Sorry to bother you : Never be sorry

Son arrivée sur les écrans français aura été fastidieuse mais Boots Riley aura réussi. Après qu’un distributeur ai jugé le film trop « afro-américain », c’est finalement Universal qui a récupéré le film pour pouvoir nous l’offre sur grand écran dès le 30 janvier prochain. Grand bien nous fasse car nous serions probablement passés à côté d’une grosse pépite indé et franchement ça nous aurait foutu les boules.

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Le retour de Mary Poppins : Luminomagifantastiquement formidable

Rob Marshall n’était pas revenu sur le devant de la scène cinématographique depuis 2014 après son très moyen « Into the woods » sorte de comédie musicale fourre-tout où tous les contes se mélangent pour donner naissance à un film sans grand intérêt et kitsch au possible malgré un casting de qualité. Quatre ans plus tard, le réalisateur s’entour de nouveau notamment d’Emily Blunt pour « Le retour de Mary Poppins ». Au même titre que « Jean-Christophe et Winnie » sorti fin octobre, « Le retour de Mary Poppins » est une suite du « Mary Poppins » de 1964 et s’inscrit définitivement dans une logique nostalgique tout en essayant de toucher petits et grands. Mais alors est-ce que la magie a opéré ?

À l’instar d’un « Jean-Christophe & Winnie » qui se destinait bien plus aux adultes ayant grandit avec ces personnages de par ses tons maussades et son message, « Le retour de Mary Poppins » rend un vibrant hommage à son aîné avec une histoire originale se rattachant quand même à l’original : ici les enfants Michael et Jane Banks ont bien grandit et traversent des épreuves compliquées entre une maison sur le point d’être saisi et la disparition tragique de la femme de Michael le laissant gérer seul leurs trois enfants Annabel, Georgie et John. C’est à ce moment-là que Mary Poppins décide de ré-apparaître dans leur vie pour redonner joie et optimisme à leur existence avec notamment l’aide de Jack l’allumeur de réverbères ou encore sa cousine Topsy.

S’attaquer à un monument tel que Mary Poppins est risqué autant sur le fond que sur la forme. Force est de constater que Rob Marshall accompagné de David Magee au scénario (« L’Odyssée de Pi ») s’en sort à merveille dans cette suite reprenant le même esprit que l’original. Les adultes se reconnaitront dans les personnages de Michael et Jane tandis que les plus jeunes dans ceux d’Annabel, Georgie et John. Véritable conte multi-générationnel, « Le retour de Mary Poppins » nous offre amour et gaieté à profusion dans une période qui – soyons honnêtes – en a bien besoin. Sans pour autant occulter les problèmes que peuvent rencontrer les adultes (le deuil, la crise économique…) le film n’en est pas pour autant handicapé (comme aurait pu l’être « Jean-Christophe et Winnie » pour refaire un parallèle) et laisse place à une féerie bienveillante et salvatrice. Choix intelligent de la part de Rob Marshall de ne pas avoir modernisé les effets spéciaux pour garder l’empreinte nostalgique de son prédécesseur avec un aspect aussi classique de traditionnel – mais tout aussi efficace -.

Côté casting, la rafraichissante Emily Blunt succède à Julie Andrews (qui avait d’ailleurs une apparition prévue par le réalisateur, l’actrice ayant finalement décliné jugeant que le personnage appartenait désormais à Emily Blunt) dans les chaussures de la plus célèbre des nounous du 7e art. Au visionnage du film, il est flagrant de voir qu’il n’y avait qu’Emily Blunt pour incarner cette figure maternelle aussi réconfortante que marrante. Avec classe et humour, Emily Blunt offre un nouveau souffle au personnage de Mary Poppins à laquelle elle prête également la voix (et quelle voix) lors des passages chantés. À ses côtés, le premier grand rôle au cinéma pour Lin-Manuel Miranda habitué jusque là aux planches de théâtre et au papier et crayon lorsque ce dernier participe à l’écriture des chansons de « Vaiana; de quoi offrir un rôle de choix au comparse de Mary Poppins tout en allégresse et humour. On notera également la prestation de Meryl Streep dans le rôle de la cousine Topsy, l’une des séquences les plus décalées avec une Meryl Streep en roue libre absolue et c’est probablement ce qu’on préfère chez elle.

Cette fin d’année se décidément placée sous le signe de la chanson, de l’amour, de la bienveillance et de la tendresse avec « Le retour de Mary Poppins », un film aussi tendre qu’il nous donne du baume au coeur. Luminomagifantastique !

Le retour de Mary Poppins de Rob Marshall. Avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda… 2h11
Sortie le 19 décembre

Les Animaux Fantastiques 2 : Endoloris

Dire qu’on attendait ce second opus des Animaux Fantastiques était un euphémisme. Dire qu’on attendait ce second opus des Animaux Fantastiques lorsqu’on est ‘’Potterhead’’ est un putain d’euphémisme. Nouvelle saga qui comptera au final cinq films, le premier opus est apparu sur nos écrans il y a pile deux ans, à ce moment-là on quittait Norbert Dragonneau qui repartait en Europe après avoir bien saccagé New-York tandis que le gouvernement magique américain capturait Gellert Grindelwald et que ce dernier promettait de s’échapper de manière spectaculaire pour se venger. Le second opus s’ouvre donc quelques mois après ces derniers évènements et honnêtement, on a connu mieux.

Par où commencer ? Excellente question tant il y a de choses à aborder sur le cas « Les Animaux Fantastiques 2 » mais comme on est sympa on va commencer par ce qui est bien dans le film parce que oui il y a des trucs biens, pas dingue mais assez sympas pour être relevés. Là où le premier opus se plaçait beaucoup plus dans une dynamique humoristique avec quelque chose de plus léger (tout en gardant quand même une part de sérieux), le second volet gomme presque complètement l’aspect humour – excepté quelques scénettes qui nous font sourire – pour se tourner résolument plus vers quelque chose de dramatique et introduire doucement la bataille épique qui aura lieu entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald tout en se penchant sur les plans machiavéliques de Grindelwald afin de contrôler le monde et détruire les Moldus et plus globalement quiconque se mettrait en travers de notre chemin (un peu un Voldemort extrémiste quoi). L’esprit Harry Potter est toujours aussi présent et les nostalgiques se raviront de la présence d’Albus Dumbledore jeune à qui l’excellent Jude Law prête ses traits et des quelques scènes tournées dans Poudlard. Enfin certaines scènes ont – excusez notre langage – de la gueule notamment l’une des dernières scènes où Norbert et ses compagnons combattent un Gellert Grindelwald plus puissant que jamais et que chacun est obligé de choisir son camp. Visuellement époustouflant, ce combat est probablement l’un des moments phares de ce film et on est loin de bouder notre plaisir face à ce spectacle.

Sauf que cette scène arrive à la fin et qu’entre-temps on est quand même obligé de se taper près de 2h de film par moment indigeste. Décidément les scènes d’actions n’ont pas vraiment la côte au cinéma que ce soit la course-poursuite dans « Venom » ou la bagarre contre le gros méchant alien dans la forêt dans « The Predator », la toute première scène des « Animaux Fantastiques 2 » correspond à la fuite de Grindelwald, le tout filmé (si tenté que ça a été réellement filmé) de manière à ce qu’on y voit que dalle alors que c’était quand même censé être une évasion spectaculaire, tout ce qu’on voit c’est juste beaucoup de flotte et d’éclairs. M’enfin le plus gros problème du film réside surtout dans son scénario aussi mal écrit que mal exploité en faisant revenir des personnages censés être mort en nous offrant une explication aussi évasive qu’inutile et en décidant de condenser quarante plot twist en l’espace de même pas 20 minutes de quoi laisser perplexe et un brin perdu aussi sachant que certains propos ne semblent pas correspondre avec ce qu’on savait déjà à la fin de « Les reliques de la mort partie 2 ». Sans pour autant s’étendre sur ce sujet, la plupart des personnages manquent terriblement de fond de quoi nous faire parfois tourner en rond pour trois fois rien (on retiendra la scène dans les archives tout ça pour que Norbert dise à Tina qu’elle a les yeux d’une salamandre, on est d’accord on a connu plus romantique et surtout plus intéressant sachant que Grindelwald menace un peu de détruire le monde) tandis que d’autres personnages ont décroché le rôle de figurant dans cet opus (coucou Ezra Miller et les dits animaux fantastiques qui sont devenus totalement accessoire dans le film mais dont on est obligé de garder le titre maintenant sinon ça deviendrait un peu le bordel). À trop vouloir de personnages tout en sachant sur quel plot twist se terminera le film on se retrouve avec un film avec beaucoup de monde et finalement pas énormément d’explication sur ce qui se passe. Très mal équilibré dans son scénario, le film ne peut que se raccrocher à ce plot twist de fin (assez fou il faut bien l’accorder) qui laisse présager – espérons-le – un troisième opus beaucoup plus intéressant et peut-être même encore plus sombre.

À plus considérer comme un épisode de transition qu’autre chose, « Les Animaux Fantastiques 2 » nous offre de jolis moments dans sa dernière partie nous rappelant les grandes heures des batailles épiques dans Harry Potter mais souffre considérablement d’un scénario mal écrit et qui n’avait décidément pas besoin de durer 2h14.

Les Animaux Fantastiques : Les crimes de Grindelwald de David Yates. Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler… 2h14
Sortie le 14 novembre

La Prophétie de l’horloge : À la traîne

Plus connu pour sa place de choix dans le torture porn grâce à qui est né les dérangeants « Cabin Fever », « Hostel » et « Hostel 2 », Eli Roth fait une entrée en grandes pompes dans le cinéma mainstream avec sa première réalisation tournée vers un public beaucoup plus jeune avec « La Prophétie de l’horloge ». Avec ses fausses allures de « Harry Potter » – pour la magie – et « Chair de Poule » – pour le côté horrifique gentillet -, le film au casting cinq étoiles avait de quoi ravir les grands comme les petits, encore fallait-il aller au-delà du film gentillet.

Lorsque ses parents décèdent tragiquement dans un accident de voiture, Lewis part vivre chez son oncle dans une ancienne demeure bien mystérieuse. Là-bas il y fait la connaissance de sa drôle de voisine toute de violet vêtue Mme Zimmermman et une maison bien plus vivante qu’il n’y paraît et pour cause, son oncle tout comme Mme Zimmermman sont magiciens. Alors qu’un terrible danger rôde autour, le trio de choc va devoir s’armer de courage pour sauver l’humanité d’une disparition imminente.

« La Prophétie de l’horloge » est un film mignon, c’est indéniable. Les plus jeunes y trouveront leur compte mais en ce qui concerne les plus grands c’est une toute autre histoire. Eli Roth reste gentiment dans les clous de la mignonnerie avec quelques blagues par ci, par là qui ont plus le don d’énerver qu’autre chose à force, un côté horrifique qui laisse à désirer – à part quelques poupées un brin flippantes et un Kyle MacLachan latexé au possible – et une intrigue bâclée. Le scénario n’est ni fait, ni à faire. Le film sous-entend que n’importe qui peut devenir magicien avec un peu de pratique régulière sans que cette histoire soit réellement développée, sans compter celle de Mme Zimmermman au passé trouble et cette fin expédiée en deux temps trois mouvements. Et même le petit Lewis – campé par Owen Vaccaro – réussi à nous irriter l’épiderme avec son air de Caliméro. Jack Black et Cate Blanchett tiennent le film comme ils peuvent et même si leur charisme leur rend bien des services, leurs rôles sont plutôt limités. Saupoudrez le tout d’une CGI douteuse et – « à peine » – perceptible et on obtient « La Prophétie de l’horloge ». C’est mignon, c’est gentillet, ça fera sursauter le chat tout au plus et au pire les enfants s’amuseront devant avec un bon paquet de pop-corn.

Incursion dans le cinéma grand public ratée pour Eli Roth à qui il manque définitivement la sensibilité nécessaire pour toucher en plein coeur petits et grands. Reste un film sympathique dans son ensemble bien que très anecdotique.

La Prophétie de l’horloge de Eli Roth. Avec Owen Vaccaro, Jack Black, Cate Blanchett… 1h46
Sortie le 26 septembre

[CRITIQUE] Avengers Infinity War : Thanos maître du jeu

La longue et douloureuse attente arrive enfin à son terme. L’ère Avengers touche doucement mais sûrement à sa fin avec un final divisé en deux volets et dont le second sortira courant de l’année prochaine. Et le moins qu’on puisse dire c’est que Marvel a mis les petits plats dans les grands  – ou plutôt les petits gants dans les grands – même si les premières critiques fondées sur seulement une vingtaine de minutes du film sorties il y a quelques semaines ne laissaient pas forcément présager quelque chose de bon à l’heure où on aime bien crier au « film de l’année » un peu trop souvent. Alors est-ce que Avengers Infinity War est-il le meilleur Marvel – depuis le précédent meilleur Marvel qui était Black Panther donc – ? Réponse garantie 100% no spoiler ! Lire la suite de « [CRITIQUE] Avengers Infinity War : Thanos maître du jeu »

[CRITIQUE] Dans la brume : Paris embrumé, pari osé

Après Paris zombifié dans La nuit a dévoré le monde, nous voilà désormais dans un Paris embrumé avec Dans la brume de Daniel Roby qui réalise là son quatrième long-métrage. Film catastrophe sur fond d’étrange brume mortelle qui a envahit la capitale, obligeant les habitants à se réfugier en hauteur pour éviter une mort certaine. Au coeur de ce Paris apocalyptique, Matthieu et Anna vont tout faire pour sauver leur fille Sarah coincée dans cette brume – mais protégée par une bulle à cause d’une maladie rare -. Lire la suite de « [CRITIQUE] Dans la brume : Paris embrumé, pari osé »

[CRITIQUE] Les Bonnes Manières : Loup y es-tu ?

Fraîchement récompensé au Festival de Locarno par le prix du Jury et à l’Etrange Festival par le pix du Public, Les Bonnes Manières du duo Marco Dutra et Juliana Rojas est un petit ovni dans ce que l’industrie cinématographique peut nous offre en ce moment. En s’attaquant à de véritables problèmes sociétales au Brésil par le biais d’une romance fantastique, le film réussit le joli tour de force d’être multi-genre sans jamais tomber dans l’excès. Lire la suite de « [CRITIQUE] Les Bonnes Manières : Loup y es-tu ? »

[CRITIQUE] Un raccourci dans le temps : Un supplice dans le temps

À quelques semaines de la sortie du tant attendu Avengers Infinity War, Disney revient à quelque chose de plus « Disney » avec Un Raccourci dans le temps. Nouveau blockbuster qui profite des mouvements féministes et du succès mondial de Black Panther pour caracoler au box-office américain puisque à sa tête on y retrouve Ava Duvernay (Selma, Girls Trip) avec un joli budget de 100M de dollars pour adapter à l’écran le roman éponyme sorti en 1962. L’histoire d’une petite fille, son frère et son ami à travers l’univers pour retrouver le père, scientifique mondialement connu qui voulait se rapprocher de l’univers.  Lire la suite de « [CRITIQUE] Un raccourci dans le temps : Un supplice dans le temps »

[CRITIQUE] La nuit a dévoré le monde : de sang, de chair et d’audace

Décidément le cinéma de genre ne nous laisse que peu de répit en ce moment. Après des propositions audacieuses telles que Grave, Laissez bronzer les cadavres ou plus récemment Revenge, c’est au tour de Dominique Rocher de s’attaquer au genre casse-gueule qu’est le film de zombies / survival. D’autant plus casse-gueule lorsque l’histoire se déroule dans notre chère capitale. Au final, La Nuit a dévoré le monde s’avère – non pas dans quelques fautes – assez brillant autant sur la forme que sur le fond. Lire la suite de « [CRITIQUE] La nuit a dévoré le monde : de sang, de chair et d’audace »

[CRITIQUE] La Forme de l’eau : L’amour sous toutes ses formes

Cette année la course à la statuette dorée au mois de mars prochain est effrénée. Alors que Call me by your name et Lady Bird sont les deux derniers prétendants à sortir dans nos salles obscures la semaine prochaine, cette semaine voit débarquer le tant attendu et acclamé La Forme de l’eau  – The Shape of water en V.O -, dernier bébé de Guillermo Del Toro déjà couronné dans la plupart des cérémonies, lui assurant – quasiment – l’Oscar du Meilleur film. Une fable autant poétique que politique. Lire la suite de « [CRITIQUE] La Forme de l’eau : L’amour sous toutes ses formes »