Rocketman : Still standing better than I ever thought !

Je l’attendais depuis si longtemps et il est enfin là ! Le dernier film du réalisateur britannique Dexter Fletcher est enfin sorti, pour mon plus grand plaisir, et j’en aurais bien demandé deux heures de plus.

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Green Book : sur les routes d’un grand film

Peter Farrelly est normalement réputé pour les comédies. C’est l’homme derrière les excellents « Mary à tout Prix » et « Fous d’Irène », ou les bourrins « Dumb & Dumber » et « My Movie Project ». Bref pas le cinéaste le plus subtil d’Hollywood. La surprise fut donc importante lorsque « Green Book » a été annoncé. Un road-movie sensible porté par Viggo Mortensen et Mahershala Ali, franchement on y croyait pas… Et pourtant « Green Book : sur les routes du sud » est une réussite totale. 

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Une femme d’exception : Nous sommes des femmes d’exception

Le public français n’aura jamais autant entendu parlé de Ruth Bader Ginsburg que ces derniers mois. Alors qu’en octobre dernier le documentaire « RBG » réalisé par Betsy West retraçait la vie de celle qu’on surnomme aujourd’hui « Notorious RBG », c’est début 2019 qu’est venu sur nos écrans « Une femme d’exception ». Ce dernier se concentrant principalement sur les débuts compliqués de la jeune avocate alors qu’elle concilie vie professionnelle, vie de famille et un mari souffrant. Un biopic certes classique mais nécessaire en tant que figure féminine.

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Undercover – Une histoire vraie : Une histoire de famille

Second long-métrage du réalisateur franco-britannique Yann Demange, « White Boy Rick » (traduit « Undercover : Une histoire vraie » de par chez nous, allez savoir) est sorti le 14 septembre 2018 aux États-Unis et le 2 janvier 2019 dans nos contrées (allez savoir aussi). Comme son sous-titre français l’indique, le film est inspiré d’une histoire vraie : celle de Rick Wershe Jr., un jeune adolescent américain alors âgé d’une quinzaine d’années, fils de marchand d’armes à feu, indic un temps pour le FBI et qui, après avoir prospéré pendant quelques années grâce à son activité de dealer, fini emprisonné à vie pour possession de plus de 8 kilos de cocaïne à une époque où 650g étaient suffisants pour garantir la prison à vie.

Film biographique avec, l’on imagine, sa bonne dose de fictionnalisation, « Undercover » nous fait suivre un jeune Rick Wershe durant les années 80, vivant alors dans la banlieue de Detroit à une époque où la ville doit toujours faire face à une crise suite au déclin de son industrie plus tôt dans les 70s. Si ces détails historiques semblent transparaître quelque peu à travers le film (surtout à son début en réalité), ils ne sont malheureusement pas réellement traités au sein de celui-ci, le réalisateur faisant le choix de donner à son œuvre une acception bien moins large, s’attardant ainsi assez peu sur la situation socio-économique de l’époque et peut-être plus sur la situation personnelle du personnage principal. Effectivement, l’on ressent tout au long du film que l’histoire de Rick est moins celle d’un jeune adolescent qui deale pour s’en sortir et se sentir important que celle d’un adolescent qui cherche à substituer à sa famille « bancale » une famille plus « stable ». Son père est un vendeur d’armes à la manque, sa sœur une junkie qui sort avec un homme qui la bat, et ses grand-parents ne semblent pas savoir parler autrement qu’en hurlant… Ainsi l’histoire de Rick devient certes celle d’un jeune blanc qui se fait sa place au sein du milieu criminel représenté comme majoritairement afro-américain de l’époque (d’où viendra son surnom de « White Boy Rick » traduisible grossièrement en « Rick le Blanc ») mais également celle d’un jeune garçon qui va vraisemblablement tenter de stabiliser sa situation familiale, que ce soit en trouvant initialement sa place dans un gang d’afro-américains, ou en pensant plus tard pouvoir stabiliser sa propre famille grâce à sa propre réussite dans le milieu. Autant, dès l’ouverture du film, Rick Wershe et son père nous sont introduits comme clairement antipathiques autant l’on ne peut s’empêcher, au fil du film, de sentir une histoire humaine derrière celle de la criminalité. Le film n’esquive toutefois pas la question de la responsabilité du système et des fédéraux dans l’histoire de Rick et notamment concernant sa chute, puisque c’est pour servir d’indic au FBI qu’il intègre premièrement le milieu criminel de Detroit, ce même FBI qui refusera plus tard de défendre le jeune Rick alors qu’il est condamné à la prison à vie à l’âge de 17 ans.

Sous couvert de relater une histoire vraie, Yann Demange semble au final nous servir une jolie histoire de famille, d’autant plus maîtrisée que le film peut s’appuyer sur une solide photographie et des acteurs principaux inspirés, la dynamique McConaughey-Merritt notamment (incarnant donc les deux personnages principaux, à savoir le père et le fils Wershe) étant particulièrement réussie. Couvrant l’histoire du jeune dealer de ses débuts à sa chute, « Undercover » est un film simili-biographique qui voit se mélanger l’Amérique de la fin des 80s, vendeurs d’armes à la petite semaine, gangster qui réussissent et agents du FBI peu scrupuleux, dépeint un univers dans lequel presque tout les retournements sont soudains, et finit par être un film qui réussit à ne pas être sur une entreprise criminelle mais sur les histoires humaines derrière celle-ci.

Undercover – Une histoire vraie de Yann Demange. Avec Matthew McConaughey, Richie Merritt, Bel Powley… 1h51

Sortie le 2 janvier

The Happy Prince : Wilde un jour…

La carrière de Rupert Everett n’est plus à faire. Grande figure des années 80 et 90, le bonhomme a perdu peu à peu sa place à Hollywood par la suite (à cause de son homosexualité ?) pour s’illustrer du côté du théâtre et du petit écran. En cette fin d’année, l’acteur endosse un nouveau rôle en tant que réalisateur pour « The Happy Prince » qui raconte les dernières années de la vie du célèbre écrivain Oscar Wilde.

Au sommet de son talent et de sa popularité, Oscar Wilde se retrouve du jour au lendemain au plus bas de l’échelle sociale alors qu’il a été condamné à la prison pour son homosexualité. Sans un sou et renié par la société londonienne, Oscar Wilde vit ses dernières années dans l’indifférence la plus totale. Lui reste une poignée d’amis fidèles et une bande de gamins des rues qui le suit partout mais malgré un morale et une santé au plus bas, Oscar Wilde n’a rien perdu de sa splendeur et de son esprit imaginatif.

Personnage important pour Rupert Everett – qu’il a déjà interprété plusieurs fois au théâtre et sur grand écran -, c’est presque naturellement que l’acteur est entré dans ses bottes avec, il va sans dire, une aisance et un naturel incroyable. Absolument habité par la miséricorde de son personnage, Rupert Everett prête à merveille son visage à cet écrivain déchu. Tendre dans sa narration sans jamais cacher les folles moeurs de son personnage, Rupert Everett conte avec brio ces dernières années de sa vie – pour la première fois amenées à l’écran il faut le noter -. Entouré de seconds couteaux de taille dont le formidable Colin Firth, « The Happy Prince » transpire l’admiration qu’a son réalisateur pour ce personnage pour qui la vie fût loin d’être facile et juste avec. 

Véritable portrait sans concession (Wilde et les plaisirs charnels, la drogue ou encore l’absinthe), Everett propose un portrait incroyablement touchant tandis que l’écrivain vit ses derniers instants sans pour autant occulter la folie et la joie de vivre qui le caractérisait ainsi que cette exubérance si caractéristique sur fond de recherche éternelle de l’amour – qu’il ne trouvera finalement jamais -. Bouleversant.

The Happy Prince de Rupert Everett. Avec Rupert Everett, Colin Firth… 1h45
Sortie le 19 décembre

[CRITIQUE] My Wonder Women : Une origin story fascinante

Fort du succès rencontré par Wonder Woman l’année dernière, c’est son origin story qui a ensuite été porté sur grand écran en septembre dernier outre-Atlantique avant de débarquer chez nous mercredi prochain. Et à l’heure des mouvements féministes et de la revendication de la femme libre dans notre société, My Wonder Women tombe à point nommé… bien qu’il risque d’en dérouter plus d’un. Car en s’intéressant à la genèse du personnage mythique de Wonder Woman, on est loin d’imaginer l’extravagance de son origine.  Lire la suite de « [CRITIQUE] My Wonder Women : Une origin story fascinante »

[CRITIQUE] Marie Madeleine : #MeToo… ou presque

À l’heure du #MeToo et de la revendication de la place des femmes dans la société – et parallèlement au cinéma que ce soit en compagnie de Tomb Raider, les femmes de Black Panther, Un Raccourci dans le temps… -, un biopic sur l’une des figures les plus emblématique de l’Évangile aussi incroyable que traînée dans la boue était plus que bienvenu. Un brin féministe et définitivement hors des clous à son époque, Marie Madeleine méritait bien son biopic… sauf quand Jésus lui vole – encore – la vedette.  Lire la suite de « [CRITIQUE] Marie Madeleine : #MeToo… ou presque »

[CRITIQUE] Moi, Tonya : Peut-on vraiment rire de tout ?

Moi, Tonya était une des grosses attentes de ce début d’année qui voit débouler dans les salles obscures très souvent les meilleurs films de l’année (merci la course aux Oscars). Déjà couronné par trois prix pour Allison Janney en tant qu’actrice dans un second rôle, le film de Craig Gillespie va essayer de rafler la mise aux Oscars où il concourt pour Meilleure actrice (Margot Robbie), Meilleure actrice dans un second rôle (Allison Janney qui a clairement toutes ses chances), et Meilleur montage. Cependant, malgré les critiques dithyrambiques, certains aspects du film dont les violences qu’a subi Tonya Harding peuvent prêter à un coup de gueule. Est-ce qu’on peut vraiment rire de tout ? Surtout en ce moment ? Lire la suite de « [CRITIQUE] Moi, Tonya : Peut-on vraiment rire de tout ? »

[CRITIQUE] Stronger : L’esprit du « Boston Strong »

Quasiment un an après Traque à Boston qui narrait la traque des frères Tsarnaev après l’attentat du marathon de Boston en 2013, c’est toujours le même évènement qui est au coeur de Stronger mais cette fois en se plaçant du côté des victimes et d’une plus particulièrement : Jeff Bauman, une figure de ce tragique 15 avril 2013 lorsqu’un photographe immortalise le jeune homme, les deux jambes arrachées à cause de la bombe poussé par un homme au chapeau de cow-boy venu l’aider. Une photo qui a fait le tour du monde pour celui qu’on a appelé Wolverine et qui, à lui seul, représente l’esprit « Boston Strong » que la ville s’est forgée peu après l’attaque. Un homme extraordinaire auquel l’acteur Jake Gyllenhaal a prêté ses traits.

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