depuis le passage aux années 90, son cinéma marque durablement les deux décennies précédentes. Un cinéma musclé, violent, viril, par un réalisateur qui ne navigue jamais très loin du western et qui, s’il ne révolutionne jamais la mise en scène, fait souvent preuve d’une efficacité formelle remarquable.

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L’année du dragon – Voyage dans les bas-fonds de Chinatown

Cinq ans, c’est le temps qu’il faut à Michael Cimino pour revenir derrière la caméra après La porte du paradis. Une véritable catastrophe industrielle qui fait du cinéaste l’ennemi public numéro un à Hollywood, l’accusant d’avoir causé la faillite du studio United Artists et la fin du Nouvel Hollywood. Un raccourci qui oublie que d’autres projets démesurés se sont cassés les dents dans les années qui précèdent (Sorcerer de Friedkin, 1941 de Spielberg, ou dans une moindre mesure New York, New York de Scorsese). Symboliquement, La porte du paradis est la date de fin du Nouvel Hollywood, et Cimino devient indésirable pour l’ensemble des studios du fait de sa propension à faire exploser un budget (d’abord budgété à 7,5 Millions de dollars, le film dépasse finalement les 40 Millions).

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Shanghai Express : Pour une poignée de coups de latte

En 1986, Sammo Hung est véritablement au sommet de sa carrière. Il enchaîne les prestations dans des films de Kung-Fu et grosses productions pour des réalisateurs prestigieux (Zu, les guerriers de la montagne magique). Comme réalisateur, il démontre depuis près de dix ans et ses débuts derrière la caméra pour Le moine d’acier, un savoir-faire indéniable dans la mise en scène de l’action, parvenant à dynamiser chacune de ses chorégraphies. La Golden Harvest lui confie l’un des plus gros budgets de leur histoire pour un projet ambitieux, réalisé pour le nouvel an chinois.

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Rétrospective Tsui Hark #7 – Bons baisers de Bruxelles

Nous sommes en 1997, Hong Kong est à nouveau un territoire chinois. Devant l’incertitude concernant la liberté artistique sous le régime de Pékin et la crise traversée par le cinéma de Hong Kong depuis quelques années, plusieurs artistes partent pour les États-Unis. Tsui Hark en fait partie, et si l’expérience s’annonce dévastatrice, elle est surtout synonyme de frustrations pour le cinéaste qui ne tarde pas à faire le chemin inverse. En attendant, la rencontre avec les muscles de Bruxelles vaut le détour.

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Rétrospective Tsui Hark #6 : Détruire et reconstruire

En 1995, Hong Kong s’apprête à subir de grands bouleversements, et son industrie cinématographique avec. La rétrocession à la Chine continentale approche, ce qui pousse de nombreux cinéastes à se questionner sur leur avenir. John Woo a déjà fait ses valises pour les États-Unis quelques années auparavant. Ringo Lam, Kirk Wong et Ronny Yu s’apprêtent à en faire de même, laissant l’espace à Johnnie To et sa société Milkiway Image de porter le cinéma hexagonal. Tsui Hark, quant à lui, réfléchit à son départ mais il n’a pas encore tout donné à Hong Kong.

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Rétrospective Tsui Hark #5 : Se réinventer par la tradition

Pendant près d’une décennie, Tsui Hark s’évertue de remettre à l’honneur des genres historiques du cinéma de Hong Kong progressivement tombés dans l’oubli aux yeux des jeunes générations. Une volonté d’autant plus forte que le cinéaste reconnaît lui-même être en partie à l’origine de ce déclassement.

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Rétrospective Tsui Hark #4 : La légende renaît

Nous avons vu que la rencontre de Tsui Hark avec John Woo avait été déterminante pour sa carrière de producteur et sa société Film Workshop. Une autre rencontre revêt une importance capitale, avec l’acteur et artiste martial Jet Li. Pratiquant des arts martiaux depuis l’enfance, champion national de Wushu (boxe traditionnelle chinoise) cinq fois d’affilée, il devient une star en Asie à l’âge de 19 ans grâce à la série des Temple Shaolin (Le Temple de Shaolin et Les Héritiers de Shaolin). L’acteur et le réalisateur collaborent pour la première fois avec The Master, une expérience de triste mémoire pour Tsui Hark. Ils réitèrent néanmoins leur association pour ce qui devient instantanément une révolution du cinéma d’arts martiaux.

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