L’avocat Du Diable : Tentations judiciaires

Pour Sidney Lumet, les dénonciations sont l’objet d’obsessions. En parallèle de ses fresques sur la corruption policière – qu’il illustre avec Serpico, Le Prince De New York ou encore Contre-Enquête -, il voue aussi une envie de s’attaquer au système judiciaire américain, où l’individualisme et le carriérisme entravent souvent les volontés de justice. Dès Douze Hommes En Colère, et bien après dans Le Verdict, on y voit un regard sévère quant à un système reposant sur des variantes parfois aléatoires, pouvant biaiser les jugements et, en conséquence, les sentences. Avec L’avocat Du Diable, il pousse cette culture de l’ego dans des enjeux manipulateurs, où les faux-semblants se mêlent à l’aveuglement volontaire.

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Resistance : le clown s’en va-t’en guerre

Les films sur la Seconde Guerre Mondiale, cette plaie moderne. Non pas que le sujet soit inintéressant, au contraire, mais il semble tellement éculé que ça en devient indécent. D’autant plus lorsqu’il se fait le théâtre d’un cinéma voyeuriste, prenant son spectateur pour un inculte en histoire, et qu’il peut balancer tout le misérabilisme possible sans ménager ses artifices ni cacher sa honte. Après tout, des enfants sont morts, le public est donc acquis et va chialer quoi qu’il arrive.

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[DEAUVILLE 2020] The Nest : (false) gothic romance

Le capitalisme… cet univers impitoyable. Le Festival de Deauville s’y est très peu intéressé cette année, préférant se concentrer sur des portraits d’hommes et de femmes de la petite classe et des adolescents en proie aux doutes. Mais c’était sans compter sur Jude Law qui incarne dans The Nest un ambitieux entrepreneur qui fait tout quitter à sa famille pour tenter sa chance ailleurs.

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[DEAUVILLE 2020] Kajillionaire : Family business

Le Japon a Kore-Eda et son Affaire De Famille, la Corée a Bong et son Parasite, les États-Unis ont Miranda July et son étrange Kajillionaire. Le point commun de ces films aux abords différents ? Ces familles de galériens vivant de petits larcins et autres arnaques. À l’instar des œuvres précédemment citées, Kajillionaire joue de son ton léger, de sa maîtrise des codes de la comédie pour cacher derrière ses couches d’hilarité un véritable drame humain.

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[DEAUVILLE 2020] Love Is Love Is Love : Caméra-tricot

Surprise de la compétition de cette édition 2020, Eleanor Coppola, moins connue pour son unique métrage de fiction que pour ses épousailles avec ce cher Francis, vient présenter Love Is Love Is Love. À 84 ans, celle qui avait immortalisé l’enfer Apocalypse Now avec son excellent documentaire Au Coeur Des Ténèbres entend nous offrir une anthologie composée de trois courts-métrages, garante de trois visions de l’amour. Une heure trente plus tard, on se demande encore pour quelle raison elle a été sélectionnée par l’ami Bruno Barde.

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[DEAUVILLE 2020] Uncle Frank : la délivrance au bout du chemin

Il est toujours évident qu’un coming-out est une épreuve pour ceux devant affronter une famille à l’éducation et aux mœurs différentes. Dans la campagne américaine de 1973, on imagine les difficultés pour un homme gay d’affirmer sa personnalité, et de faire accepter sa « différence« . Avec la douceur et la justesse qu’il avait déjà dévoilé dans ses scénarios – Six Feet Under et American Beauty, pour ne citer qu’eux -, Alan Ball va nous offrir avec Uncle Frank un récit initiatique profond et touchant, qui ne peut laisser personne indifférent.

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[DEAUVILLE 2020] Minari : La petite maison dans le kimchi

Démarrage en trombe pour le festival tant attendu de cette deuxième moitié d’année. Cette fois-ci, économie de films oblige, c’est un compétiteur qui est présenté en guise d’ouverture. Choix salvateur tant, avec sa fraîcheur et son propos bien établi, Minari n’a rien à envier à son prédécesseur de l’édition 2019, Un Jour De Pluie À New York. Le film, vainqueur de deux prix à Sundance, s’inscrit facilement dans les codes des œuvres présentées lors de la compétition deauvilloise, avec son propos social bien ancré dans un portrait culturel.

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Retour sur Benoît Delépine et Gustave Kervern : le grand cinéma des petites gens

À l’occasion de la sortie de l’excellent Effacer L’historique, que nous avons déjà relaté dans nos pages, l’envie nous est venue de vous parler de Benoît Delépine et Gustave Kervern, ces deux auteurs hors-normes qui font rayonner le cinéma français depuis deux décennies déjà. Si l’on vous conseille tous leurs films – Louise-Michel, Avida, Near Death Experience et I Feel Good n’ont rien à envier à la sélection du jour -, petite sélection de quatre métrages qui nous ont profondément marqué.

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