[ANNECY 2019] Les Hirondelles de Kaboul : Nid douillet

À l’heure où Annecy se posait de vraies questions concernant la place de la femme dans le monde de l’animation, il était plus que bienvenue de voir le film de Zabou Breitman et et Éléa Gobbé-Mévellec en compétition. Une adaptation d’un roman dans lequel on suit le destin de Mohsen et Zunaira au coeur d’un Kaboul en ruines dirigé par les Talibans. La comparaison avec Parvana se fait forcément et force est de constater que le film rate le coche alors qu’il aurait pu être un véritable brûlot féministe.

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[ANNECY 2019] La fameuse invasion des ours en Sicile : c’era una volta

Il y a de ces moments suspendus dans le temps, une enfance qui prend vie sous vos yeux. Présenté au dernier Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, La fameuse invasion des ours en Sicile est l’adaptation du roman « La fameuse invasion de la Sicile par les ours » de Dino Buzzati sorti pour la première fois en 1945. 

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We The Animals : Poétiquement creux

Adaptation du livre éponyme de Justin Torres – « Une vie animale » en français -, « We The Animals » met en scène le destin de trois gamins un peu obligés de se débrouiller par eux-mêmes pour grandir face à un père aimant mais violent et une mère en proie à la dépression et aux excès aussi colériques qu’amoureux de son mari. Tandis que les deux grands apprennent à vivre dans cette cacophonie familiale, le petit dernier Jonah est le témoin silencieux de la destruction de son cocon familial.

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Les Enquêtes du Département V – Dossier 64 : Farvel

Il y a ce petit quelque chose qui m’a toujours attristé à propos de la saga danoise Les Enquêtes du Département V. Miséricorde, Profanation et Délivrance – les trois premiers volets – n’avaient pas eu la chance de connaître une sortie en salles malgré la qualité notable de ces films (et son succès au box-office danois). Dossier 64 subit également le même sort même s’il a la chance de sortir en e-cinema et ainsi être disponible au plus grand nombre; grand bien nous fasses je peux vous l’assurer car au vu de la qualité de cette saga, il serait dommage de passer à côté.

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Nicky Larson et le parfum de Cupidon : Un parfum de mauvais goût

Ce film c’était un petit peu les montagnes russes on va pas se mentir. Lorsque Philippe Lacheau annonce en juillet 2017 qu’une adaptation française de Nicky Larson va naître et qu’il sera en charge de l’écriture on avait quelques réserves. Rien de grave mais quelques réserves quand même. Lorsque l’affiche du film est sortie on était encore plus dubitatifs. Quand la bande-annonce dudit film a débarqué sur internet fin septembre on était horrifiés. Rien ne semblait aller. Puis les premières avant-premières ont eu lieu, les retours positifs aussi. Bon on reste prudent  – des trolls sait-on jamais – mais il est vrai que plus les avis positifs se propageaient et plus l’envie d’y croire se faisait forte. Cerise sur le gâteau, même la presse et les sites en disent du bien ! C’est décidé, nous allons nous faire notre propre avis car finalement c’est peut-être une bonne surprise qui nous attend et puis après la purge Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? on pouvait pas attendre pire. Et pourtant… on en est pas loin quand même.

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Si Beale Street pouvait parler : un film qui multiplie les genres

Après la claque « Moonlight », récompensée aux Oscars 2017, Barry Jenkins est de retour avec « Si Beale Street pouvait parler », un drame adapté du best-seller éponyme. Avec un duo de jeunes acteurs relativement peu connus que sont Kiki Layne et Stephan James le long métrage est un drame romantique poignant mais qui aurait gagné à être raccourci.

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My Beautiful Boy : Au coeur de la tourmente.

Depuis qu’il a été présenté au TIFF en octobre 2018, « My Beautiful Boy » n’a fait que recevoir des éloges. Et effectivement, on comprend vite pourquoi car il fait bien parti des plus beaux films de cette rentrée 2019.

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Sebastien Marnier (« L’Heure de la sortie ») : « Le film dessine le monde qu’on va laisser à nos enfants »

En salles dès le 9 janvier, le second long-métrage de Sébastien Marnier (« Irréprochable ») est une vraie réussite. Mêlant les genres pour y délivrer un véritable message alarmant, « L’Heure de la sortie » est un constat glaçant d’une société sur le déclin et une jeunesse qui la vit de plein fouet. On a discuté avec son réalisateur pour comprendre ses inspirations et sa propre vision de la société.

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L’Heure de la sortie : Le fête est finie

On a injustement peu parlé de « Irréprochable » sorti durant l’été 2016. Le premier essai de Sébastien Marnier marquait déjà une incursion fort marquée dans le film de genre avec son ton sombre et son atmosphère étouffante. Une recette qui lui réussit puisqu’en ce début 2019, le réalisateur revient pour un second long-métrage « L’Heure de la sortie » librement adapté du roman du même nom de Christophe Dufossé sorti en 2002. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que janvier débute sous les meilleurs auspices avec ce qui s’avère être la première claque française de 2019 et une preuve, s’il en fallait une de plus, que le film de genre française se porte bien.

Deuxième film, deuxième claque. On retenait de son premier film l’ambiance étouffante, son personnage principal intriguant, à la limite du malsain, on retrouve quasiment tous ces éléments dans « L’Heure de la sortie ». Ambiance caniculaire alors qu’un professeur de français vient de se suicider devant ses élèves en plein cours. Pierre devient leur professeur suppléant dans une classe de 3e intellectuellement précoces et parmi eux, un groupe de six élèves aussi intrigants qu’effrayants. Une curiosité malsaine va l’emmener à espionner ces jeunes pour les comprendre. Pour connaître la suite, il faudra aller voir le film car le résumer sans en dévoiler l’intrigue est bien compliqué. Tout ce qu’on pourra vous dire c’est que c’est loin d’être un film commun, qu’il navigue avec une aise déconcertante parmi les genres et que le tout est porté par un casting impliqué à  commencer par un Laurent Lafitte incroyable et six jeunes qui sont tous des révélations.

Véritable constat d’une société sur le déclin autant que sur le fossé qui s’est crée entre jeunes et adultes, « L’Heure de la sortie » terrifie par sa vérité, sa justesse et offre un autre portrait – moins glorieux et plus inquiétant – de cette jeunesse plus au fait de notre monde en perdition et peut-être beaucoup plus radicale que les précédentes générations. Avec énormément d’audace et de talent, Sébastien Manier sublime et offre une autre approche de l’oeuvre de Christophe Dufossé. Loin d’être simplement une étude de cas dans la sphère scolaire – bien qu’elle soit intéressante et qu’elle soulève de vraies problématiques même si le sujet n’est pas là -, « L’Heure de la sortie » se fait le reflet de notre société et de notre jeunesse actuelle. 

Maîtrisé de A à Z par un réalisateur qui a toutes les armes pour nous offrir un cinéma de qualité – même si son talent est déjà confirmé en l’espace de deux films -, « L’heure de la sortie » est un thriller quasi apocalyptique aussi alarmant qu’il est terrifiant. L’une des plus belles réussites de ce début d’année.

L’Heure de la sortie de Sébastien marier. Avec Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Gringe… 1h43
Sortie le 9 janvier

Mortal Engines: Moteur encrassé

Des centaines d’années après qu’un évènement apocalyptique ai détruit la Terre, l’humanité s’est adaptée pour survivre en trouvant un nouveau mode de vie. Ainsi, de gigantesques villes mobiles errent sur Terre prenant sans pitié le pouvoir sur d’autres villes mobiles plus petites.
Tom Natsworthy – originaire du niveau inférieur de la grande ville mobile de Londres – se bat pour sa propre survie après sa mauvaise rencontre avec la dangereuse fugitive Hester Shaw. Deux personnages que tout oppose, qui n’étaient pas destinés à se croiser, vont alors former une alliance hors du commun, destinée à bouleverser le futur. 

En matière de blockbusters, les années 2010 sont des années de plomb. Depuis le début de la décennie, les divertissements à gros budgets ont du mal à tirer leur épingle du jeu et il semble difficile aux studios de se renouveler. Quand a été annoncé la mise en chantier de « Mortal Engines », avec Peter Jackson à la production, on pouvait attendre de ce projet une once de nouveauté et de fraîcheur. 

Adapté du roman « Mécaniques Fatales » de Philip Reeve, « Mortal Engines » est un script écrit par Peter Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens. Les trois compères avaient déjà adaptés pour le grand écran « Le Seigneur de Anneaux » avec le succès que l’on connait. Si l’action et l’épique était au rendez vous, pour « Mortal Engines » c’est une autre histoire. Le film débute comme un conte, avec une voix off relatant les faits qui ont amenés le monde dans cet univers post apocalyptique. Et honnêtement, l’entrée en matière est impressionnante. La D.A est soignée et la réalisation convoque tour à tour Mad Max et John Carter. Une fois les motivations des personnages présentés, le souffle du début retombe avec fracas. On se demande si on ne regarde pas une série tant la mise en scène manque d’ambition. Christian Rivers, le réalisateur, signe ici son premier long métrage et on se pose la question de savoir pourquoi avoir donné un si gros morceau à un débutant. Mais même si la réalisation est assez plate, le scénario manque tout autant d’audace. Le film se révèle être un énième récit « young adult » dont les enjeux peuvent être devinés dès le début et qui ne montreront aucunes surprises. Au fur et à mesure de la fuite de Hester et Tom, les deux protagonistes vont rencontrer des personnages qui ne resteront que des figures fantomatiques. Aucune identification, aucun attachement. On aurait aimé savoir pourquoi le personnage d’Anna Fang est considérée comme l’ennemi numéro 1 de Londres, mais rien n’est dévoilé, même pas au détour d’un dialogue. 

Dans ce film, tout va trop vite si bien qu’on arrive à se demander si le montage n’a pas coupé des parties importantes, présentant un univers assez mal identifié et identifiable. Qui habite derrière le mur, combien y a-t-il de capitales sur roues ? Des questions qui resteront partiellement sans réponses. Le film sait néanmoins réussir les séquences plus émouvantes avec le personnage de Shrike, le robot père de substitution de Hester. Le flash back sur la relation entre les deux est superbement juste et touchant. La suite enchaîne les scènes d’action avec un rythme effréné sans se poser pour laisser le récit respirer si bien qu’on se sent trimballer plutôt qu’impliquer dans ce qui se passe à l’écran.

« Mortal Engines » prouve que la marque déposée « Peter Jackson » n’est pas gage de perfection. Mais il est fort à parier que le film saura trouver ses défenseurs, comme John Carter avant lui. 

Mortal Engines de Christian Rivers. Avec Hera Hilmar, Robert Sheehan, Hugo Weaving… 2h08
Sortie le 12 décembre 

https://www.youtube.com/watch?v=acPaU7hGIuk