[DEAUVILLE 2020] Love Is Love Is Love : Caméra-tricot

Surprise de la compétition de cette édition 2020, Eleanor Coppola, moins connue pour son unique métrage de fiction que pour ses épousailles avec ce cher Francis, vient présenter Love Is Love Is Love. À 84 ans, celle qui avait immortalisé l’enfer Apocalypse Now avec son excellent documentaire Au Coeur Des Ténèbres entend nous offrir une anthologie composée de trois courts-métrages, garante de trois visions de l’amour. Une heure trente plus tard, on se demande encore pour quelle raison elle a été sélectionnée par l’ami Bruno Barde.

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[DEAUVILLE 2020] Uncle Frank : la délivrance au bout du chemin

Il est toujours évident qu’un coming-out est une épreuve pour ceux devant affronter une famille à l’éducation et aux mœurs différentes. Dans la campagne américaine de 1973, on imagine les difficultés pour un homme gay d’affirmer sa personnalité, et de faire accepter sa « différence« . Avec la douceur et la justesse qu’il avait déjà dévoilé dans ses scénarios – Six Feet Under et American Beauty, pour ne citer qu’eux -, Alan Ball va nous offrir avec Uncle Frank un récit initiatique profond et touchant, qui ne peut laisser personne indifférent.

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Retour sur Benoît Delépine et Gustave Kervern : le grand cinéma des petites gens

À l’occasion de la sortie de l’excellent Effacer L’historique, que nous avons déjà relaté dans nos pages, l’envie nous est venue de vous parler de Benoît Delépine et Gustave Kervern, ces deux auteurs hors-normes qui font rayonner le cinéma français depuis deux décennies déjà. Si l’on vous conseille tous leurs films – Louise-Michel, Avida, Near Death Experience et I Feel Good n’ont rien à envier à la sélection du jour -, petite sélection de quatre métrages qui nous ont profondément marqué.

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The Kissing Booth 2 : Bisou carbone

Netflix sait nous proposer le meilleur, le pire et le plus générique. Au moment de la Saint-Valentin, c’était Lara Jean et ses petites lettres d’amour dans la saga À tous les garçons que j’ai aimé, aujourd’hui c’est The Kissing Booth qui connait son petit succès. Sorti il y a deux ans, le premier volet lançait l’adaptation des livres de Beth Reekles. Une romance adolescente-type qui appelait à une suite qui n’a malheureusement rien de bien original et nous prouve que les romances estampillées Netflix se ressemblent toutes comme deux gouttes d’eau.

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Été 85 : Passions destructrices

Été 1985, le jeune François Ozon, 17 ans, lit pour la première fois La Danse Du Coucou, roman d’Aidan Chambers, qui va profondément le marquer. Ne pensant alors pas qu’il deviendrait cinéaste, il se prend au jeu d’imaginer à quoi ressemblerait sur grand écran le récit d’Henry et Barry, ces deux jeunes garçons qui vont connaître la passion, la fureur et la désolation amoureuse. 35 ans plus tard, après la carrière qu’on lui connaît, Été 85 est l’accomplissement de ce rêve d’adolescent.

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L’Envolée : Que jeunesse se fasse

Filmer la jeunesse anglaise en marge de la société est courant au cinéma. Des cinéastes tels que Ken Loach ou encore Stephen Daldry se sont adonnés à cet exercice avec succès. Malgré ses airs de Billy Elliot, L’Envolée n’a rien d’une « success story« . Histoire d’amitié et de fraternité dans un cercle social et familial fragmenté où seul l’amour sera leur porte de sortie.

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Brooklyn Secret : Être une femme

La question de la représentation de la transidentité au cinéma est un sujet délicat. On le voit d’ailleurs encore en ce moment avec le prochain film de Marie-Castille Mention-Schaar où Noémie Merlant – son actrice fétiche – a été castée pour joué le rôle d’un personnage transgenre. Une polémique qui remet encore sur le devant de la scène le sujet « des act.eurs.rices trans pour jouer des personnages trans ». Dans Brooklyn Secret, cette question ne se pose pas puisque la réalisatrice – et également actrice principale – est une femme trans.

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Benni : l’enfant sauvage

Parfois, il est impossible de s’adapter, de vivre normalement, de se mêler aux autres sans que cela ne fasse des étincelles. Cette agressivité, incontrôlable, est d’autant plus handicapante dans les jeunes années. Avec Benni, Nora Fingscheidt s’attaque à cela frontalement, au travers d’un drame puissant qui a su conquérir la critique comme le public allemand, faisant même une razzia à leur équivalent de nos César.

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BlacKkKlansman : Spike Lee enragé

Disparu des radars cannois depuis 2002 dans la section Un Certain Regard avec Ten Minutes Older, Spike Lee fait un retour en grandes pompes sur la Croisette en amenant son dernier film BlacKkKlansman directement en Compétition officielle. Grand bien lui fasse, le réalisateur est reparti avec entre ses mains le Grand Prix. Une distinction éminemment politique faisant autant écho autant au passé qu’à une actualité (malheureusement) toujours aussi brûlante.

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