Pingouin et Goéland et leurs 500 petits : l’école-famille

Michel Leclerc nous a habitué à parler d’identité, thème traversant sa filmographie marquée par les comédies. Il revient cette année avec un documentaire sur deux héros méconnus, lui étant chers car ils ont toujours fait partie de son histoire, et contribué à être qui il est d’une certaine manière. Pourtant, le cinéaste reste fidèle à lui-même et décide de ne pas faire un docu classique, mais opte plutôt pour une forme décomplexée, presque irrévérencieuse, qui fait du bien. Censé sortir en avril, mais repoussé par le confinement, le film a fait une escale sur la carte blanche du Festival du film de La Rochelle, permettant ainsi à quelques heureux de pouvoir en profiter en avance.

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Stromboli : derrière l’éruption, la réalité d’un pays

Pierre angulaire du néo-réalisme, Roberto Rossellini n’a de cesse à la sortie de la guerre d’évoquer les maux de son pays. Alors qu’il sort de sa trilogie de la guerre – Rome ville ouverte, Païsa, Allemagne année zéro – , il reçoit une lettre d’une comédienne lui disant beaucoup aimer ses films et vouloir travailler avec lui. Cette actrice, il s’agit d’Ingrid Bergman, grande star hollywoodienne ayant déjà collaboré avec Michael Curtiz (Casablanca) ou encore Alfred Hitchcock (Les enchaînés). Cette rencontre cinématographique a donc lieu sur Stromboli, monument du néo-réalisme, qui ouvre la Carte Blanche du Festival La Rochelle Cinéma de 2020, dans lequel le cinéaste continue d’explorer l’après-guerre avec cette fois-ci une dimension méta en prime.

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Benni : l’enfant sauvage

Parfois, il est impossible de s’adapter, de vivre normalement, de se mêler aux autres sans que cela ne fasse des étincelles. Cette agressivité, incontrôlable,= est d’autant plus handicapante dans les jeunes années. Avec Benni, Nora Fingscheidt s’attaque à cela frontalement, au travers d’un drame puissant qui a su conquérir la critique comme le public allemand, faisant même une razzia à leur équivalent de nos César.

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Da 5 Bloods ou Spike Lee dépassé par ses intentions

Deux ans après Blackkklansman, film fort et engagé, récompensé à Cannes et aux Oscars, Spike Lee nous livre son nouveau « joint ». Hasard du calendrier, le contexte socio-politique vient donner une saveur particulière à ce nouveau Netflix Original, d’un auteur reconnu pour ses prises de positions farouches en faveur de la communauté noire. Pourtant, s’il est une chose que ce film semble confirmer, c’est que la filmographie récente du cinéaste est sérieusement en dents de scie.

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Jumbo : Manège de la vacuité

Venant ouvrir l’édition 2020 du Champs Elysées Film Festival, le premier long de Zoe Wittock a tout de l’ovni de ce genre d’événement, prêt à faire sensation. Pourtant, parfois les astres ne s’alignent pas, la mayonnaise tourne au lieu de prendre, et l’on se retrouve face à des Jumbo. Des films d’une indigence rare mais se voulant percutants, pour un résultat affligeant.

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Souvenirs goutte à goutte : cultiver la mémoire

Isao Takahata est attaché au passé. De son pays, comme il l’a prouvé avec Le tombeau des lucioles, mais aussi de l’humain comme il le démontre ici avec Souvenirs goutte à goutte. Explorant les mémoires d’une jeune femme qui se demande quel a été l’impact de sa jeunesse sur son présent, il livre là une fable, non sans défaut, dont la légèreté n’a d’égale que la beauté visuelle.

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Les Quatre Cent Coups : témoignage d’une enfance en France

Dans son film Les mistons, en 1958, malgré sa maladresse de mise en scène et d’agencement, François Truffaut marque déjà son attachement pour la représentation des enfants au cinéma. Il les montre turbulents, farceurs, insolents et insouciants mais surtout incapables de comprendre l’Amour symbolisé par le couple Bernadette Lafont – Gérard Blain. Ce court-métrage révèle l’étendue des thèmes chers à l’auteur et sert, à plus d’un titre, à peaufiner son premier long-métrage, Les Quatre Cent Coups. Ce dernier, s’il est grandement remarqué sur la Croisette – récompensé par le prix de la mise en scène – vient surtout marquer un changement dans le paradigme de la production cinématographique, en lançant plus officiellement le mouvement de la Nouvelle Vague.

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Pinocchio : charmante déception

Walt Disney, Luigi Comencini, Roberto Benigni, peut-être même bientôt Guillermo Del Toro, et tant d’autres, il va sans dire que le personnage de Pinocchio crée par Carlo Collodi en 1881 est apprécié du 7ème art. Cette année c’est pourtant Matteo Garrone qui se saisit de la marionnette et essaie d’en offrir sa vision. Déjà sorti en Italie à Noël et passé par la Berlinale, il est chez nous l’une des victimes du confinement de sorte que sa porte de sortie n’est nulle autre que Prime Video, l’ayant accueilli le 4 mai dernier. L’occasion pour nous de vérifier si son réalisateur a touché du bois avant de se mettre derrière la caméra.

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L’atalante : de l’importance de (re)découvrir Jean Vigo

Qu’il est difficile de revenir sur un film déjà tant analysé, notamment par François Truffaut, en évitant la paraphrase. Pourtant, alors que ce dernier, Jacques Demy et Agnès Varda envahissent nos plateformes de streaming – Netflix pour les premiers, Prime Video pour la seconde – et que la Nouvelle Vague s’avère plus accessible que jamais, il est intéressant de se replonger dans les prémices de cette belle période. Les années 30 sont alors à prendre en sérieuse considération, ère d’un certain cinéma d’avant-garde, avec un réalisateur à la carrière éphémère mais non négligeable, Jean Vigo, dont L’atalante a marqué plus d’un esprit.

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