De l’autre côté du ciel : Par-delà les rêves

Chimney Town est une ville crasseuse qui abrite des usines à foison. Les grandes cheminées qui recrachent constamment une fumée épaisse ont fait de cet endroit une ville sombre et désespérée. Alors que chacun·e se complaît dans cette vie sans lumière, Bruno est un tailleur mais aussi un conteur d’histoires. À travers ses mises en scènes dans des petits pièces de théâtre en papier, Bruno narre de merveilleuses histoires sur tout un monde qui se cacherait derrière cet épais mur de fumée. Des histoires à dormir debout pour les habitant·e·s qui ne cessent de le conspuer excepté son fils Lubicchi qui se met à rêver et à espérer que quelque chose d’encore plus grand se trouve sous leurs yeux. Après la mystérieuse disparition de son père, Lubbichi quitte l’école pour devenir nettoyeur de cheminées et devient par la même occasion un paria pour avoir cru aux histoires de son patriarche. Le soir d’Halloween, il rencontre par hasard un monstre fait de déchets rejetés par les usines de la ville. Une drôle d’amitié naît entre eux.

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Aux origines de l’animation : le cas d’E. Cohl

Il est toujours important de se confronter au passé, voir si les films tiennent face au temps, notamment les plus anciens. Il en est, d’ailleurs, un devoir des grands festivals qui, s’ils ont pour mission de donner la température du cinéma mondial actuel, ont une part de responsabilité conséquente pour faire vivre l’histoire ; d’où les sections Cannes Classics et Venezia Classici, pour ne citer qu’elles. Le FEMA de La Rochelle, comme Lumière à l’automne, joue de l’effet inverse, en mettant surtout les nouveautés à l’épreuve d’hier : quelques dizaines d’avant-premières pour une grosse centaine de films anciens. Un spectateur de la dernière itération rochelaise a notamment interpelé Valéria Bruni Tedeschi pour lui dire que son nouveau film, Les Amandiers, trouvait grâce à ses yeux, alors que la plupart des autres nouveautés présentées lui tombaient de ceux-ci eut égard au patrimoine montré en parallèle. Ainsi, en poussant le voyage temporel si loin, ces événements offrent à voir de l’inédit, de l’inouï, rebâtissant des ruines oubliées dans lesquelles nous, cinéphiles égarés, venons nous ressourcer pour renouveler notre capacité d’appréciation des sorties récentes. Nous partons de ce qui fût, pour aller vers ce qui est et sera.

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Adama : Voyage express et turbulences narratives

Le bruit du plongeon, l’agitation de l’eau. Puis le calme, l’absence de l’autre, une forme de solitude apaisante. Les motifs majeurs du film Adama (2015) de Simon Rouby se retrouvent dès les premières secondes de cette scène d’exposition. Au sein de ce film contant l’histoire d’Adama, enfant à la recherche de son frère aîné disparu du village, l’importance des signes prend le dessus sur l’importance du sens. En effet, il ne faut pas chercher ici le sensé, le ressenti primant très souvent sur le rationnel. Cette première scène du film, s’ouvrant sur un écran noir accompagné de ce bruit puissant qu’est celui du choc du corps au contact de l’eau, permet au spectateur d’être immédiatement confronté au thème de la violence. Les corps ne sont ici que peu épargnés. Le fait que ce choc soit suivi de la solitude d’Adama, isolé dans ses pensées au fond de l’eau, ne peut qu’être vu comme le prémisse de la solitude qu’il ressent tout au long du long-métrage. 

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My Entire High School Sinking Into the Sea : Eloge de la couleur

Véritable forme hybride de cinéma, le long-métrage animé de Dash Shaw intitulé My Entire High School Sinking Into the Sea (2017) est une œuvre inclassable. Transcendant les styles et les genres, ce film d’animation hors-normes doit sa puissance visuelle au passé de son réalisateur. Auteur incontournable de comics, Dash Shaw a souhaité s‘inspirer de son travail effectué sur les bandes dessinées afin de réaliser de l’animation vidéo. Se refusant strictement l’utilisation de l’animation par ordinateur, le réalisateur découvre la création possible de gifs animés à partir d’After Effect. En scannant succinctement 12 de ses dessins, celui-ci parvient à obtenir 1 seconde d’animation. De cette expérimentation naît le désir, tout en continuant d’utiliser la même technique, de réaliser ce long-métrage.

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Absolute Denial – Al l’intelligence artificielle

Le réalisateur Ryan Braund est le genre de personne qui a tendance à nous énerver. C’est celui qui pendant le premier confinement s’est lancé dans la création d’un long-métrage d’animation, alors que d’autres ont eu l’impression d’avoir vécu dans un trou noir où peu de choses en sont sorties. Absolute Denial est un film d’animation rotoscopé à l’épure déconcertante, qui a séduit Annecy et le PIFFF. Nous découvrons une œuvre de l’ordre de l’expérimentation, visuelle et narrative, qui amène un questionnement en phase avec la transition technologique que nous vivons actuellement.

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Le Peuple loup : animosité animée

Si l’animation n’est que peu présente dans nos salles obscures cette année, elle tient désormais un fier représentant. Certes, la concurrence n’est pas rude, mais Le Peuple loup s’inscrit comme une grande œuvre, à la fois piqûre de rappel de la myriade de possibilités offertes par les techniques du médium, que récit parfaitement dosé pour atteindre une universalité rare. Concluant sa trilogie autour du folklore irlandais, Tomm Moore, ici assisté de Ross Stewart son ami de toujours, lâche les chevaux – ou plutôt les loups –, et affirme son style comme puissance de narration absolue.

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Rick & Morty : Nobody exists on purpose, nobody belongs anywhere, everybody’s gonna die. Come watch TV.

Rick et Morty fait partie de ces séries qui ont su intégrer rapidement la culture populaire à travers la planète, au point que le culte l’entourant a pu jouer en défaveur de la qualité réelle de la série. Ainsi, certain·e·s se souviennent des ruées dans les McDonald’s pour goûter la sauce szechuan remise en avant par l’un des épisodes, le délire autour de Pickle Rick et la mention surabondante de certaines blagues à la manière d’autres séries du genre, poussant à une overdose totale. Malheureusement, cette perception amenée par une part de fandom surexcitée et surexcitable ne fait qu’enfermer Rick et Morty dans une imagerie faussée et immature alors même que la série se révèle bien plus intelligente qu’il n’y paraît, derrière son cynisme apparent et son aspect over the top. Cette sortie d’une intégrale de ses quatre saisons devrait permettre de remettre en question cette image et mieux constater ses thématiques et diverses réflexions.

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Ride Your Wave : A Brand New Story

Il aura fallu attendre deux (trop) longues années pour qu’on puisse enfin vous remettre en avant cette critique. Lors de l’édition 2019 du Festival du film d’animation d’Annecy, le nouveau long-métrage de Masaaki Yuasa faisait grand bruit. Et même s’il est reparti bredouille, le film s’installe confortablement dans le haut du panier du film d’animation japonais.

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Satoshi Kon, l’illusionniste : portrait d’un grand parmi les siens

L’animation japonaise compte une palette impressionnante d’auteurs de génie. Satoshi Kon en faisait partie. Il n’a malheureusement pas pu en réaliser beaucoup, quatre longs-métrages, une série d’animation. Et pourtant, son influence est colossale pour le cinéma japonais contemporain comme dans le monde entier. C’est ce que cherche à montrer Pascal-Alex Vincent dans le documentaire qu’il a présenté pour Cannes Classics 2021.

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40ème édition du festival Anima : Petits écrans, Grands talents

Nous l’écrivons dans notre article sur les cinq coups de cœur dans les courts-métrages d’Anima : bien que le festival d’animation bruxellois ait subi de plein fouet les revers de la situation sanitaire actuelle, cela ne l’a pas empêché de nous offrir une année riche. La sélection a beau avoir dû transiter sur petits écran (passage par une plateforme online oblige), elle n’en a pas moins de grandes qualités. L’interface assez simple et les prix abordables ont permis de se faire quelques découvertes, bien que l’on regrette que certains titres ne soient pas disponibles (Wolfwalkers) ou un peu tardivement (On-Gaku : Our sound , prix du meilleur long-métrage).

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Souvenirs de Marnie : Testament émotionnel

Voilà déjà sept longues années que le Studio Ghibli nous a offert l’adaptation du roman de Joan G. Robinson : Souvenirs de Marnie, second long-métrage du réalisateur Hiromasa Yonebayashi, après un Arrietty, Le Petit Monde Des Chapardeurs globalement bien accueilli par la presse et les spectateurs. Dernière production du studio nippon, jusqu’au prochain Aya Et La Sorcière annoncé courant 2021 et déjà présenté en séance spéciale au Festival de Gérardmer.

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Le Château Ambulant : Féérie solaire

Miazaki Hayao et la retraite, un vaste sujet, toujours emprunt de frayeurs. Alors qu’il était question d’une cessation d’activités après Le Vent Se Lève, qui finalement donne lieu à une nouvelle proposition qui on l’espère nous parviendra dans les prochaines années – il faut dire que le rythme de production du réalisateur désormais octogénaire n’est pas des plus rapides -, on se remémore ces moments où cette peur nous a pris au gosier. Le départ de Ghibli en 99, qui a débouché sur un retour en grandes pompes avec l’exceptionnel Voyage De Chihiro, par exemple. Annoncé à l’époque comme le dernier métrage du célèbre dessinateur, il n’aura fallu que trois ans pour que ce dernier revienne vers ses chères planches, et nous offre une fois encore un métrage digne de ce nom, Le Château Ambulant.

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Le drôle de Noël de Scrooge : Zemeckis et ses fantômes

Ah, la période des fêtes, merveilleuse saison prodiguant les mêmes téléfilms repassant en boucle à la télévision mais qui arrivent à réchauffer les cœurs refroidis par la saison (ou l’année entière, c’est selon). Certains ont su tirer des œuvres intemporelles comme Gremlins, La vie est belle, Piège de cristal et il est évident qu’un réalisateur aussi joueur avec les émotions que Robert Zemeckis ne puisse qu’être motivé à ce sujet. Il aura d’ailleurs tiré deux films sur la période de Noël, deux expérimentations sur la performance capture qui captivent malgré les traits des années : Le Pôle Express et notre sujet du jour, Le drôle de Noël de Scrooge.

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Princesse Mononoke : Nausicaa de la Forêt de la Gueule

En japonais amoureux de la culture ancestrale, Hayao Miyazaki a un rapport à la nature, et à la technologie, assez particulier. Comme on l’a vu dans Le Château Dans Le Ciel, il considère les avancées comme une condamnation pour l’équilibre, et ne cesse d’en faire le cœur de son œuvre. Même Mon Voisin Totoro parle de l’importance de ses divinités étranges, qui jonchent un folklore qui ne doit pas être oublié mais au contraire se mêler à la volonté technologique de l’île. Dans cette thématique, Princesse Mononoke ne fait pas exception et va d’ailleurs s’approcher de l’un des premiers films du maître, Nausicaa De La Vallée Du Vent. Loin de la subtilité plus évasive de l’aîné, il va ici incarner son animation d’un message alarmiste, bien plus prononcé mais qui ne perd pas en superbe.

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100% Loup : Petit mais hargneux

Qui dit Halloween dit forcément fête pour enfants. Alors que les adultes vont s’amuser devant Conjuring et The Jane Doe Identity, les plus jeunes peuvent se délecter des Chair de Poule et compagnie. À cette occasion, 100% Loup est définitivement le petit film d’Halloween qui va ravir les plus jeunes.

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