Camille, récit photo

Si nous sommes aussi informés quant au conflits mondiaux, et avons accès à autant d’images, c’est avant tout grâce à des acteurs de l’ombre que l’on oublie souvent : les photo-journalistes. Ceux qui prennent des risques inconsidérés pour nous fournir la retranscription la plus exacte possible de prises d’armes qui ne les concernent pas directement sont le cœur de ces guerres dont on ne parle que peu, le lien qui nous permet de les réaliser. Avec son engagement envers la Centrafrique, au cœur d’un conflit qui lui apportera la mort, Camille Lepage a inspiré la caméra de Boris Lojkine, désireux de lui rendre l’hommage le plus respectueux possible. 

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Destination Finale : la Mort invisible sous toutes ses formes

À l’orée des années 2000, les films d’horreur finissent une décennie leur ayant offert un nouveau regain de licences, pour le meilleur et surtout le pire. Avec Scream, Wes Craven a pavé une nouvelle voie, plus moderne, détournant les codes tout en en gardant une certaine essence. Alors on s’est bouffé une tripotée de sagas, généralement de très basse qualité. Jeepers Creepers, Urban Legend, Souviens-toi L’été Dernier, et consorts. La qualité se trouve généralement dans le one-shot (on pense à l’excellent Candyman de Bernard Rose) et ces « teenage movie » horrifiques ont souvent tendance à se ressembler, sortant très rarement du domaine du « Slasher« . Choisir de parler de l’un d’eux devient alors un parcours du combattant, notamment quant à la peur d’écrire une idée générique, qui peut s’affilier à tous ces films sans grand intérêt. Mais alors que la rédaction s’est décidée à parler ce mois-ci de la peur invisible, de celle dont on ne devine qu’à peine la forme, un nom nous vient rapidement en tête : la saga Destination Finale.

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Bacurau : la tranquilité, ça se paie (dans le sang)

Aller au cinéma en sachant pertinemment à quoi s’attendre devient un plaisir bien trop commun. Si l’on peut apprécier d’être cajolé dans notre zone de confort, l’expérience cinématographique se veut avant tout être une plongée dans l’inconnu, dans des narrations que l’on voit peu, et où chaque sentiment est accentué par la surprise. En sortant de Bacurau, les esprits sont confus, on ne sait pas toujours à quoi on a assisté mais un sentiment perdure, celui de l’expérience inédite.

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Conversation Secrète : Paranoïa instinctive

Il y a quelques semaines de cela, nous découvrîmes le Final Cut d’Apocalypse Now. Une œuvre que Francis Ford Coppola a régulièrement remaniée, y ajoutant des scènes avant de les retravailler une à une pour apporter la version la plus homogène possible, un véritable plaisir à savourer de nouveau en salle. S’il peut permettre, nous l’espérons, à toute une nouvelle génération de mettre un nom sur la renommée et le génie de Coppola, le Parrain, lui aussi, fait partie de ses propositions intemporelles du maître, qui viennent instantanément au bord de toutes les lèvres lorsque le nom du réalisateur se fait entendre. Pourtant, l’ami Francis a bien plus d’une pépite dans sa besace, et il est de ses œuvres oubliées qu’il fait bon de ressortir de temps à autre.

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[DEAUVILLE 2019] The Climb : Burlesque ennuyeux

Sur les routes de Navarre, deux cyclistes. Qui discutent tranquillement de choses et d’autre. Lorsque l’un demande à l’autre s’il accepte d’être son témoin de mariage, l’autre avoue à l’un que depuis quelques temps, il couche avec sa future femme. S’en suit une course ridicule aux dialogues taillés au couteau. Petite ellipse, l’enterrement de la femme en question, qui finalement a épousé ledit copain, rajoute une forte ironie lors d’une cérémonie qui part en vrille. Tous les éléments sont là pour passer un bon moment d’humour noir.

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[DEAUVILLE 2019] Rencontre avec Guy Nattiv, réalisateur de « Skin »

Lendemain de la projection du très convaincant Skin, nous retrouvons Guy Nattiv, réalisateur du film, pour parler du projet, de sa conception, de son messages et des difficultés rencontrées. À nos côtés, trois autres acteurs du milieu pour une table ronde. Nous retrouvons Adélaïde de Zickma, Frédéric de Fou de Théâtre, et Boris de Mulder Ville pour un partage de questions, que nous avons choisi de retranscrire en intégralité. 

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[DEAUVILLE 2019] Mickey And The Bear : Fuir son quotidien

Le Montana. Si on s’imagine que la terre des rednecks se limite au Texas / Kansas / Mississippi, c’est mal connaître notre chère Amérique profonde. Au milieu des concours de celui qui avale le plus de tartes, des familles sur-armées et du racisme primaire, Mickey tente de survivre, d’assumer un environnement toxique qui lui semble son fardeau par défaut, mais aussi de s’en échapper. 

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[DEAUVILLE 2019] Waiting For The Barbarians : l’attente interminable

Comme on nous l’aura bien vendu, ce Waiting For The Barbarians. Retour inattendu pour un Johnny Depp qui, selon les dires, tente un rôle de composition, présence d’un Mark Rylance qui depuis ses trois collaborations avec Steven Spielberg ne quitte plus les esprits, adaptation d’un livre par un réalisateur reconnu dans les sphères cinéphiles, le projet a tout pour plaire. Dès les premiers instants, la photographie nous entraîne dans une poésie patiente, prenant le temps de la contemplation. 

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Music Of My Life : Blinded By The Passion

A star is born et Bohemian Rhapsody auront beau nous avoir fait souffrir, ils auront donné à nouveau confiance aux producteurs pour lancer des projets où la musique est à l’honneur. En quelques mois, on a pu savourer l’excellent Rocketman, l’inégal mais sincère Yesterday, et l’intriguant Music Of My Life, film anglais mettant à l’honneur un immense artiste américain, Bruce Springsteen.

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[DEAUVILLE 2019] Ham On Rye : disparition solaire, puis scénaristique

Le Ham On Rye est un sandwich assez réputé aux États-Unis, consistant en une tranche de jambon disposée sur du pain de seigle, généralement accompagné de salade et de tomates. Évidemment, pour ne pas masquer le goût, les dites tomates doivent être coupées en fines rondelles, et la sauce reste légère, pour n’apporter qu’un accompagnement permettant de savourer le fameux mets. Faites maisons, elles peuvent se composer de mayonnaise ou de ketchup, mais aussi de recettes plus alambiquées telles que…..Bon, vous voyez pas le rapport ? Nous non plus. 

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