Illusions perdues : une fresque intemporelle

En 2015, Xavier Giannoli nous prenait de court avec Marguerite qui avait remporté trois César dont celui de la meilleure actrice pour son héroïne Catherine Frot. Six ans plus tard, le réalisateur co-écrit avec le scénariste Jacques Fieschi (Police, Un cœur en hiver, L’Adversaire…) une adaptation magistrale et effrayamment moderne du roman de Balzac.

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Le sommet des Dieux : Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort

S’il y a bien une autre chose dont on peut être fier·e·s chez nous hors du cinéma de genre qui nous offre continuellement de nouvelles idées, c’est bien le cinéma d’animation. Après le triplé Josep / Calamity / Petit Vampire, et avant Le peuple loup, on peut retrouver en salles Le sommet des Dieux. Adaptation audacieuse qui pose des questions quant à l’Homme et sa soif de toujours plus.

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« Fear Street : 1994 » : Promenons-nous…

Pour celleux né·e·s dans les années 90, la saga littéraire horrifique Chair de Poule devrait vous dire quelque chose. Des petites histoires plutôt bien pensées pour nous faire gentiment frissonner sous la couverture le soir. À la même période en Angleterre, R. L. Stine publiait sa saga littéraire Fear Street qui a connu un succès immense avec pas moins de 80 millions d’exemplaires. Et c’est la réalisatrice Leigh Janiak, encore inconnue au bataillon (son premier film Honeymoon n’est jamais sorti de par chez nous), qui s’attèle à l’adaptation de ces romans pour Netflix.

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Alice in Borderland : de coeur et de corps

En ce début d’année, on a tou·te·s besoin de grand air, de joie, de bonne humeur, d’amour et de gens qui s’aiment. Tout ce que ne nous offre pas Alice in Borderland, nouvelle série japonaise disponible sur Netflix. Ici, il est plutôt question de survie et massacres en bonne et due forme.

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Bluebird : Colosse fragile

Jérémie Guez a déjà fait ses armes littéraires en ayant déjà publié quatre romans à succès. Cette année, il s’arme de sa caméra pour adapter « L’homme de plonge » de Dannie M. Martin. Même si c’est sa première expérience en tant que réalisateur, Jérémie Guez a déjà de solides références derrière lui puisqu’on lui doit notamment le scénario de La nuit a dévoré le monde.

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Seules les bêtes : Polar et chansonnette

Dominik Moll et Gilles Marchand (Harry, un ami qui vous veut du bien) reprennent leur collaboration et adaptent librement le roman éponyme de Colin Niel sorti en 2017. Déconcertant, leur film propose une succession de points de vue et promet au spectateur une mécanique du suspens bien huilée.

Tu t’en vas…

Non, nous ne sommes pas partis de la salle obscure bien que les premières minutes de ce thriller fragmenté soient assez déroutantes : quelque part en Afrique, un homme porte un animal sur son dos. Il frappe à une porte. Séquence suivante : une route perdue dans les Causses et un prénom qui s’affiche, celui d’Alice (Laure Calamy); c’est le premier chapitre/personnage ouvrant le fiasco hasardeux auquel nous allons assister.

En bref, Alice trompe son mari Michel (Denis Ménochet) avec Joseph (Damien Bonnard), un brave garçon qui ne sait parler qu’à son chien et à son troupeau. Joseph est un « cas social » comme le dit si bien le bourru Michel (qui se sait cocu de surcroît). Tout ce joli monde cohabite sinistrement dans cet endroit reculé lorsque l’on annonce qu’une femme a disparu (Valeria Bruni-Tedeschi). Arrive alors le gentil gendarme (Bastien Bouillon, vu très récemment chez Sébastien Betbeder dans Debout sur la montagne) qui pose plein de questions mais qui (semble-t-il) ne résoudra jamais rien parce que la femme recherchée est morte et que son corps a été déposé dans la cour enneigée de Joseph, le coupable idéal.

Paniqué (mais heureux ?) Joseph cherche donc à faire disparaître le corps de cette belle femme dans la forêt enneigée… mais c’est sans compter sa légère tendance nécrophile et son amour pour la solitude qui le poussent enfin vers la sortie de tout ce bordel terrestre. Avec la morte, Joseph partage de beaux moments de complicité (si, si !) et ensemble, ils écoutent ce standard incontournable de la chanson française qui a pour titre exhaustif « Tu t’en vas ». Oui, c’est à partir de ce moment-là que l’on accroche vraiment et que l’on se dit « c’est complètement glauque mais je reste ».

Engrenage

Mais alors, qui a tué la morte ? Bah oui, on se le demande tout de même ! Après être passé par la case « Alice » puis la case « Joseph », c’est au tour de Marion d’entrer dans la partie. Mais c’est qui Marion ? Eh bien Marion, c’est la jeune amante de la morte. Mais attention parce que la partie se corse lorsque Marion devient Amandine à Abidjan. Amandine, c’est l’arnaque de Michel. Vous suivez ?

Oui, tout ceci est invraisemblable (et drôle) et comme dans le roman, on nous fait passer d’un point de vue à l’autre pour nous emmener – par le biais de l’irrésistible montage alterné – en pleine séance de maraboutage à Abidjan. Et tout ceci n’est que le fruit du hasard, meilleur ami de la malchance qui aura fait quelques dégâts sur son passage ; reste alors à dénouer le tout par une séquence finale assez cocasse, comme le net contraste du calme revenu après la tempête.

En bref, Seules les bêtes promet aux spectateurs une intrigue bien ficelée (car tirée d’un roman) mais si le titre annonce le mystère, le processus de dévoilement de l’intrigue est quelque peu refroidissant, faute de nous emmener plus loin dans la réflexion sur les vanités de l’espèce humaine.

Seules les bêtes, de Dominik Moll. Avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni Tedeschi, … Sortie le 4 décembre 2019.

PIRANHAS : Chi rispetto vuol rispetto porta

Sorti en catimini en juin, PIRANHAS qui est reparti avec le prix du jury au dernier Festival de Beaune est pourtant une véritable claque qu’il vous est possible de rattraper en VOD dès le 11 octobre. Un premier film qui se plonge dans un Naples où s’affrontent ancienne et nouvelle génération de mafieux et où la jeunesse italienne perd toute son innocence au profit du pouvoir et de l’argent.

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Le Dindon : Et là c’est l’indigestion

« Tout le monde peut se tromper » nous l’affiche. Même Jalil Lespert. Celui qui avait brillé de talent avec Yves Saint Laurent et Iris commet ici sa première boulette. Et pourtant, vu le matériau d’origine, il semblait compliqué de ne pas s’en sortir. Pièce mythique de Georges Feydeau, Le Dindon à la sauce comédie française 2019 est un four absolu.

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Waiting For The Barbarians : Depp-endance à l’ennui

Comme on nous l’aura bien vendu, ce Waiting For The Barbarians. Retour inattendu pour un Johnny Depp qui, selon les dires, tente un rôle de composition, présence d’un Mark Rylance qui depuis ses trois collaborations avec Steven Spielberg ne quitte plus les esprits, adaptation d’un livre par un réalisateur reconnu dans les sphères cinéphiles, le projet a tout pour plaire. Dès les premiers instants, la photographie nous entraîne dans une poésie patiente, prenant le temps de la contemplation. 

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[ANNECY 2019] Les Hirondelles de Kaboul : Nid douillet

Zunaira est une femme libre. Elle refuse de porter la burka, elle dessine, elle danse, met la musique à fond… Dans un pays où l’oppression exercée par les Talibans est quotidienne et violente, son couple avec Mohsen est en danger après que ce dernier ai commis un geste irréparable. S’en suit un drame et nous voilà plongé dans le quotidien d’un autre couple : Atiq et Mussarat, le gardien de la prison et sa femme malade. Rien ne prédestinait Zunaira et ce couple à se rencontre et pourtant, voilà qu’elle finit en prison après un terrible accident. Sauf qu’après ça, tout part en eau de boudin bien rapidement.

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La fameuse invasion des ours en Sicile : c’era una volta

Il y a de ces moments suspendus dans le temps, une enfance qui prend vie sous vos yeux. Présenté au dernier Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, La fameuse invasion des ours en Sicile est l’adaptation du roman « La fameuse invasion de la Sicile par les ours » de Dino Buzzati sorti pour la première fois en 1945. 

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We The Animals : Poétiquement creux

Adaptation du livre éponyme de Justin Torres – « Une vie animale » en français -, « We The Animals » met en scène le destin de trois gamins un peu obligés de se débrouiller par eux-mêmes pour grandir face à un père aimant mais violent et une mère en proie à la dépression et aux excès aussi colériques qu’amoureux de son mari. Tandis que les deux grands apprennent à vivre dans cette cacophonie familiale, le petit dernier Jonah est le témoin silencieux de la destruction de son cocon familial.

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Les Enquêtes du Département V – Dossier 64 : Farvel

Il y a ce petit quelque chose qui m’a toujours attristé à propos de la saga danoise Les Enquêtes du Département V. Miséricorde, Profanation et Délivrance – les trois premiers volets – n’avaient pas eu la chance de connaître une sortie en salles malgré la qualité notable de ces films (et son succès au box-office danois). Dossier 64 subit également le même sort même s’il a la chance de sortir en e-cinema et ainsi être disponible au plus grand nombre; grand bien nous fasses je peux vous l’assurer car au vu de la qualité de cette saga, il serait dommage de passer à côté.

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Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Un parfum de mauvais goût

Ce film c’était un petit peu les montagnes russes on va pas se mentir. Lorsque Philippe Lacheau annonce en juillet 2017 qu’une adaptation française de Nicky Larson va naître et qu’il sera en charge de l’écriture on avait quelques réserves. Rien de grave mais quelques réserves quand même. Lorsque l’affiche du film est sortie on était encore plus dubitatifs. Quand la bande-annonce dudit film a débarqué sur internet fin septembre on était horrifiés. Rien ne semblait aller. Puis les premières avant-premières ont eu lieu, les retours positifs aussi. Bon on reste prudent  – des trolls sait-on jamais – mais il est vrai que plus les avis positifs se propageaient et plus l’envie d’y croire se faisait forte. Cerise sur le gâteau, même la presse et les sites en disent du bien ! C’est décidé, nous allons nous faire notre propre avis car finalement c’est peut-être une bonne surprise qui nous attend et puis après la purge Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? on pouvait pas attendre pire. Et pourtant… on en est pas loin quand même.

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Si Beale Street pouvait parler : un film qui multiplie les genres

Après la claque « Moonlight », récompensée aux Oscars 2017, Barry Jenkins est de retour avec « Si Beale Street pouvait parler », un drame adapté du best-seller éponyme. Avec un duo de jeunes acteurs relativement peu connus que sont Kiki Layne et Stephan James le long métrage est un drame romantique poignant mais qui aurait gagné à être raccourci.

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