Le Verdict : Au nom des Pères

Dire que Sidney Lumet et le système judiciaire sont étroitement liés n’est pas peu dire. Son premier métrage, l’incroyable adaptation de la pièce Douze Hommes En Colère de Reginald Rose, démontrait déjà de la capacité de ce monstre sacré à retranscrire cette tension, où les honneurs se mêlent aux égos, et où les volontés de justice peuvent être annihilées au profit des intérêts personnels. Après s’être intéressé aux délibérations des jurés, il revient 25 ans plus tard avec Le Verdict, dans lequel il va s’intéresser aux avocats, leur enquête pour travailler leur cas et leur plaidoyer, ainsi que la manière dont le système américain étouffe les affaires si une solution financière est envisageable.

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Une Journée De Fous : Dream Team dans la ville

Sorti en 1989 et réalisé par Howard Zieff, Une Journée De Fous est l’archétype du feel-good movie américain des années 80, malheureusement bien oublié depuis. Ressorti par Rimini Éditions ce 21 janvier, on vous conseille vivement ce petit moment de bonne humeur, servi par des acteurs qui s’éclatent. En ce moment de tristesse et confinement, rien de tel qu’une aventure urbaine légère et sans prétention.

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Charlie Says : Jacques a dit Tue les gens

Cinquante ans nous séparent du massacre de Sharon Tate par la Manson Family, date-clé qui a ébranlé le tout Hollywood. Une date anniversaire qui fait également remonter une fascination macabre pour ce moment où des hippies perdus se sont fait entraîner vers la criminalité. Quelques mois après la mort de leur gourou, le sujet redevient d’actualité, et après la sortie de Once Upon A Time In Hollywood, beaucoup de gens s’intriguent sur la réalité autour de ce culte. Si on est loin du documentaire, Charlie Says offre une retranscription assez précise de l’horreur humaine qui a opéré à la fin des années 60.

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Papi Sitter : fallait bien gagner nos points intermittence

Oh et puis merde. Avant de vous parler films de patrimoine, de vous rappeler qu’il existe un cinéma avant les sorties actuelles et qu’il dégorge de merveilles, on va épurer ce qu’il y avait en salles. Pour aussi vous rappeler que quand ça réouvrira, faut aller voir La Bonne Épouse, mais faut balancer Papi Sitter aux oubliettes. L’occasion pour nous de faire un point sur toutes ces horreurs qu’on voit régulièrement et dont on parle peu et de se rappeler que le cinéma, c’est aussi une chiée de mauvais films, et que les ignorer ne les fait pas moins exister.

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La Bonne Épouse : bobonne s’en va t’en guerre

Le cinéma, c’est bien connu, c’est aussi fait pour éduquer. Nous rappeler les bonnes vieilles manières, ces automatismes perdus, et la place des genres dans la société. Qu’il est bon de se rappeler le manuel de La Bonne Épouse qui apprenait aux femmes, incapables de penser par elles-mêmes, à être de bonnes épouses dépendantes de leur mari, à faire de bons petits plats et surtout à maintenir la maison, noyau dur du foyer familial, en ordre. Surtout, qu’il est bon de se rappeler le jour où elles ont décidé de tout envoyer chier.

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Le Château Dans Le Ciel : bien avant l’ambulant, le rêve éveillé

Ghibli. Un nom qui résonne dans le cœur de tous les enfants de 30 et 40 ans (voire plus, voire moins !), eux qui ont grandi avec les métrages du studio d’animation, vécu ces émotions avec panache, et vouent à leurs auteurs un culte bien mérité. Maintenant que Netflix s’apprête à proposer, par arrivées progressives, l’intégralité du catalogue sur sa plate-forme, on s’est donné pour mission de vous sélectionner un florilège pour vous inciter à vous jeter sur ces merveilles qui ne vous quitteront plus. 

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Invisible Man : Le côté lumineux du Dark Universe ?

La tentative de relance des fameux « Universal Monsters » a été un total fiasco pour la firme. Leur univers partagé définitivement annulé, l’association avec les productions Blumhouse s’installe pour tenter de redonner une nouvelle vision à l’un de leurs mythes les plus flamboyants, L’Homme Invisible. Ceux qui sont capables, dans le film de genre, du meilleur ( The Belko Experiment, Get Out) comme du pire (l’intégralité des American Nightmare,  Ma, ou encore la purge Nightmare Island, sortie ce mois-ci…) font une nouvelle fois confiance à Leigh Whannell, dont le très surprenant Upgrade peut laisser présager du bon. Seul aux commandes scénaristiques, l’Australien s’empare du récit pour le transposer en thriller psychologique teinté d’horrifique.

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Le Prince Oublié : Déjà-vu au temps des rêves

S’il y a bien une annonce qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est bien celle du retrait de ce cher Michel Hazanavicius à la réalisation du troisième volet des aventures d’Hubert Bonisseur de la Bath ce non moins cher OSS 117. Confié à Nicolas Bedos, le tournage rassure autant qu’il inquiète, et nombreux sont ceux qui n’acceptent clairement pas la nouvelle. Pourtant, comme le dit l’ami Michel, le cinéma est une affaire de volonté, et celle-ci est animée de passion lorsqu’on est aux commandes d’un projet qu’on a envie de faire. Si le diptyque lui apporte sa plus grande notoriété, ses à-côtés ne sont pas en reste niveau qualité : The Artist le confirme comme le grand cinéaste qu’il est, The Search injustement ignoré montre une facette plus sombre mais maîtrisée. Le Redoutable, quant à lui, dénote de sa capacité à maîtriser un humour cinglant quel que soit le sujet. Alors pourquoi ne pas lui faire confiance pour Le Prince Oublié ?

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American Woman : Récit de vie sans à-côtés.

Lorsqu’on a vu s’avancer pour recevoir son prix Sienna Miller, on s’est demandé pourquoi tant d’honneurs. Comédienne peu connue dans nos contrées, souvent relayée au rang d’intérêt amoureux (pour se défaire de cette idée, on recommande le très bon Interview, diffusé en cette édition 2019, qui montre une palette assez large de son talent), il lui aura fallu plus d’une décennie pour obtenir un rôle qui allait nous la faire voir comme une véritable évidence. Avec American Woman, Jake Scott lui a offert un véritable rôle de composition dont elle s’est emparée avec élégance et virtuosité.

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Bad Boys For Life : En espérant qu’elle soit courte

On l’a prédit, répété, martelé par tous les bords, rien n’y fait : la machine à idée des grands studios est cassée. On ne va pas s’attarder à désigner un coupable – on avoue que nos suspicions vont malgré tout vers les frères Russo, qui ont essayé d’y insérer qu’ils avaient du talent, provoquant une surchauffe des circuits -, mais on en subit bien les conséquences. Partout, les annonces de reboots, remakes fusent, et avec elles leurs cousines improbables : les suites sorties de nulle part. Au milieu de Matrix 4 (peut-être la seule proposition alléchante vu que dame Wachowski est aux commandes), Le Flic De Beverly Hills 4, Un Prince À New York 2, Ghostbusters 3 (pas 3, 4, mais en fait 3 ; vous avez compris), Indiana Jones 5, on ne sait plus où donner de la tête.

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