La Passagère : En corps et encore 

Présenté en sélection Coup de cœur du 42ème Festival International du Film d’Amiens, La Passagère est le premier long-métrage de sa réalisatrice Héloïse Pelloquet. Afin de monter son projet, celle-ci s’est entourée d’un duo d’acteurs en béton. D’un côté, Cécile de France, l’expérience, l’actrice qui compte autant de rôles interprétés que de facettes révélées. De l’autre, Félix Lefebvre, l’étoile montante nommée au César du meilleur espoir en 2021 pour son interprétation d’Alexis dans Été 85 de François Ozon. Autour de ce duo se révélant aussi flamboyant qu’il semblait improbable, Héloïse Pelloquet tisse une histoire d’amour et de désir dont la première qualité est de casser tous les codes préétablis.

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Armageddon Time : Le temps des désillusions

Avec Armageddon Time, James Gray ne renouvelle pas son style et préfère revenir à une épure lui convenant davantage. Sa filmographie aussi courte que dense a déjà parcouru les milieux mafieux (Little Odessa, The Yards, We Own the Night), le film romantique (Two Lovers), les films historiques (The Immigrant, The Lost City of Z) et la science-fiction (Ad Astra). En diversifiant les genres cinématographiques, Gray n’a jamais changé de trajectoire de fond par une approche intime et éminemment personnelle du récit. Qu’il filme l’espace, la jungle ou les banlieues new-yorkaises, ce sont les sentiments profonds de ses personnages qu’il capte sur pellicule.

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Les Miens : Le bossu de notre famille

Il y a des années où certain·es acteur·ices se démarquent par leurs choix cinématographiques. En 2022, c’est Roschdy Zem qui nous offre jusque là un sans faute. Aperçu plus tôt dans l’année dans Enquête sur un scandale d’état, puis donnant la réplique à Virginie Efira dans Les enfants des autres avant de rejoindre Louis Garrel dans L’Innocent, l’acteur est finalement revenu derrière la caméra pour son sixième long-métrage.

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Saint-Omer : Tou·tes coupables

Alice Diop est une réalisatrice confirmée pour ses documentaires (dont Nous en 2021, primé à Berlin). Avec Saint-Omer, elle s’essaie pour la première fois à la « fiction », son arc narratif est inspiré de faits réels mais baigné d’une approche documentaire et documenté. Pendant deux heures, son récit et sa mise en scène, Lion d’Argent à la Mostra de Venise 2022, nous emmène dans une analyse profonde de l’Homme et des devoirs imputés aux femmes. Poignant.

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Mako : Baby shark, doo doo doo doo doo doo

Présenté pour la première fois sur le continent européen lors du Paris Shark Fest 2022, Mako, de Mohamed Hesham El-Rashidy, est le tout premier film de sharksploitation égyptien. La sharksploitation, sous-catégorie du cinéma d’horreur mettant en scène des requins avides de sang est un genre dont les codes cinématographiques ont largement été définis par Steven Spielberg et ses Dents de la mer en 1975. Le genre a depuis énormément évolué, notamment par le biais de la transition vers l’image de synthèse tout particulièrement induite par peur bleue en 1999. Entre 1975 et aujourd’hui, de très nombreux pays ont souhaité avoir leur propre film de requins : Çöl en 1983 pour la Turquie, Aatank en 1996 pour l’Inde, The Reef en 2011 pour l’Australie, Shark Killer en 2015 pour le Canada… L’Egypte souhaitant ainsi ajouter sa pierre à l’édifice, Mako est mis en pré-production en 2019 et Mohamed Hesham El-Rashidy, aucun long-métrage à son actif, se voit doté d’un budget de 50 millions de livres égyptiennes (2,6 millions d’euros) afin de mener à terme ce projet. 

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Citoyen d’honneur : Prix Nobled de littérature

Après avoir collaboré avec Fatsah Bouyahmed dans La Vache et avec Kad Merad pour Une belle équipe, le réalisateur Mohamed Hamidi réunit ces deux acteurs dans Citoyen d’honneur, un film qui, sous son apparence comique, dévoile un propos politique important.

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Montana Story : This is the end

Tout porte à croire par son titre que Montana Story lorgnerait autour du Western, malheureusement on en est très loin. Présenté en compétition à Deauville, le film parle des conflits familiaux dans un immense décor montagneux. Cal et Erin sont frère et sœur, ils se réunissent après l’attaque cérébrale du patriarche qui les amène à devoir gérer le ranch et le père alité.

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War Pony – Il était une fois dans la réserve

Il est toujours nécessaire de voir des films qui prennent à bras le corps le sujet des réserves amérindiennes. On se souvient que tout un pan de la société américaine est la plupart du temps mis à l’écart. Dans ces rares films, toujours indépendants, il est intéressant de penser à Wind River de Taylor Sheridan, qui aborde avec une sincère âpreté la vie en réserve. War Pony est quant à lui un film nécessaire et sans ambages qui dévoile l’abandon des amérindiens à travers le chemin de vie de deux personnages.

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Watcher – Fenêtre sur Bucarest

Tout semble présager un film héritier du cinéma d’Hitchcock. Un thriller à la limite du réel, des enjeux puissants élevés par l’interprétation de son actrice principale. Watcher est le premier film réalisé par Chloe Okuno, qui a le droit à son avant-première à l’édition 2022 de Sundance. Pour son premier récit, elle nous emmène en Roumanie où nous suivons la vie d’expatriés américains. Bucarest est inconnue des yeux de Julia, jouée par Maika Monroe, qui accompagne son mari Francis, en partie originaire du pays.

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Lucky – Le dernier chant du merle moqueur

Au beau milieu d’une longue carrière d’acteur, John Carroll Lynch s’offre une petite escapade de réalisateur dans l’Ouest américain avec Lucky, digne représentant du cinéma indépendant qui regarde s’éteindre l’Ouest vieillissant en même temps que ses légendes. Dernier film de l’acteur Harry Dean Stanton – décédé six mois après sa sortie en salles – le long-métrage sonne comme un chant du cygne se refusant la longue agonie de l’apitoiement.

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Songs for a fox : If I can dream of a better land

Une voiture s’enfonçant dans des allées marécageuses, un jeune homme s’isolant dans un dôme en toile et des cendres déposées dans le terrier d’un renard, le tout sans le moindre dialogue. C’est sur cette longue première séquence, occupant à elle seule un quart du film, que s’ouvre Songs for a fox (Dainos Lapei en VO), le cinquième long-métrage du réalisateur lituanien Kristijonas Vildziunas. À la croisée des genres entre film musical, film de science-fiction, film expérimental et drame intimiste, Songs for a fox se veut être un film éclectique nous contant l’histoire de Dainius, un jeune chanteur de rock qui part vivre seul dans une maison de campagne après le décès de l’amour de sa vie. Il y travaille à un moyen de retrouver sa bien-aimée par le biais du contrôle de ses propres rêves. 

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Leïla et ses frères : le cinéma iranien, à pas de géants

Révélé en 2021 dans l’hexagone par la Loi de Téhéran (sorti en 2019 en Iran), Saeed Roustaee s’est vite vu associer la carte de jeune prodige du cinéma iranien. Alliant virtuosité formelle des grands Friedkin et polars américains, avec la richesse et la rage d’un état des lieux social d’un pays qui bouillonne. Un an plus tard, Leïla et ses frères présenté en compétition officielle du Festival de Cannes 2022, passe la vitesse supérieure et s’élève comme une chronique familiale qui ne laisse aucun doute. La tragédie crée les plus belles œuvres.

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Tétralogie de la mort de Gus Van Sant – Une mort peut en cacher une autre

Au début des années 2000, Gus Van Sant sort du succès hollywoodien de Good Will Hunting et peine à se retrouver dans une mécanique cinématographique en panne d’originalité. Il entreprend de se dissocier d’Hollywood en se recentrant sur des projets plus simples, moins onéreux, mais avant tout plus libres. De cette volonté de renouveau naît une tétralogie dans laquelle il expérimente la renaissance de ses envies de cinéaste tout en axant ce barnum sur un thème commun : La mort. Ce qui est tout d’abord une trilogie composée de Gerry, Elephant et Last Days, est complétée en 2007 par Paranoid Park donnant officiellement à cette période de sa filmographie le titre de Tétralogie de la Mort ou Trilogie de la Mort plus un.

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Obi-Wan Kenobi : « I have a bad feeling about this »

Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Face à notre désolation à la suite du visionnage d’Obi-Wan Kenobi, Mayssa et moi-même nous sommes rejoints sur deux points : l’indifférence envers cette série et le fait qu’elle est le symbole de ces nouvelles productions qui remplissent un catalogue au lieu de l’optimiser. Tel·les des justicier·es, nous montons au créneau dans notre astronef, chef-lieu de notre pensée. Après la critique de la série ci-dessous, nous enchainerons sur la production problématique de ces nouveaux contenus qui ont oubliés toutes ambitions artistiques et créatives dans un autre article. Sur Terre, Tatooine, Naboo ou Coruscant, restez à l’affût, nous reviendrons !

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Introduction : Foi et cinéma

Sous la banalité que l’on pourrait reprocher à l’intrigue d’Introduction, s’y love une profonde douleur dans un écrin noir et blanc étonnement doux. Chacune des trois parties constituant ce métrage agrémente une émotion particulière au quotidien qu’Hong Sang-Soo filme comme des souvenirs. Aussi présent dans l’esprit qu’ils paraissent survenir d’un lointain passé.

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