[CRITIQUE] America : Boulevard of broken dreams

L’Amérique d’aujourd’hui fascine plus que jamais le cinéma. Après Jean-Baptiste Thoret et son We Blew It revenant le lent et douloureux déclin de l’Amérique pour arriver à l’ère Donald Trump, le réalisateur allemand Claus Drexel pose sa caméra dans l’Amérique des laissées pour compte. À quelques semaines de l’élection présidentielle qui allait bouleverser le monde, il est allé à la rencontre de ces rednecks à Seligman, célèbre ville où passe la mythique Route 66 et qui a fait les beaux jours des commerces lorsque le tourisme fonctionnait encore. Abandonnée de tous, Seligman compte une population haute en couleur qui livre face caméra leurs espoirs et leurs convictions. Lire la suite de « [CRITIQUE] America : Boulevard of broken dreams »

[CRITIQUE] L’École de la vie : Entre rires et désillusions

Ils ont tous entre 40 et 50 ans mais sont encore considérés comme des enfants. Anita, Rita, Ricardo et Andrés sont trisomiques, ils sont atteints du syndrome de Down. La réalisatrice Maite Alberdi les a suivi dans leur école au Chili où, en plus d’apprendre à faire de la pâtisserie, ils apprennent petit à petit à devenir autonome. Mais chacun d’entre eux rêve d’être indépendant. Anita et Andrés souhaitent se marier tandis que Ricardo espère économiser assez d’argent pour devenir propriétaire. Lire la suite de « [CRITIQUE] L’École de la vie : Entre rires et désillusions »

[ACTU] De E.T à Jurassic Park : Retour nostalgique sur le cinéma US des années 80

Aujourd’hui Onsefaituncine fait une petite entorse à la règle en mélangeant cinéma et télévision. Et oui outre les émission qui parlent cinéma à la télévision et qui, ne nous voilons pas la face, fonctionne très mal, il arrive de découvrir de belles surprises comme avait pu le faire C8 avec la troupe du Splendid ou Louis de Funès. Hier soir France 4 diffusait « De E.T à Jurassic Park« , un documentaire mené tambour battant par le chroniqueur et journaliste cinéma Christophe Carrière. Lire la suite de « [ACTU] De E.T à Jurassic Park : Retour nostalgique sur le cinéma US des années 80 »

[DEAUVILLE 2017] The Reagan Show : Sous le feu des projecteurs

« Est-ce que j’aurais réussi à être président si je n’avais pas été acteur ? » Est-ce que Ronald Reagan était fait pour être président ? Peut-être pas au vu des nombreux scandales qui ont entaché son manda mais il est certain qu’il était fait pour la télévision. The Reagan Show revient sur les années Reagan, une présidence placée sous le signe du show médiatique.  Lire la suite de « [DEAUVILLE 2017] The Reagan Show : Sous le feu des projecteurs »

[DEAUVILLE 2017] « Cary Grant : De l’autre côté du miroir » : Le traumatisme derrière le masque

Cary Grant était probablement l’un des plus grandes stars d’Hollywood. Un âge d’or où fleurissaient comédies en tout genre. Sauf que pendant les années 50, le masque se fissure et Cary Grant, né Archibald Alexander Leach, suit une thérapie sous LSD pour comprendre son mal-être et cette quête soudaine d’identité va le faire remonter loin dans ses souvenirs. Lire la suite de « [DEAUVILLE 2017] « Cary Grant : De l’autre côté du miroir » : Le traumatisme derrière le masque »

[DEAUVILLE 2017] « Clive Davis : The Soundtrack of our lives » : En avant la musique !

Que serait l’industrie de la musique sans Clive Davis ? Certainement pas grand chose et ça on ne le sait que trop peu. Un destin totalement atypique pour cet homme devenu amoureux de la musique et qui, malgré ses 85 printemps, ne cesse de rajeunir en continuant à faire émigre de nouveaux artistes. Clive Davis : The Soundtrack of our lives est un vibrant documentaire sur l’homme aux oreilles d’or comme il est appelé dans le milieu. Lire la suite de « [DEAUVILLE 2017] « Clive Davis : The Soundtrack of our lives » : En avant la musique ! »

[CRITIQUE] Une suite qui dérange : Dix ans plus tard, le combat continue

Il y a onze ans, David Guggenheim réalisait Une Vérité qui dérange. Un documentaire coup de poing sur le réchauffement climatique et ses conséquences couronné d’un Oscar. Aujourd’hui le fervent défenseur de la cause climatique est de retour, toujours prêt à se battre. De ses conférences jusqu’à la signature de l’accord  de Paris sur le climat, Bonni Cohen et John Shenk ont suivit Al Gore pour nous faire comprendre les enjeux climatiques et l’avenir de notre planète.  Lire la suite de « [CRITIQUE] Une suite qui dérange : Dix ans plus tard, le combat continue »

[CANNES 2017] Sea Sorrow : Un documentaire coup de poing

Pour le premier jour de festival, Vanessa Redgrave vient probablement de laisser une belle empreinte dans les esprits et au cinéma. Après plus de 90 films en tant qu’actrice, c’est aujourd’hui à 80 ans que l’actrice britannique se lance dans la réalisation avec son premier long-métrage. Le documentaire Sea Sorrow revient sur cette crise qui touche l’Europe et les réfugiés à travers des témoignages, des images d’archives, plusieurs générations qui se confrontent mais aussi le théâtre et l’histoire pour comprendre, dénoncer et peut-être enfin faire bouger les choses. Qui sait, après tout le cinéma peut parfois faire des miracles.

Une vie consacrée aux plus démunis

La beauté, le talent et la générosité de Vanessa Redgrave n’est plus à démontrer depuis de nombreuses années et pourtant avec ce premier documentaire, c’est une toute nouvelle partie de l’actrice qu’on découvre, plus intimiste, plus profonde mais qui explique surtout pourquoi elle a dédié sa vie et a usé de sa popularité pour pouvoir mettre en lumière un problème qui prend de plus en plus d’ampleur en Europe : celui des réfugiés. Un passé qu’ils cherchent à fuir à tout prix, un présent fait d’embûches et un futur plus qu’incertain, voilà ce que subissent des milliers de réfugiés que ce soit à Calais, en Italie ou encore en Grèce. Une situation presque devenue normale qui est loin de l’être pourtant.

Vanessa Redgrave et les intervenants du film pointent surtout du doigt la Grande-Bretagne et son Gouvernement totalement inactif face à la situation alors qu’ils avaient fait de nombreuses promesses. Ah la politique… alors que derrière se trouve des milliers d’être humains qui se retrouvent du jour au lendemain sans rien. Sans forcément nous prend absolument par les émotions, la réalisatrice nous alarme sur une situation qui ne fait que se détériorer à travers toute l’Europe et ne cesse de nous rappeler l’histoire et surtout les droits des hommes parce que oui dans la société actuelle on a tendant à les oublier ces droits. Loin d’être non plus pessimiste, Sea Sorrow est plein d’espoir entre ces jeunes enfants prêts à accueillir et aider des réfugiés, les différentes associations qui oeuvrent dans l’ombre et ces enfants qui ont pu se réfugier en Angleterre. Vanessa Redgrave nous prouve que c’est possible et que nous tous pouvons -et devons- faire bouger les choses.

Et comme évidemment Vanessa Redgrave est une femme cultivée et de théâtre avant tout, c’est non sans grand plaisir que des acteurs se prêtent à l’exercice du théâtre sur des pièces de Shakespeare, simple mais terriblement efficace.

C’est indéniable, Vanessa Redgrave est une femme de talent, sincère et authentique dans son propos et son approche du problème. Concourant pour la Caméra d’Or (Prix remis pour le meilleur premier long-métrage), Sea Sorrow est déjà un sacré adversaire et c’est avec élégance qu’à 80 ans, Vanessa Redgrave vient marquer le coeur et l’esprit du Festival de Cannes. En tout cas nous on vous souhaite bonne chance Vanessa !

[CRITIQUE] L’Opéra : Une plongée sans concession au coeur d’une institution légendaire

Dans la frénésie des films sortis ces derniers temps et entre les blockbusters du type Ghost in the Shell ou Power Rangers et des comédies plus ou moins réussies, il est parfois agréable de se détendre et apprécier ce qu’on fait de mieux en France, une institution, un mastodonte dont la réputation n’est plus à faire. Jean-Stéphane Bron s’est immergé pendant plus d’un an et demi dans les entrailles de cet endroit mythique entre danse, chant mais aussi une administration en mouvement et des désillusions.

Une fourmilière humaine et culturelle

Ce qui frappe dans ce documentaire c’est l’aspect humain qui est représenté tout au long du film. Il y a les danseurs et les chanteurs certes, les professeurs ainsi que le directeur Stéphane Lissner mais derrière ces grandes figures de l’Opéra se cachent des petites mains qu’on ne voit jamais et qui pourtant font fonctionner cette immense machine. Les techniciens, les metteurs en scène… chacun d’entre eux forment les pièces de ce système qui s’emboite pour fonctionner à plein régime quand il le faut.

L’Opéra de Paris c’est également un rayonnement culture, où toutes les nationalités se mélangent pour créer quelque chose d’unique. Durant tout le documentaire, nous suivons par exemple ce jeune chanteur Russe à la voix d’or qui découvre Paris et sa culture ou encore ce groupe d’enfants violonistes qui apprennent la rigueur de la discipline. Des tranches de vie, capturées magnifiquement par la caméra de Jean-Stéphane Bron entre la danseuse qui sort de scène et s’effondre d’épuisement ou les techniciennes en coulisses qui chantonnent à la virgule près la partition.

L’Opéra de Paris : Ses joies et ses difficultés

Ce qui est intéressant dans ce documentaire c’est aussi les failles de cette institution. Forcément, tout ne peut pas toujours fonctionner correctement. Et c’est ainsi que nous assistons aux difficultés notamment pour le directeur de l’Opéra de faire face à la grève des syndicats, un chanteur qui se désiste deux jours avant la représentation, le directeur de la danse qui démissionne ou le prix des places qui font débat. Chaque institution a ses problèmes et nous voilà plongé en plein coeur de toute cette agitation alors encore inconnue à nos yeux.

Ne pas inclure de voix-off est un choix intelligent ici. Le spectateur a toute sa place, comme s’il était aux côtés des différents protagonistes tout au long du documentaire. Ainsi nul ne peut parasiter ce qui se déroule sous nos yeux et on peut pleinement profiter des représentations de danse, de chant et des répétitions comme une immersion totale.

L’Opéra est un très beau documentaire rendant hommage à l’une de nos plus belles institutions avec ses joies, ses difficultés mais aussi et surtout ses moments de grâce et de légèreté que seul l’Opéra de Paris peut nous offrir.

[CRITIQUE] Gimme Danger : Un documentaire passionnant sur la folie des Stooges

Et c’est aux antipodes de son dernier film Paterson que Jim Jarmusch s’illustre avec Gimme Danger. Un documentaire qui retrace l’épopée fantastique des Stooges, l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps avec à sa tête l’indétrônable Iggy Pop. De leur émergence à la fin des années 60 à leur déclin quelques années plus tard, Gimme Danger est avant tout une déclaration d’amour au rock’n roll.

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Drôle, dynamique et pétillant

Ce documentaire est à l’image de son leader Iggy Pop, totalement décalé. Ponctué d’anecdotes plus drôles et originales les unes que les autres, Gimme Danger n’est pas qu’un simple documentaire sur l’un des groupes de rock les plus mythiques, c’est un documentaire qui sublime cette époque où le rock est né et où tout avait l’air permis. L’amour que porte Jim Jarmusch à ce groupe se ressent à chaque seconde de ce film si bien qu’on se laisse emporté par cette folie, ces sons et ces images mélangeant interviews, image d’archives, musique rock et dessins animés.

Tout ceci mené par une main de maître par la légende Iggy Pop qui se replonge avec nostalgie durant ces belles années même si leur descente fut assez violente d’ailleurs c’est avec honnêteté sur ses travers et notamment la drogue qui l’a fait plongé. Une véritable passion anime Iggy Pop quand il parle et quand il rend sobrement hommage à certains de ses compagnons disparus. L’occasion de revenir sur un groupe et un leader unique qui n’ont jamais fait de concessions dans la musique et ont toujours refusé de tomber dans les travers des maisons de disques.

Jim Jarmusch arrive facilement à nous faire adhérer à ce groupe si bien que vous n’aurez pas besoin d’être un fan absolu des Stooges pour apprécier pleinement ce documentaire que son réalisateur qualifie plus d’essai. Et une chose est sûre, les Stooges ont eu un véritable impact sur le rock’n roll qu’on connait aujourd’hui.

Ma note : ★★★★★