Halloween Ends : Leave Michael Alone !

Dernier tour de piste pour l’un des tueurs en série les plus emblématiques du cinéma. Après un premier opus calqué sur l’original et un second diamétralement opposé, ce troisième volet avait pour pari de concilier les deux tout en proposant une conclusion digne de ce nom. Mais que peut-on encore dire sur une saga qui a été essorée maintes fois ? À David Gordon Green de nous donner la réponse. Visiblement, le réalisateur a plus d’une surprise cachée sous sa casquette.

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Les frères Dardenne : « Le temps de l’enregistrement est le temps du spectateur »

Fers de lance du cinéma belge, Jean-Pierre et Luc Dardenne se sont imposés comme des réalisateurs indispensables dans le cinéma social, notamment par leur style reconnaissable. Habitués du Festival de Cannes (où ils ont remporté deux Palmes d’or, un prix de la mise en scène, un du scénario et ici le prix du 75ème festival de Cannes), ils ont sorti il y a peu « Tori et Lokita », l’histoire d’amitié entre deux enfants dans un univers particulièrement sordide et habituel aux metteurs en scène.

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Le Goût du riz au thé vert : Mariage à ranger

Aparté : Dans un soucis de fluidité dans cette retrospective dédiée au cinéaste Yasujirō Ozu, nous avons décidé de ne pas composer d’article sur le film Eté précoce (1951). En effet, ce dernier – bien que majeur dans l’oeuvre du monsieur – a une histoire, un cheminement narratif ainsi qu’un contexte de production très similaire au précèdent long-métrage abordé : Printemps tardif. Pour autant, nous vous recommandons fortement son visionnage. Déjà car c’est une nouvelle occasion d’admirer Setsuko Hara au sommet de son art dans le rôle d’une autre « Noriko », mais surtout car Eté précoce permet d’élargir le portrait du Japon déjà détaillé dans le film précèdent notamment par une plus grande galerie de personnages délicieux, toujours composés avec l’aide de Kōgo Noda à l’écriture.

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Dominik Moll : « Pour nous, c’était important que cette jeune femme continue de planer sur le film »

C’est la claque du cinéma français de cet été : La nuit du 12 a été régulièrement célébré depuis sa sortie pour son approche d’une affaire judiciaire avec une justesse et un humanisme qui n’annulent jamais la violence en son sein. On a rencontré Dominik Moll à l’occasion de la sortie en Belgique du film, l’opportunité de voir comment le réalisateur a conservé un cap émotionnellement fort au cœur d’un des meilleurs films de l’année.

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Printemps tardif : Bonheur égoïste

Certains critiques, y compris parmi la rédaction, ont pour habitude de prendre des notes pendant le visionnage d’un film. On place délicatement un petit carnet entre ses deux jambes et on reste à l’affut de chaque petit détail qui aurait l’honneur de trôner sur les pages de celui-ci. On s’attèle à la tâche avec minutie, on y note le nom du film, son année de production, ses acteurs principaux. Son contexte aussi, des réflexions sur le déroulé de l’intrigue, sur l’esthétique de l’œuvre. Un jour, nous découvrons Yasujirō Ozu, et quand, le film terminé, nos yeux se posent sur nos écrits, nous sommes bien embêtés : presque tout les mots ont été balayés par nos larmes.

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Avec amour et acharnement : Denis molle

À vouloir être trop productive, on finit par s’emmêler les pinceaux et proposer des œuvres en demie teinte (voir monochrome pour certaines). Alors que son prochain film Stars at noon a été présenté au dernier Festival de Cannes et couronné par le Grand Prix (ex-æquo avec Close), Avec amour et acharnement permet à Claire Denis de repartir avec l’Ours d’argent de la meilleure réalisatrice. Un comble.

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Blonde : folie et (dés)illusion

Sans nul doute un des films les plus attendus de l’année, Blonde marque le retour d’Andrew Dominik derrière la caméra, dix ans exactement après la sortie de Cogan : Killing them softly. Le réalisateur néo-zélandais connu, entre autres, pour The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford, effectue avec ce nouveau film un virage à 180 degrés et choisit d’adapter le roman de Joyce Carol Oates relatant la vie de l’actrice Marilyn Monroe. Reprenant son thème fétiche de la déconstruction du mythe, Dominik emmène son personnage principal à travers les méandres de ses traumatismes et déroule en presque trois heures la descente aux enfers de l’une des plus grandes icônes américaines pour un résultat final qui, sans être franchement mauvais, ne manque pas de laisser perplexe.

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Monster : the Jeffrey Dahmer Story : portrait d’un collectif malade

Sortie sur Netflix récemment, la série Monster : The Jeffrey Dahmer Story fait partie de cette vague morbide visant à surfer sur la “célébrité” de tueur·ses en série pour en faire des adaptations questionnables, n’ayant finalement pour effet que de romantiser ces figures sans égard pour leurs victimes (on se souvient de Zac Efron en Ted Bundy pour Netflix en 2019). Il semblerait logique que cette nouvelle série sur les meurtres de Jeffrey Dahmer suive la même lignée et pourtant, la nouvelle production de Ryan Murphy se distingue, en faisant la seule chose que ses comparses ont tendance à oublier : pointer sa caméra sur les victimes et non plus l’agresseur.

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Mako : Baby shark, doo doo doo doo doo doo

Présenté pour la première fois sur le continent européen lors du Paris Shark Fest 2022, Mako, de Mohamed Hesham El-Rashidy, est le tout premier film de sharksploitation égyptien. La sharksploitation, sous-catégorie du cinéma d’horreur mettant en scène des requins avides de sang est un genre dont les codes cinématographiques ont largement été définis par Steven Spielberg et ses Dents de la mer en 1975. Le genre a depuis énormément évolué, notamment par le biais de la transition vers l’image de synthèse tout particulièrement induite par peur bleue en 1999. Entre 1975 et aujourd’hui, de très nombreux pays ont souhaité avoir leur propre film de requins : Çöl en 1983 pour la Turquie, Aatank en 1996 pour l’Inde, The Reef en 2011 pour l’Australie, Shark Killer en 2015 pour le Canada… L’Egypte souhaitant ainsi ajouter sa pierre à l’édifice, Mako est mis en pré-production en 2019 et Mohamed Hesham El-Rashidy, aucun long-métrage à son actif, se voit doté d’un budget de 50 millions de livres égyptiennes (2,6 millions d’euros) afin de mener à terme ce projet. 

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Citoyen d’honneur : Prix Nobled de littérature

Après avoir collaboré avec Fatsah Bouyahmed dans La Vache et avec Kad Merad pour Une belle équipe, le réalisateur Mohamed Hamidi réunit ces deux acteurs dans Citoyen d’honneur, un film qui, sous son apparence comique, dévoile un propos politique important.

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Fire of love : portrait du jeune couple en feu

Filmer la nature fait partie de ces gestes instinctifs de cinéma, vieux comme cet art et, en un sens, vieux comme le monde. Cette action, si primitive soit-elle, pose néanmoins deux questions : y a-t-il plus beau que ce qui nous entoure ? Surtout, est-ce nécessairement beau ? Car il en va, évidemment, de la question du filmage, de la mise en scène. Tout le monde peut capturer un joli paysage – il n’y a qu’à aller sur les réseaux sociaux et observer n’importe quelle photo que l’on oublie la seconde suivante –, mais personne n’eût pu faire Tabou, si ce n’est Murnau, ni Nanouk excepté Flaherty ; ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les deux hommes ont collaboré pour la réalisation du premier. La comparaison est grossière, mais pas hasardeuse. La différence d’approches en est au cœur. Si Murnau et Flaherty nous émeuvent et nous marquent à vie, c’est par leur rigueur morale, étrangement religieuse et scientifique, conférant à chaque cadrage une puissance presque vertigineuse, doublée d’une idée essentielle : explorer le rapport de l’homme à ce qui le dépasse. C’est le palmier duquel descend le héros, de taille alors risible, de Murnau à la vue du navire, et ce plan séquence de chasse aux phoques où Nanouk s’approche de ses proies pour mieux les surprendre. C’est aussi, désormais, Katia Krafft devant un mur de lave dont elle essaie de prendre la température entre deux jets mortellement dangereux, ou Maurice, son mari, en train de flotter sur un lac d’acide à côté d’un volcan. Ce sont, en réalité, tant d’images que Fire of love offre à voir.

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Montana Story : This is the end

Tout porte à croire par son titre que Montana Story lorgnerait autour du Western, malheureusement on en est très loin. Présenté en compétition à Deauville, le film parle des conflits familiaux dans un immense décor montagneux. Cal et Erin sont frère et sœur, ils se réunissent après l’attaque cérébrale du patriarche qui les amène à devoir gérer le ranch et le père alité.

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Chronique d’une liaison passagère : le temps de l’amour

Questionner l’amour par le prisme de la fidélité a souvent été l’une des préoccupations centrales du cinéma d’Emmanuel Mouret, de Laissons Lucie faire à Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, en passant même par Changement d’adresse. Or, si l’on pensait qu’il avait atteint le bout d’une certaine réflexion avec son dernier long, dont le scénario extrêmement sophistiqué et retors offre une exploration passionnante des tourments sentimentaux, il parvient, avec Chronique d’une liaison passagère, à revenir à la sève même de toutes ces interrogations, en extrayant ainsi la superbe complexité.

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Blood : C’est la goutte de sang qui fait déborder la poche

Cette année Deauville nous a targué non pas d’un, ni de deux mais de trois films interdits aux moins de 16 ans. Alors que La Tour devrait être interdit tout court et que X nous a fait frissonner à bien des égards, Blood a décidé de jouer la carte du vampirisme pour le meilleur… mais aussi un peu pour le pire.

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God’s Country : Le territoire des alphas

D’événements que nous suivons de loin, il est difficile de considérer les impacts, et surtout les traumas qu’ils peuvent générer chez les concerné·es. L’ouragan Katrina, et ses 1 800 mort·es, est un exemple d’un pays en crise, qui a refusé d’envoyer des secours pour les populations noires, et où la police avait pour ordre de tirer à vue sur les pilleur·ses. De ce désastre humain, nous n’en voyons que l’impact psychologique sur les rescapé·es, qui gardent sous silence leur affliction et sont des bouilloires ambulantes, prêtes à exploser à tout instant.

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