Montana Story : This is the end

Tout porte à croire par son titre que Montana Story lorgnerait autour du Western, malheureusement on en est très loin. Présenté en compétition à Deauville, le film parle des conflits familiaux dans un immense décor montagneux. Cal et Erin sont frère et sœur, ils se réunissent après l’attaque cérébrale du patriarche qui les amène à devoir gérer le ranch et le père alité.

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War Pony – Il était une fois dans la réserve

Il est toujours nécessaire de voir des films qui prennent à bras le corps le sujet des réserves amérindiennes. On se souvient que tout un pan de la société américaine est la plupart du temps mis à l’écart. Dans ces rares films, toujours indépendants, il est intéressant de penser à Wind River de Taylor Sheridan, qui aborde avec une sincère âpreté la vie en réserve. War Pony est quant à lui un film nécessaire et sans ambages qui dévoile l’abandon des amérindiens à travers le chemin de vie de deux personnages.

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Watcher – Fenêtre sur Bucarest

Tout semble présager un film héritier du cinéma d’Hitchcock. Un thriller à la limite du réel, des enjeux puissants élevés par l’interprétation de son actrice principale. Watcher est le premier film réalisé par Chloe Okuno, qui a le droit à son avant-première à l’édition 2022 de Sundance. Pour son premier récit, elle nous emmène en Roumanie où nous suivons la vie d’expatriés américains. Bucarest est inconnue des yeux de Julia, jouée par Maika Monroe, qui accompagne son mari Francis, en partie originaire du pays.

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Aftersun – Papa Don’t Preach

Il est toujours compliqué de filmer l’enfance. Truffaut et Spielberg apparaissent comme des maîtres qui par leurs films saisissent et expriment avec une grande délicatesse ce souvenir. Charlotte Wells n’a pas à rougir quand on découvre son Aftersun qui met en scène Sophie interprétée par la lumineuse Frankie Corio, 11 ans. C’est un formidable duo entretenu également par l’acteur qui joue le père, Paul Mescal qui se dévoile. Une histoire qui intéresse Deauville tout comme la semaine de la critique à Cannes, de toute évidence pour ses images qui témoignent avec sincérité une histoire belle pour son universalité.

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The Tender Bar : Le bar de la molesse

Il existe une règle tacite dans le monde du cinéma qui dit qu’un film réalisé par George Clooney n’a pas la prétention d’être bon ou mauvais. Chaque œuvre du réalisateur suscite tout au plus un désintérêt poli. Force est de constater que cette règle se vérifie une nouvelle fois. Nous nous devons, rédacteurs d’OSFUC de vérifier chaque film du monsieur, car nous ne sommes pas à l’abri d’une œuvre phénoménale sortie de nulle part. Rassurez-vous, rien ne change, c’est toujours sans intérêt.

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Baisers volés – Antoine Doinel, Antoine Doinel, Antoine Doinel

Il existe entre le cinéma et François Truffaut une longue et passionnante histoire d’amour. Quand on sait qu’il n’était pas un enfant désiré, délaissé par sa mère, il est intéressant de voir que ce dernier s’est vite réfugié dans les salles obscures. Son existence a commencé à avoir du sens dès lors qu’il s’est mis à parler, écrire, montrer puis finalement faire des films. Il n’est pas non plus surprenant que son premier long-métrage soit une auto-fiction, et encore moins étonnant qu’il ait donné de l’importance à la création de la saga Antoine Doinel. Disséminé dans son œuvre, les films témoignent de moments-clefs de sa vie, et par la même occasion représentent l’évolution de carrière de son acolyte Jean-Pierre Léaud, l’interprète de ce personnage atypique. L’acteur crée une relation filiale avec son réalisateur, et affirme un lyrisme bouleversant.

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Being the Ricardos – I love maccarthysme

Aaron Sorkin ne perd pas une minute de son précieux temps pour revenir avec un nouveau film. Les Sept de Chicago pour Netflix a d’une certaine manière concrétisé quelque chose que l’on commençait à comprendre dans son cinéma. Sorkin sait écrire, mais il ne faut pas lui demander de la mise en scène. À la manière d’une émancipation peu nécessaire, le scénariste de The Social Network continue à tourner sans se poser de questions sur la possible médiocrité du rendu final. Being the Ricardos rassemble un casting merveilleux, Javier Bardem et Nicole Kidman qui interprètent le couple star de la sitcom ‘I Love Lucy’. On a compris que le casting devait être au poil, que Sorkin faisait des films d’acteurs plutôt qu’un film avec des acteurs. Il n’y a qu’à constater le casting du précédent qui accueillait Sacha Baron Cohen, Mark Rylance, Yahya Abdul-Mateen II et bien d’autres.

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The King’s Man : Beauf Gentleman Origin

Quand on voit une fin d’année comme celle-ci, où un Matrix et un Spider-Man font leur apparition comme une énième extension d’un univers, nous avons le droit d’être un minimum emmerdé par la programmation d’un troisième film Kingsman. Est-il possible de voir exister le blockbuster en dehors d’une logique de duplications du récit ? Dès son annonce, The King’s Man : Première Mission est un projet de film qui faisait déjà souffler, tant l’impression d’avoir fait le tour est présente. Là où No Way Home fonce dans un cynisme puant, Matrix Resurrections analyse et critique se besoin pulsionnel de renouer avec une nostalgie et des désirs d’enfants de voir vivre ses héros ad vitam aeternam. Quid de Kingsman ?

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Absolute Denial – Al l’intelligence artificielle

Le réalisateur Ryan Braund est le genre de personne qui a tendance à nous énerver. C’est celui qui pendant le premier confinement s’est lancé dans la création d’un long-métrage d’animation, alors que d’autres ont eu l’impression d’avoir vécu dans un trou noir où peu de choses en sont sorties. Absolute Denial est un film d’animation rotoscopé à l’épure déconcertante, qui a séduit Annecy et le PIFFF. Nous découvrons une œuvre de l’ordre de l’expérimentation, visuelle et narrative, qui amène un questionnement en phase avec la transition technologique que nous vivons actuellement.

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L’étang du Démon : Sauvés par le gong

Jamais édité en vidéo, ni diffusé à la télévision, L’étang du Démon a eu le droit à une restauration à l’été 2020. Grande chance que de rendre des raretés accessibles au grand public. C’est une sorte de magie du cinéma qui existe à travers des passionnés et entre autre de nombreux membres de l’équipe du film. 1979, shinoda décide d’adapter l’œuvre du romancier Kyōka Izumi. Il en ressort un film fortement inspiré du théâtre japonais communément appelé Kabuki. On y retrouve l’acteur Bandō Tamasaburō qui est un Onnagata, c’est à dire acteur qui joue une femme. De nombreux codes du Kabuki nourrissent l’œuvre de Masahiro Shinoda qui propose ainsi quelque chose de singulièrement intéressant

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The Sadness : Sang pitié

Le prix du film le plus angoissant de l’année est décerné à The Sadness de Rob Jabbaz. Un long-métrage totalement barjo, autant que l’origine du projet. Le réalisateur canadien décide de faire un film à Taïwan avec l’aide d’un ami riche Taïwanais ancien rappeur millionnaire qui a fait fortune dans les sites de camgirls et la cryptomonnaie. Taïwan a été épargné pendant un temps du COVID, laissant à nos compères une place de choix pour parfaire la conception de The Sadness, lui permettant également d’avoir peu de concurrence lors de sa sortie. Sans grande surprise, ça a été le cas, mais ça n’a pas empêché pour The Sadness d’être un échec commercial. Aujourd’hui The Sadness a droit à une nouvelle chance en allant parader dans les festivals du monde, dont l’Étrange festival.

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Barbaque : Comédie saignante

Terme populaire utilisé pour parler de viande de mauvaise qualité, la barbaque est un mot violent de par sa prononciation. Certes peu subtil, Barbaque essaie de nous faire comprendre à travers son titre qu’il ne sera pas aimable avec le spectateur. Fabrice Éboué lui-même n’est pas connu pour être un humoriste au ton doux et bienveillant. L’acidité de ses sketches donne en général au personnage un public assez divisé. Il n’en est pas à son premier film, et entre Case Départ et Co-Exister, il a eu le temps et l’expérience pour installer sa désinvolture à travers ses dernières comédies. On devrait par conséquent y retrouver un film plus abouti. Est-ce vraiment le cas?

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Titane : Aventure plurielle

On ne peut pas le nier, Julia Durcournau a développé une aura autour de sa personne, désignée comme la réalisatrice d’un nouveau genre. Bien que ce soit un premier long-métrage, Grave a créé un engouement certain en France et ailleurs. À l’annonce de Titane, curiosité et mystères se sont mêlés. Son aventure et sa palme d’or donne à cette réalisatrice une importance tout à fait nouvelle: la démocratisation d’un cinéma dit de genre en France. Évidemment, ce n’est pas la seule actrice de cette démocratisation, néanmoins cette palme est un moment clef de cette évolution dans le cinéma français.

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My Zoé : Enfant 2.0

On aime les films qui ont cette folie de vouloir embrasser plusieurs genres à la fois, qui ont ce désir profond de faire exister des obsessions terriblement modernes. My Zoé de Julie Delpy veut, mais n’y arrive pas. Avertissement, l’article ci-dessous fera état de l’ensemble du film donc de possibles divulgâcheurs risquent de pointer le bout de leurs nez. Alors qu’Isabelle, une généticienne, essaie de reprendre sa vie en main, son ex-mari James fait tout pour obtenir la garde de leur fille. Une tragédie frappe cette famille qui se retrouve brisée.

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Come True (Bad Dreams) : Invitation au cauchemar

Come True, renommé pour sa sortie Bad Dreams est ce qu’on pourrait appeler une œuvre complète. Dans l’œuvre d’Anthony Scott Burns, la cohérence artistique est marquée par cette impression forte que tout est à sa place, que cet ensemble permet au film d’avoir une personnalité, d’exister complètement. Come True dépasse l’ébauche, qui est souvent l’obstacle de nombreux films.

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