Les Quatre Cent Coups : témoignage d’une enfance en France

Dans son film Les mistons, en 1958, malgré sa maladresse de mise en scène et d’agencement, François Truffaut marque déjà son attachement pour la représentation des enfants au cinéma. Il les montre turbulents, farceurs, insolents et insouciants mais surtout incapables de comprendre l’Amour symbolisé par le couple Bernadette Lafont – Gérard Blain. Ce court-métrage révèle l’étendue des thèmes chers à l’auteur et sert, à plus d’un titre, à peaufiner son premier long-métrage, Les Quand Cent Coups. Ce dernier, s’il est grandement remarqué sur la Croisette – récompensé par le prix de la mise en scène – vient surtout marquer un changement dans le paradigme de la production cinématographique, en lançant plus officiellement le mouvement de la Nouvelle Vague.

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Pinocchio : charmante déception

Walt Disney, Luigi Comencini, Roberto Benigni, peut-être même bientôt Guillermo Del Toro, et tant d’autres, il va sans dire que le personnage de Pinocchio crée par Carlo Collodi en 1881 est apprécié du 7ème art. Cette année c’est pourtant Matteo Garrone qui se saisit de la marionnette et essaie d’en offrir sa vision. Déjà sorti en Italie à Noël et passé par la Berlinale, il est chez nous l’une des victimes du confinement de sorte que sa porte de sortie n’est nulle autre que Prime Video, l’ayant accueilli le 4 mai dernier. L’occasion pour nous de vérifier si son réalisateur a touché du bois avant de se mettre derrière la caméra.

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L’atalante : de l’importance de (re)découvrir Jean Vigo

Qu’il est difficile de revenir sur un film déjà tant analysé, notamment par François Truffaut, en évitant la paraphrase. Pourtant, alors que ce dernier, Jacques Demy et Agnès Varda envahissent nos plateformes de streaming – Netflix pour les premiers, Prime Video pour la seconde – et que la Nouvelle Vague s’avère plus accessible que jamais, il est intéressant de se replonger dans les prémices de cette belle période. Les années 30 sont alors à prendre en sérieuse considération, ère d’un certain cinéma d’avant-garde, avec un réalisateur à la carrière éphémère mais non négligeable, Jean Vigo, dont L’atalante a marqué plus d’un esprit.

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Tous en scène : de l’amour de la comédie musicale

On cite souvent Chantons sous la pluie de Stanley Donen ou Un américain à Paris de Vincente Minnelli quand on pense aux grandes comédies musicales hollywoodiennes des années 50. Pourtant, ce second cinéaste ne s’est pas contenté de faire danser Gene Kelly. Il a aussi pu profiter de l’un des plus grands noms de ce genre avec nul autre que Fred Astaire, « tap-dancer » devant l’Éternel, dans Tous en scène sorti en 1953, l’un des meilleurs « musical » de la période, trop souvent oublié malheureusement.

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Aguirre, la colère de Dieu : Aux confins de la folie

La jungle est l’un des territoires par excellence pour explorer l’âme humaine et ses vices. On pense évidemment à Apocalypse Now (1979), très récemment Monos (2020) et entre les deux Fitzcarraldo (1982) de Werner Herzog. C’est d’ailleurs ce dernier qui, en 1972, réalise un jalon du genre avec Aguirre, la colère de Dieu, film déjà vertigineux tant par son tournage que son résultat.

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Les lèvres rouges : morsure culte dans nos veines

La femme vampire a été pendant les années 60/70 une figure très présente dans les salles de cinéma. Que ce soit chez Jean Rollin ou dans les films de la Hammer elle a souvent été utilisée à des fins érotiques, devenant ainsi source de succès commerciaux. Pourtant, quand Harry Kümel, en 1971, se voit confier la tâche de réaliser un film du genre, il décide de délaisser l’aspect purement lubrique pour axer son œuvre sur le ressenti d’une certaine sensualité à travers une imagerie forte, plus expressionniste qu’à l’accoutumée. Le résultat de cette tentative est le culte Les lèvres rouges, un conte de fée gothique et psychologique, sombre et envoûtant.

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Zabriskie Point : la révolte par l'Amour

La révolte, sentiment ô combien difficile à faire vivre à travers un écran de cinéma, a été mise en avant à de multiples reprises pendant le Nouvel Hollywood. On pense évidemment à Dennis Hopper et son Easy Rider, jalon indiscutable de cette période et première capture véritable de cette ère du temps. S’en sont suivies des déclinaisons variées comme le très bon Macadam à deux voies de Monte Hellman et La balade sauvage de Terrence Malick. Pourtant, bien qu’il soit indéniable que ces films empruntent au vent de fraîcheur apporté par Hopper, il ne faut pas négliger l’impact de Michelangelo Antonioni qui, en 1970, a réussi à mêler les thématiques fortes de la société à son style unique dans Zabriskie Point.

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La communion : le chemin de la rédemption

Si la Pologne est un pays connu pour sa piété, son attachement à la chrétienté traditionnelle, son cinéma semble quant à lui s’emparer de cela pour y apporter une pointe de modernité. La communion, nouveau film de Jan Komasa nommé aux derniers Oscars dans la catégorie meilleur film international, en est un bon exemple. Le cinéaste se base sur des faits réels en mettant en avant l’histoire d’un jeune, ayant tué quelqu’un au cours d’une rixe, qui finit son éducation au cœur d’un centre éducatif fermé. Là-bas, il se trouve une vocation et veut devenir prêtre mais, à cause de son casier judiciaire, les portes du séminaire lui sont fermées. Dans on objectif de réinsertion, il se retrouve dans un petit village où il parvient à se faire passer pour un curé. Son mensonge l’entraîne dans un engrenage terrible.

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Nuits Blanches : amour pur et tristesse profonde

Adaptant la nouvelle éponyme de Dostoïevski, Luchino Visconti livre avec Nuits Blanches un film romantique dans lequel deux visions de l’amour s’opposent, l’une portée par le charme de Marcello Mastroianni, l’autre par la beauté candide de Maria Schell. Le cinéaste italien continue alors de se détacher du néo-réalisme, mouvement dont il est à l’origine, avec cette œuvre déchirante, finalement peu reconnue, qui rappelle tout son pouvoir de conteur.

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