Les Crevettes Pailletées : Entretien avec Alban Lenoir

Nous sommes enfin le mercredi 8 mai. Après des semaines d’attente, l’un des meilleurs films de l’année Les Crevettes Pailletées sort enfin dans toutes les salles françaises. On a cessé de vous répéter notre amour pour le film ici et c’est avec Alban Lenoir qu’on conclu cette très jolie série d’interviews réalisées dans le cadre de la promo du film. Avec toute cette lecture vous êtes désormais obligé.e.s d’aller voir et soutenir ce film car c’est feel-good, c’est drôle et Dieu sait qu’on a besoin de ce genre de petites pépites dans le paysage français.

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Les Crevettes Pailletées : Entretien avec Félix Martinez & Geoffrey Couët

Vous pensiez en avoir fini avec Les Crevettes Pailletées ? Que nenni ! On se retrouve à la veille de la sortie du film pour une nouvelle interview avec cette fois-ci les acteurs Félix Martinez et Geoffrey Couët qui sont revenus sur leurs rôles respectifs, du travail avec les deux réalisateurs et la jolie amitié qui est née entre eux. En attendant on se retrouve demain pour la dernière interview doublée d’un portrait yup yup !

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Les Crevettes Pailletées : Entretien avec Cédric Le Gallo & Michaël Abiteboul

Mais dites donc, il ne resterait pas que deux jours avant la sortie du film Les Crevettes Pailletées ? On continue notre très jolie série d’interviews avec aujourd’hui une longue et passionnante interview avec Cédric Le Gallo co-réalisateur du film et Michaël Abiteboul un des neuf acteurs. On a parlé de militantisme et de cette expérience à onze entre autres. Une entrevue à découvrir et à dévorer immédiatement !

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Les Crevettes Pailletées : Entretien avec Roland Menou, David Baïot et Romain Brau

Dans quatre jours sort en salles le feel-good movie pétillant et délicieux Les Crevettes Pailletées. À cette occasion, nous avons rencontré une grande partie de l’équipe du film et jusqu’à la sortie, nous vous proposons une interview par jour. Aujourd’hui, place au trio Roland Menou, David Baïot et Romain Brau qui reviennent sur cette aventure exceptionnelle.

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Sebastien Marnier (« L’Heure de la sortie ») : « Le film dessine le monde qu’on va laisser à nos enfants »

En salles dès le 9 janvier, le second long-métrage de Sébastien Marnier (« Irréprochable ») est une vraie réussite. Mêlant les genres pour y délivrer un véritable message alarmant, « L’Heure de la sortie » est un constat glaçant d’une société sur le déclin et une jeunesse qui la vit de plein fouet. On a discuté avec son réalisateur pour comprendre ses inspirations et sa propre vision de la société.

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Milko Lazarov (Ága) : « La famille est un thème important voire même le plus important »

Vous jouez beaucoup avec les formes, les cadres et les lignes épurées que vous mettez en opposition avec la forme ronde des yourtes ou la mine de diamants. Comment avez-vous abordé cette esthétique ? 

Pour moi l’esthétique s’apparente à la respiration. C’est quelque chose qu’on a en nous, qui se dégage de tout ce qui nous entoure que ce soit notre façon de s’habiller, de vivre, ce que l’on fait au quotidien… L’esthétique c’est surtout un sentiment intérieur. C’est vraiment ce ressenti qui m’a guidé et qui m’a poussé à aller vers cette esthétique.

À travers le prisme de ce couple, « Aga » évoque les dangers qui planent sur l’homme : la disparition, le réchauffement climatique… Votre film est pessimiste ?

Pour les athéistes je dirais que oui, pour les croyants non.

« Aga » est empreint d’une nostalgie du passé. Est-ce que vous l’êtes aussi ?

Je suis en effet quelqu’un de très nostalgique mais je suis nostalgique de tout comme de la minute qui vient de passer, plus cette minute s’éloigne de moi et plus je suis nostalgique. Je suis surtout nostalgique de mon enfance. 

Votre précédent film évoquait également la famille. C’est un sujet qui vous touche particulièrement.

En effet la famille est un thème important voire même le plus important. De ce thème jaillissent d’autres thèmes sous-jacents comme la création, l’amour… Moi-même dans ma vie personnelle je ne suis pas très famille et du coup j’en souffre. C’est pour ça que toutes ces réflexions autour du thème de la famille sont importantes à mes yeux.

En plaçant votre histoire en Lakoutie, étiez-vous déjà familiers avec ces terres, les coutumes des habitants etc… ou avez-vous découvert de nouvelles choses en tournant là-bas ?

La Lakoutie était un choix très important pour nous. nous avions fait des repérages auparavant. Au début on s’était quand même demandé si on allait pas tourner au Canada ou au Groenland. Par contre les gens que vous voyez à l’écran ne sont pas des lakouties ou des inuits. J’ai voulu surtout représenter une image générale des gens du Grand Nord et plus précisément une métaphore des dernières personnes sur Terre.

Comment préparez-vous un film ? Comment se passe la collaboration avec votre équipe ?

Alors là par exemple j’ai une nouvelle idée donc lundi prochain je vais rassembler un groupe de personnes susceptibles d’être intéressés. Je vais leur présenter mon idée et par la suite je vais voir comment chacune des personnes perçoit cette idée et sa façon de grandir. Je vais voir ce que chaque personne peut apporter à cette idée pour qu’elle évolue et ainsi distinguer les personnes qui accrochent au projet et avec qui je pourrais travailler.

« Aga » a clos la compétition de la dernière Berlinale. Ça faisait 29 ans qu’un film bulgare n’avait pas été sélectionné, qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Le cinéma bulgare est en train de vivre un moment important. Montrer mon film en clôture d’un des trois plus grands festivals de cinéma au monde permet de remettre la Bulgarie dans la carte des festivals. 

Justement, les films bulgares sont assez rares sur nos écrans. Est-ce parce qu’il y a peu de réalisateurs et réalisatrices en Bulgarie ou parce que c’est plus difficile de les exporter hors du pays ?

Ça a toujours été comme ça même si je trouve que récemment il y a plus de films bulgares que d’habitude qui sortent dans les salles en France. Je trouve qu’il y a un vrai manque d’intérêt pour le cinéma d’auteur ou même le cinéma tout court. Les spectateurs sont à la rocher de nouveaux moyens d’expression, les auteurs et réalisateurs cherchent de nouveaux publics… Je pense qu’il faut un peu de temps pour qu’on ai de nouveau cette rencontre avec le cinéma. 

Est-ce qu’en Bulgarie on aurait pas une monopolisation des écrans par notamment les blockbusters américains qui, en plus de conditionner le public bulgare, rendrait réticent les réalisateurs et réalisatrices bulgares à se lancer ?

Honnêtement même l’intérêt du public bulgare pour les productions américaines diminue avec le temps. C’est pour ça notamment que les sociétés bulgares se sont tournées vers le jeune public et vers la création de contenus pour ce type de public car on va beaucoup au cinéma en famille. Vous savez il n’y a pas que les producteurs et les réalisateurs qui sont coupables dans cette histoire, c’est aussi le public qui a choisit de voir ce genre de films à l’écran.

Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour que justement le public s’intéresse à autre chose qu’à des superproductions ?

Une révolution ! [rires]

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir réalisateur ?

C’est le pur hasard. J’ai une anecdote marrante, cet été on a tourné une série pour enfants avec une excellente équipe de cinéastes bulgares. Au début du projet on a fait ce truc où on s’est tous mis en cercle et j’ai demandé à chacune des personnes présentes d nous dire comment il/elle est arrivé au cinéma. Tout le monde sans exception a répondu par hasard. En fait le cinéma c’est comme l’amour, tu tombes amoureux par hasard et parfois il n’y a pas d’autres chemins possibles. 

Aga de Milko Lazarov. Avec Mikhail Aprosimov, Feodosia Ivanova… 1h32
Sortie le 21 novembre

[INTERVIEWS] Camille Vidal-Naquet, Félix Maritaud & Éric Bernard pour « Sauvage »

C’est mi-juillet dans un hôtel parisien que nous avions rendez-vous avec Camille Vidal-Naquet pour son premier long-métrage déjà salué par la critique au dernier Festival de Cannes où Sauvage était présenté à la Semaine de la critique. Pour l’occasion il était accompagné de ses deux acteurs principaux Félix Maritaud – Prix de la révélation – et Éric Bernard. Un entretien passionnant pour un film qui l’est tout autant.

Camille, votre film nous plonge dans un milieu que l’on voit rarement sur grand écran. Qu’est-ce qui vous a poussé à évoquer la prostitution masculine ainsi ?

Camille Vidal-Naquet : Je n’avais pas l’idée de faire un film sur la prostitution masculine, c’était avant tout un portrait. J’ai d’abord imaginé un personnage, une figure de cinéma qui était ce garçon marginalisé, hors des règles, attaché à aucune possession. J’avais l’idée d’un personnage qui déambule comme ça dans un scénario ponctué par des rencontres régulières. Je suis vraiment parti de ce personnage en recherche d’amour. Ecrire ce personnage m’a d’abord emmené dans le monde de la précarité et à partir de là, je me suis intéressé à la prostitution masculine de rue mais j’y suis arrivé par le biais du personnage. C’est un milieu que j’ai alors beaucoup étudié via une association, j’y ai rencontré beaucoup de garçons…

Ces travailleurs invisibles m’ont intéressé, on sait qu’ils existent mais on ne les voit jamais, on ne connait pas leurs journées. Je me suis posé cette question sur l’activité des travailleurs du sexe, à quoi ressemble leur vie ?

Vous avez passé trois ans dans une association au contact de prostitués masculins. Est-ce que le personnage de Léo a évolué au fil de ces rencontres ? Est-ce qu’il a pris les traits de certaines personnes que vous avez rencontrées ou au contraire vous aviez déjà une idée bien définie de ce que devait être Léo ?

V-N : C’est un peu compliqué de répondre, forcément tous les gens que j’ai rencontrés ont eu une influence, même les clients. Le personnage de Léo, lui, est quand même plus imaginaire.  Il y a toujours des éléments que je retrouvais chez les hommes que je rencontrais. En revanche, pour les personnages secondaires, les garçons de cette bande, je me suis inspiré beaucoup plus directement de la réalité. Le personnage de Léo est plus fantasmagorique.

Eric et Félix, quelle a été votre première réaction à la lecture du scénario ?

Félix Maritaud : J’étais un peu secoué et j’ai tout de suite voulu rencontrer Camille pour discuter de son film et de ce personnage.

Eric Bernard : J’ai lu le scénario dans la soirée et je me souviens avoir appelé Camille pour lui dire que je voulais faire le film, de n’importe quelle manière, que ce soit avec ce rôle-là ou un autre.

Comment est-ce que vous vous êtes préparés pour vos rôles ?

M : On a vu un coach de danse qui nous a fait travailler sur la réactivité du corps aux émotions. Apprendre à transmettre une émotion par le corps sans la mentaliser, être dans un rapport direct corporel-expressif. C’était la plus grosse phase de préparation pour mon rôle. Après, on a beaucoup travaillé en répétition avec Camille.

B : Moi, j’ai eu besoin de voir comment ça se passait au bois de Boulogne. Ce que Camille ne voulait pas du tout que je fasse ! J’ai rencontré un jeune homme là-bas, un jeune syrien. J’ai discuté longtemps avec lui et ça ma permis d’avoir un rapport de vérité dans mon jeu je crois.

Félix, est-ce que vous pensez que le fait d’avoir étudié aux Beaux-Arts vous a permis d’aborder le personnage de Léo d’une manière différente, plus sereinement peut-être ? 

M : Je ne sais pas. Je sais qu’étudier aux Beaux-Arts m’a permis d’avoir une ouverture d’esprit un peu particulière, c’est-à-dire sincère sur la sensibilité. L’enseignement artistique m’a appris à regarder les choses à plat, d’avoir un truc sans ego, sans jugement. Dans la mesure où les Beaux Arts font partie de ma vie, cette formation a certainement une influence sur ma façon d’interpréter Léo.

Il y a une implication physique importante dans ce film, est-ce que c’est quelque chose qui vous a fait peur ?

M : C’est excitant au contraire !

B : Moi, j’ai eu un tout petit peu plus d’appréhension que Félix au départ mais c’est aussi parce que je suis arrivé plus tard dans le processus de sélection, je suis arrivé à la toute fin. J’avais toutes les questions qu’on peut se poser au début d’un projet sauf que moi je les avais à la fin ! J’avais un petit décalage mais ça s’est très bien passé. Camille voulait un jeu sans démonstration, c’était plus l’idée d’un corps au travail donc quelque chose de beaucoup plus quotidien.

« Sauvage » c’est un petit peu une claque puis une caresse avec des scènes extrêmement crues et parfois même difficiles à supporter notamment celle où Léo se retrouve entre les mains de ce couple qui le maltraite. Quel a été le cheminement pour en arriver à ce genre de scènes ?

V-N : J’ai réalisé que les garçons qui se prostituent dans la rue sont confrontés en permanence aux fantasmes des gens qui habitent la ville – des fantasmes un peu inavouables qu’ils cherchent à réaliser en secret. Le film montre différentes manières de répondre à cette question, certains clients recherchent la douceur, de façon très respectueuse, et d’autres considèrent que comme ils ont payé, ils ont presque un objet en location à disposition, c’est-à-dire le droit de déshumaniser. La déshumanisation du corps est une problématique essentielle dans la prostitution – particulièrement dans la prostitution de rue. Le film montre des clients souvent bienveillants, d’autres qui ont juste un rapport tarifé mais je voulais être assez honnête et montrer aussi ce monde sans scrupule.

Félix et Eric, vos deux personnages jouent à un vrai jeu du chat et de la souris tout au long du film. Je pense notamment à cette scène où Léo s’accroche à Ahd et ce dernier le rejette en boucle avec violence. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur cette relation qui semble finalement un peu à sens unique.

M : Ce n’est pas vraiment à sens unique, il y a un véritable échange de tendresse entre les deux mais il y a deux niveaux. Ahd a l’objectif de fuir la prostitution alors que Léo accepte ce mode de vie.

B : Oui, Ahd a très envie de partir, il voit le temps passer et se rend compte qu’il est toujours là à traîner avec ces garçons. Je pense qu’il a une vraie relation avec le personnage de Félix, quelque chose qui tend vers l’amour sauf qu’il n’a pas le logiciel pour accepter et comprendre, ça lui fait peur et ça le rend extrêmement violent avec Léo. Je pense que c’est là-dessus qu’on a construit la relation entre nos deux personnages, ça paraissait évident dès le départ.

Ahd est un peu la voix de la raison dans le film, c’est le seul qui veut s’en sortir et avancer en quelque sorte. Il finit par y arriver contrairement à Léo qui aurait pu avoir la même vie mais qui décide finalement de reprendre sa liberté. Vous choisiriez quoi vous ? La raison ou la liberté ?

B : J’ai souvent l’habitude de dire : « Tout n’est pas tout blanc, tout n’est pas tout noir, la vérité se situe souvent dans les zones de gris » [rires].

M : Moi je choisis la liberté cash !

C V-N : C’est un dilemme qui me dépasse totalement c’est-à-dire que moi je n’arrive pas à me placer dans cet esprit-là. J’ai une vie tout à fait normale de bourgeois parisien donc j’ai du mal à imaginer de tels choix. En revanche, l’intérêt c’est plus d’imaginer qu’il peut y avoir une conscience qui relève de l’oubli de soi que je ne connaitrais jamais et que beaucoup de gens comme nous ne connaîtront pas. Je crois que c’est l’intérêt de ce personnage. C’est un personnage très mystérieux au final, qui ne réfléchit pas comme nous, qui ne pèse jamais le pour et le contre. Il a à la fois un instinct sauvage et une déconnection par rapport à la conséquence de ses actes qui est assez fascinante et peu compréhensible pour moi. Donc je me dis que je n’ai pas le détachement suffisant pour arriver à faire ce choix là.

Quel genre de directeur d’acteurs est Camille ?

M : Le genre précis et qui sait ce qu’il veut.

E.B : Pour le coup c’est vraiment ça précis…

M : Et très drôle !

B : Oui j’allais le dire ! Je crois que c’est le réalisateur avec qui je me suis le plus marré.

Est-ce qu’il y a eu une part d’improvisation dans le film ou tout était vraiment écrit ? 

V-N : Oula ! C’était vraiment très écrit et il y avait très peu d’improvisation. J’ai essayé mais j’ai du mal à lâcher… Je trouve que ça marche moins l’improvisation. C’est un univers très écrit à la base. On a fait des essais plus libres mais je voyais que dès qu’on faisait des improvisations je finissais par les diriger ! Au final je pense qu’il y en a un tout petit peu mais la plupart du film est très écrite.

Une certaine animalité se dégage du film et notamment de Léo qui pourrait presque s’apparenter à un chien dans son comportement. À se faire rejeter mais à toujours revenir, à subir les coups mais aussi dans sa façon de marcher, de tomber, d’être au sol… C’était quelque chose d’important pour vous Camille ? D’être dans un film plus physique que psychologique ?

V-N : Le film n’est pas du tout un film social, on explique pas du tout les mécanismes de la prostitution, comment ça fonctionne, comment on arrive là, ce n’est pas du tout un film qui essaie d’expliquer. C’est un film qui propose de vivre une expérience, de vivre une expérience un peu de sidération, en déconnection de toute logique. Les films qui expliquent tous ces mécanismes sont très intéressants mais ce n’est pas du tout ma démarche. En revanche, elle est assez précise, elle est documentée et elle montre plutôt ce tourbillon, cette brutalité, cette désorientation liés à l’exclusion.

Le film a cette pudeur de ne pas juger les marginaux. Et vous, comme vous l’avez plus ou moins côtoyé, que pensez-vous justement de ce milieu qu’est la prostitution masculine ? Est-ce que vous aviez des idées reçues? Est-ce que vous avez découvert des choses ?

C V-N : Je me suis rendu compte qu’on a vraiment tendance à penser à ces gens qui se prostituent comme à une fonction. On dit ce sont des « prostitués » alors que ce sont des garçons comme moi, comme nous. Il y a une humanité qu’on a tendance à oublier parce que cette fonction-là est très inédite pour nous, peu compréhensible et peu connue. Ça reste des garçons avec des personnalités très fortes, j’ai aussi été très surpris par leur connaissance du monde, de l’humanité, de Paris, de la France, leurs connaissances de tous les fantasmes des gens qui habitent les villes dont je ne me doutais pas et c’est vrai que je me suis senti assez petit finalement. Il y a beaucoup de garçons qui viennent de loin et qui ont vécu dans le monde entier. J’ai appris beaucoup des expériences qu’ils ont bien voulu partager avec moi et j’ai découvert une solidité et un courage incroyable. Ce sont des garçons qui se plaignent très peu.

M : Moi, je pense que j’avais des préjugés avant le film. Mais le côté absolu du personnage m’a fait dépasser ces préjugés et voir quelque chose de plus large qui dépasse la prostitution et qui parlait plutôt de l’amour et du don de soi, qui passait le cap de tous ces trucs sociologiques.

B : Les préjugés sur la prostitution on en avait tous et ce que j’ai vraiment voulu ramener à chaque fois c’est l’humanité. C’est ce qui caractérise chacun de nous. Il fallait réussir à faire cohabiter prostitution et fraternité et c’est de ça dont parle le film je crois.

Sauvage de Camille Vidal-Naquet. Avec Félix Maritaud, Eric Bernard… 1h37
Sortie le 22 août

Merci à Cine sud Promotion d’avoir permis cette interview.

[INTERVIEW] Rencontre avec Julien Guetta & Eric Judor pour « Roulez Jeunesse »

Fin juin, une dizaine de blogueurs étaient conviés à une table ronde à l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s pour la sortie de Roulez Jeunesse – en salles le 25 juillet prochain -, premier long-métrage de Julien Guetta et pour l’occasion son acteur principal Eric Judor était également de la partie. Compte rendu de cette entrevue.

  • Est-ce que le fait d’avoir un réalisateur en tant qu’acteur sur le tournage change quelque chose ? 

Julien Guetta : J’avais des appréhensions au tout début. Je me demandais si on allait bien s’entendre et au final tout s’est bien passé. Eric m’a fait confiance dès le début. On a discuté et à partir du moment où on a travaillé ensembles ça s’est fait dans la complicité et dans l’échange.

Eric Judor : Ça aurait été une erreur d’accepter d’aller dans un univers différent et de m’approprier le projet. L’idée c’était vraiment de me laisser aller. J’étais pas d’accord tous les jours avec lui, j’étais pas forcément en accord avec ce qu’il faisait, parfois je me disais « Ah j’aurais plutôt fait comme ci ou comme ça » puis je me suis dis « Attends c’est pas ton film ». C’est sa personnalité, c’est son oeuvre, c’est sa vision artistique, laissons-nous aller dans ça et on verra ce que ça donnera. Finalement je suis rentré dans cette chaussure hyper tranquillement et le chausse-pieds n’était pas compliqué à mettre quoi. 

  • Eric vous faites des films vous-même, vous êtes dans un univers qui est très spécifique. Après « Problemos » je pensais pas qu’on vous verrez encore dans les films des autres. C’est le syndrome « Tchao Pantin » un peu ?

E.J : Déjà « Problemos » n’est pas un film de moi spécialement. Il a été écrit par Blanche Gardin et Noé Debré. Je l’ai retouché un peu, oui je le réalise mais quand il y a des choses imparables, c’est idiot de se fixer des limites et de se dire « Voilà ma carrière est comme ça, j’ai décidé de faire uniquement mes films. » Quand je tombe sur un scénario comme celui de « Problemos » je suis obligé d’y aller, quand je tombe sur le scénario de « Roulez Jeunesse » je suis obligé d’y aller. Il n’y a pas de règles. Ce que je me disais aussi avec Quentin [Dupieux], à un moment donné on va sur des choses qui nous paraissent essentielles. Je trouve qu’il me ré-invente Julien Guetta. 

  • Et là pourquoi c’était essentiel d’y aller du coup ? 

E.J : Ça fait un moment que je tourne autour du réalisme, voire de l’hyper-réalisme. Avec « Platane » on est plus dans un personnage de gogole qui pourrait exister et qu’on trempe dans des situations que je trouve drôle et là bah c’est la vie quoi. Il a écrit un scénario où on se marre, et puis soudain on pleure. La vie est comme ça quoi et j’avais envie d’aller vers de plus en plus de réalisme et Julien m’a fait ce cadeau.

  • Le film a été écrit avec Eric en tête ?

J.G : En fait j’écrivais pas pour quelqu’un. J’ai rarement quelqu’un en tête. C’est le personnage d’abord puis après en cherchant quand j’ai trouvé Eric j’étais hyper content.

E.J : Petite anecdote, il m’a trouvé dans la rue [rires] ! En vrai hein, ça fait vanne mais il m’a croisé et il s’est dit : « Hein putain pourquoi pas lui ? ». Ça aurait pu été le mec derrière moi en fait. 

  • Ça a été compliqué de produire ce film avec toutes ces ruptures de temps ?

J.G : Déjà il était dur à écrire. L’histoire a l’air simple comme ça quand on voit le film mais c’est pas si facile que ça, il y a de la comédie, du drame… C’est difficile d’emmener le spectateur dans quelque chose de drôle qui glisse petit à petit vers quelque chose de triste. Il y a un équilibre à trouver. Et même pour les financiers ça leur fait un peu peur. Dès qu’ils voient que c’est une comédie ils nous poussent à en faire une grosse comédie et même moi à un moment j’avoue j’ai douté. Eric m’a rassuré, il m’a dit que le truc fort du film c’était vers quoi il se dirigeait. Assumons jusqu’où va l’histoire quoi.

E.J : On a déjà vu des films avec des quadras qui se retrouvent entichés de gamins. C’est pas une idée neuve et on peut en faire cinquante des comédies comme ça. Le truc qui m’avait séduit à la lecture du scénario c’est ce vers quoi ça tend en fait. On nous montre la vraie vie, soudain on apprend des trucs… La vie elle est comme ça, elle est accidentée et enfin j’avais dans les mains un truc qui était la vie quoi. Il fallait surtout pas faire une énième comédie d’un quadra qui se retrouve avec des gamins. 

J.G : C’était ça l’ambition du film, c’était d’aller au bout de quelque chose qui mélange les genres. C’est un truc qu’on voit pas souvent et c’est quelque chose vers lequel on a envie d’aller quoi. 

E.J : On va pas souvent vers ce genre de choses, en partie à cause des gens qui produisent et qui payent les comédies en fait. Il faut du happy end, il faut que tout le monde sourit. Si on se marre au début, il faut se marrer à la fin. Ça n’existe pas, en France en tout cas, un film où ça se marre au début et vachement moins à la fin. C’est pas possible ou alors ça s’appelle une comédie ratée quoi, je sais de quoi je parle [rires]. Les Britanniques par exemple, pour ne citer qu’eux, ce sont les seuls maîtres de cet art là je pense et sans doute parce qu’ils ont un public pour ça. Ils savent parfaitement faire rire et pleurer depuis très longtemps. Les Américains y arrivent beaucoup moins à part dans le cinéma indépendant mais le cinéma mainstream s’interdit absolument de mélanger les genres parce qu’il faut rentrer dans des cases, il faut pouvoir le vendre avec des popcorns et pleurer sur des popcorns ce n’est pas possible ça les dé-salent [rires]. 

  • Eric je vous ai trouvé très intense face à Brigitte Roüan. C’est bien d’avoir un acteur comme ça pour renvoyer la balle ?

E.J : C’est super mais pas plus super que d’avoir Ramzy en face. Il y a une rumeur très agréable qui circule à propos du film depuis qu’on le projette où on vient me voir et on me dit : « Olala purée  mais en fait tu sais jouer quoi ! » [rires], parce que je crée une autre émotion chez les gens mais je pense que la comédie pure et au moins aussi dure, voire plus dans le jeu. Donc oui c’est super de jouer face à cette dame césarisée, ça crée quelque chose de très réaliste, très intense mais ça ne me prouve à moi rien de plus que ce que je savais avant.

– Et comment s’est passé votre relation avec les enfants ? Ils vous connaissait déjà en tant qu’humoriste ou ils vous ont accueilli comme simple acteur ? 

E.J : Ilan [Debrabant] et Louise [Labeque] me connaissaient mais on a tout de suite brisé la glace, pas de rapport du genre « Ah t’es le mac d’Aladdin ou d’EDF ! », c’est ce que lui il a vu de moi hein ! Ça a tout de suite été un pote en fait, enfin mon enfant. Et lui il ne m’a pas vu comme un père mais comme un autre enfant. Ce qui fait qu’il me sautait dessus, bagarres, tout ça, toute la journée donc non il n’y a pas eu de rapport à la télé tout ça. 

  • Est-ce qu’on peut parler de ce film là comme étant votre « Truman Show » ? 

E.J : Oula j’ai flippé sur Tchao Pantin déjà [rires] !

  • Je connais votre carrière depuis le début, j’ai grandi avec vous, avec Eric & Ramzy et quand j’ai découvert le film je ne m’attendais pas à ça. Quand je suis ressorti de la salle, j’ai eu le même effet que quand j’ai vu « The Truman Show » avec Jim Carrey. J’ai vu la bascule entre les deux, le comique et le triste. Du coup ça m’a fait pensé – pas au même niveau – à un début de ça.

E.J : Ce sont des références que je prends avec plaisir. Jim Carrey est un dieu de la comédie archi incompris. Quand j’ai début ma carrière je n’ai jamais pensé que j’irais vers ça et finalement j’y suis allé et en plus la fleur au fusil content d’y aller parce que je tâtonne et j’essaie de faire le tour de ce genre là, en allant dans tous les espaces comiques quoi. l’hyper-espace avec Quentin Dupieux, un espace plus simple et abordable avec « H » ou « La Tour Montparnasse » et je considère malgré tout que c’est de la comédie qu’on a fait mais voilà un espace un peu plus troublant.

  • Eric, est-ce vous aviez tendance à vouloir rajouter des petites choses sur le tournage ?

E.J : Je vais laisser Julien Guetta répondre !

J.G : Eric a une matière en tant que metteur en scène qui est inépuisable. Il propose des choses qui sont géniales. Après malheureusement il y avait un personnage dans lequel il devait rester et fallait pas sortir de ce personnage. Moi le premier je suis un super spectateur de ce qu’il peut proposer et ça me faisait beaucoup rire mais on diminuait au fur et à mesure dans les prises pour rester à l’essentiel.

E.J : Pour finalement faire la prise prévue [rires] ! 

J.G : Au début il propose pleins de choses et au fur et à mesure on dégraisse pour arriver à quelque chose de plus simple.

E.J : C’est-à-dire que dans les rushs on a un film comique hyper marrant [rires] ! 

J.G : Ce qui était difficile aussi au montage parce que moi je suis spectateur du truc. La scène en soi avec Eric faisait rire mais quand tu mettais tout bout à bout on perdait le personnage. Le montage a été dur là dessus parce qu’il a fallu beaucoup retrancher pour arriver à quelque chose de simple encore une fois.

  • On aura un director’s cut sur le DVD du coup ?

E.J : Ah bah vous l’avez le director’s cut, ce sera l’actor’s cut !

J.G : C’est vrai qu’il y a pleins de choses qui ne sont pas dans le film et qui sont à mourir de rire clairement.

Roulez Jeunesse en salles le 25 juillet
Merci à Mensch Agency pour avoir organisé cette table ronde.
Crédit photo : @MarwanPancako

[INTERVIEW] Rencontre avec Lola Bessis et Nathan Silver de « C’est Qui Cette Fille ».

Dès le 25 juillet en salles, C’est Qui Cette Fille est le dernier long métrage en date de Nathan Silver, une oeuvre poussée et complexe dans laquelle le réalisateur choisit de mettre en lumière un casting franco-américain. C’est Qui Cette Fille raconte l’histoire de Gina, une hôtesse de l’air qui a perdu son amant suite à un suicide. Un film que Nathan Silver avait depuis longtemps en tête et a réussi à rendre possible avec l’actrice Lola Bessis. Onsefaituncine a rencontré Nathan Silver et la jeune actrice-réalisatrice lors de son passage au Terrass » Hotel à Paris pour la promotion du film. Attention spoilers !

• Nathan, Thirst Street est une oeuvre particulièrement originale dans sa finalité. Mais comment vous est venu cette idée, cette histoire, quelle est la genèse de ce film ?

Nathan Silver : J’ai tourné un film avec Lindsay qui joue Gina à Denver où elle jouait un second role. Quand je suis revenu du tournage, j’ai discuté avec mo co-scénariste en lui expliquant que je voulais lui écrire un rôle en tant que personnage principal. Il a donc écrit un script où elle vient à Paris, je n’avais jamais vu le script mais cette idée de venir à Paris, en France pour un moment me restait en tête ainsi que l’idée de quelqu’un qui vient dans un pays étranger et interprète mal la façon d’y vivre et ses interactions sociales, ça m’intéressait.

• Vous aviez déjà travaillé avec Lindsay Burdge auparavant, est-ce que cette fois c’était différent ou vous aviez la même connexion qu’auparavant ?

NS : La 1ere fois que j’ai travaillé avec elle c’était pour un film moitié documentaire, moitié fictif. Et donc comme je suis dans le film aussi, où je joue un réalisateur super cool, elle a cru que c’était comme ça aussi que je réalisais mes films. Elle a adoré même si ca été une expérience particulière pour elle, elle a adoré et a voulu retravailler avec moi.

Comment avez vous décider de choisir Lola pour le rôle de Charlie ? Et vous Lola, quel à été votre premier impression en lisant le scénario ?

NS : Enfaite, j’ai présenté un film à Deauville et Lola était membre du jury, on s’est connus comme ça et comme je savais que je voulais tourner en France, je voulais le faire avec Lola. Donc, j’ai approché Lola, les personnes avec lesquelles elle travaille, ainsi que Claire, une amie en commun et ça s’est fait tout simplement.

Lola Bessis : Oui, Nathan a une sorte de « feeling » pour les gens. Il décide de travailler avec des gens, on ne sait pas pourquoi. Et à l’inverse, les gens qui connaissent Nathan comme Claire, ça passe ou ça casse. Certaines personnes peuvent le detester et d’autres peuvent se dire qu’il y a quelque chose a explorer. Mais ce n’est pas la seule chose, j’avais vu son film Uncertain Terms quand j’étais dans le jury à Deauville. Il était hyper beau, touchant, on sentait que c’était un film avec peu de moyens. Et j’avais beaucoup aimé le film, alors que le reste du jury pas forcément mais c’est ce qui est intéressant avec les films de Nathan. Les gens vont soit détester, soit adorer mais en tout cas ça créer toujours une réaction, ça nous laisse jamais neutre parce que ce sont des experiences sensorielles. C’est une question de sentiments. On s’est parlé à la fin du festival, on est restés en contact, il m’a présenté son projet, il est venu à Paris. On a discuté acteurs, castings, je lui ai présenté Damien (Bonnard) et je savais pas du tout qu’il ne parlait pas anglais, car le film est centré sur le problème de non-compréhension, de mauvaise communication et au fur à mesure le projet se développait mais ça restait une idée de 25 pages sans dialogues car c’était un travail basé sur l’improvisation. Après, on a beaucoup parlé personnages, il fallait bien connaître nos personnages pour après improviser, car il faut savoir comment réagir. Il faut préparer un background du personnage.

• C’était la même préparation pour tous les personnages ? Avec l’improvisation ?

NS : C’était comme ça avec tous les personnages.

LB : Je comprends que ce processus peut faire peur aux acteurs expérimentés mais pour des jeunes acteurs, c’est parfait car il y a tout à essayer. Après on manquait un peu de temps et de mon côté, y a un côté plus technique qui était la danse et on avait peu de temps donc c’était plus compliqué et donc y avait aussi parfois dans les actions un jeu improvisé.

• Thirst Street est un film particulier à définir car il surprend. On s’attend à une comédie romantique mais on termine avec un thriller psychologique, une comédie noire ce qui déroute mais capte aussi. Est-ce que avec ce film vous souhaitiez surprendre, dérouter, étonner ?

NS : Le projet initial était qu’on voulait faire un thriller érotique et puis on a commencé à penser à comment on pouvait jouer avec ça. Donc on a ajouté cette obsession qu’ont les personnages, toute cette romance aussi on l’a ajoutée. Et puis, je ne pouvais pas faire un film sans cette humour humiliant et c’est parti comme ça par ajout avec toutes ces choses qu’on voulait dans le film. Si tu veux faire un film, tu le fais avec toutes les choses que tu aimes et j’ai le sentiment que c’est comme ca que tous ces éléments sont arrivés. Ça peut être déroutant pour certains, parce que ils ne savent pas quoi en penser, quoi en faire.

LB : Parce qu’il aime les films disney et les strip clubs [rires].

NS : [rires] Oui, donc je les ai mélangés ensemble !

• Plus on avance dans le film, plus on comprend que le problème du personnage de Gina et de sa relation aux autres personnages est d’ordre psychologique. Pourtant, cela n’est jamais explicitement avancé. Ce que aborder le thème de la santé mentale, des PSTD de manière subtil et indirecte à été compliqué ?

NS : Oui, comme on le disait c’est une expérience sensorielle, c’est plus qu’est-ce qui arrive quand ton amant se suicide, dans quel état ça te laisse et comment tu te confrontes à la réalité, car elle est complètement différente à cause de cette expérience et elle doit vivre avec. Et Gina glisse vers la folie, elle est constamment retournée par la réalité et elle fonce dans cette désillusion

LB : C’est marrant qu’on fasse cette interview devant la Tour Eiffel !

NS : Ça rejoint le film [rires] !

• La cinématographie, la musique et les effets de lumière prennent une extrême importance dans le film, on a l’impression que c’est aussi ces éléments qui montre la descente aux enfers du personnage du Gina et à la fois, cela met en lumière l’univers de ton personnage Lola. C’est ce qui rend le film esthétiquement puissant, est-ce que vous pouvez nous parler de ces choix, de ce travail ?

NS : La lumière, les caméras étaient là de façon à nous faire ressentir. Ça venait plutôt dans l’émotion que dans la logique. Avec cette cinématographie où les couleurs changent, c’est ce qui donne l’émotion, l’horreur mais aussi la beauté qu’on voulait mettre en avant dans le film. Et aussi l’expérimentation car Gina vit une expérience à Paris. Donc, j’ai commencé à penser aux films que je regardais quand j’étais plus jeune, avec cette cinématographie où tout était expressif, exagéré et avec des couleurs vives. La musique est vraiment basée sur les eighties, c’est un peu aussi la musique qui donne le rythme du film.

• Est-ce que vous pensez que Thirst Street est finalement plus une tragédie ? Car quand on voit la scène final, c’est un sentiment triste qui persiste.

NS : Je pense que c’est quand même un happy ending, car elle a ce qu’elle veut, Jérôme et Clémence ne sont plus là. Bien-sûr, c’est une fin tragique pour les autres personnages et l’amour n’est pas vraiment réel, ni partagé mais c’est comme ça. J’aime cette idée de twist dans un happy ending.

LB : Et en plus elle se marie !

NS : Oui ! Son illusion devient une réalité.

LB : C’est comme la chaussure dans Cendrillon avec la blague ! Le pied rentre, et là le doigt rentre pas[rires]. Pour les autres c’est horrible oui [rires], parce que y a un accident. Mais en terme d’amour, je ne pense pas que Jérôme (Damien Bonnard) et Clemence (Esther Garrel) soit fait l’un pour l’autre et Charlie si elle avait été avec Gina, Gina aurait fini par la tuer [rires], donc c’est mieux pour tout le monde.

C’est qui cette fille de Nathan Silver est en salles le 25 juillet.

Merci à Ciné-Sud Promotion qui a organisé cette entrevue.

[INTERVIEW] Julia Solomonoff (Nobody’s Watching) : « C’est un film qui parle de mes premières années à New-York »

Dès demain en salles, le nouveau long-métrage de Julia Solomonoff Nobody’s Watching est un portrait intimiste d’un homme en perte d’attention et qui tente tant bien que mal de se reconstruire une nouvelle carrière à New-York. Un film personnel pour la réalisatrice argentine qui a quitté son pays natal il y a de ça vingt ans pour s’installer aux Etats-Unis. Onsefaituncine a rencontré Julia Solomonoff lors de son passage à Paris pour la promotion du film.

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