Rétrospective Tsui Hark #9 – À l’heure de la 3D

Alors que le cinéma est en pleine mutation, Tsui Hark ne peut décemment pas rester les bras croisés et se doit d’être de la révolution qui prend son envol lors du passage aux années 2010. C’est ainsi que le réalisateur, toujours aussi expérimental, fait passer son cinéma dans l’ère des trois dimensions.

Dragon Gate, la légende des sabres volants

Après l’expérience mitigée de Seven Swords (film grandiose mais coupé de près d’1h30 au montage), la filmographie de Tsui Hark marque le pas. Les trois films suivants, Triangle (co-réalisé avec Ringo Lam et Johnnie To), Missing et All About Women sont anecdotiques pour le réalisateur de The Blade. Son retour fracassant sur les hauteurs du cinéma asiatique s’effectue en 2010 avec Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme, co-production sino-hongkongaise dont le succès international débouche sur une trilogie, les épisodes suivants étant sortis en 2013 et 2017. Toujours aussi productif, Tsui Hark réalise entre les deux premiers épisodes une nouvelle incrustation dans le Wu Xia Pian avec Dragon Gate, la légende des sabres volants, qui marque une nouvelle collaboration entre le réalisateur et Jet Li. Le réalisateur et l’acteur n’avaient en effet plus tourné ensemble depuis une brouille sur le tournage d’Il était une fois en Chine 3.

Dragon Gate s’inscrit dans l’héritage de Tsui Hark tout en formant une nouvelle étape dans l’évolution de son cinéma. Grand amateur de serials, le réalisateur met un point d’honneur depuis le milieu des années 80 à retravailler les grands récits et figures historiques chinoises dans le but avoué de transmettre la culture et l’identité du pays aux générations suivantes. Dragon Gate poursuit cette voie en étant le second remake du classique de King Hu (Dragon Inn) après une première adaptation déjà produite et co-réalisée par Tsui Hark en 1992 (L’Auberge du dragon). Vingt années se sont écoulées entre le premier et le second remake, deux décennies qui ont vu le cinéma de Hong Kong en crise, la rétrocession à la Chine et surtout la montée en puissance du cinéma Chinois. Conscient de l’impact de l’industrie cinématographique, le gouvernement de Pékin lance un plan de développement du cinéma national, multipliant par 20 le parc de salles dans le pays et créant une véritable industrie du blockbuster. Dans ces conditions et face à des ambitions toujours plus grandes, Tsui Hark ne peut que se résoudre à tourner sur le continent, lui qui s’est souvent montré virulent à l’encontre de ce même gouvernement dans les décennies précédentes.

Les années passent et les époques changent sans pour autant contredire les expérimentations visuelles et la recherche constante d’innovation de Tsui Hark. Or, les années 2010 voient l’avènement de la 3D avec le carton planétaire d’Avatar. Si Cameron n’est pas le premier utilisateur de cette technologie (n’oublions pas le rôle primordial de Robert Zemeckis), il en est le précurseur, suivi par des réalisateurs aussi importants que Steven Spielberg, Peter Jackson ou Martin Scorsese, des personnalités en perpétuelle recherche d’innovations filmiques. Il ne fait aucun doute que Tsui Hark appartient à cette catégorie et tout à fait logique de le voir intégrer cette technologie à son cinéma et sa mise en scène, d’autant qu’il entame avec le premier Détective Dee une évolution notable dans sa mise en scène. Moins brutale que par le passé, moins agressive et démonstrative de son propos politique, elle est entièrement pensée pour la 3D, faisant de Dragon Gate un nouveau terreau d’expérimentations folles pour le réalisateur. Bien que le spectacle soit au rendez-vous, l’expérience visuelle en 2D masque plus difficilement les carences d’un film qui sent le déjà-vu.

Car Dragon Gate, au-delà de reprendre le récit et les scènes clés de L’Auberge du Dragon, cite également d’autres classiques de la filmographie de Tsui Hark comme Il était une fois en Chine avec cette première séquence d’action où les protagonistes se battent en s’envoyant des troncs d’arbres dans la figure. De même, le combat final du film, situé en plein cœur d’une tempête de sable, reprend celui de L’Auberge du dragon. Si la séquence est spectaculaire du fait de combattants qui volent dans les airs dans un festival visuel, elle n’est pas aussi impressionnante que celle du film de 1992. Il est difficile de pleinement apprécier l’expérience en 2D, le film ayant été pensé par son réalisateur pour la 3D, ce que l’on peut immédiatement voir au nombre d’expérimentations visuelles (la tête enfermée dans une boîte, la multiplicité des poings suggérant une avalanche de coups portés par Jet Li) ainsi qu’à une mise en scène spécifiquement adaptée pour le format (voir le final où des éléments sont spécifiquement filmés et mis en avant pour le relief).

Avec le relief, le réalisateur ambitionne d’apporter une nouvelle pierre à la révolution du cinéma hong-kongais qu’il porte depuis 30 ans. Hélas, le film se heurte aux ambitions de son auteur par un trop-plein général. Trop de sous-intrigues, trop de personnages, trop de rebondissements, trop de longueurs dans un film qui perd l’équilibre là où le cinéaste parvient à trouver le juste milieu entre tous ces éléments dans Il était une fois en Chine sans jamais perdre son héritage du serial. Tsui Hark oblige, Dragon Gate se rattrape avec ses combats spectaculaires chorégraphiés par Yuen Bun, mis en scène avec maestria par le cinéaste. Loin de la brutalité, de l’improvisation et de l’instabilité de The Blade, la mise en scène de Dragon Gate est d’une grande précision et accompagne les mouvements des combattants dans leurs envolées physiques. On abandonne la violence des combats pour un lyrisme inhabituel et marquant une nouvelle évolution dans le style de Tsui Hark. 

Sans atteindre les sommets de sa filmographie, Dragon Gate marque une étape importante de la carrière de Tsui Hark par son utilisation du format 3D. Loin d’être un simple gadget, le format est une véritable mine d’expérimentations pour le réalisateur qui parvient à exploiter toutes ses possibilités pour décupler l’ampleur des combats. Il en résulte une œuvre inégale mais foisonnante et vivifiante.

La Bataille de la Montagne du Tigre

Désormais installé au sein de l’industrie cinématographique chinoise avec le carton de Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme, Tsui Hark devient le spécialiste des blockbusters locaux dont l’ambition affichée est de concurrencer les productions hollywoodiennes dans un affrontement symbolique, prolongement du duel entre ces deux superpuissances mondiales auquel on assiste depuis une décennie. Or, le gouvernement chinois semble avoir bien compris que le cinéma est un vecteur de soft power (ndlr : stratégie d’influence internationale par un État par le biais d’acteurs politiques, économiques ou culturels) et de fabrication d’un récit national. La preuve avec La bataille de la montagne du tigre, adapté du roman historique Tracks in the Snowy Forest de l’auteur Qu Bo publié en 1957, dans lequel un groupe de soldats de l’Armée Nationale de Libération affronte des bandits terrorisant les habitants de la région.

Un récit historique se présentant comme une opération de soft power chinois. S’arrêter sur ce postulat serait malhonnête, abreuvés que nous sommes par un cinéma américain loin d’être avare en enjolivement ou en réécriture de l’histoire à des fins de puissance. Pour Tsui Hark, il s’agit de composer avec un récit qui semble directement commandé par le gouvernement chinois, lui dont l’indépendance de ton et d’esprit fait des étincelles depuis ses débuts avec Butterfly Murders. Comment concilier un cahier des charges restrictif en gardant une liberté artistique à laquelle il n’a jamais voulu déroger ? Pour le réalisateur, il s’agit de s’approprier le sujet en l’intégrant à sa propre histoire.

Le film débute aux États-Unis à notre époque (en 2015, donc), bien loin de l’unité de lieu et de temps suggérée par l’histoire. Un couloir, un appartement où une fête se déroule entre ce que l’on devine être de jeunes membres de la communauté chinoise alors en pleine session de Karaoké. La porte s’ouvre sur un jeune homme qui entre dans la pièce comme s’il était attendu. Le plan serré sur ce personnage indique immédiatement qu’il est le sujet principal de cette séquence, ce que confirment les dialogues où l’on comprend qu’il s’apprête à retourner en Chine pour débuter sa carrière après ses études. Soudain, le personnage fixe l’écran de télévision qui diffuse un opéra chinois, fasciné par ce qu’il regarde. Une fascination telle qu’il poursuit ses visions au cours de son voyage au point de s’endormir devant une scène reconstituant une bataille impliquant des soldats de l’Armée Nationale de Libération. Alors qu’il s’endort, un fondu nous plonge au cœur de l’histoire.

Ces premières minutes, surprenantes pour le spectateur qui découvre en salles le film en 2015, raccordent l’histoire de la Chine avec celle de son réalisateur. Difficile de ne pas voir à travers ce jeune étudiant expatrié de retour au pays un parallèle avec l’histoire personnelle de Tsui Hark. Né au Vietnam et ayant grandi en territoire britannique (Hong Kong), le réalisateur effectue ses études de cinéma aux États-Unis. C’est au contact de la diaspora chinoise au sein du Chinatown local que le réalisateur prend conscience de son identité chinoise. Une prise de conscience passée par la culture et l’apprentissage de l’histoire du pays. On comprend pourquoi le film, via son introduction et sa séquence finale, effectue un détour par l’époque moderne pour indiquer au spectateur chinois de ne pas oublier son histoire et de continuer à la transmettre. Comme si Tsui Hark mettait en scène une version de lui-même à travers cet étudiant.

Malgré son indépendance et la virulence politique de bon nombre de ses films sur le gouvernement chinois au cours des années 80 (voir sa description des autorités dans Shanghaï Blues et Peking Opera Blues), Tsui Hark considère que Hong Kong et la Chine forment un seul et même peuple qui devait, un jour ou l’autre, se réunifier. Un propos présent en sous-texte dans Time and Tide qui derrière l’histoire d’amour tourmentée raconte la relation tumultueuse entre la Chine et Hong Kong, se concluant sur un ultime mot prononcé par le réalisateur lui-même en voix off : « l’espoir ». Si l’on trace un trait d’union entre sa vision de Hong Kong dans L’Enfer des armes et dans Time and Tide, il est évident que le réalisateur, malgré ce qu’il peut penser du régime, considère que sa place est dans l’État chinois et non britannique.

Tsui Hark n’est pour autant pas homme à se vautrer dans la pure propagande. Raconter l’histoire n’est pas tant ce qui intéresse le réalisateur, mais plutôt de travailler le mythe qui la sous-tend. Une constante dans sa filmographie, lui qui n’a de cesse de dépoussiérer les mythes chinois pour perpétuer la transmission auprès des générations futures. Dans La bataille de la montagne du tigre, ça consiste à réaliser un grand film d’aventures dans la grande tradition du cinéma américain tout en digérant de multiples références à la culture pop. Le héros est immédiatement identifiable par son look tout droit sorti d’un western, le repère des brigands évoque la saga James Bond (principalement Au service secret de sa Majesté), et le grand méchant de l’histoire ressemble à Heihachi dans la saga de jeux vidéo Tekken. De multiples références à la pop culture au sein d’un film qui évoque le grand cinéma américain, depuis Les douze salopards jusqu’à De l’or pour les braves.

Évocations identifiables dès la première séquence se déroulant dans le passé, du magnifique format 2 :35 à la superbe photographie de Sung Fai Choi (seconde collaboration avec le réalisateur après Détective Dee II : La Légende du Dragon des Mers) en passant par les immenses paysages enneigés de la Chine jusqu’aux grandes séquences d’action, tout évoque le grand film d’aventures populaire américain des années 60. Navigant toujours entre l’héritage et le futur, transpose toute cette imagerie classique dans l’ère du cinéma en trois dimensions, repoussant les expérimentations tentées précédemment par une palette d’effets saisissants, certains directement hérités de son travail sur Time and Tide. Tsui Hark, près de 40 ans après ses débuts au cinéma, poursuit dans la même lignée novatrice qu’à ses débuts, utilisant les nouvelles technologies à sa disposition, faisant de son film une version chinoise des 12 Salopards vrillée de l’intérieur par la folie de son cinéaste.

Certes, si l’on regarde de plus près, on peut toujours trouver ça et là quelques défauts. On peut pointer une multiplicité de personnages secondaires et de sous-intrigues alourdissant le long-métrage par une succession de détours. Une habitude chez le cinéaste qui n’affecte pas la vision de son film. On peut toujours discuter d’effets numériques visibles et loin de la technicité des Américains, mais en plus de s’améliorer, c’est une constante dans le cinéma chinois. Surtout, ces éléments font figure de détails devant l’hallucinant spectacle proposé par Tsui Hark, dont certaines séquences dantesques rentrent parmi les grands moments de sa longue filmographie. Qu’il s’agisse de cet affrontement entre le héros et un tigre ou de ce double climax final, ces passages montrent que malgré les moyens plus importants et des libertés plus restreintes, le cinéma de Tsui Hark reste toujours aussi ambitieux et innovant, d’autant que ces séquences accentuent la thématique principale du film. “À choisir entre imprimer la réalité ou la légende, il faut imprimer la légende”, disait John Ford.

En 1983, Tsui Hark réalisait Zu, les guerriers de la montagne magique, réponse hongkongaise à La Guerre des étoiles. Trente ans après, sa réponse aux blockbusters hollywoodiens enterre la concurrence venue des États-Unis (Jurassic World, Avengers – L’ère d’Ultron, Fast & Furious 7 et Terminator Genysis, tous sortis en 2015) et provoque le même choc pour le spectateur en salles que Mad Max : Fury Road sorti la même année. Un spectacle total, fou et décomplexé, innovant et qui fait le pont entre passé, présent, et futur, à la manière du retour de Max sur les écrans. Tsui Hark a souvent été comparé à Steven Spielberg, peut-être finalement est-il plus proche de George Miller. 

Journey to the West: The Demons Strike Back

Que ce soit comme réalisateur ou producteur, Tsui Hark a travaillé avec bon nombre de grands artistes de Hong Kong : John Woo, Ringo Lam, Johnnie To, ou Yuen Woo-Ping pour citer certaines de ses collaborations les plus connues. En revanche, en grand amoureux de la comédie il ne s’est pas retrouvé en partenariat avec l’une des grandes figures du genre à Hong Kong : Stephen Chow. Bien que révélé en Occident avec la sortie de Shaolin Soccer, Stephen Chow traîne une carrière d’acteur et réalisateur ayant commencé une bonne dizaine d’années avant son film de moines Shaolin faisant du football. Il faut attendre pourtant 2016 pour que les deux hommes collaborent lorsque Chow confie un petit rôle à Tsui Hark dans The Mermaid. En 2017, le réalisateur se retrouve aux commandes d’un film produit et écrit par Stephen Chow : Journey to the West : The Demons Strike Back.

Cette réalisation se trouve être la suite de l’un des plus gros succès commerciaux du cinéma chinois, Journey to the West : Conquering the Demons, écrit et réalisé (en collaboration avec Derek Kwok) par Stephen Chow lui-même. Adaptation d’un célèbre roman chinois, La Pérégrination vers l’Ouest, le film suit le parcours d’un jeune moine bouddhiste chasseur de démons. Modernisation d’un conte chinois populaire, mélange des genres entre comédie, fantastique, action et tournage en 3D : autant d’éléments constitutifs du cinéma de Tsui Hark, surtout quand l’association avec Stephen Chow fait saliver n’importe quel amateur du cinéma de Hong Kong.

Hélas, quelques minutes suffisent pour comprendre que le résultat est loin d’être à la hauteur des attentes. Débutant sur une scène pré-générique et une séquence d’introduction interminables, ces deux passages étalent d’emblée tous les défauts du film. Longueur des scènes, lourdeur des personnages, intrigue inintéressante, humour qui tombe à plat. Un comble pour Stephen Chow dont l’humour atteint des sommets dans Crazy Kung-Fu et pour Tsui Hark qui a largement démontré son tempo comique dans certains de ses films majeurs des années 80 et 90. Là où l’on s’attend à une succession de gags qui font mouche et de séquences d’action qui frappent, on se retrouve la plupart du temps devant des scènes de dialogues interminables, provoquant bien souvent l’ennui.

Le plus terrible est la retenue avec laquelle le réalisateur semble s’être accaparé le projet. Si le talent de metteur en scène de Tsui Hark ne s’est évidemment pas perdu, on est loin de la folie expérimentale qui anime le cinéaste dans Détective Dee 2 : La Légende du dragon des mers ou La bataille de la montagne du tigre, ses deux précédentes réalisations. À sa décharge, le film a été à nouveau tourné en 3D, et les spectateurs français l’ayant découvert au Festival du Cinéma Chinois en France l’ont vu en 2D, ce qui fait perdre les subtilités de la mise en scène du cinéaste. Malgré tout, même en 2D, les précédents films de Tsui Hark restent des spectacles jouissifs et débordants d’inventivité, au contraire de ce Journey to the west. 

Pourtant, quelques séquences ponctuelles empêchent le film de sombrer dans le ratage complet. Les flashbacks avec le personnage incarné par Shu Qi (seule comédienne du premier film à reprendre son rôle) rendent le tout touchant et montrent le soin apporté par le réalisateur à ses personnages féminins. Enfin, les scènes d’action parviennent à mêler spectacle et humour lorsqu’elles impliquent les démons. La scénographie des combats et les artifices de mise en scène font que le film peut se targuer d’être à ce jour la seule adaptation « live » de Dragon Ball digne de ce nom. Le métrage pousse la comparaison dans son final jusqu’à mettre en scène un singe géant qui se bat contre ses ennemis. C’est certes peu en comparaison avec l’idée d’une collaboration entre Tsui Hark et Stephen Chow mais ça a le mérite d’être présent.

Dragon Gate, La légende des sabres volants, écrit et réalisé par Tsui Hark. Avec Jet Li, Xun Zhou, Kun Chen… 2h02.
Sorti en France en vidéo le 27 juin 2013

La bataille de la montagne du tigre, de Tsui Hark. Écrit par Huang Xin, Li Yang, Wu Bing, Dong Zhe, Lin Chi-an et Tsui Hark. Avec Zhang Hanyu, Tony Leung Ka-fai, et Lin Gengxin… 2h22
Sorti le 17 juin 2015

Journey to the West: The Demons Strike Back, de Tsui Hark. Écrit par Stephen Chow. Avec Kris Wu, Lin Gengxin, Yao Chen… 1h49.
Sorti en Chine et à Hong Kong le 28 janvier 2017

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